Le GOAT A1600 LiDAR PRO arrive dans nos colonnes peu après notre test du O1200 LiDAR PRO, et reprend la même promesse : tondre sans câble, sans balise RTK, et sans repasser au rotofil grâce au coupe-bordures TruEdge. Pendant plusieurs jours, nous avons éprouvé la machine sur une parcelle périurbaine de 155 m²… et voici ce qui s’est passé !
Sur le marché du robot-tondeuse sans fil périphérique, Ecovacs s’est imposé en quelques saisons comme l’un des candidats les plus crédibles face aux Mammotion, Segway Navimow, Husqvarna et Dreame. Fondée en 1998 et longtemps spécialisée dans le robot-aspirateur, la marque a élargi son périmètre à la robotique de jardin en 2023 avec la première génération GOAT, puis a accéléré dès 2025 avec sa GOAT A Family centrée sur la navigation RTK. Pour 2026, Ecovacs change toutefois de braquet en présentant au CES sa série LiDAR PRO, laquelle écarte purement et simplement la balise RTK au profit d’un système HoloScope 360 combinant LiDAR rotatif 360°, LiDAR 3D-ToF solid-state et caméra IA. La marque y greffe un atout signature : le coupe-bordures TruEdge à fil, présenté comme le premier rotofil entièrement automatisé du marché.

Quelques semaines après notre test du GOAT O1200 LiDAR PRO, taillé pour les jardins compacts, c’est donc au tour du grand frère de la série A de passer entre nos mains. Le GOAT A1600 LiDAR PRO reprend la même grammaire technique mais l’étire vers le haut : surface annoncée à 1 600 m², double disque de coupe de 33 cm, batterie lithium-ion 32 V / 3 Ah rechargée en 50 minutes grâce à un bloc d’alimentation poussé à 113,4 W, le tout pour un tarif recommandé de 1 499 € ramené à 1 299 € dans plusieurs enseignes. Pendant plusieurs jours, nous l’avons confronté à un terrain de résidence périurbaine de 155 m², avec quelques-uns des pièges les plus exigeants pour un robot de cette catégorie : bordures pavées, massifs, passages étroits, dénivelé local et obstacles de proximité…
| Caractéristique Techniques | Ecovacs A1600 LiDAR PRO |
|---|---|
| Dimensions | sans brosse : 680 × 540 × 338 mm avec brosse : 680 × 583 × 336 mm |
| Poids | robot : 17,8 kg station : 2,9 kg |
| Surface recommandée | 1 600 m² |
| Temps de tonte par charge | jusqu’à 50 min |
| Rendement de tonte annoncé/vitesse de tonte | jusqu’à 400 m²/h / 0,7 m/s |
| Largeur de coupe | 33 cm |
| Hauteur de coupe | 30 à 90 mm (réglage électrique par incréments de 1 cm) |
| Franchissement vertical | 4 cm |
| Capacité de franchissement de pente | jusqu’à 50 % / 27° |
| Largeur de passage | 0,9 m |
| Disque de lames | double disque, 2 × 3 lames pivotantes (6 lames au total) + coupe-bordures TruEdge à fil |
| Batterie | Lithium-ion 32 V 3 Ah / ≈ 96 Wh |
| Temps de charge | 50 min (charge rapide 113,4 W) |
| Volume sonore | 62 dB (annoncé) |
| Température de fonctionnement | 5–40 °C |
| Température de stockage | –20 à 75 °C |
| Indice d’étanchéité | IPX6 |
| Assistance vocale | Alexa/Google Assistant/Siri |
| Indice de réparabilité | 8/10 |
| Garantie | 2 ans |
| Prix | 1 499 € |
Dans la boîte du Ecovacs GOAT A1600 LiDAR PRO
Ecovacs ne cherche pas à habiller son flagship avec un grand nombre d’accessoires, mais s’en tient aux pièces réellement utiles à la mise en route et au premier entretien : station, alimentation, jeu de lames supplémentaire, recharge de fil pour le trimmer, et la visserie associée.

C’est cohérent avec la philosophie de la série LiDAR PRO, laquelle assume sa simplicité de déploiement en se passant à la fois de balise RTK (contrairement au GOAT A1600 RTK de l’an dernier) et de câble périphérique.
Nota Bene : comme sur le GOAT O1200 LiDAR PRO, aucun abri n’est inclus dans le bundle standard, à la différence par exemple du Terramow V1000 qui en proposait un d’origine. Le module cellulaire Pro 4G est lui aussi vendu séparément, autour de 149 € : pratique pour les jardins mal couverts en Wi-Fi, mais cela alourdit forcément le ticket d’entrée.
Design et ergonomie : un tank assumé, plus rassurant qu’élégant
Si le Luba 3 AWD s’amuse à jouer la carte « formule 1 blanche » avec sa silhouette tendue, ses touches orange et son nez très allongé, le GOAT A1600 LiDAR PRO prend délibérément le chemin inverse. Ecovacs reste fidèle à son langage stylistique : carrosserie majoritairement blanche, soubassement noir, lignes anguleuses et plutôt utilitaires, sans recherche visuelle particulière. La silhouette s’appuie sur un capot massif, des angles fermes et un avant nettement marqué par les caméras et capteurs intégrés au pare-chocs.

