Avec le Navimow X420, Segway hisse son robot-tondeuse d’un cran vers le tout-terrain : look de buggy post-apocalyptique, vraie direction des roues avant (rare à ce tarif) et pentes annoncées à 84 %, le tout sans câble périphérique. Mais en faisant l’impasse sur le LiDAR au profit de la vision, ce parti pris technique transforme-t-il l’essai sur un grand jardin difficile ?
Sur le marché du robot-tondeuse, Segway Navimow s’est imposé en quelques années comme l’un des poids lourds du segment sans fil périphérique, au point de revendiquer le cap du million d’unités produites bien plus vite que les acteurs historiques. La marque a bâti sa réputation sur une promesse limpide : supprimer le câble enterré et l’antenne à planter, grâce à un positionnement satellitaire corrigé par réseau. Chez Meilleure-Innovation, l’écosystème Navimow ne nous est pas inconnu, et nous attendions de pied ferme cette série X4, présentée comme la plus musclée du catalogue.

Avec le X420, Segway vise clairement les grandes pelouses exigeantes. Sa fiche annonce 2 000 m², une transmission intégrale, jusqu’à 84 % de pente, une coupe de 43 cm à double disque et une navigation maison combinant EFLS NRTK, vision panoramique VisionFence 360°, VSLAM et VIO, le tout sans câble ni antenne obligatoire. Là où plusieurs rivaux s’appuient désormais sur un télémètre laser, Segway fait l’impasse sur le LiDAR et mise sur deux atouts mécaniques rares à ce niveau de prix : une véritable direction des roues avant, qui pivote sur un excentrique pour ménager le gazon dans les virages, et une double suspension tout-terrain. Affiché à 2 499 €, Garage X compris, le X420 sert aussi de porte d’entrée à une gamme qui grimpe ensuite vers le X430 et le X450.
Pendant deux semaines, sur un terrain réel, nous avons passé au crible son installation, son application, sa cartographie, sa navigation, sa qualité de coupe, son autonomie, sa sécurité et son entretien, pour déterminer si ce pari du tout-terrain sans LiDAR transforme l’essai ou montre ses limites.
| Caractéristiques techniques | Segway Navimow X420 |
|---|---|
| Dimensions | 850 × 610 × 351 mm |
| Poids | 28,75 kg |
| Surface recommandée | jusqu’à 2 000 m² |
| Temps de tonte par charge | jusqu’à 90 min |
| Rendement de tonte annoncé / vitesse | 675 m² par charge, jusqu’à 450 m²/h |
| Largeur de coupe | 43 cm (double plateau) |
| Hauteur de coupe | 20 à 95 mm (réglage électrique depuis l’app) |
| Système de coupe | MowMentum™ 2 × 180 W, double disque, 12 lames (6 par disque) |
| Franchissement vertical | jusqu’à 7 cm |
| Capacité de franchissement de pente | jusqu’à 84 % / 40° |
| Transmission | AWD 4 roues motrices avec double suspension + Xero-Turn™ |
| Navigation | EFLS™ NRTK sans antenne + VisionFence™ 360° + VSLAM + VIO |
| Reconnaissance d’obstacles | détection dès 1 cm, plus de 200 catégories d’objets |
| Batterie | Lithium-ion 10 Ah |
| Temps de charge | 75 à 90 min (à confirmer au déballage, données fournisseurs divergentes) |
| Volume sonore annoncé | 62 à 68 dB(A) (à confirmer, données fournisseurs divergentes) |
| Indice d’étanchéité | IP66 |
| Assistance vocale | Alexa, Google Home |
| Indice de réparabilité | 8,4/10 |
| Garantie | appareil et station de chargement : 3 ans batterie : 2 ans |
| Prix | 2 499 € (avec Garage X expédié séparément) |
Bundle du Navimow X4

Nota Bene : normalement, le Garage X est inclus dans le bundle mais expédié séparément, ce qui est rare sur le segment et particulièrement bienvenu à ce niveau de prix. Malheureusement, nous ne l’avons pas reçu pour notre test.
Design et ergonomie : un look à la « Mad Max » très franc
Segway assume une esthétique agressive, mécanique et industrielle. Carrosserie grise et noire, pare-choc avant musclé qui plonge vers l’avant, suspensions visibles avec tubulures apparentes : on est sur une signature visuelle qui évoque autant un petit véhicule de combat post-apocalyptique qu’un robot domestique. Pour qui aime ce langage stylistique, c’est un vrai parti pris assumé. Pour les autres, ce sera sans doute un cran trop loin.

Le gabarit est imposant : 850 × 610 × 351 mm pour 28,75 kg sur la balance, soit nettement plus volumineux que le LUBA 3 AWD 3000 (845 × 580 × 285 mm pour 20 kg) et un cran au-dessus des Ecovacs A3000 LiDAR PRO (18 kg). C’est le tribut du système AWD avec double suspension off-road et roues motrices musclées : la machine est conçue pour franchir des pentes à 84 % et des obstacles de 7 cm sans broncher, ce qui impose une mécanique robuste, donc lourde. En conséquence, on ne déplace pas ce robot d’une seule main, et la poignée arrière unique située sur le capot, suffisante pour un repositionnement de quelques mètres, devient franchement contraignante quand il faut le porter sur une plus longue distance ou le hisser dans un véhicule pour un transport.

En revanche, le X4 arrive avec un système de roues avant pivotantes très réussi, qui est probablement l’élément technique le plus intéressant à signaler dès le déballage. Là où la plupart des robots-tondeuses AWD pratiquent le skid steering (pour pivoter, les roues d’un côté avancent, celles de l’autre côté reculent, et le ripage occasionné peut arracher la pelouse), Segway adopte le Xero-Turn AWD : les roues avant pivotent réellement sur leur axe grâce à un excentrique de direction.

