Avec le SPINO S1 Pro, Mammotion s’attaque au principal point faible des robots piscine sans fil : la charge… et les « sauvetages » en plein cycle. Son idée est simple sur le papier : un robot capable de revenir tout seul vers une station hors bassin et de se recharger automatiquement, sans manipulation. Distingué au CES 2026 par un Innovation Award, le SPINO S1 Pro vient d’ouvrir sa campagne Kickstarter, l’occasion de revenir sur les promesses du modèle, et de découvrir au passage son petit frère, le SPINO S1, dévoilé fin avril.
Connue surtout pour ses robots-tondeuses LUBA et YUKA, Mammotion s’était déjà invitée dans la piscine en 2025 avec le SPINO E1, un premier modèle sans fil pensé pour planter le drapeau de la marque sur ce segment. Début 2026, le constructeur change clairement d’échelle avec deux nouveaux robots dévoilés au CES de Las Vegas : le SPINO S1 Pro, modèle phare distingué d’un Innovation Award, et son cadet, le SPINO S1, version plus accessible commercialisée en parallèle. Le S1 Pro vise surtout à supprimer les manipulations manuelles et les sauvetages en cours de nettoyage, tandis que le S1 vise un positionnement plus traditionnel mais déjà bien équipé.
Le SPINO S1 Pro s’attaque à deux irritants très concrets des robots piscines sans fil. Le premier, c’est la recharge : Mammotion annonce un retour automatique vers une station hors bassin équipée d’un bras robotisé, qui hisserait l’appareil sur son socle sans intervention humaine. Le second, c’est la fiabilité du pilotage en immersion, avec une connectivité sous-marine maintenue autour de la base et une vision IA censée mieux gérer bords, marches et zones encrassées. Le modèle SPINO S1, lui, abandonne le bras robotisé au profit d’un stationnement automatique à la ligne d’eau, plus classique, mais conserve l’essentiel de la philosophie de la gamme. Voici ce qu’il faut savoir avant de se positionner sur la campagne Kickstarter, ouverte jusqu’au 28 mai !
Quelques spécifications annoncées du Spino S1 Pro
| Caractéristique Techniques | Mammotion Spino S1 Pro |
|---|---|
| Dimensions | 440 × 418 × 246 mm |
| Poids | 11,3 kg |
| Surface de nettoyage | 300 m² |
| Types de nettoyage | 5-en-1 (Fond, Parois, Ligne d’eau horizontale, Complet et Mode Bord) |
| Profondeur d’eau supportée | 0,6 à 3 m |
| Aspiration | 6800 GPH / 25 800 LPH |
| Filtration | double couche (20 μm + 180 μm) |
| Type de moteur | 5 moteurs brushless |
| Batterie | 9150 mAh |
| Autonomie | jusqu’à 3 heures |
| Temps de charge | 3,5 heures |
| IA / capteurs | ZonePilot™ AI Vision + Adaptive Dirt Response |
| Garantie | 3 ans |
AutoShoreCharge™ : comment la station est censée supprimer la corvée
On l’a souvent vu lors de nos tests en 2025 : quand le cycle d’un robot piscine est terminé, il faut récupérer l’appareil encore bien lourd et dégoulinant, puis le poser sur son socle de charge avant de le remettre à l’eau au cycle suivant. Et quand il se bloque ou s’arrête au mauvais endroit, on se retrouve à jouer les sauveteurs au crochet. C’est précisément ce genre de friction que Mammotion dit vouloir effacer avec AutoShoreCharge™, technologie qui équipe exclusivement le SPINO S1 Pro et qui a justement valu à la marque son Innovation Award au CES 2026.