L’ensemble n’est pas désagréable, mais on est plus proche de l’esthétique du petit engin de chantier que de celle des modèles concurrents qui soignent leur image. À 17,8 kg la machine est relativement lourde, et donne tout de suite l’impression d’un robot construit pour durer plutôt que pour séduire.
Nota Bene : selon certains retours utilisateurs, la carrosserie blanche posée à l’extérieur en permanence finira logiquement par jaunir ou s’encrasser au fil des saisons. Rien d’anormal, mais à intégrer à la décision d’achat si l’on tient à un robot impeccable longtemps.
Cette logique « tank » se prolonge dans la prise en main. Le GOAT A1600 LiDAR PRO ne dispose que d’une poignée intégrée à l’arrière, et non sur les flancs, contrairement au Luba 3 AWD ; ce n’est pas le plus pratique pour un robot de ce poids.

Le plastique n’a rien d’exceptionnel non plus, comme nous l’avions déjà relevé sur le A1600 RTK. Cela dit, l’ensemble inspire une vraie impression de robustesse, ce qui contrebalance le manque de raffinement visuel.
Nota Bene : les roues avant ne sont ni motrices ni directrices ; la machine est en propulsion, avec ses roues arrière crantées qui assurent à la fois la traction et la direction. C’est un choix plus simple mécaniquement que la traction intégrale du Luba 3 AWD, mais aussi nettement plus modeste : le GOAT plafonne à 50 % de pente (27°), là où Mammotion vise les 80 %.
Le dessus du robot rassemble l’essentiel des organes de perception et des commandes physiques. On y trouve d’abord le module LiDAR rotatif 360°, posé sous un dôme noir surélevé qui permet le balayage laser sur toute la périphérie, et qu’il faudra protéger d’un capuchon dédié à chaque entretien sous le robot.

Juste devant, l’écran de contrôle affiche niveau de batterie, progression et codes d’erreur, accompagné du clavier physique servant à saisir le code PIN antivol (obligatoire à chaque mise sous tension) et à lancer les commandes basiques (démarrer, mettre en pause, renvoyer à la station).

Au centre du capot trône l’incontournable bouton STOP rouge, large et facile à atteindre en cas de besoin. À l’avant, on retrouve la caméra IA frontale (champ horizontal de 150°, vertical de 80°), le LiDAR 3D-ToF solid-state, et un capteur de pluie, lequel arrête automatiquement la tonte en cas de précipitations.
Nota Bene : la face arrière abrite le logement de batterie et la poignée de transport intégrée à la coque. Cette poignée unique reste discrète mais permet de soulever la machine d’une main pour les manipulations courtes ; pour un déplacement prolongé, l’absence d’une seconde poignée latérale se fait clairement sentir comparé au Luba 3 AWD, qui en propose deux.
Le grand changement par rapport au A1600 RTK et à la plupart des concurrents se situe sur le flanc gauche : c’est là qu’Ecovacs a logé son module coupe-bordures TruEdge. Dissimulé sous une excroissance protégée par une brosse en caoutchouc (jouant le rôle de balai protecteur quand le module n’est pas en service), il abrite un trimmer à fil capable de se déployer pour tondre au plus près des bordures, jusqu’à environ 0 mm de la limite physique.

Nota Bene : ce module est vissé au flanc par 3 vis, à monter au déballage, et nécessite la clé Allen fournie. Si vous ne voulez pas du trimmer pour des raisons paysagères, il suffit en théorie de ne pas le monter, ou de désactiver la fonction TruEdge dans l’application.
Sous le châssis, on retrouve enfin le double disque de coupe typique de la série A, muni de 2 × 3 lames pivotantes (six lames au total) montées sur une structure à recouvrement partiel. Ce dispositif permet de couvrir une largeur de coupe utile de 33 cm (330 mm), avec un moteur de coupe de 100 W et une vitesse de rotation portée à 3 000 tr/min sur cette nouvelle génération, soit 33 % de plus que sur le GOAT G1 d’origine selon Ecovacs (2 250 tr/min).

Le réglage de la hauteur de coupe est entièrement électrique, depuis l’application, sur sept paliers de 30 à 90 mm par incréments d’1 cm.
Installation et connexion : enfin une vraie promesse de plug-and-mow ?
Sur le GOAT A1600 LiDAR PRO, l’installation est pensée pour aller à l’essentiel. Là où le Luba 3 AWD demande encore d’assembler les pare-chocs avant et latéraux, ainsi qu’un pare-pluie pour la station, Ecovacs s’en tient à un montage minimal qui tient en quelques minutes.


L’opération principale consiste à fixer le module coupe-bordures TruEdge sur le flanc gauche du robot avec ses trois vis (deux fournies en rechange, une préinstallée), à l’aide d’un tournevis cruciforme de type PH2.


On enchaîne avec la brosse de coupe-bordures à clipser, puis on retire le capuchon de protection du LiDAR rotatif, à conserver précieusement pour les opérations d’entretien à venir. Aucun pare-chocs additionnel à installer, aucune antenne RTK à dresser sur un piquet : la simplicité est le premier argument concret de cette mouture LiDAR PRO.


La station de charge se monte de la même manière, par emboîtement entre le montant et la base, jusqu’à entendre le clic de verrouillage. Ecovacs recommande de placer l’ensemble sur une surface plane, hors pente, dans un endroit dégagé, à proximité d’une prise électrique et avec un signal Wi-Fi 2,4 GHz suffisamment fort. La marque insiste aussi sur l’environnement immédiat : herbe maintenue inférieure à 6 cm autour de la station, espace dégagé d’au moins 2 mètres à l’avant pour faciliter l’amarrage, et environ 40 cm de chaque côté pour les manœuvres. Une fois la station positionnée, vous pouvez la fixer au sol avec les vis fournies.



