Pente à 30 %, herbe haute détrempée, terrain en friche miné de débris : on a soumis le Lymow One Plus, ce robot-tondeuse à chenilles de 35 kg vendu 2 999 €, à un protocole sans pitié. Ses doubles lames rotatives, sa navigation RTK et son téléguidage tiennent-ils la promesse d’une mini-tondeuse autonome capable de dompter les jardins que les autres refusent ? Verdict après plusieurs sessions à la dure.
Avec ses 35,6 kg, ses chenilles, sa largeur de coupe de 40 cm et une capacité annoncée allant jusqu’à 7 000 m² par jour, la marque annonce une puissance de coupe en hausse de 50 % par rapport à la première génération ! Encore plus impressionnant à première vue : un système à double lame rotative LyCut System 2.0 et un flux d’air cyclonique censé améliorer la régularité de coupe…

Doté également d’une charge rapide 10 A et une batterie LiFePO₄ de 528 Wh donnée pour 2 000 cycles, le Lymow change clairement d’échelle face aux modèles testés l’an dernier, souvent plus légers et dotés de plateaux de coupe compris entre 18 et 23,7 cm. Il se présente moins comme un simple robot d’entretien que comme une mini-tondeuse autonome pensée pour le rendement et le franchissement.
Toute la question sera donc de vérifier si cette promesse très singulière tient en conditions réelles. Car sur le papier, avec une pente annoncée jusqu’à 45°, un fonctionnement RTK + VSLAM et un positionnement premium à 2 999 €, le Lymow One Plus ne ressemble à aucun autre robot-tondeuse passé récemment entre nos mains !

Nota Bene : pour ce test bien particulier, nous avons vu les choses en grand ! Un terrain en friche de plus de 500 m² avec une pente d’environ 30 % (16,7°) et de nombreux obstacles. Difficulté supplémentaire :un orage, la veille, a humidifié l’herbe. Autant dire que ce ne sera pas de tout repos pour le Lymow One Plus ! Cependant, il faudra largement en tenir compte pour la notation finale.
| Caractéristique Techniques | Lymow One Plus |
|---|---|
| Dimensions | 750 × 600 × 320 mm |
| Poids | 35,6 kg |
| Surface recommandée | 7 000 m² |
| Navigation | RTK + VSLAM |
| Couverture de tonte par charge | 2 300 m² |
| Temps de tonte par charge | 180 minutes |
| Largeur de coupe | 400 mm |
| Hauteur de coupe | 30 à 100 mm |
| Capacité de franchissement de pente | jusqu’à 45° / 100 % |
| Disque de lames | 3 000 à 6 000 tr/min |
| Batterie | LiFePO₄, 15 000 mAh (15 Ah) |
| Temps de charge | chargeur 10 A : 90 min (10 % – 90 %) chargeur 5 A : 150 min (10 % – 90 %) |
| Vitesse de tonte | entre 0,3 et 1 m/s |
| Température de fonctionnement | en charge : 3 °C à 57 °C. en décharge : -17 °C à 57 °C |
| Température de stockage | -20 °C à 55 °C |
| Indice d’étanchéité | IPX6 |
| Compatibilité assistants vocaux | Aucune (à date) |
| Garantie | 3 ans |
| Prix | 2 999 € |
Unboxing : un équipement complet !

L’unboxing du Lymow One Plus donne immédiatement le ton, avec un ensemble assez complet :
Le One Plus vise une utilisation plus ambitieuse que celle d’un robot-tondeuse grand public classique. La présence de plusieurs câbles d’extension, d’éléments de montage mural ou au sol, ainsi que de l’outillage fourni, montre que l’installation ne se limitera pas à poser une base sur la pelouse. Il faudra soigner le déploiement de la station RTK, la qualité de sa réception et le cheminement des alimentations pour tirer pleinement parti du système.
Design et ergonomie : l’intelligence de conception derrière un vrai mini-char d’assaut
Le Lymow One Plus adopte une architecture brutale : un plateau de coupe avancé, presque sur toute la largeur, puis un bloc technique central surélevé, enfin deux chenilles latérales qui portent l’ensemble. Avec 750 × 600 × 320 mm pour 35,6 kg, on est sur une machine large, basse et lourde, conçue pour rester stable au détriment de la compacité. L’idée est de faire travailler le plateau avant que les chenilles ne couchent l’herbe, maintenir un centre de gravité contenu sur terrain en pente, et répartir la masse sur une grande empreinte au sol. C’est cohérent avec la promesse d’une largeur de coupe de 400 mm, d’un plateau flottant et d’une gestion des pentes annoncée jusqu’à 45°.


Le point clé, évidemment, reste la traction par chenilles. Visuellement, elles occupent une grande partie de la longueur utile et débordent peu de la carrosserie, ce qui limite les appendices exposés. Mécaniquement, ce choix vise à maximiser la surface de contact et la motricité sur herbe humide, sol meuble, terrain irrégulier, gravier ou dénivelé. La marque annonce au passage 70 mm de franchissement d’obstacle.

Le bloc central surélevé sert manifestement à dégager le champ de vision des capteurs au-dessus du plateau avant et des projections de coupe. Sur la fiche technique, Lymow annonce une navigation RTK + VSLAM et un système combinant AI Vision et 5 capteurs ultrasoniques pour les obstacles, plus 2 capteurs Hall pour la détection de vide. Le placement haut de ce module est logique : plus les capteurs sont décollés du plan de coupe, moins ils travaillent dans les turbulences, les brins relevés et les débris immédiats. Même remarque pour le bouton rouge implanté sur la partie supérieure pour rester accessible rapidement, quel que soit l’angle d’approche de la machine.

Enfin, plusieurs indices visuels montrent que Lymow a traité le One Plus comme une machine de travail avant tout. La marque met en avant un châssis en alliage d’aluminium renforcé, une rigidité de moteurs de moyeu annoncée en forte hausse, une protection IPX6, un écran antireflet, des caméras chauffées et un accès simplifié au nettoyage avec plateau relevable. Tout cela va dans le sens d’un robot destiné à encaisser des cycles longs, l’humidité, les projections et un usage sur terrains moins propres qu’une pelouse d’ornement. En revanche, avec un tel gabarit, on devra faire au maximum l’économie des déplacements manuels.
Nota Bene : les caméras chauffées sont des modules optiques conçus pour limiter la buée et la condensation par temps humide, afin de préserver la détection visuelle lorsque la rosée, le brouillard ou la pluie compliquent la navigation.
Installation et connexion : un déploiement plus exigeant qu’il n’y paraît
Avec un robot de cette stature, l’installation ne se résume jamais à dérouler une station sur la pelouse et à appuyer sur un bouton. Le Lymow One Plus exige un peu plus de méthode (ça va bien se passer !).
Manipuler le robot : le poids comme premier obstacle
Difficile de passer à côté du sujet. À 35,6 kg sur la balance, le Lymow One Plus ne se déplace pas comme un robot-tondeuse résidentiel classique. Sortir la machine de son carton, la positionner près de la station, la repositionner manuellement après un blocage : chaque manipulation devient une petite épreuve physique. À moins de bénéficier d’une condition athlétique solide, on conseille fortement de s’y mettre à deux, ne serait-ce que pour préserver son dos lors des premières prises en main.