Le robot peut ainsi tourner sur lui-même sans patiner sur le gazon. Les manœuvres sont beaucoup plus précises dans les passages serrés. Les roues sont également crantées et travaillées, façon pneumatique de mini-buggy, ce qui colle parfaitement à l’identité visuelle de la machine. Le panneau de commande embarque un écran pour la sécurité code PIN et l’essentiel qu’il faut pour se passer de l’application : cartographie automatique, vitesse de tonte, hauteur de coupe, cycle de tonte, retour à la station, verrouillage et mode nettoyage.

La station de charge, en revanche, est étonnamment étroite et relativement légère, ce qui pose une vraie question de stabilité quand on la pose au sol sans la fixer. En l’état, un coup de pied involontaire ou un robot mal aligné lors de l’amarrage suffit à la déplacer.

Heureusement, Segway fournit des vis de fixation de série, et leur utilisation, optionnelle chez certains concurrents, devient ici franchement recommandée. On imagine que l’idée est de réduire la portion de terrain sur laquelle l’herbe ne pourra plus pousser (car les docks tuent l’herbe sur laquelle ils sont posés), mais la stabilité en pâtit légèrement. Un mot, enfin, sur le bloc d’alimentation : annoncé IP67, il est pensé pour rester dehors, mais Segway recommande de le fixer au mur plutôt que de le poser au sol, à l’abri des projections et du passage du robot. Son câble mesure environ 5 m, que l’on prolonge au besoin avec la rallonge basse tension de 10 m fournie, à ne rallonger qu’une seule fois.
Installation et connexion : très bien guidé par l’application
L’application Navimow accompagne l’utilisateur pas à pas, écran par écran, avec des illustrations claires et une logique chronologique sans accroc. De l’ouverture du carton à la première vérification automatique, l’ensemble nous a pris un peu moins d’une heure, mise à jour comprise.
Le déballage est sobre : robot, station de charge avec ses 6 vis de fixation et clé Allen, alimentation 10 m, 20 piquets pour fixer les câbles au sol, antenne RTK et accessoires d’installation (à conserver dans la boîte si vous n’en avez pas besoin). C’est précisément notre cas : Segway propose un service RTK réseau (Navimow Connect) déjà activé d’usine pour la grande majorité des régions françaises, ce qui rend l’installation de l’antenne locale parfaitement optionnelle. Si vous habitez dans une zone mal couverte par le réseau RTK Segway, l’antenne fournie permet de basculer sur une station de référence locale sans surcoût matériel. Une vraie souplesse d’écosystème !



Le positionnement de la station demande 2 mètres de dégagement minimum autour de la base, une vue du ciel non obstruée du côté de l’antenne intégrée (essentielle pour le positionnement satellite), et une surface plane et régulière. Pas question de la coincer contre un mur ou sous une haie : la précision centimétrique du RTK en dépend.



Une fois l’emplacement choisi, la base se fixe au sol, de préférence avec les six vis fournies, puis on déroule le câble d’alimentation jusqu’à la prise extérieure, en plantant les 20 piquets pour le sécuriser.

La connexion Wi-Fi est fluide avec une double bande 2,4 GHz et 5 GHz supportées, Bluetooth pour l’appairage initial, et l’app détecte automatiquement le X420 dans son rayon proche. Une simple pression sur le bouton OK du robot finalise l’association.



C’est à ce moment qu’on passe par l’activation du service Navimow Connect+, qui ouvre l’accès à la connexion 4G, la surveillance à distance et les fonctionnalités antivol exclusives à la 4G. Le service est gratuit pendant un an après activation, puis facturé 29,90 € par an pour le renouvellement.



La vérification automatique s’enchaîne ensuite proprement ; après avoir validé le bon fonctionnement de la station, le robot vérifie que tout se passe bien à l’amarrage. Pour finir, la mise à jour du micrologiciel Navimow OS se télécharge automatiquement : dans notre cas la version V2.9.0, avec une mise à jour simultanée de tous les sous-systèmes (ACU, ECU, contrôle du véhicule, base Vision, antenne principale, module Bluetooth).



Durée totale : environ 15 minutes (l’application demande explicitement de ne pas manipuler la tondeuse pendant la mise à jour). À l’issue de ce parcours, le robot est prêt à être configuré pour sa première cartographie. La langue de l’écran et des indications vocales peut être modifiée (français bien sûr disponible).
Application Navimow : une UI propre, structurée, mais qui assume sa technicité
L’application qui pilote le Navimow X420 témoigne du sérieux investissement design de Segway. Le langage visuel est moderne, et cohérent. La palette joue intelligemment sur trois registres : fonds gris clair apaisants, cartes blanches qui structurent l’information, et accents orange vif (la signature couleur de la marque Navimow) qui guident l’œil vers les actions importantes et les états actifs. Chaque écran respire, les titres se détachent en gras prononcé, les descriptifs secondaires passent en gris discret, et les états en cours s’affichent systématiquement sous le titre du menu.
La comparaison la plus parlante est probablement avec Mammotion : comme nous l’avions souligné dans notre test du LUBA 3 AWD, l’application Mammotion souffre d’une richesse fonctionnelle qui submerge l’utilisateur, avec des sous-menus à tiroirs, des écrans intermédiaires et des chemins de navigation pas toujours intuitifs. Navimow opte pour le choix inverse : moins de fonctionnalités exposées en surface, mais une hiérarchisation plus claire, avec des regroupements par catégorie qui font sens (« En cours de tonte », « Fonctionnalités avancées », « Fonctionnalités essentielles et de protection », « Maintenance et outils »). On trouve plus vite ce qu’on cherche.



