Un plan d’eau ne reste jamais propre bien longtemps : une feuille qui tombe, un insecte échoué, un voile de pollen au petit matin, et l’épuisette ressort du placard. Avec l’EcoSurfer S2, Aiper promet un skimmer robotisé qui patrouille jour et nuit, se recharge tout seul au soleil et se pilote depuis l’application.
Contrairement aux robots de piscine classiques, qui plongent pour traiter le fond, les parois et la ligne d’eau, les robots de surface ne s’occupent que des débris qui flottent, avant qu’ils ne coulent. Une spécialité que nous avions déjà explorée avec l’iSkim Ultra de Beatbot. Le fait de rester en surface offre deux avantages : l’appareil peut se coiffer d’un panneau solaire pour faire le plein de lumière en journée, et il garde une liaison radio permanente avec l’application.

Avec l’EcoSurfer S2, Aiper (classée numéro un mondial du robot de piscine intelligent en volume de ventes sur 2025 par Euromonitor) annonce un fonctionnement 24 h/24 grâce à sa technologie SolarSeeker, qui envoie le robot chercher la lumière pour une recharge éclair d’une quinzaine de minutes dès que la batterie faiblit. La marque ajoute un déflecteur aquadynamique DebrisGuard, censé empêcher les débris de s’échapper du panier au moment de l’accostage, et va jusqu’à loger un distributeur de pastilles de chlore directement dans la coque.
Pour ce test, l’EcoSurfer S2 a rejoint le bassin le plus sélectif de notre banc d’essai, celui-là même qui a accueilli le Scuba V3. À savoir une piscine au sel d’environ 30 m². Nous l’avons fait travailler pendant un après-midi entier. Voici ce qu’il en est ressorti !
| Caractéristique Techniques | Aiper EcoSurfer S2 |
|---|---|
| Dimensions | 54 × 41,4 × 20 cm |
| Poids | 5,7 kg |
| Type de piscine | toute forme (sauf piscines en verres jets d’eau puissants en surface et piscines à débordement) température : 10 à 40 °C pH : 7,0 à 7,8, Chlore : 4 ppm maximum Sel : sous 5 000 ppm |
| Moteurs | 2 propulseurs brushless + 1 impulseur brushless |
| Capteurs | 2 capteurs optiques |
| Mode de déplacement | Navigation autonome avec détection d’obstacles + algorithme d’auto-sauvetage |
| Panneau solaire | 24 W |
| Batterie | 5 200 mAh |
| Autonomie / temps de charge | Sans soleil : 3 à 4 h Au soleil : 35 h max Temps de charge avec adaptateur : ≈ 4 à 6 heures |
| Capacité du panier | 4 L |
| Filtration | 150 µm |
| Connectivité | Wi-Fi 2,4 GHz |
| Indice d’étanchéité | IPX8 |
| Garantie | 2 ans |
| Prix | 399 € |
Bundle du Aiper EcoSurfer S2

Le seul élément un peu intrigant du carton, c’est ce noodle en mousse. Rien à voir avec un accessoire de flottaison : il est destiné à venir obstruer la bouche de votre skimmer mural, celui qui est encastré dans la paroi. Son aspiration a en effet la fâcheuse tendance d’attirer les robots de surface, qui viennent s’y coller et s’y retrouvent piégés. En bouchant l’ouverture avec cette mousse d’une cinquantaine de centimètres, on évite à l’EcoSurfer de rester piégé contre le skimmer.
Design et ergonomie : compact, solaire
Le gabarit est compact et ramassé, avec un profil très bas qui limite la prise au vent et aide l’appareil à glisser en surface. La coque supérieure est gris anthracite laqué aux reflets bleu nuit, rehaussée de touches turquoise (poignée et bandeau lumineux) et de discrets accents cuivrés qui signent la marque. La finition est soignée, ; néanmoins, on sent que la coque peut se rayer facilement.

Le dessus est presque entièrement occupé par un grand panneau solaire. Devant, une poignée turquoise intégrée frappée du logo AIPER tombe parfaitement sous la main. De face, on découvre la large bouche d’aspiration par laquelle transitent feuilles, insectes et pollen, encadrée en partie haute de deux capteurs optiques dédiés à la détection d’obstacles et à l’auto-dégagement. Deux molettes crantées viennent flanquer l’ouverture de part et d’autre.


