Après l’amélioration des appareils photo, des performances ou de l’autonomie, les constructeurs de smartphones tentent d’imaginer la prochaine innovation susceptible de relancer l’intérêt du grand public. Et pendant que l’intelligence artificielle monopolise l’attention, une autre idée, longtemps considérée comme un fantasme technologique, serait en train de refaire surface chez Samsung : l’écran holographique.
À quoi ressemblera le futur du smartphone ? Apple miserait sur un iPhone anniversaire au design encore plus ambitieux, avec un écran incurvé perfectionné, tandis que son premier smartphone pliable pourrait arriver d’ici la fin de l’année. L’IA devient également un nouveau terrain de bataille pour l’industrie mobile : Amazon travaillerait sur un hypothétique « smartphone Alexa », tandis qu’OpenAI préparerait un « smartphone ChatGPT » pour concurrencer directement l’iPhone. En parallèle, Samsung explorerait une autre piste : celle de l’affichage holographique.
Samsung développerait un écran holographique pour ses futurs smartphones
L’information provient d’une série de publications du leaker Schrödinger (@phonefuturist) sur X. Selon lui, Samsung Display développerait actuellement une nouvelle génération d’écran holographique destinée aux smartphones.
Depuis 2025, la marque commercialise déjà son moniteur gaming Odyssey 3D, qui emploie différentes technologies pour offrir une image en 3D sans lunettes. Le projet en fuite, connu sous les noms internes « H1 » ou « MH1 », consisterait à porter la technologie sur smartphone, bien qu’il encore à un stade très précoce de recherche et développement (la rumeur évoque un horizon de sortie autour de 2030).

L’idée de Samsung serait d’intégrer une couche holographique directement dans l’empilement d’une dalle OLED ou AMOLED classique. Des microstructures permettraient de rediriger précisément la lumière vers les yeux de l’utilisateur afin de créer un effet de profondeur spatiale, et de créer l’illusion d’une image qui flotte au-dessus du verre.
Contrairement aux anciens écrans 3D, cette technologie fonctionnerait sans lunettes spécifiques. Samsung miserait notamment sur une combinaison de suivi oculaire, d’algorithmes propriétaires et d’un procédé décrit comme du « beam-steering diffractif ». Concrètement, l’utilisateur pourrait légèrement incliner son smartphone pour observer un objet ou une vidéo sous différents angles, avec une véritable sensation de relief dynamique.


Un écran holographique permettrait d’ajouter du relief et de la profondeur aux images de nos smartphones. © Meilleure-Innovation + IA
L’un des points les plus intéressants concerne la qualité d’affichage. Les fuites indiquent que Samsung chercherait à conserver une définition 4K malgré l’effet holographique, là où les anciens écrans 3D imposaient souvent d’importants compromis sur la netteté et la luminosité.
Ces informations restent toutefois à prendre avec prudence : elles reposent à ce stade sur la parole d’un seul leaker, et n’ont pas été corroborées par d’autres sources reconnues du secteur.
L’écran 3D, ou le retour d’une vieille idée, avec une technologie bien plus mature
L’idée de l’écran 3D n’est pas nouvelle. Au début des années 2010, plusieurs fabricants avaient déjà tenté l’expérience avec des appareils comme le HTC Evo 3D ou le LG Optimus 3D. Même la console portable Nintendo 3DS reposait sur un principe similaire de relief sans lunettes.

Mais ces premiers essais avaient rapidement montré leurs limites. Les écrans affichaient des résolutions modestes, avec des angles de vision réduits, une luminosité souvent insuffisante et un effet 3D peu convaincant sur la durée.
Quinze ans plus tard, le contexte technologique a radicalement changé. Les écrans OLED modernes offrent une densité de pixels bien supérieure, les processeurs mobiles sont désormais capables de gérer des traitements complexes en temps réel et les systèmes de suivi du regard ont considérablement gagné en précision.
Chez Samsung, ces recherches s’inscrivent dans une stratégie de long terme autour des technologies d’affichage. Le groupe aurait déposé un brevet lié aux écrans holographiques dès 2018, et en 2020, des chercheurs de Samsung publiaient leurs travaux autour de panneaux holographiques fins, capables d’afficher des vidéos 4K avec des angles de vision élargis.
Cette approche s’ajoute à d’autres expérimentations menées par Samsung Display, déjà précurseur dans le domaine des écrans pliants, extensibles, ou confidentiels, comme l’illustre le récent « Privacy Display » du Galaxy S26 Ultra.

Apple considérerait l’idée d’un « iPhone spatial » à l’écran holographique
Apple suivrait également de très près ces technologies liées aux affichages spatiaux. La firme de Cupertino dépose des brevets autour des écrans holographiques et de la 3D sans lunettes depuis 2008.
Plus largement, l’entreprise semble convaincue que le futur des interfaces passera par une fusion entre monde réel et contenu numérique. Cette stratégie est déjà visible avec le casque Apple Vision Pro, et plusieurs rumeurs évoquent désormais un futur « Spatial iPhone » ou un « iPhone Spatial 3D ».
Samsung pourrait d’ailleurs jouer un rôle clé dans cette évolution. Le groupe coréen fournit déjà une partie des écrans OLED utilisés dans les iPhone haut de gamme et apparaît donc comme un partenaire naturel si Apple décidait un jour d’intégrer une technologie holographique à ses smartphones.
Le terrain logiciel semble lui aussi se préparer progressivement. iOS 26 intègre déjà des « Scènes spatiales », une fonction capable d’ajouter artificiellement de la profondeur à des photos classiques grâce à l’intelligence artificielle.
Reste désormais à savoir si les écrans holographiques peuvent réussir là où les smartphones 3D ont échoué il y a quinze ans. Une chose semble toutefois certaine : après des années d’évolution progressive, l’industrie mobile cherche désormais des innovations capables de modifier plus profondément notre manière d’interagir avec les écrans. Et dans cette course, l’affichage spatial pourrait devenir l’un des prochains grands champs de bataille technologiques.
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