L’appairage logiciel passe par l’application Ecovacs Home, à télécharger sur iOS ou Android. La logique est désormais bien rodée chez la marque, qui propose des écrans de mise en route pratiquement identiques entre robots aspirateurs, lave-vitres et tondeuses. La procédure exige d’abord d’activer le Bluetooth sur le téléphone, puis de scanner le QR code apposé sur le flanc du robot. L’application se charge ensuite de la liaison Bluetooth, suivie de la connexion Wi-Fi 2,4 GHz (le 5 GHz n’est pas pris en charge).

Comme sur le Luba 3 AWD, la mise à jour du firmware est la première étape obligatoire après l’appairage. Ecovacs recommande de la lancer immédiatement, robot connecté à la station, avec un réseau stable et l’application maintenue au premier plan. L’opération a duré un peu plus d’une dizaine de minutes.
Nota Bene : si la couverture Wi-Fi est trop faible (pour nous, elle s’est révélée bonne à plus de 40 m), Ecovacs propose en option le module cellulaire Pro 4G, vendu 149 € environ, à insérer dans le robot pour profiter d’une connexion mobile permanente. Pas de période d’essai par défaut, contrairement à un concurrent comme Anthbot, par exemple.
Après 20 minutes environ, nous n’avions plus qu’à laisser le robot en charge jusqu’à 100% avant de nous lancer dans la cartographie.
Application : une interface mature, claire et bien organisée
L’application Ecovacs Home profite ici de toute l’expérience accumulée par la marque sur ses gammes Deebot et Winbot, et la différence avec les éditeurs plus jeunes du segment se ressent dès la première prise en main. L’esthétique est sobre, presque institutionnelle : palette dominée par le blanc et les gris doux, accents verts pour les actions de tonte, accents bleus pour la coupe au trimmer, code couleur cohérent du début à la fin de l’expérience. La page d’accueil reste lisible malgré sa densité, avec sa carte 3D du jardin (rendu en relief des arbres, projection au sol, progression de la tonte en temps réel) qui se distingue clairement des cartes plates de la concurrence. L’arborescence mérite quant à elle d’être saluée : trois icônes en haut à droite (vidéo, carte, paramètres) suffisent à accéder à 80 % des réglages utiles, et chaque sous-menu reste à un ou deux clics de l’accueil.



Les fonctionnalités disponibles sont les suivantes :
Côté wording, la traduction française est globalement maîtrisée, à quelques tournures un peu lourdes près (« Prendre en charge le glisser-déposer, le maintien et le déplacement pour ajuster la ligne de division »). Les libellés sont dans l’ensemble explicites, et chaque option un peu technique est doublée d’une phrase pédagogique qui en clarifie l’effet réel, par exemple lors du choix d’un profil d’évitement d’obstacle ou d’un mode de coupe.



Les fonctionnalités encore en rodage comme l’adaptation aux chemins étroits (on y reviendra !) sont d’ailleurs honnêtement signalées comme telles dans une zone dédiée nommée Fonctionnalités de laboratoire, ce qui évite les mauvaises surprises. Bref, à l’inverse du sentiment d’arborescence laborieuse que nous avait laissé l’Anthbot M9, l’Ecovacs Home se laisse prendre en main rapidement, et même un utilisateur peu familier des objets connectés peut en exploiter l’essentiel en une demi-heure. Mais place à la cartographie !
Cartographie : un parcours guidé, intelligent et étonnamment souple
C’est sans doute le passage où l’application Ecovacs Home justifie le mieux sa réputation de maturité. L’utilisateur a le choix entre deux méthodes complémentaires : un mode Automatique (où le robot trace lui-même la limite) et un mode Manuel (où l’on télécommande le robot le long de la bordure souhaitée).



Nota Bene : lors de la cartographie, il faut tourner le robot avec le trimmer côté intérieur de la pelouse. C’est à la fois logique pour voir ce que l’on fait, et un peu étrange de ne pas voir par où passera exactement le rotofil…
Sur notre terrain de 155 m², en bande étroite avec quelques décrochements, la cartographie automatique s’est globalement bien débrouillée, identifiant la grande majorité des limites sans intervention. Reste qu’il faut tout de même rester à proximité, prêt à reprendre la main en cas d’écart : à plusieurs reprises, le robot a hésité sur des zones de transition entre l’herbe et un revêtement minéral, et le passage en mode manuel s’est imposé. À ce moment-là, le Bluetooth s’est montré sans latence perceptible, et la fluidité du joystick a permis de corriger sans frustration.



Nota Bene : la vitesse de progression du robot est volontairement contenue lors de la cartographie, gage de précision mais source d’impatience. C’est précisément ce qui pousse à reprendre la main fréquemment, d’autant que le passage Automatique ↔ Manuel se fait par simple appui sur l’icône dédiée, sans interruption ni rechargement de carte.
Une fois le contour fermé, on peut « Accéder à l’édition de la carte » ou ‘Accéder à la tonte‘. L’écran Modifier la carte propose quatre familles d’actions accessibles par onglets :
La logique est cohérente, et le découpage onglet par onglet évite l’écueil typique d’un panneau d’édition surchargé.



