Plus de câble périphérique à enterrer tout autour du gazon : la tonte robotisée sans fil s’est démocratisée, portée par le satellite, le LiDAR et la vision par caméra. Derrière la même promesse, les marques n’emploient pas les mêmes stratégies : fonctionnalités embarquées, couverture annoncée, système de navigation, accessoires… Tour d’horizon, marque par marque.
Pendant quinze ans, adopter un robot tondeuse imposait une corvée préalable : enterrer ou clouer un fil périphérique tout autour du jardin, puis espérer qu’aucune taupe ni coup de bêche ne le sectionne. Ce fil a longtemps freiné l’achat.
Depuis trois ans, la donne a changé. Les robots se repèrent au GPS centimétrique (le RTK, pour Real-Time Kinematic), au LiDAR (un télémètre laser qui cartographie en trois dimensions) ou à la vision par caméra. L’installation se fait en cartographiant la pelouse depuis une application, en une vingtaine de minutes. D’après nos comparatifs, l’offre est passée d’une poignée de modèles à plusieurs dizaines, de 600 à plus de 5 000 €.
Avant de comparer les modèles, mieux vaut comparer les marques. Voici ce que chacune vaut, de la référence historique aux nouveaux venus.
Nota Bene : ce guide croise une dizaine de tests complets menés sur la durée, les fiches techniques des constructeurs et nos mesures de terrain.
Husqvarna : la référence historique rattrapée par ses challengers

Le suédois Husqvarna fabrique des robots tondeuses depuis les années 1990 et conserve le parc le plus installé dans les jardins français, porté par une fabrication européenne et un réseau de revendeurs-réparateurs physiques. Sur sa technologie sans fil, baptisée EPOS, le positionnement satellite affiche une précision de 2 à 3 cm avec la station de référence RS1, mais retombe au-delà de 5 cm en correction par le cloud cellulaire ; les modèles NERA y greffent une caméra de vision IA pour contourner obstacles, personnes et animaux, de jour comme de nuit.

La marque privilégie des machines légères à plateau étroit et lames rasoir multiples, qui pratiquent un mulching fin sans coucher ni déchiqueter le gazon, là où des engins plus lourds laissent des traînées. S’y ajoutent une discrétion sonore de référence, une finition premium et un volet sécurité complet et entièrement intégré : géolocalisation, traçage et surtout traitement des images en local, hébergé en Europe, ce qui place le suédois parmi les plus rassurants du marché sur la confidentialité. Notre dernier test en date, l’Automower 430V NERA (8,2/10), confirme ces partis pris.
Nota Bene : ce n’est pas notre premier contact avec la gamme NERA. L’an dernier déjà, notre test de l’Automower 405XE NERA pointait un robot un peu surcoté au regard de ses prestations, un reproche que le 430V n’efface qu’en partie.
Néanmoins, l’application Automower Connect accuse un vrai retard face à la concurrence directe (pas de suivi de tonte en temps réel, ni de vitesse modulable, ni de gestion de charge personnalisable), au point qu’une refonte est attendue. Surtout, la cartographie manuelle par téléguidage, segment par segment, se révèle rigide : le robot paie la moindre approximation du tracé, peine dans les recoins étroits et pentus, et n’offre aucune tonte téléguidée pour rattraper une zone ingrate. Côté terrain, la gamme résidentielle sans fil s’en tient pour l’essentiel à deux roues motrices et plafonne autour de 50 % de pente, les versions à quatre roues motrices, plus grimpeuses, étant réservées au haut du catalogue. Reste enfin le nerf de la guerre : des tarifs premium, difficiles à défendre sur la seule fiche technique face à des rivaux asiatiques souvent mieux armés.

Atouts : mulching fin qui respecte le gazon, discrétion record, légèreté, sécurité et confidentialité exemplaires, écosystème d’accessoires le mieux fourni du segment, fabrication européenne.
Limites : tarif premium, application datée, cartographie rigide sans tonte téléguidée, pente limitée à 50 %, navigation satellite fragilisée sous les arbres. Réseau de revendeurs réel, mais expérience SAV jugée inégale selon les enseignes.
Terrain à privilégier : grandes pelouses ouvertes et bien dégagées sur le ciel, pour un propriétaire qui valorise la finition, le silence et un interlocuteur physique, et accepte d’y mettre le prix.
Ecovacs : le spécialiste de l’aspirateur devenu une valeur sûre du gazon