Dessous, on trouve deux hélices cuivrées logées en retrait dans le châssis, qui assurent la propulsion, ainsi qu’une large grille d’aspiration et, en son centre, la turbine qui crée le flux. Aiper annonce une motorisation sans balais (deux hélices et une turbine), gage de durée de vie et de discrétion. On repère aussi les barres anti-échouage escamotables, réparties aux angles, que l’on déploie si la piscine comporte des marches ou des paliers peu profonds. Les étiquettes réglementaires et le marquage CE rappellent enfin que la coque est donnée pour résister aux UV, aux fortes chaleurs et à l’eau salée.

Côté commandes, l’EcoSurfer S2 fait le pari du tout-applicatif. Sur la coque, un unique bouton d’alimentation (appui long de 5 s pour relancer la configuration réseau) et un bandeau LED d’état résument les interactions directes. Tout le reste, choix des modes, programmation et pilotage, se pilote depuis l’application Aiper, qui embarque notamment un mode Télécommande pour diriger le robot dans les quatre directions et l’envoyer cibler une zone précise.

Enfin, le panier de 4 litres s’extrait d’un bloc, sous la forme d’une cassette fermée qui empêche les débris de se ressemer dans l’eau au moment du retrait, dans l’esprit du dispositif DebrisGuard mis en avant par Aiper.
Connexion et mise en place : charge, appairage, et à l’eau
Dans une logique Plug and Play, Aiper recommande de faire le plein avant le premier bain. On retire le bouchon en silicone qui protège le port de charge (un système un peu stressant qu’on a hâte de ne plus voir sur les appareils qui vont dans l’eau), on s’assure qu’il est bien sec, puis on branche le chargeur DC fourni. Comptez 4 à 6 heures pour une charge complète, le bandeau LED passant au vert fixe une fois l’appareil plein. Placez le point de charge à au moins 3,5 m du bassin1, idéalement dans une zone couverte par le Wi-Fi pour accélérer les futures mises à jour.



À l’allumage, le robot bascule directement en mode configuration réseau, avec une fenêtre d’environ 5 minutes pour finaliser. Dans l’application Aiper, on appuie sur le [+], on sélectionne l’EcoSurfer S2, et on l’appaire en Bluetooth (ou via le QR code présent sur l’appareil). Il ne reste plus qu’à saisir le mot de passe de votre réseau Wi-Fi 2,4 GHz. Si le voyant s’éteint avant la fin de l’opération, un appui de 5 secondes sur le bouton la relance. Comme souvent, une mise à jour du firmware (environ 5 minutes) peut être proposée dans la foulée.
Si on le souhaite, on extrait le noodle de son logement dans le panier pour l’installer dans la bouche du skimmer mural, et on déploie les barres anti-échouage si le bassin comporte des marches. On dépose ensuite le robot au centre de la piscine, pompe en marche à débit normal, l’appareil s’appuyant en partie sur la circulation de l’eau pour se déplacer. Aiper recommande simplement de retirer au préalable les gros objets flottants (jouets, bouées).
Application : le centre de contrôle qu’on aime chez Aiper, à quelques coquilles près
Bien qu’assez sommaire, l’application Aiper reste l’une des mieux fichues du secteur, un constat que nous faisions déjà sur le Scuba V3 comme sur le Scuba S1. L’EcoSurfer S2 hérite de cette interface claire, au thème blanc et turquoise. L’appareil est venu se greffer sur le même compte, l’appli listant sans broncher le skimmer aux côtés du reste de l’écosystème Aiper.



L’écran d’accueil est très épuré. En haut, le niveau de batterie au pourcentage près et l’état courant du robot (veille, nettoyage). Au centre, un gros bouton lecture/stop pour lancer ou couper un cycle. De part et d’autre, deux raccourcis : à gauche, l’accès à la programmation ; à droite, le mode Télécommande. Juste en dessous, un interrupteur Éco active un fonctionnement en cycle de trois heures de travail suivies de trois heures de veille. Le mode Télécommande matérialise à l’écran un pavé directionnel qui permet de piloter le robot dans les quatre directions.