Initialement, nous voulions découper notre terrain en deux zones distinctes, l’une pour la grande bande centrale, l’autre pour les passages étroits qui supportent mal les allers-retours en largeur. C’est ici qu’Ecovacs nous a surpris. Dans les paramètres laboratoire, l’option Adapter aux chemins étroits détecte automatiquement les passages exigus et inverse le sens de tonte pour suivre le bord le plus long, sans qu’on ait à diviser la carte manuellement. Dit autrement, le robot optimise lui-même sa trajectoire dans les couloirs où des allers-retours seraient improductifs. Le résultat est immédiatement visible dans la vue de tonte : le motif de coupe change naturellement de direction au franchissement d’un goulet, sans intervention humaine.
Nota Bene : si l’on souhaite malgré tout segmenter manuellement, l’outil Diviser propose deux méthodes complémentaires : Tracer une ligne de démarcation (au doigt directement sur la carte) ou Contrôlez GOAT pour diviser (en faisant longer au robot la ligne de coupe souhaitée).
Détail particulièrement appréciable, l’application permet aussi de supprimer et de replacer la station de charge sur la carte sans avoir à recommencer toute la cartographie. Mieux encore, un simple déplacement physique de quelques centimètres (entre 0 et 20 cm environ) n’a pas perturbé le robot, qui s’est réamarré sans broncher et a conservé sa cartographie intacte. Cela peut paraître anecdotique, mais c’est précisément le point sur lequel l’Anthbot M9 s’était fait épingler dans notre précédent test : un repositionnement de la station à 50 cm près suffisait à perdre la machine, et l’absence d’option « mise à jour de l’emplacement de la station » obligeait alors à supprimer la carte et à tout reprendre de zéro. Ecovacs montre ici une vraie tolérance à la vie réelle d’un jardin, où l’on peut être amené à désinstaller la station pour passer la débroussailleuse, l’hiverner, ou simplement la remettre droite après un coup de tondeuse maladroit.



La gestion des zones interdites mérite enfin un mot. Ecovacs propose une typologie détaillée de la zone à éviter, avec deux familles distinctes : les zones accessibles (où le robot traversera mais désactivera son système de coupe, utile pour une route pavée ou un chemin de dalles) et les zones interdites à proprement parler (que le robot contournera systématiquement). Cette dernière catégorie se subdivise elle-même en huit profils explicites accompagnés d’icônes : Par défaut, Risques de chute (piscine), Équipements de loisir (trampoline), Pentes, Plantes de grande taille, Pierres de rocaille, Mobilier de jardin, Parterres de fleurs. Le choix du profil n’est pas qu’esthétique : il influence la stratégie d’évitement du robot. Sur notre terrain, deux zones interdites de type Plantes de grande taille ont été tracées manuellement en moins de trente secondes.



L’ensemble du processus, depuis le démarrage de la détection jusqu’à la fermeture de la carte avec ses zones interdites configurées, nous a pris environ quinze minutes sur notre parcelle. C’est, à ce stade du test, l’un des passages les plus convaincants de cette machine.
Navigation : un trio de capteurs qui voient en relief
Sur le GOAT A1600 LiDAR PRO, Ecovacs marie trois capteurs qui se relaient pour offrir au robot une perception complète de son environnement. Le premier, le LiDAR rotatif 360°, est ce dôme noir surélevé sur le dessus de la machine. Il balaie en continu un faisceau laser tout autour du robot et reconstruit en temps réel une carte tridimensionnelle de la pelouse, avec une précision de 2 cm. Étant insensible à la lumière, il fonctionne aussi bien de jour que de nuit.