Le principe repose sur le scénario suivant : le SPINO S1 Pro termine sa session, revient vers sa base située en bord de bassin, puis s’aligne avec précision pour se présenter correctement à la station. À partir de là, un bras robotisé articulé prend le relais pour hisser le robot hors de l’eau et le déposer sur son socle de charge, sans manipulation manuelle. Aussi simple à dire qu’ambitieux à exécuter : c’est typiquement le type de promesse que nous avons hâte de confronter à un bassin réel.
« Le SPINO S1 Pro reflète notre conviction que la véritable autonomie doit être invisible », déclare Jayden Wei, PDG de Mammotion.
Plusieurs zones d’attention émergent à la lecture du concept. La station devra d’abord trouver sa place : margelle suffisamment stable, zone dégagée devant le poste d’amarrage, et conditions d’eau compatibles avec un accostage répétable (remous, jets de refoulement, pente d’accès, position des skimmers). Vient ensuite la question de la sécurité : dès qu’un élément mécanique bouge au bord d’un bassin, on attend une gestion exemplaire des obstacles et des situations imprévues, depuis l’enfant qui passe la main au mauvais moment jusqu’au chat curieux qui s’attarde sur la margelle. Mammotion n’a pas encore détaillé publiquement les dispositifs de sécurité associés au bras, ce qui sera un point d’évaluation central lors de notre test.
Nous serons particulièrement attentifs à la régularité de l’amarrage cycle après cycle, à la capacité du robot à corriger un éventuel échec de présentation (recule-t-il pour retenter, alerte-t-il l’utilisateur, abandonne-t-il en mode dégradé ?), et au comportement de l’appareil en conditions sous-optimales : station humide ou légèrement sale, robot mal aligné après un cycle accidenté, surface d’accostage glissante. Trois éléments qui feront la différence entre une vraie révolution d’usage et une démonstration impressionnante mais fragile.
Rester connecté sous l’eau : un véritable progrès ?
C’est sans doute la promesse la plus spectaculaire du SPINO S1 Pro après l’AutoShoreCharge… et aussi celle qui mérite probablement le plus de recul. Dans une piscine, l’eau coupe les communications radio : raison pour laquelle la plupart des robots sans fil ne peuvent pas être suivis en temps réel une fois immergés.
Mammotion annonce sur ce point une liaison sous-marine stable dans un rayon de 10 mètres autour de la station de charge, censée fiabiliser le retour au dock et maintenir un dialogue continu avec l’application pendant la navigation. Bien sûr, le discours gagne en crédibilité quand on constate qu’une approche voisine existe déjà sur le marché : WYBOT avec son S2 Solar (et sa variante Solar Vision) met aussi en avant une station d’accueil qui sert de point de relais pour la communication, y compris pendant le nettoyage. Autrement dit, l’idée n’est pas farfelue en soi, elle est même en voie de banalisation chez les marques qui poussent l’écosystème vers une vraie expérience « set and forget ».

Reste à savoir ce que valent les 10 mètres annoncés en conditions réelles, et nous nous réservons quelques tests bien sentis pour le vérifier. Le type d’eau d’abord : la salinité, le chlore et la turbidité ne se comportent pas de la même manière vis-à-vis des ondes acoustiques sous-marines. Le contenu du dialogue applicatif ensuite : Mammotion parle de pilotage continu via l’app, mais on attend de voir ce qui sera réellement modifiable à distance pendant le cycle (mode de nettoyage, intensité, retour anticipé). Enfin ,le comportement du robot dès qu’il sort de la zone couverte méritera notre attention : continue-t-il sa mission en autonomie complète, se met-il en sécurité, ou revient-il automatiquement à portée pour rétablir le contact ?
Comment l’IA et la vision 360°peuvent faire la différence dans votre piscine ?
Le SPINO S1 Pro embarque le ZonePilot™ AI Vision Mapping, un système de navigation à 360° qui combine une caméra IA, des capteurs ToF (Time of Flight) pour la mesure de distance, des infrarouges, des ultrasons, ainsi que des capteurs inertiels et de pression. Au total, 23 capteurs travaillent de concert sur le S1 Pro pour construire en temps réel une cartographie précise du bassin, repérer ses singularités (marches, coins, bords, plages immergées, obstacles) et éviter les séquences où le robot patine, insiste au mauvais endroit ou zappe une zone.

Mammotion ajoute une seconde brique nommée Adaptive Dirt Response : dès que des débris denses sont détectés, le robot ralentit automatiquement et effectue plusieurs passes ciblées sur la zone, plutôt que d’enchaîner les m² à vitesse constante. Le constructeur annonce également une précision de moins de 1 cm dans le suivi des parois, ce qui devrait théoriquement améliorer la qualité du nettoyage des angles et des bordures verticales.