Côté programmation, on retrouve la logique « réveil » chère à Aiper, et même son astucieux budget d’énergie déjà croisé sur le V3 : on choisit une durée d’exécution (45, 60 ou 90 minutes) directement corrélée au nombre de nettoyages possibles par semaine (respectivement 4, 3 et 2), avant de sélectionner les jours et l’heure de début.



Autre réglage à connaître : la préférence d’itinéraire, où l’on bascule entre deux stratégies de parcours. Le mode Couverture complète, actif par défaut, vise le nettoyage le plus poussé et convient à la majorité des bassins. Le mode Protection des bords, lui, est pensé pour les piscines à margelles saillantes : le robot nettoie sans venir taper les parois, histoire d’éviter rayures et chocs. Le menu Paramètres complète l’ensemble. On y trouve notamment :
Un petit plus eût été d’afficher la température de l’eau, afin de nous en informer en temps réel, puisque l’appareil est destiné à rester longtemps dans la piscine.
Quelques scories…
À la date de notre test (V1.0.7.1), l’application traîne les mêmes petits défauts de finition que sur le reste de la gamme. L’état du robot s’affiche parfois en allemand (« Reinigung ») au beau milieu d’une interface française, exactement comme nous l’avions relevé sur le Scuba V3, le compteur voisin passant même carrément à l’anglais (« Cleaning Time »). On repère aussi un « Matir » en lieu et place de « Matin » dans le sélecteur d’heure, des libellés qui se chevauchent sur l’écran de programmation, et une traduction fantaisiste dans les conseils d’entretien, où l’appli recommande d’appliquer « une petite quantité de beurre » sur l’axe du moteur là où la version correcte parle d’huile alimentaire…
Navigation : deux capteurs optiques et une trajectoire libre
Comme l’iSkim Ultra de Beatbot, l’EcoSurfer S2 est un skimmer réactif : il ne cartographie pas le bassin, mais le sillonne selon une trajectoire semi-aléatoire, corrigée en temps réel par ses capteurs jusqu’à couvrir toute la surface. Là où Beatbot déployait une vingtaine de capteurs, Aiper mise sur deux capteurs optiques (contre de l’ultrason sur le précédent S1), chargés de repérer parois, marches et obstacles pour déclencher un changement de cap automatique. La marque annonce, grâce à ce passage à l’optique, environ 5 % de couverture et 15 % d’efficacité gagnées sur le S1.
Point de conception à connaître : selon Aiper, le robot amorce son demi-tour à une quarantaine de centimètres du bord plutôt que de le longer au ras, ce qui laisse présager un écumage moins précis sur le pourtour. En cas de blocage, une fonction de secours automatique (marche arrière) et des colonnes anti-échouage escamotables sont censées le sortir d’affaire, tandis que la technologie SolarSeeker l’envoie chasser les zones ensoleillées quand la batterie faiblit.
Dans le bassin…
Théorie confirmée, ou presque. Dans notre bassin, l’EcoSurfer S2 se déplace effectivement selon une trajectoire aléatoire, sans logique de quadrillage apparente, et à un rythme posé : c’est un lent, on l’a dit, et le terrain le confirme. Mais ce qu’il perd en vivacité, il le rattrape en obstination : à force de sillonner la surface dans tous les sens, il finit par couvrir l’intégralité du bassin.
Le comportement le plus rassurant concerne les bords. Fidèle à ce qu’annonce Aiper, le robot fait preuve de prudence à l’approche des parois : selon le mode d’itinéraire sélectionné, il ralentit avant le contact ou s’en détourne carrément sans les toucher. On retrouve là, sur le terrain, la distinction entre la Couverture complète et la Protection des bords vue dans l’application, et le parti pris de conception que nous évoquions, à savoir un demi-tour anticipé plutôt qu’un accostage au ras. Concrètement, pas de chocs à répétition contre la margelle, ce qui est une bonne nouvelle pour le liner comme pour l’appareil.
Nota bene : très discret à l’usage, l’EcoSurfer S2 se fait pratiquement oublier une fois dans l’eau. Ses deux hélices et sa turbine génèrent un bruit si faible que nous n’avons pas même songé à en réaliser une mesure en dB.
Nos trois marches, en revanche, restent le principal écueil, comme toujours sur ce type de bassin. L’EcoSurfer a failli s’immobiliser sur l’une d’elles, avant de repartir de lui-même au bout de quelques instants, sans intervention. Rien d’alarmant, donc, mais au moindre risque d’échouage récurrent, il suffit de déployer les barres anti-échouage pour régler la question. Nous n’avons pas eu à les sortir sur la durée de notre test, l’incident étant resté isolé.

