À Berlin, les annonces piscine les plus marquantes sont venues de marques issues du robot d’intérieur, tandis que plusieurs spécialistes du bassin ont surtout remis en avant des produits ou des stratégies déjà engagés plus tôt dans l’année. Voici les principales informations collectées tandis que l’été 2026 touche à sa fin.
L’IFA 2026 a réservé un petit renversement côté piscine : plusieurs annonces marquantes sont venues de poids lourds du robot domestique. Roborock plonge pour la première fois, Ecovacs prépare une nouvelle génération ULTRAMARINE et MOVA fait évoluer sa communication sous-marine, tandis que Dreame expose sa nouvelle génération Zircon déjà dévoilée plus tôt dans l’année. Aiper mise de son côté sur son écosystème de jardin connecté, tandis que WYBOT et Mammotion montrent surtout des produits déjà connus. Beatbot, pourtant présent à l’IFA 2025, est cette fois totalement absent du salon. Nous éprouvons toute cette filière depuis des années, du haut de gamme au premier prix. Voici les annonces les plus intéressantes de Berlin.
Roborock RockAqua P1 : la grosse annonce de Berlin
Le RockAqua P1 est le premier robot nettoyeur de piscine de Roborock, donné numéro un mondial des aspirateurs robots au premier semestre 2026 par IDC, en volume comme en valeur, ce qui rend son entrée dans le bassin significative et plutôt crédible.

Le P1 couvre le fond, les parois, la ligne d’eau et les plateformes peu profondes jusqu’à 15 cm. Sa navigation associe une caméra monoculaire pour l’évitement d’obstacles à une détection dynamique de la saleté, tandis que Roborock met en avant son système ClearVision Smart Patrol Cleaning pour cibler les zones qui demandent davantage d’attention. La marque annonce 6 800 GPH, soit 25 700 L/h, un panier de 4 litres, une double filtration réutilisable de 180 et 70 µm, jusqu’à 3,5 heures d’autonomie et environ 3,5 heures de recharge. L’Auto Waterline Parking ramène enfin le robot à la ligne d’eau pour faciliter sa récupération.

Le calendrier appelle à la patience : l’Australie et la Nouvelle-Zélande seront les premiers marchés servis, avec un lancement annoncé à partir de janvier 2027. Le prix n’est pas encore communiqué. Roborock ne donne à ce stade aucun calendrier de commercialisation pour la France.
Ecovacs ULTRAMARINE L1 : le LiDAR sous-marin cartographie le bassin
Ecovacs n’a pas attendu l’IFA pour plonger dans la piscine. Nous avons déjà testé son premier robot de bassin, l’ULTRAMARINE P1, dévoilé au CES 2026 puis commercialisé quelques mois plus tard au prix conseillé de 549 €. Le modèle est aujourd’hui référencé sur le site français d’Ecovacs, avec une aspiration annoncée à 300 L/min, une filtration à deux niveaux de 180 et 3 µm et une navigation SmartNavi basée sur un capteur inertiel.



Berlin montre la génération suivante. L’ULTRAMARINE L1 se distingue par une cartographie 3D reposant sur un LiDAR sous-marin. Selon Ecovacs, le système peut relever la forme du bassin, planifier ses trajets de nettoyage et enregistrer la couverture déjà réalisée. L’intelligence artificielle doit également lui permettre d’identifier les zones sales sur la carte afin de les traiter spécifiquement. La gamme se complète avec les ULTRAMARINE L1 PRO et P3, qui proposeront différents niveaux de connectivité, d’automatisation et de performances. Ecovacs présente par ailleurs le L1 PRO parmi ses innovations prévues pour 2027, sans annoncer à ce stade de calendrier précis pour la France.
Nota bene : on remarque également la présence d’un module solaire, une passerelle de communication flottante acoustique alimentée par énergie solaire. Elle devrait permettre d’envoyer une commande, recevoir suivre l’état du robot et la progression du nettoyage, visualiser sa position sur la carte, modifier un cycle pendant qu’il est immergé ou demander un retour.


Si cette technologie tient ses promesses sur un produit commercial, le LiDAR sous-marin constitue l’une des innovations de navigation les plus intéressantes présentées à l’IFA cette année. Par rapport aux systèmes de navigation sans cartographie tridimensionnelle, son principal intérêt est de disposer d’une représentation de la forme du bassin et de mémoriser la couverture déjà effectuée. Il faudra toutefois attendre un produit final (prévu pour 2027) et nos propres essais pour juger la précision de cette cartographie et son bénéfice réel sur le nettoyage.
MOVA : Diver A20 Station et Rover Master, entre progrès concret et robot du futur
À Berlin, MOVA fait évoluer AquaSonar, sa technologie de communication sous-marine déjà utilisée sur le Rover X10. Les ultrasons permettent de maintenir une liaison avec le robot là où le Wi-Fi classique se propage très mal. Avec le MOVA Diver A20 Station présenté sur le stand, le relais de communication est directement intégré à la station d’accueil, alors que la génération précédente reposait sur un élément flottant séparé. Le robot peut ainsi transmettre son statut et recevoir des instructions sous l’eau sans qu’une bouée ne dérive au milieu du bassin.