Astuce vraiment utile : retirez la batterie chaque fois que vous devez déplacer le robot manuellement sur une distance significative. La batterie accuse à elle seule un poids non négligeable (au moins 5 kg au juger), et la délester soulage immédiatement la machine. Le geste permet aussi de limiter les efforts sur les poignées intégrées, particulièrement quand le terrain en pente complique l’équilibre du porteur.
Nota Bene : la batterie du Lymow One Plus n’est pas compatible avec celle du Lymow One première génération. Lymow facture l’unité de remplacement aux alentours de 699 $, ce qui en fait un composant à manipuler avec un certain soin.
Mise en place de la station de charge et de la base RTK
La station de charge en elle-même n’a rien de particulièrement original : un dock plat, à raccorder à l’adaptateur d’alimentation. Petite particularité à noter, elle tolère un sol qui ne serait pas parfaitement horizontal, le robot disposant d’un dispositif de blocage interne, sorte de « frein à main » qui empêche tout glissement intempestif lorsqu’il est à quai. Cela dit, mieux vaut éviter d’en abuser : la station doit malgré tout épouser correctement le sol pour assurer un contact propre des broches de charge et la stabilité du robot lors des entrées et sorties.


La station héberge aussi des branchements destinés à alimenter l’antenne RTK, mais cette dernière peut tout à fait fonctionner en autonomie, branchée sur une prise déportée si l’on souhaite la planter plus loin pour optimiser sa réception. C’est l’option à privilégier dès lors que la station de charge se trouve près d’un mur, sous un arbre, ou dans une zone dont la couverture satellite serait trop partielle.


Le montage du mât porte-antenne mérite que l’on s’y arrête une minute. Lymow a fait le choix d’intégrer le câble d’alimentation à l’intérieur du mât, ce qui donne un rendu plus propre une fois installé, mais demande quelques manipulations méthodiques :
Rien d’insurmontable, à condition de suivre les étapes dans l’ordre. Le guide de démarrage rapide remplit ici parfaitement son rôle. Il faudra également mettre la batterie en service après l’avoir réinsérée dans son habitacle.

L’opération paraît anodine ; elle ne l’est pas tout à fait. Outre son poids, la batterie doit être glissée dans son logement selon une orientation précise, et c’est à l’intérieur du robot qu’on la connecte au câble d’alimentation, repérable à son embout bleu distinctif. Le branchement s’opère manuellement, sans outil, mais la première fois on tâtonne un peu : la position de la prise et l’angle d’insertion ne sont pas parfaitement intuitifs.
Connexion réseau : du Wi-Fi au partage 4G
Premier point à anticiper : le robot ne reconnaît que le Wi-Fi 2,4 GHz. Sur un terrain étendu, il faudra donc rapprocher temporairement la machine du routeur ou trouver un point de couverture suffisamment exposé pour boucler la connexion initiale.

Bonne surprise dans notre cas : le robot accepte sans difficulté un partage de connexion depuis un smartphone, fonction que toutes les marques ne tolèrent pas. Cette flexibilité s’est révélée précieuse sur notre terrain, où la couverture domestique laissait à désirer. Une fois l’appareillage terminé, on peut activer la 4G embarquée du robot et arbitrer dans les paramètres entre priorité Wi-Fi et priorité cellulaire selon les usages. La 4G (SIM gratuite la première année) se révèle particulièrement utile pour les alertes de géorepérage, le suivi GPS et la reprise de mission lorsque le Wi-Fi domestique flanche.
Mise en service applicative : quelques étapes calibrées
L’application guide ensuite l’utilisateur dans une séquence assez classique : choix de la langue, mise à jour du firmware (3 minutes seulement dans notre cas), puis un court tutoriel d’introduction passant en revue les principaux écrans (paramètres généraux, profil de tonte, cartographie, espace utilisateur).



Sur le robot lui-même, l’écran demande la configuration d’un code PIN à la première mise sous tension.

Une fois cette séquence terminée, il ne reste qu’à laisser charger la batterie au maximum avant de lancer la cartographie du jardin.
Application : claire à l’œil, mais une densité fonctionnelle qui se mérite
L’application Lymow laisse plutôt une bonne première impression. La charte graphique est cohérente, calée sur un vert sapin profond rehaussé de touches orange pour les actions sensibles, avec une typographie sans-serif lisible et de grands boutons arrondis qui rendent la navigation tactile confortable, même en plein soleil dans le jardin. La hiérarchie visuelle des cartes et des sections fonctionne bien, et l’accueil reste sobre : identifiant du robot, statut d’activité, niveau de batterie, accès direct au flux vidéo et à l’unique tâche du jour. On retrouve aussi un menu inférieur à deux entrées seulement (Device / Me), choix volontairement minimaliste qui évite la surcharge.



Cette épure de surface masque toutefois une réalité plus dense. Dès que l’on entre dans la vue principale du robot, l’écran se charge nettement : à droite, une colonne de quatre icônes (carte, vue caméra, édition, manette) ; en haut, un large bandeau de sélection des zones doublé d’accès rapides aux paramètres et au flux vidéo ; et en pied de page, un bandeau de télémétrie qui aligne la précision du positionnement, le réseau 4G, le Wi-Fi, le Bluetooth et la batterie, avant de faire place aux deux gros boutons d’action. .
Une profondeur de réglages remarquable
Lymow ne fait clairement pas dans la demi-mesure côté paramétrage. Voici une liste non-exhaustive des leviers accessibles depuis l’application :
Certaines options sont franchement bien vues. La hauteur de plateau ajustable spécifiquement « en couloir » est un raffinement qu’on n’attendait pas, tout comme la dissociation entre détection d’obstacles dans la zone et détection sur le périmètre. Le mode « marge de sécurité » avec ses deux profils visuellement illustrés (bord décalé / bord précis) parle clairement à l’utilisateur.