L’écran d’accueil est particulièrement réussi. Vue de la carte du jardin, robot positionné en temps réel, indicateurs essentiels visibles d’un coup d’œil (batterie, surface, progression de tonte par zone), et deux boutons d’action principaux (Tondre en orange, Retour base en noir). Mention spéciale aux trois icônes flottantes (couches, plan, joystick téléguidage) qui restent accessibles sans encombrer la vue principale. C’est aussi l’une des applis les plus soignées esthétiquement que nous ayons testées jusqu’à présent.
Nota Bene : comme souvent la traduction française reste incomplète sur certains écrans : la page d’activation du service Navimow Connect+ affiche en partie en anglais (« with the following benefits: »). La vérification automatique en cours de mise en service nous a aussi affiché un texte anglais.
L’application assume par ailleurs une vraie technicité dans certains écrans, et c’est plutôt à mettre à son crédit. La page de mise à jour du Navimow OS détaille explicitement les versions des sous-systèmes (ACU, ECU, contrôle du véhicule, base Vision, antenne principale, Bluetooth), comme on peut le voir sur un véhicule connecté ou sur les outils diagnostiques de Husqvarna. On apprécie aussi les regroupements clairs dans le menu Paramètres : les fonctionnalités de tonte d’un côté, les fonctionnalités avancées (EFLS NRTK, VisionFence, adaptation météo, contrôle de traction, mode laboratoire) au-dessus, les fonctionnalités de protection (antivol, verrouillage, déverrouillage de proximité) en dessous, et enfin la maintenance. Il existe des pages tutorielles pour à peu près toutes les fonctionnalités, parmi lesquelles on trouve :
Côté pistes d’amélioration, on peut toujours suggérer l’intégration native Matter, comme on l’a vu sur l’écosystème domotique 2026. Nous n’avons pas non plus trouvé de mode patrouille pour utiliser la caméra à des fins de surveillance du jardin, ce que beaucoup d’utilisateurs aiment bien avoir quand ils ne sont pas chez eux. Enfin, un mode « tonte des bordures uniquement » serait le bienvenu.
Cartographie : guidée de bout en bout, plus sûre en manuel
La création de la carte est l’une des étapes les mieux accompagnées de tout le parcours. Avant même de tracer la moindre limite, l’application impose une phase de préparation : une vérification automatique contrôle la liaison Bluetooth, le bon fonctionnement de la tondeuse, un niveau de batterie supérieur à 25 % et la présence du robot sur sa borne, puis un étalonnage du positionnement assure une localisation fiable au démarrage.

Suivent quelques rappels concrets, dont la consigne de rester à moins de 6 mètres de la machine pendant l’opération, et une mise en garde sans ambiguïté : on ne cartographie pas de nuit. Le manque de lumière empêcherait la tondeuse d’identifier les repères visuels de son environnement, ce qui en dit long sur la place de la vision dans le dispositif.



L’application propose ensuite deux méthodes. La cartographie automatique s’appuie sur la caméra et la vision embarquée pour reconnaître seule le pourtour de la pelouse, le robot traitant alors les zones dans l’ordre inverse de leur marquage tout en se maintenant à 30 à 50 cm des limites. Cette approche reste séduisante sur le papier, mais elle suppose des frontières nettes et une bonne luminosité. Dans notre cas, nous lui avons préféré la cartographie manuelle, plus minutieuse, en découpant le terrain en plusieurs zones pour gagner en précision.
Nota Bene : toute la partie tutorielle est à saluer. Les explications, en français, sont claires et bien illustrées, et elles désamorcent en amont quantité de petites situations agaçantes au lieu de laisser l’utilisateur les découvrir sur le terrain.
Le tracé manuel se pilote en téléguidage, via une interface à double joystick tactile : l’un commande l’avance et le recul, l’autre la direction. Le geste demande deux pouces, mais l’ensemble s’est révélé parfaitement fonctionnel pour cartographier, d’autant que le robot n’avance jamais trop vite et reste maîtrisable le long des bordures.

On apprécie particulièrement le mode d’effacement : lorsqu’un segment est mal tracé, il suffit de maintenir l’icône de gomme pour faire reculer la machine sur son propre tracé, puis de relâcher et de repartir. À l’approche du point de départ, l’application invite à refermer la boucle d’une simple validation.

Une fois le périmètre établi, l’application bascule sur une carte de scène réelle, affichée sur fond de vue aérienne, où chaque secteur apparaît nommé avec sa hauteur de coupe et ses réglages. La palette d’outils est complète. La délimitation définit la bordure d’une zone, que le robot peut longer par l’intérieur ou chevaucher selon le réglage. La partie hors limitation, présentée sous l’étiquette BioLife, isole un îlot que la tondeuse contourne, par exemple un massif laissé en libre évolution.

Le passage relie deux zones distinctes, à condition qu’il dépasse 1 mètre de large et que l’écart avec la pelouse reste inférieur à 2 cm. La zone hors limites VisionFence suspend localement la détection visuelle d’obstacles sur les portions de transit. Le gribouillis, enfin, autorise un tracé libre à main levée directement à l’écran, mais nécessite un très grand terrain, car la forme minimale est large.
Nota Bene : nous avons cherché à créer un passage entre deux zones dans un passage étroit. Nous avions commencé le tracé assez loin dans la première zone afin d’obliger le robot à se positionner sur la bonne ligne droite et ainsi accéder au chemin dans les meilleures conditions. Mais la carte ne retient que le corridor situé entre les deux zones. En conséquence, le robot peut amorcer un virage juste avant le couloir et se retrouver bloqué dans un angle malencontreux…
L’édition des limites passe par un menu dédié, riche mais lisible. On peut ajuster en dessinant, ajuster avec la tondeuse en reprenant le téléguidage, diviser une zone, en fusionner deux ou modifier directement la hauteur de coupe.

C’est précisément au niveau de ces réglages par zone que se paramètrent l’angle de tonte et la gestion des bordures. Le sélecteur d’angle se présente sous la forme d’une rose des vents où l’on coche plusieurs directions, l’application suggérant au passage un angle optimal.

La tonte de bordure, elle, s’active par deux interrupteurs distincts, l’un pour longer la limite, l’autre pour tondre autour des parties hors limitation.