Le deuxième, le LiDAR 3D-ToF placé à l’avant, mesure la distance aux obstacles proches grâce au temps de vol d’une impulsion laser, ce qui permet à la machine de stopper à seulement 5 cm d’un objet sans contact. Enfin, la caméra IA frontale ne mesure pas, elle reconnaît : meubles, jouets, hérissons, tuyaux d’arrosage… Plus de 200 types d’obstacles identifiés, pour adapter la réaction selon leur nature. Ces trois flux fusionnent en permanence, sans hiérarchie : si l’un faiblit (caméra de nuit, par exemple), les autres prennent le relais.
Comportement sur le terrain : sage, méthodique, perfectible sur quelques détails
Sur notre parcelle de 155 m², le GOAT A1600 LiDAR PRO s’est globalement très bien comporté, avec une lecture de l’environnement à la fois fluide et précise, qui justifie pleinement son trio de capteurs. La promesse du HoloScope 360 se vérifie dans les déplacements : trajectoire en ligne droite tenue sur toute la longueur, virages négociés sans flottement, allure mesurée mais constante.
Premier constat, l’option Adapter aux chemins étroits, évoquée plus haut dans la section cartographie, a effectivement basculé son sens de tonte dans les passages les plus exigus de notre terrain. Un vrai bon point pour qui veut éviter de devoir multiplier les zones manuellement. Pour autant, le découpage automatique s’est révélé un peu moins optimal qu’une segmentation faite à la main : on devine que l’algorithme prend ses décisions sur la base d’un calcul global qui privilégie la simplicité plutôt que l’optimisation pointue. Rien de rédhibitoire (l’écart de couverture reste marginal), mais on comprend rapidement que la fonction est encore en phase de calage, et qu’un utilisateur exigeant continuera de préférer un zonage manuel pour des terrains très découpés.
Nota Bene : sur le Mammotion Luba 3 AWD, un mode dédié de conservation de la pelouse module la trajectoire pour limiter le tassement aux mêmes endroits sur la durée. Le GOAT ne propose pas d’équivalent : il enchaîne ses allers-retours classiques selon l’angle programmé, ce qui peut, à la longue, favoriser l’apparition de marques d’usure dans les zones très fréquentées. L’option Changer la direction de la tonte chaque semaine compense partiellement le phénomène, mais sans la finesse algorithmique d’un Luba.
Sur la gestion des obstacles, la machine se montre dans l’ensemble très prudente, à la limite parfois du conservatisme. Notre banc de jardin de type pique-nique en a été l’illustration la plus parlante : alors que la hauteur sous l’assise permettait largement le passage du robot (qui plafonne à 34 cm), le GOAT s’est systématiquement abstenu d’aventurer sa coque sous le mobilier, contrairement à plusieurs concurrents qui n’avaient pas eu cette retenue lors de nos tests précédents. Ainsi, la vigilance face aux objets (jouets, faune, accessoires de jardin) est à remanier.
La mécanique s’est quant à elle montrée à la hauteur, malgré le gabarit ramassé mais lourd de la machine (680 mm de long, 17,8 kg). Les petites pentes terreuses sèches et le léger nid-de-poule présents sur notre terrain n’ont posé aucun problème : le robot s’est soit tracé un chemin droit, soit a contourné la zone d’un mouvement souple, sans hésitation visible. Sa propulsion sur les deux roues arrière crantées s’avère parfaitement adaptée à ce type de terrain de résidence, et l’on comprend pourquoi Ecovacs a fait l’économie d’une traction intégrale plus complexe : pour un usage périurbain, c’est largement suffisant.
Nota Bene : la limite de cette propulsion se révèle, comme attendu, sur les terrains très escarpés. Labomaison le confirme dans son test : « ce modèle à propulsion avouera ses limites sur les terrains très escarpés, là où des modèles AWD passent partout ». Sur notre terrain plat à légèrement vallonné, la question ne s’est jamais posée. Mais pour une parcelle en forte pente ou à dénivelés marqués, le Luba 3 AWD restera plus indiqué.
Côté bordures, le robot a globalement bien suivi les contours définis dans la cartographie, en partant logiquement dans le sens inverse de sa trajectoire au moment de la cartographie. Une exception notable : un virage pris très large entre deux cloisons en bois de 50 cm de haut, où la machine s’est ouvert un rayon de braquage manifestement disproportionné par rapport à la place disponible.
Difficile de dire si le LiDAR a interprété les cloisons comme plus rapprochées qu’elles ne l’étaient, ou si l’algorithme a simplement préféré une marge de sécurité confortable sur cette portion. Typiquement le genre de détail qu’une mise à jour firmware devrait pouvoir résoudre.
Nota Bene : pour la détection de présence, le robot stoppe instantanément le rotofil dès qu’un humain ou un animal entre dans son champ de perception. En revanche, cela peut arriver à plus d’1 m 50 de distance (valeur de la consigne). En outre, il continue d’avancer vers la zone, ce qui peut conduire à un saut de couverture si l’on s’approche pendant un cycle. Si l’on veut une pause stricte, l’option Contournement de coupe intelligent est préférable.
On peut donc aisément se convaincre que la navigation du GOAT A1600 LiDAR PRO se révèle mature et fiable sur l’essentiel, avec quelques petites approximations qui rappellent que la fusion multi-capteurs est encore une discipline jeune. La machine donne le sentiment d’un robot bien élevé, plus enclin à la prudence qu’à l’audace, ce qui rassure dans un environnement résidentiel mais peut frustrer ceux qui souhaitaient une couverture vraiment exhaustive. Reste qu’à ce niveau de prix et dans cette catégorie, c’est un excellent compromis, qui se bonifiera probablement encore avec les futures mises à jour OTA.
Coupe et bordures : un compromis intéressant, des automatismes encore en rodage
Sur la qualité de coupe pure, le GOAT A1600 LiDAR PRO ne livre pas le résultat le plus net du marché après un seul passage. L’herbe est coupée, certes, mais le rendu visuel reste légèrement irrégulier, particulièrement lorsque la pelouse n’a pas été entretenue régulièrement. À sa décharge, le robot encaisse sans broncher des hauteurs d’herbe pouvant atteindre 20 cm avant qu’il n’arrive à sa butée mécanique haute (la hauteur de coupe maximale étant de 9 cm), ce qui est plutôt rassurant pour qui voudrait remettre en service le robot après une absence prolongée. En revanche, pour obtenir une finition vraiment soignée sur l’aire de tonte, plusieurs passages sont nécessaires si l’herbe a pris un peu d’avance.

Sur herbe humide, les performances baissent logiquement, comme sur la grande majorité des robots-tondeuses du marché, mais elles ne s’effondrent pas. Le robot continue d’avancer, le double disque continue de couper, et le résultat final reste exploitable. À ce titre, on note un bon point intéressant par rapport au Mammotion Luba 3 AWD, pourtant lui aussi équipé d’une architecture à double disque : là où le Luba laissait apparaître des traînées d’herbes coupées s’accumulant en longueur sur la pelouse, le GOAT répartit la matière coupée plus uniformément au sol. Difficile d’attribuer ce résultat à un seul facteur (vitesse de rotation portée à 3 000 tr/min, légère différence de géométrie des disques, écart de vitesse d’avance), mais c’est un constat visuel qui se vérifie après chaque cycle.
Nota Bene : pour qui souhaite différencier la hauteur de coupe selon les zones du jardin (par exemple plus court près de la terrasse, plus long ailleurs), il suffit de diviser la carte en plusieurs zones via l’éditeur dédié. L’opération se fait en quelques secondes, comme nous l’avions vu dans la section cartographie, et chaque zone récupère ensuite ses propres paramètres de tonte (vitesse, hauteur, sens, sensibilité d’évitement).
Côté finition des bordures, le TruEdge tient en grande partie sa promesse : équipé d’un fil de coupe extensible sur le flanc gauche du robot, il rase effectivement les bordures jusqu’à environ 0 mm de la limite physique, là où la concurrence laisse classiquement une bande de 5 à 10 cm non tondue. Le résultat se voit immédiatement : plus aucune trace de touffe oubliée le long des limites.
Reste que la qualité du résultat dépend très directement de la qualité du virage que le robot opère pour suivre la bordure. Or, comme nous l’avons relevé dans la section navigation, le GOAT A1600 LiDAR PRO prend parfois ses virages un peu trop large, particulièrement entre deux cloisons rapprochées. Dans ces zones, le trimmer n’arrive tout simplement pas assez près de la limite pour faire son office, et le résultat final s’en ressent.
Nota Bene : la hauteur du trimmer n’est pas paramétrable.
Pour pallier ce problème, deux solutions se présentent. La première consiste à retravailler la cartographie des bordures dans le Mode Edge de l’application, et c’est ici que la documentation Ecovacs gagnerait à être plus pédagogique.