Le Diver A20 s’appuie également sur une vision binoculaire assistée par IA pour ses opérations sous-marines. Aucun prix ni calendrier de commercialisation français ne nous ont toutefois été communiqués à ce stade.
MOVA expose aussi un engin autrement plus spectaculaire : le Rover Master, un prototype de robot piscine doté d’un bras bionique articulé à six degrés de liberté. Déjà présenté au CES 2026, il peut saisir de gros objets comme des branches ou des jouets et utiliser des têtes de brosse interchangeables pour travailler dans les zones difficiles d’accès. MOVA lui attribue également une cartographie LiDAR et un nettoyage 7-en-1 couvrant notamment la surface, le fond, les parois, les angles, la ligne d’eau, les marches et les zones peu profondes. La marque pousse même le concept jusqu’à imaginer des usages de loisir, comme un éclairage de piscine ou le transport de boissons.

Le Rover Master reste avant tout une démonstration technologique, mais il montre jusqu’où MOVA imagine étendre le rôle d’un robot de piscine. À beaucoup plus court terme, l’intégration du relais AquaSonar dans la station du Diver A20 règle un problème beaucoup plus concret : la disparition du flotteur que nous avions pointé lors de notre prise en main du Rover X10.
MOVA annonce par ailleurs 22 produits et 15 technologies à l’IFA, sous la bannière « The AI MOVAment ». Pour l’utilisateur, l’intérêt est très concret : la connectivité sous l’eau est un vrai casse-tête, et le relais logé dans le dock règle l’irritant que nous décrivions à propos du flotteur AquaSonar du Rover X10 dans notre guide des robots-piscines sans-fil.
Dreame Zircon 2 : des robots piscine sur le stand, mais pas de vraie nouveauté IFA
Contrairement à ce que pourrait laisser penser l’absence de la piscine parmi les principales annonces IFA de Dreame, la marque expose bien plusieurs solutions dédiées au bassin à Berlin. Nous y retrouvons les Zircon 2 Pro et Zircon 2 Ultra, ainsi que la B2 Pro Automatic Charging Station et la technologie de communication sous-marine DepthLink.



Il ne s’agit toutefois pas de nouveautés dévoilées à l’IFA. Dreame avait déjà présenté les Zircon 2 Pro, Zircon 2 Ultra et B2 Pro au printemps 2026. Associé à la B2 Pro, le Zircon 2 Pro automatise l’ensemble du cycle : nettoyage, retour à la station, amarrage et recharge. Le robot annonce une aspiration de 8 000 GPH et s’appuie sur PoolSense 2.0 et douze capteurs pour organiser ses trajectoires.
Le Zircon 2 Ultra pousse surtout la navigation beaucoup plus loin avec PulseMap, un système associant LiDAR sous-marin et fusion multicapteur pour construire une représentation 3D du bassin. Dreame annonce également un nettoyage 7-en-1 couvrant surface, ligne d’eau, parois, fond, marches, angles et zones peu profondes, ainsi qu’une aspiration pouvant atteindre 10 000 GPH.



Dreame n’a donc pas gardé le silence sur la piscine à Berlin. En revanche, l’IFA sert davantage de vitrine européenne à des technologies déjà annoncées que de scène de lancement pour une nouvelle génération.
Aiper : pas de nouveau robot, mais l’écosystème comme argument
Pour l’événement, Aiper mise sur une plateforme plutôt que sur un nouveau robot. Son Smart Yard Ecosystem fait dialoguer les équipements de la piscine, de la pelouse et de l’arrosage avec une passerelle, une station météo, des sondes de sol et une alimentation solaire. La marque organise son automatisation autour de quatre scénarios : Daily Care, Climate Care, Vacation Care et Seasonal Care. Le système peut notamment adapter certaines opérations aux conditions environnementales, avec une fonction Weather Pause lorsque la météo l’exige.


Côté bassin, Aiper remet en avant le Scuba V3 Ultra, robot 6-en-1 déjà distingué au CES 2026. Il associe une double caméra à l’IA cognitive pour détecter les débris et adapter ses trajectoires. Aiper met également en avant son mode Navium, son système JellyFloat et une aspiration à double pompe pouvant atteindre 8 500 GPH, soit environ 32 200 L/h.