Et le « frein à main pendant la charge », accompagné d’une note pédagogique sur les terrains irréguliers, montre que Lymow assume son positionnement « tout-terrain » dans toutes les situations.
Une organisation perfectible et quelques scories de finition
Cette générosité a son revers. L’onglet Paramètres de tonte concentre à lui seul une quinzaine de réglages empilés verticalement. La distinction entre Paramètres globaux et Personnaliser les paramètres aide à structurer l’ensemble, mais la frontière entre les deux n’est pas toujours évidente : on se retrouve parfois à scroller plusieurs fois avant de retrouver le réglage modifié la veille. Une recherche par mot-clé, ou un système de favoris pour épingler les paramètres consultés régulièrement, gagnerait beaucoup à être ajouté.

Côté fonctions annoncées mais non encore livrées, on note la mention « Cette fonctionnalité arrive bientôt » sur les options Fusionner et Diviser la carte. Le choix de laisser visible l’option dans l’interface avant son déploiement est discutable : c’est une promesse qui peut frustrer, surtout si l’utilisateur tente précisément cette manipulation pour rattraper une cartographie mal segmentée.

Quant à la fonction Renommer, elle fonctionne parfaitement, avec une boîte de dialogue claire et un clavier qui s’ouvre proprement.
Suivi en cours de tonte et fonctions connexes
Pendant le travail du robot, le suivi reste lisible en temps réel, avec la position de la machine, la trace bleue de son trajet, les zones tondues qui se colorent progressivement en vert et les zones interdites matérialisées en orange. Le bandeau inférieur permet de basculer en pause ou en commande manuelle sans quitter le flux. Le mode caméra (FPV) est accessible directement depuis la même vue, ce qui évite les allers-retours entre menus.

L’antivol mérite enfin une mention. L’écran dédié affiche une vue satellite du domaine, un cercle de géorepérage redimensionnable, les coordonnées GPS du robot, et un toggle d’activation immédiate. C’est complet et bien pensé.



Petit bémol : le rayon minimum paramétrable est de 100 m sur notre version, ce qui peut paraître généreux pour les petits jardins mais s’explique sans doute par la marge d’erreur du positionnement GPS sans correction RTK active.
Cartographie : précise sur le terrain, mais perfectible sur la correction des erreurs
Pas de cartographie automatique sur ce modèle, alors que la fonction se généralise chez la concurrence (TerraMow V1000, MOVA LiDAX Ultra, Anthbot M5 LiDAR…). Lymow demande à l’utilisateur de prendre le robot en main au joystick et de tracer chaque limite à la main, sous le contrôle du couplage RTK + VSLAM. L’application impose d’ailleurs en préalable une précision de positionnement inférieure à 0,1 mètre pour autoriser le tracé, condition matérialisée à l’écran par deux indicateurs (position RTK et station de charge) qui doivent passer au vert avant de pouvoir avancer. Sur notre terrain dégagé, cette précision a été atteinte en quelques secondes après l’allumage de la station RTK ; sous couvert végétal dense, il faut s’attendre à un délai plus long.

À ce sujet, Lymow indique que la machine peut continuer de fonctionner jusqu’à dix minutes sous canopée fermée en s’appuyant uniquement sur sa cartographie visuelle (VSLAM), ce qui correspond à environ 100 à 150 m² sans signal RTK. C’est une donnée intéressante pour les jardins arborés comme le nôtre, et elle rappelle qu’on a affaire ici à un système redondant, où la vision sert de filet de sécurité quand le ciel se ferme.

Le téléguidage en lui-même est une bonne surprise. Le robot répond instantanément aux deux joysticks tactiles, gauche pour la vitesse, droite pour la direction, avec une plage utile annoncée jusqu’à 1,2 m/s (au-delà de la vitesse de tonte standard). La liaison Bluetooth tient sans broncher à plusieurs mètres, ce qui n’est pas toujours évident sur les terrains ouverts. À aucun moment nous n’avons subi de coupure ou de latence problématique, ce qui rend l’exercice du tracé plus reposant qu’on ne le craignait au vu du gabarit de la machine.

Sur un terrain de 600 m², comptez une petite demi-heure pour boucler l’ensemble de la séquence cartographie, paramétrages de tonte par zone inclus. C’est un temps tout à fait raisonnable, à condition d’éviter les fausses manœuvres au joystick, qui obligent vite à reprendre la zone à zéro (voir ci-dessous).
Les outils de cartographie : une palette claire et bien balisée
L’application regroupe les fonctions de cartographie dans un menu d’ajout symbolisé par un + au-dessus de la carte.

À l’ouverture, quatre tuiles iconographiques apparaissent, chacune accompagnée d’un point d’interrogation qui ouvre une vignette explicative très bien faite, avec capture d’écran annotée et précautions associées :
À noter que la documentation Lymow indique que le robot accepte jusqu’à 80 zones distinctes, valeur identique à ce que propose Mammotion sur le LUBA 3 AWD.
Une logique chronologique à respecter
L’application est rigoureuse sur l’ordre de création. Si l’on tente de lancer une tonte avant d’avoir relié au moins une zone à la station, une boîte de dialogue le signale clairement (« Veuillez créer au moins une zone de tonte et la relier à la station de charge par un passage avant de commencer la tonte »).

Notre seul vrai accroc s’est produit ici. Nous voulions créer une configuration avec des zones éloignées de la station, reliées par un long couloir. Cette architecture, parfaitement courante chez Mammotion ou Segway, n’a pas pu être mise en place sur Lymow, sans qu’on parvienne à identifier précisément le problème. La parade a consisté à déplacer physiquement le dock à l’intérieur d’une première zone, ce qui a immédiatement débloqué la suite. Une fois cette concession faite, relier les zones entre elles est devenu un jeu d’enfant, et la création des zones interdites s’est révélée tout aussi rapide.
Le vrai défaut : pas de marche arrière sur le tracé
Lorsque l’on dévie légèrement du tracé souhaité et que l’on revient en arrière au joystick, le robot continue de dessiner la trace pendant la marche arrière, ce qui sale la limite et peut obliger à recommencer la zone depuis le début. Plus on prend de marge, plus le risque est élevé.