Le menu propose en effet deux options dont les libellés ne sont pas immédiatement parlants, ce qui peut désorienter l’utilisateur :
- Configurer la limite adaptative : cette option permet de redessiner au doigt, directement sur la carte, le tracé de la limite que le robot doit suivre lors de sa tonte classique. Elle sert à corriger les imperfections de la cartographie automatique (par exemple lorsque le robot a tracé une frontière un peu trop large ou trop éloignée du bord réel). C’est une correction de la limite de tonte principale, pas du trimmer.
- Marquer les limites de coupe : cette option, en revanche, sert à désigner précisément les segments où le trimmer TruEdge doit intervenir. On sélectionne manuellement les portions de bordure (mur, clôture, allée) où l’on veut que le coupe-bordures se déclenche. Ces segments seront ensuite traités via l’onglet Coupe de l’écran principal, distinct de l’onglet Tonte.
La seconde solution consiste à reprendre la main en tonte téléguidée depuis l’application, en activant manuellement le système de coupe (lames principales ou trimmer, au choix) et en pilotant le robot au joystick le long de la zone à reprendre. Sur le principe, la fonction est très bien pensée : elle permet de finir proprement un coin difficile sans relancer un cycle complet. À l’usage, en revanche, nous avons observé une stabilité Bluetooth plus capricieuse que pendant la phase de cartographie.



Le signal a parfois faibli, déclenchant des pop-ups « Signal Bluetooth faible. Veuillez vous rapprocher de GOAT », alors même que le téléphone restait à la distance recommandée de 6 mètres. C’est un peu frustrant, parce que la fonction est précisément celle où l’on a besoin de la plus grande fluidité.
Niveau sonore : raisonnable en tonte, plus envahissant en bordures
Sur la tonte classique, le GOAT A1600 LiDAR PRO se comporte sensiblement comme son cousin le O1200 LiDAR PRO que nous avions testé récemment. À un mètre de la machine, on relève 67 dB(A) lorsque l’herbe est rase et que les disques tournent à vide, et environ 70 dB(A) quand la coupe se densifie sur des brins plus drus. Ce sont des valeurs très acceptables pour un robot de ce gabarit, qui restent en deçà du seuil d’inconfort acoustique d’un jardin résidentiel et se fondent assez bien dans l’ambiance ambiante. Les roues ne génèrent pas de bruit particulièrement gênant : pas de claquements sur sol dur, pas de crissement notable sur le gazon, ce qui reste cohérent avec une mécanique de propulsion assez classique mais bien réglée.
Nota Bene : pour les utilisateurs sensibles au bavardage de la machine, l’application Ecovacs Home permet de modifier le volume des annonces vocales depuis les paramètres de notifications sonores, et même de changer la langue de la voix.
Le trimmer TruEdge, en revanche, change radicalement la donne. Lorsqu’il s’active pour la finition des bordures, le niveau sonore grimpe sensiblement : nous avons constaté des pointes proches de 85 dB(A) au plus près du fil en rotation. C’est l’ordre de grandeur d’un coupe-bordures portatif thermique. Si l’on bascule en mode télécommandé pour reprendre une finition manuelle, mieux vaut envisager le port d’un casque anti-bruit ou de bouchons d’oreille, surtout si l’on doit suivre le robot de près sur plusieurs minutes.
Nota Bene : pour limiter cette pollution sonore au quotidien, l’astuce consiste à bien exploiter l’option Marquer les limites de coupe dont nous parlions dans la section précédente. En délimitant précisément les segments où le trimmer doit intervenir, on évite que le robot ne déclenche son rotofil en dehors des zones réellement utiles.
L’alarme antivol mérite enfin une mention. Celle-ci se déclenche en cas de soulèvement non autorisé ou de sortie de la zone cartographiée, et nous avons mesuré environ 79 dB(A) lors d’un test de soulèvement. C’est suffisant pour alerter à proximité immédiate sans pour autant se transformer en sirène stridente. Au-delà de cent mètres, en revanche, l’alerte sonore devient inaudible. Mieux vaut donc compter sur la notification push de l’application pour détecter une intrusion à distance, à condition d’avoir activé la connexion 4G via le module optionnel.
Autonomie et couverture : la promesse des 1 600 m² au crible des chiffres réels
Sur le GOAT A1600 LiDAR PRO, la gestion de l’énergie suit une logique simple, mais peu paramétrable : le robot retourne automatiquement à sa station dès que sa batterie passe sous le seuil de 15 %, et il reprend son cycle une fois remonté à environ 85 %. Aucune option de l’application ne permet de modifier ces seuils, à la différence d’un Mammotion Luba 3 AWD qui laisse l’utilisateur ajuster ces points de bascule.
Nota Bene : ce comportement de recharge partielle (de 15 à 85 % plutôt que de 0 à 100 %) est précieux pour la longévité de la batterie. Les cellules lithium-ion se dégradent moins vite lorsqu’on les maintient dans une plage médiane, plutôt qu’en les sollicitant entre les extrêmes. Ecovacs annonce d’ailleurs plus de 1 000 cycles avec plus de 70 % de capacité résiduelle après ces 1 000 charges, ce qui devrait garantir une durée de vie de plusieurs saisons sans remplacement.
Côté mesures de charge, nous avons relevé 53 minutes pour passer de 15 à 100 %, et 40 minutes pour atteindre 85 %. Ces chiffres collent à la promesse marketing d’une recharge en 50 minutes environ, et placent le GOAT A1600 LiDAR PRO parmi les modèles les plus rapides à remettre au travail. À titre de comparaison, le Luba 3 AWD demande environ 90 minutes pour une charge équivalente, et l’Anthbot M9 plafonne à 142 minutes constatées dans notre test. Le bloc d’alimentation 113,4 W fait clairement la différence ici.