En principe, au lieu d’un parcours « aveugle » avec des repassages inutiles, le robot ajuste sa trajectoire en temps réel et concentre son effort là où les débris s’accumulent. Bien sûr, la vision dépend de ce que le robot peut réellement voir. Eau laiteuse en début de saison, faible luminosité de fin de journée, particules en suspension après un orage, parois sombres en liner anthracite, ligne d’eau encrassée par les pollens : autant de situations où la caméra et les algorithmes peuvent perdre en pertinence. Et même avec de bons capteurs, les bassins « tarabiscotés » restent un test sévère : escaliers larges, plages immergées, formes libres, pentes douces, angles atypiques. C’est typiquement le genre de promesse qu’on se fera un plaisir de décortiquer en labo, avec une attention particulière pour l’efficacité d’Adaptive Dirt Response : le robot voit-il vraiment les débris denses, ou réagit-il simplement à une résistance d’aspiration ?
Performances annoncées : le haut-de-gamme en ligne de mire
Sur la fiche technique, Mammotion met en avant un débit d’aspiration pouvant atteindre 6 800 GPH (soit environ 25 800 LPH, l’équivalent de 25,8 m³/h), un chiffre impressionnant qui, en théorie, aide sur les situations pénibles : sable fin qui retombe au fond, petits graviers, amas de feuilles qui « pèsent » et demandent du flux pour être décollés. Reste à voir la tenue du débit quand le panier commence à se charger, la capacité à garder une aspiration efficace malgré la résistance du filtre, et la manière dont le robot gère des zones comme la ligne d’eau, où tout se joue plutôt sur l’adhérence, les brosses et la pression exercée.

Pour produire ce flux, Mammotion s’appuie sur cinq moteurs brushless. À titre de comparaison, l’AquaSense X de Beatbot embarque onze moteurs, le Sora 70 huit. Les chiffres bruts ne disent pas tout, mais cinq moteurs sur une architecture sans fil de 11,3 kg laissent attendre une vraie réserve de puissance pour les phases de remontée verticale et le travail de la ligne d’eau. Côté brossage, deux rouleaux principaux entourent la chenille (236 mm à l’avant, 300 mm à l’arrière) et une brosse latérale de 67 mm s’occupe des coins. Même logique pour la filtration double couche annoncée à 20 μm en interne et 180 μm en externe : c’est une bonne approche sur le papier, parce qu’elle combine la rétention des gros débris (feuilles, brindilles, insectes) et la capture des particules très fines (sable, pollen, poussières organiques).
Côté énergie enfin, le SPINO S1 Pro embarque une batterie de 9 150 mAh pour une autonomie annoncée jusqu’à 3 heures de fonctionnement, et un temps de charge inférieur ou égal à 3,5 heures. Le ratio est correct sur le segment : on pourra théoriquement couvrir un bassin de 300 m² en une seule charge selon les conditions, ce qui place le SPINO S1 Pro sur le segment des robots-piscines dédiés aux bassins résidentiels de taille moyenne à grande, sans toutefois rivaliser avec les flagships de plus de 5 heures d’autonomie qu’on commence à voir apparaître sur le marché. À noter que la résistance physique de l’appareil est elle aussi alignée sur les standards haut de gamme : indice IPX8 sur la coque, double couche d’étanchéité au niveau de la batterie, et protection UV de la structure pour résister à l’exposition prolongée au soleil entre deux cycles.
Une promesse « mains libres » encore suspendue aux détails du quotidien
Le SPINO S1 Pro nous intrigue par sa proposition globale : recharge automatique, retour à la base sans intervention, connectivité sous-marine, vision IA, le tout dans une fiche technique cohérente sur le segment haut de gamme. Si AutoShoreCharge tient ses promesses et si la connectivité sous l’eau apporte un vrai gain de fiabilité autour de la station, on pourrait bien tenir l’un des robots les plus « mains libres » du moment.

Restent quelques inconnues qui ne se lèveront qu’en conditions réelles : la compatibilité avec les bassins complexes (escaliers, plages immergées, pentes prononcées, liner vs carrelage), les contraintes précises d’installation de la station (surface d’accueil, tolérances mécaniques, emplacement par rapport aux skimmers), sans oublier le SAV européen de Mammotion sur ce nouveau segment et le coût des pièces d’usure (brosses, filtres, consommables). En somme, va-t-il nous coûter… un bras ?
Pour ceux que la promesse intrigue, Mammotion ouvre les réservations sur Kickstarter du 28 avril au 28 mai 2026, avec des conditions tarifaires nettement plus douces que le prix public de lancement. Le SPINO S1 Pro est proposé en Super Early Bird à 1 699 dollars (sur quantité limitée, soit 800 dollars de remise), puis en Early Bird à 1 999 dollars (500 dollars de remise). Mammotion en profite par ailleurs pour officialiser un second modèle plus accessible, le SPINO S1 dévoilé en même temps. Cette version s’affiche à 899 dollars en early bird (soit 400 dollars d’économie) et conserve l’essentiel des performances du Pro, en abandonnant juste le bras AutoShoreCharge et la communication sous-marine 10 m.
On vous le dit dès qu’on l’a en bassin : c’est typiquement le genre de robot qui peut changer la routine… voire le marché tout entier ! À voir lequel tient le plus la route entre celui-ci et l’AquaSense X de Beatbot…
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