À titre de comparaison, le Navimow X4 ou le GOAT A3000 d’Ecovacs proposent une fonction de gomme intégrée qui permet de revenir le long d’un tracé erroné jusqu’au point où l’on souhaite reprendre, ce qui rend la correction immédiate et sans perte. Lymow a clairement une marge de progression à ce niveau ; une mise à jour OTA pourrait combler ce manque, mais à date, mieux vaut prévoir le coup et avancer prudemment, surtout dans les portions tortueuses.
Configuration par zone : le vrai point fort
Une fois les zones tracées, Lymow rejoint l’ergonomie logicielle des meilleures applications du marché, à commencer par celle d’Ecovacs : chaque zone peut être paramétrée individuellement. L’écran Configuration de tâche propose un système d’onglets (zone1, zone2, zone3, zone4) qui permet d’ajuster, pour chaque parcelle, la vitesse de déplacement (de 0,3 à 1 m/s), la hauteur de coupe (de 30 à 100 mm), l’angle des bandes (de 0 à 180°) et plusieurs autres paramètres avancés.



Cette logique « gros paramétrage en amont, ajustements à mesure des observations » est exactement ce qu’on attend d’un robot premium en 2026. Une fois la session de cartographie achevée, on dispose d’un outillage très fin pour adapter le comportement du robot à la nature de chaque parcelle (plus haut sous les arbres, plus bas dans les zones d’ornement, plus lent dans les passages serrés, etc.).
Navigation : un châssis exemplaire desservi par une intelligence parfois dépassée
Le Lymow One Plus repose sur une navigation de type RTK + VSLAM. Le robot se repère d’abord grâce à une station de référence RTK, avec une précision de type centimétrique, puis s’appuie sur la vision pour rester cohérent quand l’environnement devient plus compliqué. La qualité d’installation de la station RTK reste déterminante, même si Lymow promet un signal plus stable sous les arbres, près des murs élevés ou dans les passages étroits. La marque annonce aussi un rayon RTK jusqu’à 1 km, une capacité de carte de 60 000 m², la gestion de jusqu’à 80 zones, et même une tonte dégradée de 100 à 150 m² pendant jusqu’à 10 minutes sans RTK.



Lymow est doté d’une couche de perception locale avec vision IA, 5 capteurs ultrasoniques et 2 capteurs Hall, afin de détecter et de contourner les obstacles en temps réel. Ses LED frontales lui permettent de tondre même la nuit.
Sur la partie civilisée : sérieux et lisible
Sur la fraction du terrain qui ressemble à un jardin résidentiel, avec une pente moins raide, une herbe tenue et des bordures à peu près définies, le Lymow One Plus se comporte comme on l’attend d’un robot premium. Le passage d’une zone à l’autre s’effectue sans hésitation, y compris à travers des couloirs assez étroits où l’on craignait un blocage compte tenu du gabarit (60 cm de large sur la machine). L’enchaînement zone intérieure puis périmètre (ou l’inverse, selon ce qu’on a paramétré) est respecté à la lettre, et les allers-retours dans l’angle de bandes défini sont propres, parallèles, prévisibles. À ce niveau de prix, c’est ce qu’on est en droit d’attendre.
Le retour à la station se fait également sans accroc, même lorsque le dock se trouve sur une assise légèrement inclinée : le frein à main interne empêche le robot de glisser pendant la phase d’accostage.
Une remarque cependant sur la détection d’obstacles, qu’il faut configurer avec soin : dans le mode le moins prudent, le robot peut littéralement foncer dans un arbre à pleine vitesse, sans tenter de contournement préalable, en s’appuyant uniquement sur le pare-chocs physique pour signaler la collision.
C’est un comportement à connaître avant de laisser la machine en autonomie. Dans le doute, mieux vaut activer le mode Intelligent pour la détection de zone et de périmètre, qui mobilise l’ensemble des capteurs (vision IA, ultrasoniques, Hall) pour anticiper l’obstacle plutôt que de l’encaisser.
Dernière nuance, plus liée à la géométrie qu’à l’intelligence du robot : sur les petites zones (quelques mètres carrés), les allers-retours deviennent vite rapides et hachés, surtout lorsque des obstacles s’invitent dans le périmètre. La trajectoire perd alors en élégance, sans pour autant perdre en efficacité. C’est la rançon d’un robot calibré pour les grandes surfaces : il donne le meilleur de lui-même quand il dispose d’au moins quelques dizaines de mètres pour étirer ses bandes. Sur les zones réduites, mieux vaut accepter une finition un peu moins gracieuse, ou opter pour un angle de bandes orienté différemment via la configuration par zone que nous évoquions plus haut.
Sur la friche : l’épreuve du feu
C’est ici que le test devient révélateur, et que les conclusions des autres médias commencent à diverger sensiblement des nôtres. Notre terrain en friche a opposé au Lymow One Plus une accumulation de difficultés que peu de robots-tondeuses pourraient réellement encaisser sans assistance.


Le décor : pente d’environ 30 % (16,7°) bien en deçà des 45° annoncés par la marque, mais combinée à de l’herbe haute et humide, des morceaux de bois épars, des tiges sectionnées qui se logent sous le plateau de coupe et bloquent la progression, des pierres dissimulées sous la végétation, des bosses façon nids de taupe, et même des escaliers de fortune (planchettes verticales fichées entre deux talus, maintenues par des tiges en fer rouillé) à peine visibles à plusieurs mètres de distance.
Mécaniquement, la machine encaisse avec un sang-froid impressionnant. Les chenilles offrent une motricité qui ferait pâlir n’importe quel robot à roues, y compris les meilleurs AWD du marché. Le franchissement d’obstacle annoncé à 70 mm est cohérent avec ce qu’on observe sur le terrain. La traversée des pentes en biais, surtout lorsque le robot prend de l’élan à 1 m/s, fonctionne plutôt bien tant que l’adhérence reste correcte. Dans certains cas où l’herbe humide finit par lui faire perdre quelques mètres en contrebas, il se rattrape, recalcule et repart.
Mais le terrain est miné… Le robot s’arrête en erreur ou arrête ses lames très souvent. Pare-chocs bloqué (E44), obstacle périmétrique détecté (E76), hors limites (E64), les codes défilent dans l’application. Quand une tige se loge sous le carter, que la lame rencontre une résistance ou que les chenilles glissent sur un petit tas de bois humide, le robot préfère stopper plutôt que forcer. C’est sécurisant pour la machine, mais épuisant pour l’utilisateur, contraint d’intervenir physiquement sans cesse.
Le téléguidage : la magie qui sauve le test
C’est précisément là que se produit le « twist » de notre essai. Plutôt que de soulever 35 kg à chaque blocage, nous avons pris le réflexe de basculer immédiatement en mode télécommandé dès l’apparition d’une erreur. Et là, tout change.

