Realme sort son smartphone 16 Pro+ avec de grandes ambitions photographiques. La marque n’a pas été avare de superlatifs dans sa communication : capteur photo principal de 200 MP, téléobjectif 50 MP, stabilisation optique, fonctions IA à la pelle… Sur le papier, l’affaire est prometteuse. Mais comme toujours, c’est en conditions réelles que les capacités de capture d’image se vérifient. Après prise en mains par nos soins, voici notre test photo du Realme 16 Pro+.
Fiche technique : les capacités photographiques du Realme 16 Pro+

| Caractéristiques techniques | Realme 16 Pro+ |
|---|---|
| Dimensions (hauteur x largeur x épaisseur) | 162,5 mm x 76,3 mm x 8,1 mm |
| Écran | 6,8 pouces AMOLED 144 Hz |
| Poids | 198 g |
| Processeur | Snapdragon® 7 Gen 4 |
| Capacité de la batterie | 7000 mAh |
| Capteur principal | Samsung HP5 200 MP, 1/1,56 », f/1,8, OIS + EIS |
| Ultra grand-angle | 8 MP, 115,5° |
| Téléobjectif | Samsung JN5 50 MP, 1/2,75 », f/2,8, OIS + EIS |
| Caméra frontale | OV50D 50 MP, 1/2,88 », f/2,4 |
| Vidéo | jusqu’à 4K 60 FPS |
| Indice de protection | IP69K |
| Prix | 599,99 € (12 Go) / 479,99 € (8 Go) |
Test réalisé sur un modèle 512 Go + 12 Go RAM.
Méthode : notre protocole de test photo pour le Realme 16 Pro+
Pour ce test, nous avons utilisé l’appareil photo du Realme 16 Pro+ dans ses réglages par défaut : mode de couleur « Vibrant » et HDR en mode automatique. Nous avons activé le mode Portrait manuellement, et laissé le mode Nuit s’activer automatiquement.
Les photos présentées ci-dessous n’ont subi aucune retouche, en dehors des traitements logiciels automatiques du téléphone, et d’un redimensionnement pour les besoins de mise en page. Elles ont été capturées dans la résolution par défaut de 12 MP.
Enfin, nous avons réalisé des prises de vue à différents moments de la journée, dans le même cadre, afin de faciliter la comparaison entre les différents scénarios.
Photos du quotidien : le capteur principal réussit son coup
En conditions d’éclairage courant, le capteur principal de 200 MP produit des images très piquées, avec une colorimétrie équilibrée (bien que très saturée dans ce mode « Vibrant ») et des contrastes bien dosés. La stabilisation optique, mêlée à une capture réactive, fait un travail remarquable : même en dégainant vite, la photo ressort nette du premier coup, sans flou de bougé.





L’ultra grand-angle, en revanche, est clairement le point faible de la configuration. Avec ses maigres 8 MP, il atteint ses limites assez vite, y compris en pleine lumière : dans les bords de l’image, les détails s’effacent, la netteté laisse à désirer… Bref, sauf besoin impératif de cadrer très large, on lui préférera systématiquement le capteur principal.
Lumière difficile : une gestion des contrastes maîtrisée
Avec le grand-angle, le 16 Pro+ s’en tire tout aussi bien dans les situations d’éclairage mixte, avec une excellente gestion des contrastes. Nous avons notamment photographié un chien (Milo, pour ne pas le nommer) allongé en plein soleil : le capteur a su préserver les détails dans les parties surexposées, tout en gardant un arrière-plan lisible.


Qu’on essaie de prendre en photo le ciel en plein soleil ou par temps nuageux, le traitement de la lumière, des couleurs et des contrastes se révèle réussi, sans que l’image ne « brûle ». En somme, le traitement HDR du Realme 16 Pro+ se montre rudement efficace, sans tomber dans un rendu artificiel ; et pour le coup, aussi bien sur le module principal que sur l’ultra grand-angle. Par rapport à l’Oppo Find X9 Pro, téléphone bien plus onéreux qui tend à la sous-exposition dans les mêmes conditions, le Realme 16 Pro+ se paie le luxe de faire mieux.
Nuit et basse lumière : de belles performances d’ensemble
Le capteur grand-angle gère très bien les situations de faible luminosité, l’objectif s’arrangeant pour faire entrer le maximum de lumière disponible, et compensant judicieusement le reste avec son traitement logiciel. Il sera tout de même plus difficile d’obtenir des images totalement nettes, le temps d’exposition plus long laissant le champ libre à d’éventuels tremblements de caméra que le stabilisateur ne peut pas rectifier dans ces conditions.





En extérieur, le mode Nuit nous a particulièrement impressionnés, tant l’image nous apparaissait plus claire que la réalité, sans flash ni lumière artificielle. Le ciel du soir, en particulier, est restitué avec beaucoup de lumière (et donc de détails). Sans être miraculeux, l’ensemble est franchement correct pour un smartphone milieu de gamme.




Sans grande surprise, le capteur ultra grand-angle est difficilement exploitable dans ces conditions. S’il nous semblait déjà très perfectible de jour et dans des circonstances idéales, cet objectif décidément trop chiche ne parvient pas davantage à transformer l’essai en mode Nuit.


Zoom : un bon zoom optique, un zoom numérique dispensable
Pour le zoom, le téléphone s’appuie notamment sur un téléobjectif de 50 MP qui présente un très haut niveau de détails ainsi qu’une image équilibrée. Le zoom optique grimpe jusqu’à x3,5, puis s’appuie sur un traitement numérique proposer une « qualité optique » jusqu’à x7.