Connu pour ses aspirateurs robots, le chinois Ecovacs a basculé sur la pelouse en 2023 avec sa gamme GOAT, puis accéléré franchement. Sa progression tient à une distribution large (Amazon, Boulanger, Darty), à des prix mesurés et à un écosystème transversal qui irrigue désormais le jardin comme la maison. En 2026, la marque change de braquet : sa série LiDAR PRO abandonne la balise RTK au profit du système HoloScope 360, qui marie LiDAR rotatif 360°, LiDAR 3D-ToF et caméra IA. Le robot cartographie seul, de jour comme de nuit, sans antenne à exposer au ciel.

C’est cette cohérence d’ensemble qui impose Ecovacs, dans nos essais, comme le meilleur compromis du marché pour un jardin résidentiel classique. La marque s’appuie sur une application simple mais aboutie, Ecovacs Home, avec carte 3D lisible, arborescence claire, traduction française soignée et une vraie tolérance à la vie réelle du jardin, déplacer la station de quelques centimètres ne déréglant pas la cartographie. Son autre signature traverse toute la gamme GOAT : le coupe-bordures TruEdge à fil, qui rase la limite jusqu’à environ 0 mm là où la plupart des concurrents laissent une bande non tondue. La recharge, rapide et partielle, ménage par ailleurs la batterie. Notre référence, le GOAT A1600 LiDAR PRO (8,5/10, Badge Excellence), illustre bien ce niveau de maturité.
Nota Bene : trois GOAT de la série LiDAR PRO sont passés entre nos mains, du compact O1200 (8,5/10), taillé pour les petits jardins complexes, au grand A3000 (8,6/10) pensé pour les surfaces étendues, en passant par l’A1600 détaillé ici. Tous gravitent autour de la même note.
Tout n’est pas parfait pour autant. La navigation se montre parfois trop prudente, jusqu’à renoncer à passer sous un mobilier qu’elle pourrait franchir. La coupe, propre, demande plusieurs passages quand l’herbe a pris de l’avance. Le trimmer devient bruyant en finition (pointes proches de 85 dB(A) mesurées) et impose son propre entretien. Enfin, en propulsion deux roues, le robot plafonne à 50 % de pente, et l’alerte antivol à distance suppose le module Pro 4G vendu environ 149 € en option, là où Mammotion inclut la 4G. Le rendement réel, autour de 150 à 180 m²/h, reste très en deçà des 400 m²/h annoncés en laboratoire par la marque.

Atouts : navigation LiDAR sans balise, application de référence, coupe-bordures TruEdge, recharge rapide, coût d’exploitation sobre, écosystème mature, distribution large.
Limites : propulsion limitée à 50 % de pente, navigation conservatrice, trimmer bruyant et exigeant en entretien, 4G antivol en option payante.
Terrain à privilégier : jardins plats à légèrement vallonnés, résidentiels ou périurbains, pour qui veut une installation simple, des bordures nettes et une application sans courbe d’apprentissage.
Mammotion : le choix rationnel des grands jardins difficiles

Fondée en 2022, la marque chinoise Mammotion revendique plus de 400 000 foyers équipés et s’est bâti une réputation de spécialiste du tout-terrain. Sa gamme a mûri à vue d’œil chez nous, du Yuka mini au Luba mini (notre coup de cœur 2025), jusqu’au flagship Luba 3 AWD, décliné en versions 1500, 3000 et 5000 m². Sa navigation Tri-Fusion combine LiDAR 360°, NetRTK et vision IA : le LiDAR lui permet de continuer à se repérer sous un couvert arboré dense, là où un système purement satellite décroche.