Avec les deux joysticks, on dégage le robot du piège, on le fait reculer de quelques mètres, on déblaie manuellement ce qui le coinçait au pied, puis on enchaîne plusieurs minutes d’allers-retours alternés en marche avant et marche arrière à 1 m/s. Étrangement, cette approche manuelle finit par produire des résultats. Le robot avance, recule, écrase la végétation rebelle, attaque les zones que son intelligence embarquée refusait de prendre seule. C’est laborieux, mais ça marche.

Cette parade n’est évidemment pas l’usage prévu par le fabricant, et on doute qu’un acheteur lambda accepte de jouer pendant des heures à la console pour faire avancer son robot. Mais elle révèle un point essentiel : la machine est mécaniquement capable de bien plus que ce que son cerveau lui laisse faire. La couche perception/décision n’est pas à la hauteur de la qualité du châssis, et c’est probablement là que les futures mises à jour OTA devront porter leurs efforts.
Nota Bene : notre terrain est volontairement situé à l’extrême du spectre d’usage. Sur les jardins « difficiles mais pas hostiles » que vise Lymow, le robot devrait tenir ses promesses sans cette béquille manuelle.
La perte de signal sous couvert : un point précis à connaître
Le dernier élément qui mérite d’être documenté, c’est le comportement du système de positionnement quand le ciel se ferme. Lymow annonce que la machine peut continuer à tondre jusqu’à dix minutes en VSLAM seul (cartographie visuelle) si le RTK est temporairement perdu, ce qui correspond à environ 100 à 150 m² de couverture sans correction satellitaire. C’est une garantie de redondance bienvenue.
Au-delà de cette fenêtre, le robot bascule en erreur. C’est exactement ce qui s’est produit sur notre terrain : après quinze minutes passées sous une végétation arborée dense qui masquait le ciel, l’application a signalé une perte prolongée du signal RTK et le robot s’est mis en attente. Le retour à ciel ouvert a immédiatement réglé le problème, sans nécessiter de manipulation particulière. Ce comportement n’est pas spécifique à Lymow (Mammotion, Segway et Husqvarna affichent des limites similaires sur ce point), mais il rappelle que sur les terrains très ombragés, mieux vaut soit déporter l’antenne RTK pour optimiser sa réception, soit fragmenter le travail en sessions courtes plutôt que de viser de longues plages continues.
Efficacité de coupe : un cutting system généreux et adaptable, sans la précision finale d’un trimmer
Avec sa double lame rotative SK5 et sa largeur de 400 mm, le Lymow One Plus s’inscrit clairement dans une autre catégorie que les robots-tondeuses à disque flottant que l’on croise habituellement. Là où les modèles résidentiels classiques se contentent souvent de raser la pelouse au moyen de petites lames pivotantes, le One Plus mobilise un véritable système de coupe d’inspiration thermique, capable de soulever puis de sectionner l’herbe grâce au flux d’air cyclonique généré par sa chambre de coupe. Cette architecture, baptisée LyCut System 2.0, change la donne, mais elle a aussi ses limites.
Une largeur et une plage de hauteur particulièrement généreuses
Avec 400 mm de largeur de coupe (l’équivalent de 16 pouces), le Lymow se situe au-dessus de la plupart des robots résidentiels actuels et dans le sillage des modèles les plus ambitieux du marché, comme le Navimow X450 (17 pouces) ou les Mammotion LUBA 2 et 3 AWD (24 cm pour la version standard, 40 cm pour les modèles XL). Sur le terrain, cette largeur se traduit par moins de passages nécessaires pour couvrir une surface donnée, donc une autonomie qui s’étire plus loin et un temps de tonte qui diminue significativement par rapport à un robot de format compact.
La hauteur de coupe est tout aussi permissive : 30 à 100 mm, ajustable en continu via l’application. C’est l’une des amplitudes les plus larges du segment, qui permet d’envisager aussi bien la finition d’un tapis d’ornement que le débroussaillage d’une herbe haute laissée à elle-même pendant deux semaines. Sur notre terrain, nous avons travaillé en bas de plage (40 à 50 mm) pour la portion entretenue, et en haut de plage (70 à 100 mm) pour la friche, où il s’agissait d’abord de réduire le volume avant d’envisager une finition plus nette dans un second passage.
Nota Bene : le robot prend visiblement quelques secondes pour exécuter chaque changement de hauteur. On voit le plateau monter, descendre, se stabiliser, ce qui rallonge légèrement les transitions entre zones lorsque chacune dispose d’un réglage différent.
Une vitesse de lame paramétrable en quatre crans
L’application propose quatre profils de vitesse de lame : Éco, Standard, Puissance, Turbo. Une granularité qu’on ne retrouve pas systématiquement chez la concurrence et qui se révèle précieuse en pratique, surtout sur un terrain mixte comme le nôtre.
Sur la portion entretenue, le mode Éco a parfaitement suffi : l’herbe étant courte et régulière, inutile de mobiliser la pleine puissance des lames. Cela permet en outre de réduire les nuisances sonores et d’économiser l’autonomie. Sur la friche, à l’inverse, le mode Turbo (6 000 tr/min annoncés) s’est imposé. Et c’est sur ce terrain que le système LyCut révèle son vrai caractère : le Lymow One Plus parvient effectivement à débroussailler, y compris sur herbe humide, là où n’importe quel robot à disque pivotant aurait tout simplement renoncé.
La finition esthétique : satisfaisante sans être bluffante
Sur les zones d’herbe régulière et bien entretenues, la coupe rendue est nette, homogène et tient ses promesses. L’effet « stripes » caractéristique des tondeuses à cylindre n’est pas au rendez-vous (et le Lymow ne le revendique pas), mais l’œil n’accroche pas non plus sur des défauts gênants. Pour un usage purement utilitaire, le rendu est tout à fait convaincant.
L’amateur exigeant de pelouse anglaise pourrait toutefois rester sur sa faim. Le Lymow fait le travail proprement, mais il ne livre pas le rendu chirurgical d’une finition manuelle au cordeau. Le cyclone airflow soulève bien l’herbe couchée avant la coupe, ce qui améliore la régularité, mais elle ne compense pas totalement l’absence de cylindre arrière de roulage.