Nota Bene : il manque toutefois une édition sur grand écran. Retoucher une délimitation ou redécouper une zone au doigt, sur un smartphone, reste fastidieux ; pouvoir le faire depuis un ordinateur changerait nettement le confort de réglage fin.
Vous pouvez aussi activer la vision satellite, qui vaut ce qu’elle vaut, mais qui a le mérite d’afficher les zones où l’herbe est dense ou au contraire déjà brûlée par le soleil de mai (puisque les canicules débutent désormais au printemps…)

Mais sur l’affichage normal, pendant la tonte, la position du robot se suit en temps réel sur la carte via un tracé vert foncé, ce qui aide à comprendre sa logique de travail et à repérer aussitôt un secteur mal pris en compte.
Navigation : une fusion de capteurs ambitieuse, sans LiDAR
Le X420 se passe de LiDAR, et ce choix structure toute sa navigation. Là où les Navimow série i LiDAR et la série H2 ajoutent un télémètre laser à leur arsenal, il fonde l’intégralité de son positionnement sur l’EFLS NRTK, une fusion qui marie réception satellitaire multifréquence et corrections RTK acheminées par le réseau. L’objectif est une précision centimétrique sans station de référence à planter, l’antenne fournie ne servant que de secours en zone mal couverte.
Pour ne pas perdre le fil quand le signal faiblit, sous un arbre ou le long d’un mur, deux couches visuelles prennent le relais : le VSLAM mémorise des repères pour recaler la position, tandis que le VIO fusionne images et données inertielles afin de préserver la trajectoire. La perception des obstacles, enfin, revient à VisionFence 360°, une vision panoramique sans angle mort créditée de plus de 200 catégories d’objets.
Sur le terrain
Le point fort le plus évident reste la motricité. Notre terrain, plutôt plat, ne nous a pas permis d’éprouver sérieusement les 84 % de pente annoncés, mais sur tous les revêtements rencontrés, gazon, terre nue, plaques de trèfle calcinées par le sec, le X420 n’a pas patiné une seule fois. Sa transmission intégrale et ses pneus crantés inspirent confiance, et l’on devine sans peine le bénéfice sur un relief plus tourmenté.
C’est sur les obstacles que se révèle la véritable philosophie de Navimow, à double tranchant. La machine se montre d’emblée prudente : une touffe d’herbe un peu haute est contournée, même si la VisionFence est désactivé.
Ce réflexe est idéal face aux arbres, aux buissons, aux animaux et aux personnes, le robot s’immobilisant devant nous sans repartir tant que nous ne nous étions pas décalés.
En conséquence, il ne se cogne jamais frontalement (on se demande presque à quoi est censé servir le pare-choc avant !). C’est encore plus sensible dès que l’on active VisionFence : cette prudence accrue met la tondeuse en difficulté dans les passages serrés.
Malgré cela, à cause d’un gabarit imposant, la machine s’est coincée, provisoirement, mais à plusieurs reprises, sur la pointe d’un angle droit de terrasse ou dans l’étranglement entre deux massifs. Notons à son crédit qu’il est assez intelligent pour se dépêtrer tout seul, mais n’oublions pas que c’est au détriment de son niveau de batterie…


Le déplacement, en revanche, est remarquablement lisible. Le X420 commence systématiquement par les bordures, qu’il longe sur deux tours de l’extérieur vers l’intérieur, avant d’attaquer le cœur de la zone en allers-retours organisés en boucles : il monte une ligne, se décale vers la gauche, redescend, puis tourne de nouveau à gauche en se décalant moins loin pour traiter l’intervalle laissé entre les deux premières passes, et ainsi de suite. Chaque zone est tondue selon l’angle préconfiguré, ce qui rend la trajectoire facile à anticiper. Face à un obstacle, le robot enchaîne de plus petits allers-retours tant qu’il reste à portée de vue, puis traite la portion masquée dans un second temps.
Sa limite tient là encore au gabarit. Les bordures et surtout les angles rentrants sont forcément pris assez large, et la machine n’utilise jamais la marche arrière en automatique, ce qui l’aiderait pourtant à se sortir des passages étroits.
Le reproche n’est pas propre à Segway, aucun robot de ce type ne recule seul, la manœuvre restant l’apanage du téléguidage.Nous avons justement exploité ce dernier sur deux petits îlots d’herbe où le X420 était trop encombrant pour évoluer en autonomie, des secteurs sur lesquels le LUBA 3 AWD ne faisait d’ailleurs guère mieux lorsqu’il était livré à lui-même.
La reprise en main fonctionne, et la réactivité du robot est bonne. Le bémol vient de l’activation de la coupe pendant le pilotage : il faut garder un doigt en permanence sur une commande dédiée, par sécurité, laquelle remplace l’un des deux joysticks et rend l’avance comme les virages un peu moins précis.

Sur ces parcelles ingrates, la finition manuelle reste néanmoins la seule option réellement efficace.
Efficacité de coupe : propre sur herbe courte, desservie par le poids
Avant de juger le résultat, un mot du plateau. Le système MowMentum repose sur deux disques entraînés par autant de moteurs de 180 W, garnis de six lames chacun, soit douze lames au total, pour une largeur de travail de 43 cm. Segway revendique une couverture 1,8 fois supérieure à celle d’un disque unique, une précision de hauteur de l’ordre de ±5 mm et jusqu’à huit couches de coupe pour un résultat comparable à de la moquette. La hauteur se règle électriquement depuis l’application, par incréments de 5 mm, et la vitesse d’avancement plafonne à 0,8 m/s, un contrôle adaptatif étant censé moduler l’effort selon la densité de la végétation.
Dans la pratique, le contrat est rempli tant que l’herbe n’est pas trop haute au départ. Le bémol vient du gabarit : la machine est lourde, et ses roues écrasent passablement le gazon, qui n’a pas toujours le temps de se redresser avant le passage des lames. Selon la hauteur retenue et le type d’herbe, on se retrouve quelques heures après la tonte avec deux lignes voisines de hauteurs légèrement différentes, auxquelles s’ajoute un discret effet de déchiquetage qui agacera les yeux les plus exigeants. Le contraste entre traces de roues et traînées d’herbe couchée n’arrange rien.
Nota Bene : le ripage en virage, lui, est bien maîtrisé. Grâce à la direction Xero-Turn, les demi-tours ne lacèrent pas le gazon sur sol sec. Le problème ne vient donc pas des rotations, mais du simple poids roulant sur les lignes droites.