Côté performances de tonte, notre mesure terrain est plus parlante. À sa vitesse maximale de 0,7 m/s, le GOAT A1600 LiDAR PRO a couvert 159 m² en 60 minutes de tonte effective, soit un rendement réel de l’ordre de 160 m²/h sur un terrain ponctué d’obstacles à contourner. Il faut toutefois préciser que cette tonte s’est déroulée en deux temps, le robot ayant regagné sa station après 48 minutes d’activité pour une recharge intermédiaire, avant de repartir pour finir le travail en 12 minutes supplémentaires. Pour le trimmer TruEdge en mode coupe-bordure, le rendement est logiquement plus modeste : 14 m² en 12 minutes, soit environ 70 m²/h, ce qui reste cohérent avec une tâche de finition lente par nature.
Il y a un écart manifeste avec les 400 m²/h annoncés par Ecovacs sur sa fiche commerciale. Ce chiffre constructeur correspond à des conditions de laboratoire (« Données du laboratoire ECOVACS »), c’est-à-dire un terrain parfaitement plat, dégagé, sans obstacles, avec un parcours rectiligne optimisé. Difficile, en conditions réelles, d’approcher cette valeur, et il vaut mieux raisonner sur un rendement effectif compris entre 150 et 180 m²/h pour une parcelle résidentielle moyenne. Cela ramène le rendement utile, recharge comprise, à environ 88 m²/h, ce qui reste très honnête pour un robot de cette catégorie, surtout comparé aux 38 m²/h mesurés sur l’Anthbot M9 dans des conditions équivalentes.



Pour vérifier la promesse des 1 600 m² recommandés, prolongeons l’exercice. Sur une journée d’été exploitable de 14 heures (de 8 h à 22 h, hors créneaux de pluie ou de présence humaine), le robot peut théoriquement enchaîner près de 9 cycles complets, pour une couverture maximale d’environ 1 230 m². Sur une journée plus courte de 8 heures (typique d’un automne avancé ou d’un hiver doux), on tombe à environ 700 m². Pour véritablement entretenir les 1 600 m² annoncés, il faut donc compter sur une journée d’été et demie, ou environ deux journées et demie d’arrière-saison, en supposant que le robot tourne sans interruption majeure.
Nota Bene : la planification hebdomadaire d’Ecovacs Home n’autorise pas un enchaînement brut de cycles sur une seule journée. Le mode rattrapage permet en revanche de reprendre une tâche interrompue lors du créneau suivant, ce qui rapproche la réalité d’usage de cette extrapolation, sans toutefois la garantir.
Sécurité : un dispositif complet
Sur le GOAT A1600 LiDAR PRO, Ecovacs déploie un dispositif de sécurité à plusieurs niveaux, qui couvre à la fois la protection du robot (vol, déplacement non autorisé), la sécurité physique (lames, soulèvement, capteur de pluie) et la sécurité des tiers (humains, animaux, enfants à proximité). Premier rempart, le code PIN à quatre chiffres, à saisir directement sur le clavier physique du robot à chaque mise sous tension. Réglé sur 0000 par défaut, il doit impérativement être modifié dès le premier appairage via l’application. Trois saisies erronées suspendent l’accès pour une heure entière, ce qui décourage les tentatives par force brute.
Nota Bene : la documentation Ecovacs précise que le code PIN est lié au compte utilisateur sur l’application Ecovacs Home. Si l’on l’oublie, il faut passer par la fonction de récupération de l’app, qui demande la confirmation de l’identité par e-mail.
Mécaniquement, le robot intègre les sécurités habituelles d’un bon modèle de sa catégorie. Les deux disques de coupe sont équipés de lames pivotantes plutôt que rigides, ce qui limite considérablement les risques en cas de choc avec un obstacle imprévu. Le robot dispose également d’un capteur de soulèvement et d’inclinaison qui coupe instantanément le système de coupe dès que les roues quittent le sol ou que le châssis dépasse un certain angle. Notons en revanche l’absence de clé de sécurité amovible, à la différence du Mammotion Luba 3 AWD.