À noter au passage que la décharge latérale unique (côté droit du robot) constitue un parti pris assumé par Lymow. Les déchets sont projetés vers la pelouse plutôt que vers les allées ou terrasses, ce qui maintient les surfaces dures propres et redistribue le mulch là où il sert. C’est une bonne idée d’un point de vue agronomique, à condition de bien planifier la cartographie pour que la décharge ne se fasse pas systématiquement vers une zone sensible (massif, terrasse non protégée).
Les bordures : pas de trimmer, mais deux modes complémentaires
C’est sans doute le point sur lequel le Lymow One Plus accuse le retard le plus marqué face à ses concurrents directs. Pas de bras articulé, pas de trimmer périphérique, pas de fil de coupe latéral. Là où le Mammotion LUBA 2 AWD propose désormais un Edge Cut Mini Trimmer additionnel et où le Segway Navimow X4 mise sur sa direction de roue avant pour serrer la limite, Lymow se contente d’une approche logicielle.
Concrètement, l’application propose deux modes de gestion des bordures dans les paramètres de tonte :
À cela s’ajoute un réglage du nombre de tours de périmètre (1 à 3 passages) pour densifier le travail de bordure, et une direction de tonte du périmètre (sens horaire, sens inverse, aléatoire) qui permet d’optimiser le rendu selon la morphologie du jardin. Ces leviers sont utiles, et l’application les met bien en avant, mais ils ne remplaceront jamais la précision physique d’un trimmer dédié. Sur les bordures contre un mur ou une terrasse, comptez sur quelques centimètres d’herbe non traitée que vous devrez reprendre à la main, ou en complément avec un coupe-bordure thermique.
Niveau sonore : pas le plus discret du marché, mais cohérent avec le gabarit
Compte tenu du pedigree mécanique du Lymow One Plus, ses chenilles, son double disque rotatif et ses 1 785 W de pointe, on n’attendait pas une discrétion absolue. Le robot reste dans la moyenne haute du segment, sans toutefois prétendre à la furtivité de certains modèles compacts à disque flottant. Les chenilles roulent étonnamment bien, sans le concert mécanique qu’on pouvait redouter, mais elles ne sont pas non plus parfaitement silencieuses, surtout sur sol irrégulier.
L’essentiel des nuisances vient sans surprise du système de coupe lui-même. Sur notre sonomètre, à un mètre de distance, les quatre profils de vitesse de lame se sont étagés ainsi :
L’écart de 10 dB(A) entre Éco et Turbo est sensible à l’oreille : on passe d’un fond sonore de tondeuse électrique modérée à celui d’une tondeuse thermique petite cylindrée. Pour un usage de routine sur jardin entretenu, le mode Éco suffit largement et limite la gêne pour le voisinage. Pour les sessions de débroussaillage en mode Turbo, mieux vaut éviter les créneaux du dimanche matin.
Nota Bene : sur la fiche du Lymow One première génération, la marque communique 68 dB(A), et plusieurs bases de données reprennent 60 à 63 dB(A) pour le One Plus. Cet écart s’explique simplement : les chiffres constructeur portent probablement sur le mode standard, à distance réglementaire (généralement 4 mètres en mesure ISO).
Autonomie, couverture et temps de recharge
Notre protocole sur la friche n’ayant pas permis de couvrir l’ensemble du terrain pour les raisons exposées dans la section Navigation, nous avons exploité la zone effectivement traitée pour calibrer une consommation réelle. Sur 108 m² couverts en 33 minutes, avec deux couloirs à traverser, un peu de pente et le travail de bordure, le robot a consommé 20 % de batterie.
À ce rythme, et toutes choses égales par ailleurs (mode Puissance sur la vitesse de lame, herbe haute et humide, surface fragmentée), une charge complète permettrait théoriquement de traiter environ 540 m² en une session de 165 minutes. C’est sensiblement en deçà des 2 300 m² annoncés par Lymow par charge, mais cet écart n’a rien d’aberrant : la fiche constructeur s’appuie sur une herbe de hauteur standard, en mode de tonte standard, sans pente significative ni obstacles. Notre cas se situe à l’extrême du spectre opposé. Sur un jardin résidentiel classique, le rendement réel se rapprochera mécaniquement de la valeur annoncée. Yanko Design, qui a testé la machine sur un terrain de 6 777 ft² (629 m²) en condition résidentielle, rapporte par exemple une consommation de 35 % en 25 minutes pour 3 110 ft² (289 m²), soit un rendement nettement supérieur au nôtre sur terrain « facile ».
Gestion automatique des cycles : 15 % et 75 %, simple et efficace
Côté logique de bascule, l’application Recharge et reprise est limpide. Par défaut, le robot retourne se charger lorsque la batterie atteint 15 %, puis reprend la tonte au point d’arrêt dès qu’il a récupéré 75 % de charge. Cette stratégie partielle (et non une recharge complète à 100 %) est un classique chez les robots haut de gamme : elle privilégie l’efficacité opérationnelle sur la complétion totale, et elle économise les paliers de charge lente qui n’apportent pas grand-chose à l’autonomie utile.



L’utilisateur peut désactiver la reprise automatique pour ne lancer qu’un seul cycle (le robot tond alors jusqu’à 15 % puis rentre se garer sans repartir), et il peut surtout définir une plage horaire de reprise : la machine ne reprend la tonte après recharge que si l’heure courante tombe dans la fenêtre programmée. C’est précieux pour éviter qu’un cycle ne reprenne à 3h du matin après une charge de fin de soirée. Pour une reprise 24h/24, il suffit de paramétrer la plage sur 00:00–23:59.
Charge rapide : moins de deux heures pour repasser au vert
Sur notre test, la batterie est passée de 2 % à 99 % en 118 minutes sur le chargeur 10 A fourni. Le palier final, classique sur les batteries lithium, a maintenu la machine sur 99 % pendant une vingtaine de minutes supplémentaires sans que nous ayons attendu la complétion stricte pour repartir sur la suite du protocole. À l’usage, ce dernier pourcent n’a aucune incidence pratique : avec 99 % de charge, le robot est prêt à enchaîner un cycle complet de tonte sans la moindre limitation.
À l’échelle du marché, c’est un temps remarquable. Le Mammotion LUBA 2 AWD (3000H) demande environ 165 minutes pour se recharger entièrement, le Segway Navimow X4 environ 150 minutes. Lymow se positionne donc dans le haut du panier de ce segment, et le bénéfice se ressent dès qu’on enchaîne les cycles sur les grandes surfaces.
En cumulé : une couverture quotidienne crédible
Lymow revendique jusqu’à 7 000 m² de couverture par jour en cumulant plusieurs cycles successifs (charge 10 A + tonte + reprise, sur 12 heures théoriques). Sur la base de notre mesure, ce chiffre demanderait des conditions vraiment optimales pour être atteint, mais il a le mérite de poser un ordre de grandeur cohérent avec l’ambition de la machine. Pour un terrain résidentiel de 1 500 à 3 000 m², le Lymow One Plus pourra couvrir l’ensemble en une seule session, ou au pire en deux cycles courts entrecoupés d’une recharge partielle.
Sécurité : un dispositif solide sur le papier, mais la prudence est de mise …
Côté équipement antivol et anti-mésaventure, Lymow ne fait pas l’impasse. Le robot embarque un code PIN à quatre chiffres demandé à chaque mise sous tension, paramétrable depuis l’écran intégré dès la première installation.
L’application propose en complément une fonction antivol avec géorepérage paramétrable : on définit un cercle de surveillance autour de la position de référence, dont le rayon est réglable à partir de 100 mètres, et toute sortie déclenche une alerte sur l’application accompagnée d’une localisation GPS en temps réel. La connexion 4G embarquée prend le relais lorsque le Wi-Fi domestique ne porte pas, ce qui maintient l’alerte fonctionnelle même en cas de déplacement à plusieurs kilomètres.