Sur ces images zoomées, on distingue sans peine des détails fins. Par exemple, sur nos photos en extérieur, des fils d’araignée sont parfaitement visibles. Sur les sujets très précis, on constate tout de même pas mal de pixellisation, surtout dans l’arrière-plan : le Realme 16 Pro+ n’est pas un appareil macro, mais il offre un zoom de bonne facture pour les scénarios courants.



Le 16 Pro+ peut théoriquement monter jusqu’à x120, mais c’est totalement inutile : à ce stade, l’image n’est qu’un amas de pixels indistincts. La limite acceptable selon nos essais se situe autour de x25, ce qui laisse déjà une belle marge pour la grande majorité des usages.


Photos en mouvement : la stabilisation fait toute la différence
Entre la stabilisation optique et la vitesse de capture rapide, l’appareil s’en sort bien sur des sujets en mouvement. Nous avons photographié Milo en train de jouer avec sa balle, cible imprévisible s’il en est. Résultat : chaque prise est ressortie nette, sans flou de mouvement ni perte de détails. Encore un bon point pour le Realme 16 Pro+.




Portraits : un bokeh séduisant, des couleurs perfectibles
Que ce soit avec le grand-angle ou le téléobjectif, les portraits sont de bonne facture. Le bokeh est maîtrisé et naturel, le détourage propre : cheveux, poils et contours fins s’en sortent correctement. Et là encore, la bonne photo sort du premier coup.


Un bémol toutefois : Realme vante plusieurs technologies censées produire un rendu de peau plus naturel. Dans les faits, on constate une légère dérive vers les tons rouges/orangés particulièrement notable sur les carnations. Ce n’est pas rédhibitoire, les portraits restant agréables à regarder, mais le traitement gagnerait à être affiné dans une prochaine mise à jour.


Selfies : un capteur solide, mais des couleurs à surveiller
Le capteur frontal de 50 MP se comporte bien. En mode Portrait, le bokeh est naturel et le détourage correct. En basse lumière, il compense honnêtement la luminosité : pas de flou ni de perte de détails excessive à signaler.


En revanche, on retrouve la même dérive colorimétrique que sur les portraits : les selfies tirent vers des tons sombres, pâles ou rougeâtres, que ce soit en extérieur ou en intérieur, au soleil ou à l’ombre. Là encore, c’est sans doute le traitement logiciel de Realme qui est en cause, plutôt que le capteur lui-même.


Fonctions IA : beaucoup de promesses, peu de résultats
Realme a intégré un ensemble de fonctions IA à son 16 Pro+, applicables pendant et après la prise de vue. Force est de constater que l’enthousiasme de la marque sur ce point n’est pas tout à fait justifié.
Pendant la prise de vue, l’outil de cadrage IA analyse la scène et propose des suggestions de composition. Il reconnaît correctement ce qui est dans le cadre, mais ses conseils restent très basiques et pas toujours pertinents.

Il existe aussi un mode « Paysage IA » censé améliorer les prises de vue dans des conditions particulières (le brouillard, par exemple), que nous n’avons pas pu tester en conditions réelles. Seules les « Scènes intelligentes », qui appliquent différents filtres colorimétriques, peuvent éventuellement présenter un intérêt.
Après la prise, trois outils sont proposés. Le premier, AI Light Me ajoute des effets de lumière. Le résultat est franchement médiocre : plutôt que de superposer un effet, l’IA regénère presque entièrement l’image, avec un rendu visuellement très artificiel, entre visage lissé à l’excès et détails fins bâclés (les gravures de mon pendentif en sont un bon exemple).


AI Style Me vous permet de vous transformer en emoji 3D, en version cartoon, ou même de changer de couleur de cheveux. Là encore, les résultats se révèlent peu convaincants : l’emoji 3D manque de ressemblance, et demander des « cheveux roux » a produit des cheveux… Rouges.


Enfin, les Suggestions IA identifient correctement les problèmes d’une image, mais les corrections proposées sont si légères qu’elles restent insuffisantes. En somme, ces fonctions oscillent entre deux extrêmes : soit une image entièrement regénérée et trop artificielle, soit des retouches trop timides pour faire la différence. Dans les deux cas, elles ne remplacent pas la qualité des retouches manuelles.
Quelles alternatives au Realme 16 Pro+ ?
Le Google Pixel 9a est souvent considéré comme la référence en photo dans cette gamme, malgré l’absence de téléobjectif dédié. Le OnePlus Nord 5 offre quant à lui un module principal solide et un traitement d’image assez naturel dans la plupart des situations. Enfin, l’Oppo Reno14 se montre très juste sur les tons de peau et le rendu des visages.
Pour un smartphone milieu de gamme, proposé à 599,99 euros au lancement, le Realme 16 Pro+ propose des performances en photo très solides. Le capteur principal est son vrai atout : piqué, colorimétrie, gestion des contrastes et stabilisation optique fonctionnent comme un charme dans la grande majorité des situations.
Quelques réserves sont à garder en tête au moment de l’éventuel achat : l'ultra grand-angle, franchement en retrait ; la photo macro, qui laisse apparaître de gros pixels en fond ; la gestion des couleurs en mode portrait et sur le capteur selfie, qui tire vers les rouges ; et les fonctions IA, qui relèvent davantage du gadget marketing.
Pour la photo du quotidien, le Realme 16 Pro+ fera le job avec brio, et ce, même de nuit, en mouvement ou en zoom x7. En revanche, si l'ultra grand-angle présente un intérêt particulier pour vous, ou que vous attachez une importance à la photo macro, mieux vaut vous tourner vers un autre modèle.
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Zoom
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Polyvalence photo
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