Mammotion, lui, raisonne en termes de performance brute, et toute sa gamme en porte la marque. La transmission intégrale, déployée sur l’ensemble de la ligne Luba, franchit jusqu’à 80 % de pente ; les doubles disques larges et la vitesse modulable en font de vrais tondeurs de surface ; et la politique commerciale, généreuse, mise sur de grosses batteries à seuils personnalisables, la 4G incluse avec plusieurs années de service, une garantie de trois ans et un indice de réparabilité élevé. Notre flagship de référence, le Luba 3 AWD (8,7/10), pousse cette logique à son sommet.
Nota Bene : sa gamme a mûri à vue d’œil. Le Yuka mini nous avait séduits par son rapport qualité-prix, le Luba mini AWD avait décroché notre coup de cœur 2025 sur les jardins techniques, et le Luba 3 AWD vient couronner cette montée en puissance.
Les réserves tiennent à la finition d’usage plus qu’aux capacités, et se retrouvent d’un modèle à l’autre. Les machines sont plutôt massives (sauf yuka mini) et peuvent coucher ou déchiqueter l’herbe sur gazon tenu, un travers que le mode de conservation de pelouse atténue sans l’effacer. L’application, riche et vite prise en main, demande du temps pour être maîtrisée et n’est pas toujours traduite en français, un point faible réel pour l’utilisateur uniquement francophone. Le volet antivol reste plus léger que chez Husqvarna, le catalogue d’accessoires encore morcelé, et le service après-vente s’effectue entièrement à distance, sans réseau de réparateurs en France.

Atouts : franchissement jusqu’à 80 %, navigation multi-capteurs robuste sous les arbres, coupe large et rapide, autonomie et planification souples, 4G et garantie 3 ans incluses.
Limites : poids et marquage possible du gazon, application anglophone, antivol perfectible, SAV à distance, fiabilité longue durée encore jeune.
Terrain à privilégier : grandes parcelles complexes, pentues, segmentées ou parfois laissées en friche, pour un utilisateur à l’aise avec une application technique.
Segway Navimow : la gamme la plus large, du petit jardin au tout-terrain

Filiale de Segway, Navimow a lancé ses premiers robots en 2022 et revendique aujourd’hui plus d’un million d’unités produites, un cap atteint plus vite que les acteurs historiques. Sa force tient en partie à l’étendue de l’offre : la série i pour les petits et moyens jardins, la série H apparue début 2026, la série X pour les grandes surfaces exigeantes. La navigation associe le RTK réseau sans antenne locale à la caméra VisionFence 360°, complétée de VSLAM et d’odométrie visuelle.

ÀLa force de Segway Navimow tient d’abord à sa philosophie « déballer, poser, tondre » : pas de fil périphérique, pas d’antenne à planter, un RTK réseau fourni sans surcoût et une cartographie de plus en plus autonome depuis l’application. La marque décline cette promesse sur une gamme exceptionnellement large, du petit jardin urbain aux très grandes surfaces professionnelles, ce qui lui permet d’adresser presque tous les budgets. À l’entrée, le rapport prix-accessibilité fait mouche, à l’image d’un Navimow i105E (jusqu’à 500 m²) que l’on trouve autour de 650 à 800 € et qui figure parmi les meilleures ventes du segment.

Côté navigation, la génération 2026 a opéré un virage net vers le LiDAR à semi-conducteurs : les séries H2 et i2 LiDAR combinent désormais LiDAR, RTK réseau et vision, une triple fusion taillée pour les pelouses ombragées ou compliquées. Seules les déclinaisons tout-terrain, la série X4 en tête, conservent un positionnement RTK réseau et vision 360° sans LiDAR, un choix qui mise sur la motricité plus que sur la cartographie laser. C’est d’ailleurs sur ce créneau que la marque signe sa plus belle réussite mécanique : là où la plupart des robots à quatre roues motrices pivotent par ripage des roues, au risque d’arracher la pelouse, le système Xero-Turn fait réellement braquer les roues avant, ce qui préserve le gazon dans les virages serrés et autorise jusqu’à 84 % de pente, la valeur la plus élevée de notre panel. Notre test du Navimow X420 (8,5/10) en donne la pleine mesure.
Nota Bene : la série X3 premium, dont le X330 nous avait impressionnés sur grand terrain (8,9/10) malgré son aversion pour l’herbe haute, prolonge ce recul d’une famille à l’autre.
Restent quelques réserves, valables surtout sur le haut de gamme. Les modèles tout-terrain pèsent lourd, jusqu’à 28,75 kg pour le X420, ce qui marque davantage un gazon fragile et se traduit par une lenteur de fond sur la durée. Comme souvent sur le segment, la surface réellement gérée demeure inférieure à l’annonce, et certaines options, antivol compris, sont parfois facturées en supplément.