Côté capteurs de sécurité passive, l’inventaire est complet :
À l’usage, la logique d’auto-protection fonctionne plutôt bien sur les incidents bénins. Lorsqu’une lame se coince sur une tige épaisse, le robot arrête la rotation, se dégage de quelques centimètres, puis reprend la tonte automatiquement, sans intervention humaine. La séquence est propre et limite efficacement le risque de surchauffe moteur. De même, en cas de blocage prolongé ou d’inclinaison anormale, la machine bascule en mode Arrêt d’urgence : tout se fige, l’application notifie, et il suffit d’un appui sur le bouton rouge pour relancer la séquence après vérification.
Un gabarit qui incite à la plus grande vigilance
C’est ici que notre test invite à pondérer le tableau. Le Lymow One Plus est mécaniquement plus engagé que la moyenne du segment, et ses dispositifs de sécurité, aussi sérieux soient-ils, se confrontent à une réalité physique exigeante.
Les lames sont très robustes et peuvent éjecter des cailloux si on fait passer le robot sur une zone où la pelouse est en terrain un peu hybride. Mieux vaut vérifier que sa trajectoire ne rencontre rien qui puisse se transformer en projectile…
Le mode télécommandé est l’élément le plus sensible. Il transforme la machine en véhicule téléguidé de 35 kg lancé jusqu’à 1 m/s avec deux disques de lames actifs. Si l’on perd la main, ou si l’on néglige son environnement immédiat, le robot peut percuter un humain, écraser un animal ou abîmer du mobilier de jardin. Lors de nos sessions de manœuvre manuelle pour dégager le robot des zones piégées, nous avons croisé une vipère que nous avons heureusement vue à temps. Sur un terrain où la faune est présente (hérissons, lézards, jeunes oiseaux au sol, animaux domestiques), le mode télécommandé exige une vigilance constante. Lymow n’a évidemment pas vocation à protéger l’utilisateur contre ses propres décisions, mais le pouvoir de nuisance d’une machine de cette catégorie mérite d’être rappelé clairement.
La traction par chenilles, exceptionnelle en montée, peut se révéler problématique en demi-tour sur pente raide et herbe humide. Lors de nos essais, le robot a glissé d’un à deux mètres en contrebas à plusieurs reprises, sans pour autant basculer ou perdre le contrôle complet. Sur un terrain dégagé, la machine se rattrape sans dommage. Sur un terrain bordé d’un mur, d’un escalier ou d’une dénivellation marquée, mieux vaut sécuriser physiquement les zones à risque ou fragmenter la cartographie pour éviter les trajectoires hasardeuses.
Maintenance et entretien : un nettoyage facilité par le hardware, une application qui reste muette
Lymow a eu une excellente intuition en intégrant un mécanisme de relevage automatique du plateau de coupe. Il suffit d’un appui long sur le bouton + placé sur le robot pour que le carter se soulève et expose les lames sans manipulation manuelle. Cette élévation, combinée à l’indice IPX6 de la machine, permet un nettoyage au jet d’eau sans avoir à coucher l’appareil sur le côté ni à le démonter. Pour qui a déjà tenté de retourner un robot de 35 kg pour gratter de l’herbe collée sous le carter, l’avantage saute aux yeux.

Nota Bene : il est tout de même bon de couper l’alimentation avant de faire couler de l’eau sur le plateau, par précaution élémentaire.
Les chenilles : un point de vigilance malgré le système auto-nettoyant
Sur la première génération du Lymow One, plusieurs testeurs avaient pointé un défaut récurrent : l’accumulation de fragments d’herbe et de petits graviers à l’intérieur des chenilles, qui pouvait à terme exercer une contrainte mécanique sur les moteurs de moyeu. Lymow a pris la critique au sérieux et le One Plus intègre désormais des balais latéraux auto-nettoyants qui balayent les débris hors des logements de chenilles pendant le fonctionnement, ainsi qu’un capot de chenille démontable sans outil pour permettre un nettoyage en profondeur lorsque cela devient nécessaire.