Un mot enfin sur le noodle anti-skimmer, que nous n’avons pas utilisé. Nous coupons systématiquement la filtration de la piscine pendant nos tests, afin que l’aspiration du skimmer mural ne vienne pas fausser les trajectoires du robot. Sans cette aspiration, aucun risque de le voir happé par la bouche du skimmer.
Efficacité de nettoyage : lent mais pas inutile
Nous avons repris le protocole appliqué à l’iSkim Ultra de Beatbot dans ce même bassin : répandre des feuilles mortes en surface, puis mesurer ce que le robot récupère, et en combien de temps. Mais à cause de la taille différente du panier (4 L), là où l’iSkim (9 L) avait affronté environ 500 g de feuilles (85 % en 60 minutes), nous en avons dispersé ici 200 g. En téléguidé, après avoir mis à l’eau un autre paquet de 200 g de feuilles, l’EcoSurfer S2 a récupéré 90 % des feuilles en 20 minutes. En mode automatique, après 2 h 30, il a ramassé 98 % des feuilles. C’est toujours très lent, mais on est bien obligé d’admettre que le job finit par être fait. En revanche, le panier a terminé complètement saturé, ce qui limite l’EcoSurfer S2 sur la taille de la piscine ou bien la chute trop régulière de feuilles.
Grâce à sa large entrée d’aspiration, il parvient à avaler de gros débris, jusqu’à de petites branchettes, mais il a plus de chance de les laisser filer, surtout pour les débris vraiment lourds ou volumineux. Certains peuvent même lui rester en travers de la gorge, mais dans l’usage courant, il encaisse bien plus que ce qu’on attend d’un simple écumeur.
Nota bene : aucune alerte de panier plein dans l’application. Dommage, car le robot perdra en puissance si le panier est saturé.

Côté filtre, l’EcoSurfer S2 embarque un média de 150 µm, sensiblement plus fin que les 380 µm de l’iSkim. Concrètement, il retient mieux les petites particules, insectes minuscules et fragments, là où un skimmer à mailles plus larges les laisse filer. C’est un vrai point fort face au Beatbot. On regrettera toutefois l’absence d’un second étage ultra-fin, du type du média MicroMesh à 3 µm que l’on trouve sur le Scuba V3 : pour piéger le pollen le plus fin ou les spores, une couche de filtration complémentaire aurait été la bienvenue.
Enfin, l’EcoSurfer S2 loge dans sa coque un distributeur de pastilles de chlore de 1 et 3 pouces seulement (non fournies). C’est le pendant du système de clarifiant que l’iSkim embarquait. Sauf que ses pastilles de chlore sont un consommable standard, que l’on trouve partout et pour trois fois rien, là où l’iSkim imposait son clarifiant propriétaire aux recharges coûteuses. Séduisant, mais rappelons que le chlore nécessite d’être distribué équitablement dans tout le bassin. Or, si le robot se bloque quelque part, il y aura une concentration anormale de produit chimique. Certes, le débit est réglable mécaniquement via une bague rotative, afin de ne pas en répandre de façon non maîtrisée. Mais il est difficile de recommander ce système comme système de diffusion principal. À utiliser avec précaution !
Amélioration possible : un capteur pour vérifier l’état de l’eau serait tout à fait approprié dans ce cas d’usage !
Autonomie et recharge : le solaire fait presque oublier la batterie
Nous l’avons lancé, batterie pleine à 100 %. Après 2 h 30 de travail en plein cagnard, il restait 94 % de batterie. Six petits pour cent grignotés en deux heures et demie, en pleine chaleur : voilà qui illustre bien la promesse « 24/7 » du skimmer. Attention toutefois à ne pas se méprendre sur ce chiffre. Il ne s’agit pas de l’autonomie brute de la batterie, mais d’une consommation nette, appoint solaire compris : en plein soleil, le panneau réinjecte en continu presque autant d’énergie que les moteurs n’en consomment, si bien que la jauge bouge à peine.
Nota bene : chez Trusted Reviews, même par une rare journée nuageuse, le skimmer a tenu plus de 18 heures en conservant 43 % de charge.
Ainsi, Aiper met en avant jusqu’à 35 heures d’autonomie sur une charge, mais son propre blog2 précise qu’une charge complète, sans apport solaire, offre en réalité 3 à 4 heures d’écumage actif, selon la taille du bassin et les conditions. Car celle-ci reste modeste : 56 Wh, soit 5 200 mAh, la moitié de la capacité d’un iSkim Ultra de Beatbot. Retirez-lui la lumière, par une nuit prolongée, un ciel durablement couvert ou un bassin très ombragé, et vous retomberez sur cette réserve limitée.