Pour gommer ce phénomène, la tentation est d’abaisser fortement le plateau, autour de 30 mm. On obtient alors une coupe plus nette, mais invariablement striée de lignes dignes d’un terrain de football. Or, dès que l’on souhaite conserver une pelouse plus haute, entre 50 et 70 mm, tout en gardant un rendu homogène, la limite de l’engin apparaît clairement. Sur ce créneau précis, un robot plus léger et doté d’un mode de tonte aléatoire, qui brouille les passages au lieu de les aligner, nous paraîtrait mieux armé pour un résultat régulier.
Bordures : précises sur le plat, vite débordées dès qu’il y a du relief
Le long des limites, le X420 suit son tracé avec une réelle précision, et l’application permet de choisir entre raser au plus près ou chevaucher légèrement la ligne. Cette belle régularité ne vaut toutefois que pour une bordure sans relief. Dès qu’un obstacle vertical borde la pelouse, l’écart se creuse : on relève facilement une dizaine de centimètres d’herbe laissée intacte contre la limite physique, davantage encore dans les angles rentrants, que le carter ne peut atteindre.
Le piège est insidieux sur la durée. Faute d’un coupe-bordure, si l’on ne repasse pas soi-même au rotofil le long des bords, l’herbe non coupée prend de la hauteur, le robot la traite désormais comme un obstacle et la contourne, puis s’en écarte un peu plus à chaque cycle. Semaine après semaine, la tondeuse perd ainsi du terrain sur ses propres bordures, jusqu’à dessiner une frange de plus en plus large. La finition manuelle des contours reste donc indispensable.
Nota Bene : le mode télécommandé sauve la mise sur les zones contournées, à condition que le robot puisse physiquement y accéder malgré son gabarit. Il accepte d’ailleurs d’attaquer une herbe assez haute, en dépit de l’avertissement du fabricant sur le risque de blocage du disque. L’incident ne s’est pas produit chez nous, mais notre demande restait raisonnable.
Volume sonore : aussi discret qu’imposant
Malgré sa stature et sa transmission intégrale, le X420 se fait remarquablement oublier à l’oreille. Nous avons relevé 65 dB en vitesse maximale comme en mode standard, et 62 dB en mode silencieux, des valeurs cohérentes avec la fourchette de 62 à 68 dB annoncée par Segway, mesurée en laboratoire à vide. Les roues et les lames ne produisent presque aucun bruit, si bien que la signature sonore se fond vite dans l’ambiance d’un jardin.
Seules les alarmes viennent rompre cette discrétion, et c’est précisément leur rôle : nous avons mesuré environ 75 dB pour l’alerte de soulèvement et jusqu’à 82 dB pour la fonction de localisation du robot, de quoi retrouver la machine ou dissuader un tiers sans difficulté. Le volume des indications vocales, lui, reste ajustable dans l’application, pour qui trouverait la voix de bord trop présente.
Nota Bene : le X420 demeure néanmoins plus sonore que les Navimow des séries i et H, qui descendent sous les 60 dB. Pour une tonte de nuit avec un voisinage proche, la nuance peut compter.
Autonomie et charge : une couverture conforme, mais une lenteur de fond
Sur un terrain plat, sans pente, le X420 a tondu 678,2 m² en 2 heures et 6 minutes, en répartissant son travail entre 15 % de mode standard et 85 % de mode efficace. Première observation, et elle compte : le mode efficace plafonne autour de 0,8 m/s, là où le Mammotion LUBA 3 AWD pousse jusqu’à 1 m/s.
Le rendement réel face à l’annonce
De ces chiffres découle un rendement mesuré de 323 m²/h, à comparer aux 450 m²/h revendiqués. La valeur constructeur est supérieure de près de 40 % à ce que nous avons constaté, et la performance réelle représente environ 72 % de la promesse. En revanche, la surface couverte sur notre session, 678 m², colle presque parfaitement aux 675 m² annoncés « par charge ». Autrement dit, le X420 atteint bien l’aire promise, mais il met davantage de temps pour y parvenir.
Pourquoi un tel écart : l’efficacité de champ
Pour comprendre où passe le temps, ramenons la performance à un plafond théorique. À pleine largeur de coupe, soit 43 cm, et à la vitesse efficace de 0,8 m/s, un robot qui avancerait sans jamais tourner ni se recouvrir couvrirait près de 1 240 m²/h. Le rendement réel de 323 m²/h ne représente donc que 26 % de ce maximum géométrique. Dit autrement : pour traiter 678 m² à pleine largeur et sans recouvrement, le robot devrait mettre à peine 33 minutes à 0,8 m/s. La tonte en a réclamé 126. Les quelque 93 minutes restantes, soit près des trois quarts du temps, sont absorbées par les demi-tours en bout de ligne, les portions parcourues en mode standard plus lent et, vraisemblablement, le recouvrement entre passes.
C’est précisément sur ce dernier point que se pose la question du double disque. Avec 43 cm de largeur et une vitesse alignée sur le maximum annoncé, le X420 dispose sur le papier d’un sérieux atout de débit que son efficacité de champ, particulièrement basse, ne valorise guère. À l’œil, les boucles semblent resserrées au regard de la largeur disponible, comme si le robot recouvrait généreusement ses passages. L’impression est difficile à confirmer sans mesurer l’espacement exact, et nous la livrons donc comme une hypothèse plausible plutôt que comme une certitude. Elle expliquerait toutefois bien pourquoi une vitesse pourtant correcte débouche sur un rendement aussi éloigné du plafond. Ce qui est sûr, en revanche, c’est que ni le motif d’allers-retours ni la largeur d’espacement ne sont paramétrables. L’utilisateur ne peut donc pas arbitrer lui-même entre densité de recouvrement et vitesse de couverture.
Charge et programmation
Le rechargement n’est pas le point fort de la machine. Nous avons mesuré 126 minutes pour passer de 14 à 100 %, par une température ambiante d’environ 30 °C, là où Segway annonce 75 minutes. La comparaison appelle deux précisions, par souci d’équité. D’une part, l’annonce du constructeur correspond à une charge de 10 à 100 % relevée en laboratoire à 25 °C, soit une plage légèrement plus large que la nôtre. D’autre part, nos 30 °C dépassent cette référence, or une batterie lithium-ion se recharge plus lentement lorsque la chaleur monte, le système de gestion réduisant alors le courant pour ménager les cellules. Ces cinq degrés supplémentaires semblent donc expliquer une part de la différence.