Sur notre test, et compte tenu du terrain en friche que nous avons soumis à la machine, nous avons effectivement constaté qu’une partie de la végétation finit par s’inviter dans les mécanismes des chenilles, malgré les balais. Le système auto-nettoyant fait son travail sur l’essentiel, mais sur un sol particulièrement chargé en débris, il faudra inspecter régulièrement les chaînes. Comptez quelques minutes d’attention toutes les deux ou trois sessions sur ce type de terrain.
L’hivernage : un guide officiel, mais hors application
Sur l’appli, aucun rappel saisonnier, aucune procédure d’hivernage guidée dans l’interface, aucun suivi du nombre d’heures de fonctionnement. L’utilisateur doit se référer au manuel d’utilisation, lequel recommande de :
Accessoires et consommables : on en veut plus !
Lymow propose un catalogue d’accessoires détachés qui couvre l’ensemble des composants susceptibles de s’user ou d’évoluer. Voici les références actuellement référencées sur la boutique officielle :
Comme d’habitude, nous avons retenu deux profils d’usage représentatifs :
| Poste de dépense | Modéré (500 m²) sur 1 an | Modéré sur 5 ans | Intensif (3 000 m²) sur 1 an | Intensif sur 5 ans |
|---|---|---|---|---|
| Lames de remplacement | 8,50 € (1 jeu/2 ans) | 51 € (3 jeux) | 17 € (1 jeu/an) | 85 € (5 jeux) |
| Consommation électrique | 13 € | 65 € | 63 € | 315 € |
| Batterie de remplacement | — | — | — | 499 € |
| Câble de charge (préventif) | — | — | — | 26 € |
| Total | 21,50 € | 116 € | 80 € | 925 € |
En complément, on attend un kit de protection ou un abri compatible station de charge. Lymow conseille (sur son blog d’hivernage) de rentrer le dock à l’intérieur en hiver, et le forum d’aide remonte un cas de pénétration d’eau dans le compartiment batterie après pluie. Également, un kit de bordures additionnelles ou un trimmer modulaire viendrait combler le principal manque fonctionnel du Lymow One Plus, à savoir la finition des bordures contre les murs et terrasses. Enfin, tout ce qui peut faciliter son déplacement manuel sera le bienvenu (chariot ou autre dispositif ingénieux qui dépasse notre étroite imagination…) !
Concurrence et alternatives : qui pour défier le Lymow One Plus ?
Le segment des robots-tondeuses sans fil pour grandes surfaces et terrains exigeants s’est densifié ces deux dernières années. À 2 999 €, le Lymow One Plus se confronte à des machines aussi ambitieuses que lui, mais qui prennent des partis très différents sur la motricité, la finition des bordures ou le service client.

Voici les trois alternatives que nous retiendrions sérieusement à ce niveau de gamme, plus une option budget pour les acheteurs prêts à composer.
Segway Navimow X4 : le challenger AWD le plus complet du marché
C’est probablement l’adversaire le plus redoutable du Lymow One Plus en 2026. Le Navimow X430 (2 499 €) et son grand frère X450 (2 999 €), tout juste lancés en février 2026, prennent une voie radicalement différente sur la motricité : pas de chenilles, mais un système 4 roues motrices avec direction excentrique sur les roues avant. Le résultat promet d’être saisissant dans nos tests à venir ! Le Navimow X4 est conçu pour des pentes jusqu’à 84 % (40°). Mieux : son système Xero-Turn permet des pivots sans glissement. Ses deux disques de 12 lames offrent une largeur de coupe de 17 pouces (43 cm), légèrement supérieure à celle du Lymow.
En outre, le X4 fonctionne en NRTK (Network RTK) sans antenne dédiée à installer, en s’appuyant sur les corrections satellitaires fournies par le réseau cellulaire. Sur les terrains où l’antenne RTK Lymow nécessiterait un emplacement précis et dégagé, cette simplification est un vrai argument. La 4G est offerte la première année (X430) ou les deux premières années (X450). Là où le Lymow garde l’avantage, c’est sur la traction pure sur sol meuble ou friche : les chenilles restent imbattables sur boue, terre nue, gravier ou herbe trempée.
Mammotion LUBA 3 AWD : le concurrent direct sur la versatilité
L’autre adversaire crédible vient de chez Mammotion, dont le LUBA 3 AWD (autour de 3 199 € en version 6000H, jusqu’à 0,6 hectare de couverture) reprend le flambeau du LUBA 2 AWD que nous avions longuement testé. Plus polyvalent que le Lymow, il combine RTK, 40 cm de largeur de coupe (sur les 3000 et 5000), la vision LiDAR, et un AWD à quatre roues motrices indépendantes, capable de grimper jusqu’à 80 % de pente.
Là où le LUBA 3 marque des points face au Lymow, c’est sur la cartographie automatique (absente chez Lymow), un écosystème logiciel plus mature avec un mode Precise Edge Cutting qui exploite la fusion LiDAR-vision pour serrer les bordures, et une intégration plus poussée des modes de tonte (parallèle, damier, diagonale). En revanche, ses roues, même AWD, restent moins capables que les chenilles du Lymow sur sol meuble ou friche dense, et plusieurs testeurs ont relevé des comportements de virage moins respectueux de la pelouse que ceux du Navimow X4.
Husqvarna Automower 450X NERA : la valeur sûre européenne sur grandes surfaces
Pour qui privilégie une marque historique avec un réseau de distribution établi, le Husqvarna Automower 450X NERA est l’alternative la plus crédible au Lymow One Plus à budget équivalent. Tarifé autour de 3 634 €, il s’adresse aux grandes surfaces résidentielles avec une couverture jusqu’à 5 000 m² en mode standard, et 7 500 m² en Systematic Mowing, mode propre à la gamme NERA qui optimise les trajectoires en bandes parallèles, damier ou triangle. Les chiffres techniques posent le décor : pente maximale de 50 %, 24 cm de largeur de coupe avec un système à trois lames pivotantes, 145 minutes d’autonomie typique, recharge complète en 40 minutes, niveau sonore officiel de 58 dB(A).
L’avantage du Lymow One Plus reste sa motricité brute : les chenilles l’emportent largement sur les trois roues du Husqvarna sur friche, sol meuble ou herbe trempée, et sa capacité de pente affichée de 45° (100 %) double le chiffre du 450X NERA. Sur une pelouse résidentielle classique, en revanche, le Husqvarna offre une finition plus régulière, un SAV professionnel européen établi de longue date, et une maturité logicielle que Lymow met encore à niveau.
Le Lymow One Plus a beaucoup d'arguments très forts : en plus d'être relativement simple à installer, il propose une certaine profondeur de paramétrages. Agréable à piloter, il permet d'établir une cartographie complète avec une vraie fluidité, et tient bon le téléguidage manuel même dans des zones accidentées. Son système de coupe le rend efficace quelle que soit la hauteur d'herbe et ses chenilles couplées à une bonne vitesse le rendent capable de randonner sur des pentes abruptes. En revanche, il ne sauvera pas tous les terrains : débris végétaux et minéraux en surnombre peuvent le désorienter et l'immobiliser, du moins s'il ne se fie qu'à sa propre intelligence de navigation. En outre, son gabarit et sa puissance sont à manier avec précaution, afin de préserver la faune et votre propre sécurité. Enfin, il nous tarde de voir quelques accessoires supplémentaires pour améliorer l'expérience déjà très aboutie de ce modèle d'exception (abri, trimmer, etc.).
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Installation et prise en main
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Application & fonctionnalités connectées
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Navigation & intelligence embarquée
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Qualité de tonte
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Autonomie & recharge
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Silence & discrétion
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Entretien & maintenance
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