Côté recharge, Aiper annonce 4 à 6 heures pour une charge complète via l’adaptateur DC. Quelle que soit la valeur réelle dans cette fourchette, ce sera toujours dérisoire par rapport au temps effectif passé dans le bassin sans avoir besoin de le brancher.
Nota bene : la capacité de la batterie se dégrade après 300 à 400 cycles de charge complets, et un temps de fonctionnement tombé sous 60 minutes justifie une prise en charge sous garantie.
Entretien : simple au quotidien, bien épaulé par l’application
L’entretien courant de l’EcoSurfer S2 se résume à l’essentiel : vider le panier. L’opération est d’autant plus simple que la cassette de 4 L à tiroir frontal se retire assez facilement, et se vide sans mettre les mains dedans. Rien à signaler de notre côté, c’est l’affaire de quelques secondes. Aiper recommande de sortir le bac après chaque session et de le rincer toutes les deux à trois utilisations pour maintenir le débit d’aspiration. Dirigez le jet d’eau à contre-sens des mailles pour déloger les débris, et proscrivez le nettoyeur haute pression sur le média, sous peine d’abîmer le tamis. Pour un voile d’algues ou de crème solaire un peu incrusté, un trempage de quinze à vingt minutes dans un nettoyant enzymatique dilué fait le job.
Nota bene : Aiper ne fournit pas de crochet pour le retirer de l’eau, mais la poignée de l’EcoSurfer S2 permet une récupération à la perche. Sinon, le mode télécommandé peut faire l’affaire pour le diriger au bord du bassin. Une fois hors du bassin, l’appareil, qui ne dispose pas de détecteur d’eau, continue de tourner et vide sa batterie si on ne l’éteint pas.


En revanche, le robot se salit beaucoup. À rester en permanence dans l’eau, il se couvre vite d’un film et de dépôts, surtout en piscine chargée. Pas de panique : Aiper met en avant des matériaux résistants aux UV, aux fortes chaleurs et à l’eau salée, taillés pour laisser l’appareil à demeure toute la saison. Un simple rinçage à l’eau claire en fin de journée suffit à le garder présentable.

Pour l’entretien plus poussé, l’appareil se démonte sans outil ou presque. L’hélice se retire en la tirant vers l’extérieur : on ôte à la main les débris enroulés autour de l’axe, on rince au jet, puis on essuie l’axe au chiffon humide. Attention à n’utiliser qu’un outil fin et non tranchant pour dégager cheveux ou fils enroulés. La turbine demande un tournevis pour déposer la vis latérale, retirer le rotor, le nettoyer et le remonter. Quant au panneau solaire, qui peut se marquer d’un voile blanc minéral, il se contente d’un rinçage à basse pression et d’un coup de chiffon doux et sec, sans haute pression ni abrasif. Même douceur pour les capteurs optiques.