Quoi qu’il en soit, l’application permet de choisir les heures de démarrage et d’arrêt du robot, ce qui aide à organiser les cycles, mais elle n’offre aucune programmation de la charge en heures creuses. Pour qui veut caler la recharge sur un tarif d’électricité avantageux, l’absence se fait sentir.
Ce que cela donne en pratique
Mises bout à bout, ces mesures dessinent une capacité honnête mais sans éclat pour la catégorie. Sur la surface maximale visée par le modèle, 2 000 m², il faut compter environ 6,2 heures de tonte pure au rythme constaté, hors recharge. En intégrant les cycles de charge, et en retenant une autonomie proche des 90 minutes annoncées par plein, le débit ramené au temps réel, tonte plus recharge comprises, tombe aux alentours de 135 m²/h, ce qui porte le traitement complet d’un tel jardin à une quinzaine d’heures d’horloge.
Concrètement, un grand terrain s’entretient donc sur plusieurs sessions étalées, ce qui reste cohérent avec la vocation d’un robot censé travailler en continu et en arrière-plan. Le X420 finit toujours par couvrir la surface promise, mais il prend son temps, et sa lenteur conjuguée à une recharge longue le rend moins endurant, à surface égale, que les références les plus rapides du segment.
Sécurité : protection des personnes, des biens et adaptation au climat
Sur ce chapitre, le X420 se montre complet, à condition de prendre le temps de paramétrer ses nombreuses options. La sécurité s’y décline sur trois fronts : les personnes et les animaux, la préservation de la machine face aux intempéries, et la lutte contre le vol.
Sécurité des personnes et des animaux
Premier réflexe rassurant, le robot prévient systématiquement avant d’activer ses lames par un bref signal sonore. La détection visuelle prend le relais en cours de tonte : face à une personne ou à un animal, la machine s’immobilise et patiente, refusant de repartir tant que l’obstacle ne s’est pas déplacé. À cela s’ajoute un verrouillage enfant, qui neutralise les boutons physiques pour empêcher tout démarrage accidentel par un enfant ou un animal qui s’amuserait à les presser.



L’indice d’étanchéité IPX6 autorise enfin un fonctionnement et un nettoyage sereins par temps humide. Les précautions d’usage restent toutefois de mise : on dégage les jouets, câbles et pierres du terrain, et l’on évite de laisser la machine travailler sans surveillance lorsque de jeunes enfants sont à proximité.
Adaptation aux conditions météorologiques
C’est l’une des fonctionnalités les plus abouties de l’application, et elle mérite le détour. Depuis le menu dédié, on personnalise le comportement du robot pour chaque type de météo. En cas de forte chaleur, on fixe le seuil de température au-delà duquel la tonte s’interrompt, réglable jusqu’à 45 °C, afin de ménager aussi bien le gazon que l’électronique. Pour la pluie et la neige, on définit le délai au terme duquel la machine est autorisée à reprendre après la détection d’une averse ou d’une chute, le temps que la surface s’essuie.



Le vent fort et le gel disposent de leurs propres règles, le robot suspendant ou reportant ses sessions lorsque les conditions deviennent défavorables. Un capteur de pluie déclenche par ailleurs un retour anticipé à la station, au même titre que la fin de tâche. Cette granularité de réglage, condition par condition, place le X420 parmi les plus sérieux du segment sur le sujet.
Nota Bene : la finesse de ces réglages est un vrai atout, mais elle suppose de s’y plonger une première fois. Les valeurs par défaut conviennent à la plupart des jardins, et l’on gagne ensuite à ajuster le seuil de chaleur et les délais de reprise selon son climat local.
Antivol et verrouillage
Le volet antivol s’appuie largement sur la connexion 4G, activée via le service Connect+. Une fois en place, il autorise la localisation en temps réel de la tondeuse et déclenche une alarme de géobarrière dès que la machine quitte sa zone de travail, le rayon de cette barrière virtuelle étant ajustable depuis l’application. À cela répond une alarme de soulèvement, qui sonne et notifie l’utilisateur si l’on tente de soulever l’appareil. Pour faire cesser ces alertes, comme pour redémarrer ou éteindre le robot, le code PIN est exigé, ce qui constitue un verrou réel : une fois verrouillée, la machine reste inutilisable tant qu’on ne saisit pas le bon code.