C’est sans doute l’annonce la moins spectaculaire et la plus stratégique du lot. Pendant que les généralistes débarquent avec un premier robot, Aiper, classé numéro un mondial des robots de piscine intelligents en volume de ventes 2025 selon Euromonitor International, détourne ici l’attention vers l’écosystème, qui doit inciter les utilisateurs les plus férus de domotique à réfléchir à leurs achats à plus long terme.



Aiper nous précise toutefois que de nombreuses annonces destinées au marché français seront dévoilées en novembre 2026 à l’occasion de Piscine Global, le grand rendez-vous mondial des professionnels de la piscine et du bien-être.
Beatbot absent, WYBOT et Mammotion sans vraie nouveauté
Le cas Beatbot est radical : la marque n’est tout simplement pas présente à l’IFA 2026. Un contraste notable avec l’édition 2025, où elle disposait d’un stand dédié et mettait largement en avant sa gamme AquaSense. Après avoir multiplié les lancements au cours des derniers mois, notamment avec les Sora 10, 30 et 70, Beatbot fait donc l’impasse sur Berlin cette année.
WYBOT est bien présent à Berlin, au showcase ShowStoppers, mais les principales références piscine exposées avaient déjà été présentées auparavant. Son C3, notamment, avait été dévoilé au CES 2026. Le modèle associe cartographie LiDAR, recharge sans fil et filtration à deux niveaux, avec une conception qui met aussi l’accent sur la réparabilité : batterie, moteurs et système d’étanchéité peuvent notamment être remplacés. Plusieurs fabricants nous confient y voir la prochaine vraie étape du robot piscine, sur un marché où la batterie scellée condamne encore l’appareil dès qu’elle faiblit. Pour le WYBOT S3, l’annonce est encore plus ancienne : le robot avait été dévoilé dès le CES de Las Vegas en janvier 2025, avant d’être de nouveau exposé et récompensé à l’IFA 2025. Il ne constitue donc clairement pas une nouveauté de l’IFA 2026.

Même constat chez Mammotion, qui présente deux robots piscine sur son stand sans profiter de l’IFA pour lancer une nouvelle référence dans cette catégorie. Le SPINO E1, premier robot piscine de la marque lancé en 2025, est déjà commercialisé en France et affiché à 499 € au moment de l’IFA, contre 799 € hors promotion. Il nettoie le fond, les parois et la ligne d’eau, avec une autonomie annoncée jusqu’à 210 minutes.



À ses côtés, le SPINO S1 Pro est nettement plus ambitieux, mais lui non plus n’est pas inédit : Mammotion l’avait dévoilé dès le CES 2026. Son système AutoShoreCharge permet au robot de rejoindre une station installée au bord du bassin puis d’être hissé hors de l’eau pour se recharger automatiquement. Une manière pour Mammotion de rappeler à Berlin sa vision du robot piscine totalement autonome, en attendant sa commercialisation à plus grande échelle.
Ce qu’il reste à résoudre…
Prises ensemble, ces annonces dessinent surtout un segment encore en train de régler ses fondamentaux, et l’IFA illustre une multitude de chantiers. La communication sous l’eau, d’abord, où le Wi-Fi passe mal : MOVA loge son relais AquaSonar dans le dock, un vrai progrès qui n’épuise pas le sujet. La cartographie du bassin, ensuite, que le LiDAR sous-marin d’Ecovacs promet de résoudre, s’il arrive un jour sur un produit mature. L’autonomie et l’efficacité pilotée par IA, que revendique par exemple Aiper. La recharge autonome, encore balbutiante : Aiper nous annonce d’ailleurs en avant première un garage de bord de piscine, censé protéger et recharger le robot tout seul, qui sera présenté d’ici la fin de l’année. La durabilité, enfin, avec le bloc batterie et moteur remplaçable qu’un Wybot C3 met en avant, sur un marché où la batterie scellée condamne encore l’appareil dès qu’elle faiblit. Notre prono : une vraie maturité atteinte d’ici 2028 pour tous ces points de friction !
Pour nous, Roborock signe l’entrée la plus spectaculaire, Ecovacs avance l’une des pistes de navigation les plus prometteuses avec son LiDAR sous-marin, MOVA combine l’amélioration la plus pragmatique avec AquaSonar et le concept le plus étonnant avec son Rover Master, tandis qu’Aiper met en avant la stratégie de l’écosystème. Dreame, Mammotion et WYBOT rappellent de leur côté que beaucoup des technologies visibles à Berlin avaient déjà été dévoilées auparavant, tandis que l’absence de Beatbot tranche avec sa présence remarquée à l’IFA 2025. Nous attendrons maintenant les prochaines commercialisations et, surtout, le passage de ces promesses dans nos bassins d’essai. Et vous, ces généralistes vous inspirent-ils confiance pour l’entretien d’une piscine, ou miserez-vous sur un spécialiste installé ? Dites-nous tout en commentaires !
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