Nota bene : Aiper avertit que des dépôts minéraux peuvent se former sur l’axe de l’hélice : première cause d’un moteur grippé. Le réflexe est de rincer abondamment à l’eau douce et, si l’hélice reste bloquée, de la faire tourner manuellement pour casser la croûte de sel.
L’application embarque une véritable assistance à la maintenance : une rubrique « Gestion des composants » surveille l’usure des pièces (l’hélice en tête, avec un rappel de maintenance régulière), des tutoriels illustrés détaillent pas à pas chaque nettoyage, et une FAQ complète les consignes.



On y apprend par exemple qu’un léger grincement de l’axe en graphite, une fois l’appareil resté longtemps hors de l’eau, est parfaitement normal et disparaît une fois immergé, sans incidence sur les performances. Pour l’hivernage, la doc conseille simplement d’appliquer un peu d’huile alimentaire sur l’axe et de stocker l’appareil au sec, à l’intérieur.
Nota bene : Aiper choisit une huile alimentaire, type huile de cuisine, parce qu’elle est non toxique pour l’eau de baignade et sans danger si elle se diffuse dans le bassin, là où une graisse ou un lubrifiant technique (silicone, WD-40, etc.) risquerait de contaminer l’eau, de laisser un film gras en surface, voire d’attaquer certains joints.
Accessoires, pièces détachées et consommables
À ce jour, la boutique française Aiper ne propose pas de catalogue de consommables dédié à l’EcoSurfer S2. Aiper confirme explicitement que les paniers de remplacement du S2 ne sont pas disponibles sur son site et demande de passer par le SAV avec le numéro de série. Le centre de dépannage indique la même chose pour le câble de charge.
En revanche Aiper propose trois niveaux de protection pour ses robots : Essential (79 €), Plus (129 €) et Pro (199 €). Ces formules prolongent la couverture du produit et ajoutent, selon le niveau choisi, le remplacement de consommables et des réparations en cas de dommage. Sur l’EcoSurfer S2, leur intérêt est toutefois à relativiser : le prix du Care peut représenter près de la moitié du prix du robot avec la formule Pro, tandis qu’Aiper ne précise pas clairement quels consommables du S2 sont couverts. Pour un produit affiché à 399 €, l’Essential peut éventuellement se concevoir pour sécuriser l’achat…
Positionnement face à la concurrence et alternatives
Avant de le confronter à ses rivaux, rappelons que l’EcoSurfer S2 n’est pas conçu pour vivre seul. Aiper le pense d’abord comme une pièce de son écosystème : il forme, avec le Scuba V3 et sa caméra IA, le pack Aiper Experts Duo (1 198 € au lieu de 1 398 €), et se marie aussi au Scuba S1 dans une offre plus abordable (798 € au lieu de 998 €).

Reste à savoir ce que vaut le S2 pris isolément, face aux autres skimmers du marché. Et là, son argument saute aux yeux : affiché à 399 € (souvent barré à 499 €), et déjà trouvé autour de 369 € en fonction des promotions, il est actuellement un des skimmers connectés les plus complets à ce tarif.
Aiper Surfer S1 (2025) : le prédécesseur, pour moins cher
Le Surfer S1, à 349 €, conserve le solaire et l’appli, mais s’en tient à une détection par ultrasons, un filtre à 200 µm, une autonomie de 12 à 20 heures, et se prive du distributeur de chlore. Le S2 justifie son surcoût par sa batterie de 35 h, sa technologie SolarSeeker, ses capteurs optiques, sa filtration 150 µm et sa pastille de chlore.

À noter toutefois, le S1 embarque un panier de 5 L, soit un litre de plus que le S2 : pour qui veut l’essentiel du skimming solaire sans les fonctions connectées avancées, il reste une porte d’entrée moins chère.
WYBOT F1 (2025) : le rival qui règle le problème du panier
C’est l’alternative la plus directe au S2, et la plus pertinente à mettre en face, tant les deux se ressemblent. Vendu au prix recommandé de 399€, le WYBOT F1 est un skimmer solaire connecté qui coche presque les mêmes cases : panneau solaire de 33 W, batterie 5 200 mAh identique à celle du S2, recharge complète en 5 à 6 heures d’ensoleillement, deux modes (intelligent sur 24 h, standard 8 h), navigation EdgeMaster avec suivi des bords et anti-enchevêtrement, pilotage par application Wi-Fi et Bluetooth avec mises à jour OTA. Contrairement au S2, son adaptateur secteur ne serait pas fourni.