L’écosystème va plus loin que la simple alarme. Le déverrouillage de proximité libère automatiquement la tondeuse à l’approche du smartphone de son propriétaire, puis la reverrouille lorsqu’il s’éloigne. Surtout, le X420 prend en charge nativement le réseau Find My d’Apple, sans recourir à un traceur de type AirTag : il s’ajoute directement à l’application Localiser. Cette intégration reste l’apanage des appareils iOS, les utilisateurs Android devant se contenter de la fonction Locate My Mower, accessible via l’application lorsque la 4G est active.
Nota Bene : pensez à modifier le code PIN par défaut dès la mise en service, faute de quoi le verrou ne protège de rien. Gardez aussi en tête que les fonctions antivol les plus complètes reposent sur la 4G, gratuite la première année puis facturée 29,90 € par an.
Partage du robot
L’application autorise enfin le partage du contrôle de la tondeuse avec un tiers, conjoint, voisin ou prestataire d’entretien, qui peut alors lancer une tonte ou suivre la machine depuis son propre téléphone sans disposer du compte principal. Pratique pour confier le jardin pendant une absence, la fonction gagnerait toutefois à s’accompagner d’une gestion plus fine des droits accordés à l’invité.
Entretien : simple dans son principe, alourdi par le gabarit
L’entretien courant du X420 ne réserve pas de mauvaise surprise, à ceci près que sa masse se rappelle à vous dès qu’il faut le manipuler. L’application centralise le suivi en estimant l’usure de certains éléments, au premier rang desquels le nettoyage général et l’état des lames, et en associant à chacun une échéance indicative.



On garde ainsi à l’œil le moment où une intervention devient utile, sans avoir à tenir soi-même le compte des heures de fonctionnement.
Nettoyage courant
La machine intègre un mode nettoyage bienvenu. Une fois activé, il abaisse le disque de coupe au plus bas et éteint automatiquement le robot, ce qui dégage l’accès aux lames et sécurise l’opération. Reste une réalité de terrain : les brins se logent sous le plateau de coupe, et les déloger à la brosse seule relève de la patience. Un petit jet d’eau s’avère en pratique bien plus efficace pour évacuer l’herbe tassée sous le carter.

Sur ce point, l’étanchéité élevée du X420 joue en sa faveur. Segway autorise explicitement le nettoyage au chiffon ou au tuyau d’arrosage, tout en proscrivant formellement le nettoyeur haute pression, susceptible de forcer l’eau dans les composants, ainsi que l’alcool, l’essence, l’acétone et autres solvants corrosifs ou volatils, qui attaqueraient la coque comme l’électronique. Un coup d’œil régulier aux roues, aux contacts de charge et surtout aux objectifs des caméras complète la routine, cette propreté optique étant d’autant plus importante que la navigation repose sur la vision.
Nota Bene : pensez à éteindre la machine avant toute intervention, ce que le mode nettoyage fait pour vous. Manipuler les lames sur un robot encore sous tension n’a rien d’anodin.
Manipulation : le poids comme handicap
Pour accéder au dessous, deux options s’offrent à l’utilisateur, aucune totalement satisfaisante. Le basculement sur l’arrière est possible, mais il oblige à saisir la machine à un endroit dépourvu de poignée, ce qui n’est pas des plus commodes. L’autre solution consiste à la coucher carrément sur le dos, doucement et de préférence sur l’herbe ou une surface souple pour ne pas rayer la carrosserie. Dans les deux cas, les 28,75 kg de l’engin ne facilitent pas le geste.

Cette contrainte, déjà sensible pour le simple repositionnement, devient un vrai point d’attention dès qu’il s’agit d’entretenir le plateau.
Lames et hivernage
Le remplacement des lames suit une logique classique. Gants de protection enfilés, robot éteint et retourné sur une surface douce, on dévisse, on remplace les lames usées parmi les douze que compte le double disque, puis l’on s’assure qu’elles pivotent librement avant de réinitialiser le compteur d’usure dans l’application. Segway recommande un renouvellement de l’ordre de toutes les six à huit semaines en usage soutenu, la fréquence variant selon la nature du terrain et la densité de l’herbe.