Atouts : gamme complète du petit au grand jardin, direction des roues avant qui ménage le gazon, franchissement record à 84 %, prix d’entrée mesuré, garage souvent inclus sur la série X.
Limites : navigation sans LiDAR, poids élevé et lenteur sur la série X, surface réelle souvent inférieure à l’annonce, antivol parfois en option.
Terrain à privilégier : deux profils opposés, le petit budget avec la série i, et la grande parcelle très pentue ou accidentée avec la série X.
AnthBot : le challenger qui casse les prix, à ses risques

Apparu récemment et très présent au CES 2026, AnthBot mise sur des tarifs agressifs et structure son offre autour des séries M compactes et N plus ambitieuses, après un premier Genie déjà passé entre nos mains. Ses robots reposent sur le RTK Full-Band associé à une double vision par caméras, avec un module 4G intégré et une détection IA donnée pour plus d’un millier d’obstacles.

AnthBot, enfin, se juge à l’aune de sa stratégie : le prix d’abord. La marque mise sur une navigation RTK Full-Band épaulée par une double vision, un module 4G intégré, une installation rapide et des formats compacts taillés pour le jardin urbain, le tout à des tarifs planchers. Notre test du M9 (8,3/10, autour de 849 €) résume la promesse autant que ses limites.
Nota Bene : nous avions déjà éprouvé le Genie 3000, un format plus large dont l’endurance gommait une partie des limites, ce qui donne un point de comparaison utile pour situer ce petit M9 urbain.

Car les compromis se voient à l’usage, et ils sont récurrents sur la gamme : largeurs de coupe étroites et rendement réel modeste, application sérieuse mais austère et peu intuitive (sauf mise à jour entre-temps), recharges longues et, surtout, une cartographie sensible au moindre déplacement de la station, qui oblige parfois à tout reprendre. La sécurité antivol demande encore à mûrir, et la protection avant tient plus du nez rigide que du vrai pare-chocs.
S’ajoute la prudence d’usage propre à une marque jeune : la dépendance au signal RTK sur les versions sans LiDAR, une fiabilité et un service après-vente encore non éprouvés sur la durée, et quelques retours d’acheteurs signalant des baisses de forme après une saison.
Atouts : prix planchers, navigation moderne, 4G intégrée, installation rapide, format urbain pratique.
Limites : coupe étroite et lente, application austère, cartographie fragile au déplacement de station, recharge lente, antivol et fiabilité non éprouvés.
Terrain à privilégier : petits jardins urbains plats et réguliers, pour un acheteur au budget serré et prêt à assumer le pari d’une marque récente.
Les autres marques à connaître
D’autres acteurs méritent un regard ciblé. Mova, sous-marque de Dreame, a fait bonne impression avec son LiDAX Ultra (note 8,0/10), tandis que Dreame pousse une gamme AWD pour concurrencer frontalement Mammotion. Worx tond par caméra, sans fil ni balise, à des tarifs serrés.

Sunseeker et Lymow visent les grandes surfaces à prix mesuré, ce dernier nous ayant d’ailleurs surpris en conditions extrêmes (note 8,7/10). Aucune n’a, à ce jour, la diffusion ou le recul des cinq marques précédentes en France.
Alors, vers quelle marque s’orienter ?
Si nos notes disent une chose, c’est que la hiérarchie historique a vacillé : sur le terrain, Mammotion et Ecovacs devancent désormais Husqvarna en performance pure.
Pour un jardin résidentiel classique, plat à légèrement vallonné, Ecovacs offre le meilleur équilibre entre application, bordures et tranquillité d’usage. Pour une grande parcelle difficile, pentue ou boisée, Mammotion, Lymow et la série X de Navimow se disputent le tout-terrain, le premier pour sa polyvalence et son LiDAR, le second pour sa motricité qui ménage le gazon. Husqvarna garde l’avantage du silence, de la finition, de la confidentialité et d’un interlocuteur physique, à condition d’accepter son tarif et sa rigidité logicielle. Quant à AnthBot, il s’adresse aux petits budgets urbains.
On ne le dira jamais assez : le bon robot n’est pas le mieux noté dans l’absolu, mais celui dont les forces épousent votre jardin. Et vous ? Quelles sont les caractéristiques de votre terrain ? À quoi ressemble votre tondeuse de rêve ? Quels sont vos critères principaux ? Dites-nous tout en commentaire !
Certains liens de cet article peuvent être affiliés.
Prix indicatifs, susceptibles d'évoluer. L'image de une peut avoir été générée en tout ou partie par IA.