Là où il frappe fort, c’est précisément sur le défaut que nous avons identifié comme principal sur le S2 : son panier de 7 litres, contre 4 litres à l’Aiper, encaisse presque le double de débris avant saturation. Pour un bassin très arboré, sujet aux grosses chutes de feuilles, c’est l’argument décisif, celui qui évite les vidanges en cours de cycle.
Le S2 conserve toutefois deux avantages nets. Sa filtration est plus fine (150 µm contre 180 µm au WYBOT), donc plus efficace sur les petites particules. Un chargeur est fourni DC est fourni et il embarque un distributeur de chlore intégré dont le F1 est dépourvu. Ajoutez que le WYBOT est deux fois plus lourd (10,5 kg contre 5,7 kg) et bien plus encombrant (53,8 × 52,8 × 28 cm), ce qui le rend moins maniable à sortir de l’eau.
Dolphin Skimmi : la valeur sûre d’une marque de référence
Signé Maytronics, l’un des noms les plus établis de la piscine, le Skimmi 200 est le choix des spécialistes du skimmer. Affiché à 449 € (prix conseillé), il mise sur une fabrication éprouvée et une navigation soignée : algorithme de déplacement avancé, évitement breveté des obstacles et détection des bords, pour une couverture annoncée jusqu’à 99 % et un nettoyage donné pour deux fois plus rapide que la moyenne du marché, selon la marque. Il fonctionne lui aussi à l’énergie solaire, se dirige seul vers les zones ensoleillées pour se recharger, et se pilote via l’appli Maytronics One, avec des modes bien pensés (sans bords, nettoyage ciblé des bords, capture des feuilles, Éco avancé). Son panier fait 4 L, comme celui du S2, avec un accès par le haut, et il couvre les bassins jusqu’à 20 m.

Face à lui, l’Aiper joue son distributeur de chlore intégré absent du Dolphin, et un tarif plus doux (de 369 à 399 € contre 449 €). Le Skimmi, en retour, oppose une filtration à deux panneaux amovibles (150 et 300 microns), une navigation brevetée réputée efficace et un SAV solidement implanté en France.
Nota bene : Maytronics décline son skimmer en une version supérieure, le Skimmi 300 (499 €), qui reprend l’essentiel du 200 en poussant deux curseurs : un panier plus grand de 6 L, plus à l’aise sur les grosses chutes de feuilles, et une garantie portée à 3 ans (contre 2 ans sur le 200).
Beatbot iSkim Ultra (2025) : le premium qu’il vient chatouiller
Le haut de gamme que nous avions testé l’an dernier reste la référence technique de la catégorie : sept moteurs, une vingtaine de capteurs dont un ensemble tri-ultrasonique, un panier de 9 L, un dock magnétique et même un clarifiant d’eau. Sur les gros volumes et l’endurance, il garde l’avantage.

Mais il coûte aujourd’hui autour de 578 € en promotion (prix conseillé 999 €), soit sensiblement plus que le S2, et l’Aiper vient avec une filtration plus fine (150 contre 380 µm).
- Manuel français du Aiper EcoSurfer S2 ↩︎
- https://aiper.com/blogs/troubleshooting/s2-battery-charging/ ↩︎
À moins de 400 €, il réunit une application aboutie, une filtration fine de 150 µm, un distributeur de chlore intégré et une autonomie solaire qui fait presque oublier la batterie. Notre test l'a confirmé sur le terrain, avec un taux de capture de 98 % en mode automatique. Toutefois, il est relativement lent, sa navigation est brouillonne même si elle fait attention aux obstacles et finit par tout couvrir, et son panier de 4 litres sature vite sur une grosse chute de feuilles.
On le conseille aux propriétaires de bassin de taille moyenne (ou modérément arboré), mais surtout bien ensoleillé qui veulent automatiser l'entretien de surface en complément d'un robot de fond. En revanche, il sera moins indiqué pour un bassin très arboré en saison de chute et des baignades fréquentes en journée.
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