À l’approche de l’hiver, la marque détaille une procédure d’hivernage cohérente. On charge la batterie à 85 % au moins, on éteint la tondeuse, on retire les lames, puis on nettoie le châssis à la brosse avant de le rincer à l’eau claire et de le laisser sécher complètement. Un essuyage soigné de l’écran et des objectifs des caméras parachève l’opération. Le robot, sa station et ses accessoires se rangent ensuite dans un local sec et hors gel, à une température comprise entre 5 et 45 °C, conditions qui préservent aussi bien la mécanique que la batterie lithium-ion.
Sur la durée, Segway met enfin en avant un indice de réparabilité de 8,4/10, supérieur à la moyenne du segment, adossé à une garantie de trois ans sur l’appareil et la station, et de deux ans sur la batterie. De quoi aborder l’entretien à long terme avec une relative sérénité.
Accessoires et consommables : un écosystème volontairement sobre
Le catalogue d’accessoires du X420 tient sur une étagère, ce qui n’est pas forcément un défaut. La machine se suffit largement à elle-même, et la liste des compléments réellement utiles reste courte. On y trouve le Garage X, facturé 269 € à l’unité (déjà dans le bundle), un kit de douze lames de rechange à 25 €, un plan de protection de quatre ans à 375 € et le module Navimow Access+ à 89,90 €/an.
Deux profils d’utilisation
Pour donner une idée concrète, nous avons retenu deux scénarios. Le premier vise un petit terrain de 500 m² tondu sans intensité, équipé au strict minimum. Les lames y durent longtemps, de l’ordre d’un jeu par saison, et l’on peut tout à fait renoncer au plan de protection comme au renouvellement de la 4G une fois l’année gratuite écoulée, quitte à perdre l’antivol connecté. Le surcoût se limite alors à un jeu de lames annuel.
Le second scénario correspond à un terrain de 1 500 m² entretenu sérieusement, sur lequel on cherche à exploiter pleinement la machine. La tonte plus soutenue use davantage les lames, qu’il faut renouveler plus souvent, autour de quatre jeux par saison selon la nature du gazon, et l’on souscrit cette fois le plan de protection ainsi que le service 4G dans la durée. Le budget grimpe, sans devenir excessif au regard du prix d’achat.
Nota Bene : la fréquence de remplacement des lames est une estimation, fortement dépendante du type d’herbe, de l’humidité et de la présence de débris abrasifs. Sur un terrain sableux ou caillouteux, comptez davantage ; sur un gazon d’agrément régulier, un peu moins.
Estimation des coûts additionnels
| Poste | Prix | 500 m² (minimum, tonte légère) | 1 500 m² (équipé à fond) |
|---|---|---|---|
| Garage X | 269 € | Inclus dans le bundle | Inclus dans le bundle |
| Navimow Access+ | 89,90 € | Non requis (4G intégrée) | Non requis (4G intégrée) |
| Service 4G Connect+, 1re année | — | Gratuit | Gratuit |
| Kit de 12 lames | 25 € | ~1 jeu / an, soit 25 €/an | ~4 jeux / an, soit 100 €/an |
| Plan de protection 4 ans | 375 € | Non retenu | 375 € (une fois) |
| Renouvellement 4G, dès l’année 2 | 29,90 €/an | Abandonné (0 €) | 29,90 €/an |
| Surcoût la 1re année | ≈ 25 € | ≈ 475 € | |
| Coût récurrent annuel (dès l’an 2) | ≈ 25 € | ≈ 130 € | |
| Total estimé sur 4 ans | ≈ 100 € | ≈ 865 € |
En clair, le X420 ne cache pas de coûts récurrents pénalisants. Pour un usage léger, l’addition se limite à quelques jeux de lames. Pour une exploitation intensive avec toutes les protections, le surcoût sur quatre ans reste contenu sous les 900 €, dont une bonne moitié relève du seul plan de protection, par définition facultatif.
Concurrence et alternatives : chaque rival vise l’un de ses points faibles
À 2 499 €, le Navimow X420 occupe une position singulière : celle d’un robot sans fil, sans antenne RTK à planter grâce au réseau NRTK, mais avec une vraie ambition tout-terrain, Segway annonçant une transmission intégrale capable d’encaisser jusqu’à 84 % de pente. Sa carte maîtresse ne tient pourtant pas qu’à la motricité brute : c’est sa direction de roue avant Xero-Turn, qui pivote réellement sur un excentrique au lieu de chasser comme un skid steering, et préserve ainsi le gazon dans les virages. Le X420 sert par ailleurs de porte d’entrée à la gamme X4, au-dessus de laquelle se trouvent le X430, taillé pour environ 3 000 m², et le X450, qui vise jusqu’à 5 000 m² pour 3 199 €. Reste que sur chacune de ses faiblesses, perception, bordures et maturité logicielle, un concurrent l’attend de pied ferme.
La première alternative évidente, c’est le Mammotion LUBA 3 AWD 3000, facturé 2 699 €. Son atout décisif tient à sa navigation Tri-Fusion, qui ajoute un LiDAR 360° à la vision et au NetRTK. Là où le X420 fait l’impasse sur le télémètre laser et dépend entièrement du couple vision plus satellitaire, le Mammotion garde un œil supplémentaire sur son environnement, un avantage net sous les arbres, le long des haies ou près des murs, exactement là où un positionnement purement visuel devient fragile. Le LUBA pousse en outre l’avance jusqu’à 1 m/s, contre une vitesse efficace plus posée sur notre Segway, et couvre une surface supérieure. En face, le X420 ne désarme pas pour autant : sa direction de roue avant offre des manœuvres plus fines et plus respectueuses de la pelouse que les roues omnidirectionnelles du LUBA, et sa pente maximale annoncée le place légèrement devant. Pour 200 € de moins, le Navimow X420 ne démérite pas.
L’autre rival très sérieux, c’est l’Ecovacs GOAT A3000 LiDAR PRO, et il frappe précisément là où le X420 est le plus vulnérable. Son argument massue est son coupe-bordure TruEdge intégré, capable de raser quasiment au ras de la limite, quand notre Segway laisse une marge d’une dizaine de centimètres dès qu’un obstacle vertical borde la pelouse, davantage encore dans les angles rentrants. L’Ecovacs ajoute à cela un système Dual-LiDAR HoloScope 360, un rendement annoncé jusqu’à 400 m²/h, une hauteur de coupe de 3 à 9 cm et une charge en 70 minutes. Le GOAT séduira donc les jardins très structurés, riches en contours francs, où la propreté des bordures prime. Le X420 reprend l’avantage sur un seul terrain, mais il est de taille : la motricité pure et le franchissement, avec ses 84 % de pente face aux 50 % de l’Ecovacs.
Enfin, chez Husqvarna, l’alternative crédible en 2026 reste l’Automower 430V NERA. Ce modèle sans câble, issu de la génération NERA à vision IA, vise les grands jardins jusqu’à 4 800 m² et marie navigation satellitaire et caméra intelligente pour affiner l’évitement d’obstacles. Il prend également en charge les motifs de tonte, la connectivité 4G, Wi-Fi et Bluetooth, ainsi que des pentes jusqu’à 50 %. Son vrai capital n’est toutefois ni la pente ni la vitesse, mais une maturité logicielle et un réseau de service que peu de marques récentes peuvent égaler. Le X420 lui oppose une approche plus radicale du tout-terrain, un tarif d’accès plus contenu et sa signature Xero-Turn, là où le Husqvarna joue la carte de la fiabilité éprouvée et de l’écosystème de marque.
Ce que ce test certifie à coup sûr, c'est que le Navimow X4 ne passe pas le casting d'un grand terrain plat dont le propriétaire cherche un rendu homogène sur une herbe assez fournie, même après la tonte. Ses qualités s'adressent avant tout aux jardins pentus, sans prétention esthétique majeure, et si possible avec un minimum de bordures physiques et de passages étroits. Hors téléguidage, ne comptez pas sur lui pour des herbes un peu hautes. En revanche, on salue l'application, la sécurité embarquée et sa grande discrétion. La note ne reflète pas forcément tout le potentiel de cette machine, mais nous ne pouvons résolument lui attribuer de médaille sur une zone où ses atouts ne brillent pas vraiment.
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Installation et prise en main
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Application & fonctionnalités connectées
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Navigation & intelligence embarquée
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Qualité de tonte
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Autonomie & recharge
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Silence & discrétion
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Entretien & maintenance
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