Quant à la reconnaissance IA, elle est activable et désactivable depuis les paramètres laboratoire de l’application. Elle reste active de jour comme de nuit sur les LiDAR (qui n’ont pas besoin de lumière), mais la caméra IA, elle, n’est exploitée qu’avec un éclairage suffisant. Pour une tonte nocturne avec présence d’animaux dans le jardin, mieux vaut donc soit limiter les créneaux nocturnes, soit s’assurer que la zone reste éclairée par les éclairages extérieurs. Également, le capteur de pluie intégré assure une fonction de sécurité indirecte mais utile : il déclenche le retour automatique à la station dès la première détection de précipitations, et impose un délai de reprise paramétrable de 2 à 5 heures après l’arrêt de la pluie, le temps que la pelouse sèche. Cela protège à la fois les composants du robot (humidité dans les capteurs malgré l’IPX6) et la qualité de la tonte.
Côté antivol, le dispositif repose sur trois mécanismes complémentaires. D’abord, un verrouillage automatique s’active lorsque le robot sort de sa zone cartographiée. Ensuite, l’alarme sonore d’environ 79 dB(A) est suffisante pour alerter à proximité immédiate sans pour autant constituer une sirène stridente.
Nota Bene : lorsque nous avons activé l’alarme, nous n’avons pas su tout de suite comment l’éteindre. Il semble que replacer manuellement le robot dans son dock soit la solution la plus fiable.
Enfin, une notification push sur l’application en cas de déplacement hors zone, à condition d’avoir activé la connexion 4G via le module Ecovacs Pro 4G vendu 149 € en option. Sans ce module, l’alerte à distance n’est tout simplement pas opérante : le robot ne dispose ni d’un GPS autonome de secours, ni d’une carte SIM intégrée d’origine, comme c’est le cas sur le Luba 3 AWD où le 4G est inclus avec trois ans de service offerts.
Entretien : un suivi logiciel exemplaire, des gestes simples mais multiples
Sur la routine quotidienne, le GOAT A1600 LiDAR PRO ne demande pas plus d’attention qu’un robot-tondeuse classique. Ecovacs recommande un nettoyage hebdomadaire (le robot est lavable au tuyau d’arrosage à basse pression grâce à son indice IPX6) des lames et du carter, ainsi qu’une vérification mensuelle de l’état des arêtes (si l’herbe s’effiloche en bout de coupe au lieu d’être franchement sectionnée, c’est que les lames ont perdu leur tranchant et qu’il faut les retourner ou les remplacer). Pour intervenir sur les lames, il faut éteindre le robot via l’interrupteur principal, le retourner délicatement sur une surface souple (en ayant pris soin d’installer le capuchon de protection sur le LiDAR rotatif), puis dévisser le disque avec la clé Allen fournie.

Nota Bene : avant chaque retournement du robot pour entretien, le manuel insiste sur la nécessité de placer le capuchon de protection sur le LiDAR rotatif, le dôme noir surélevé du dessus étant particulièrement exposé aux rayures lors d’une manipulation prolongée.
Le module TruEdge ajoute cependant une dimension d’entretien supplémentaire que les concurrents sans coupe-bordures n’imposent pas. Trois opérations spécifiques s’ajoutent à la routine standard : le remplacement périodique du fil de coupe (qui s’use plus rapidement que les lames principales, surtout au contact des murs et des clôtures), le contrôle de la brosse latérale (qui protège la coque des projections d’herbe pendant la coupe des bordures, et qui peut se déformer ou se charger en débris), et le nettoyage régulier de la structure du trimmer elle-même, où des brins d’herbe humide peuvent venir s’accumuler. Pour le remplacement du fil de coupe, le manuel prévoit un mode maintenance dédié (pression longue de 5 secondes sur la touche OK) qui ouvre l’accès au carter du module TruEdge : il suffit ensuite de dévisser le couvercle, de remplacer la bobine, puis de laisser dépasser 3 à 5 cm de fil avant de refermer.



Dans l’application Ecovacs Home, l’écran Entretien suit en continu l’usure de trois consommables : les lames principales (mesurées en heures restantes), le fil de coupe du trimmer (mesuré en nombre de cycles restants), et la brosse de coupe-bordures. Chaque consommable dispose d’un écran de détail avec un bouton Acheter qui renvoie vers la boutique Ecovacs intégrée, et un bouton Remplacé qui réinitialise le compteur après l’intervention.
Nota Bene : pour donner un ordre de grandeur, la durée de vie nominale annoncée par Ecovacs est d’environ 2 mois pour la brosse de coupe-bordures, avec une notification automatique envoyée à l’approche de la fin. Le fil de coupe, lui, dépend largement du nombre de mètres de bordures parcourus par cycle, et de la nature des obstacles.
L’hivernage est lui aussi documenté de façon plus complète qu’on ne le voit habituellement sur le segment, avec un Guide d’entretien saisonnier intégré à l’application qui propose deux onglets distincts (Hiver et Printemps), illustrés de visuels et de gestes précis. Pour la mise au repos, Ecovacs recommande de charger la batterie à 100 % avant extinction, de mettre le robot hors tension par pression longue sur la touche OK pendant 3 secondes, de placer la machine à l’intérieur dans un endroit sec, frais et hors gel, puis de protéger les connecteurs de la station restée à l’extérieur. Pour le redémarrage de printemps, il s’agira de tout réinstaller et de vérifier que la connexion à l’application fonctionne correctement avant de relancer une cartographie ou de s’assurer que la précédente est toujours valide.



Nota Bene : Ecovacs précise que la station de charge peut rester dehors toute l’année (IPX4), à condition d’être posée sur une surface drainante pour éviter la stagnation d’eau. En revanche, le robot lui-même ne doit jamais être stocké en extérieur en hiver, l’exposition prolongée à des températures inférieures à -20 °C ou supérieures à 75 °C étant proscrite par la documentation.
Quelques recommandations spécifiques complètent enfin la routine : ne jamais utiliser de nettoyeur haute pression (l’eau peut pénétrer les joints et endommager les composants électroniques, malgré l’IPX6), proscrire les sprays de nettoyage et détergents, et toujours porter des gants lors des interventions près des lames. Le capteur de pluie, exposé en façade, mérite quant à lui un essuyage régulier au chiffon sec pour conserver sa sensibilité ; un capteur encrassé peut soit déclencher des retours à la station injustifiés, soit au contraire ne plus détecter la pluie.
Accessoires et consommables : un écosystème mesuré, accessible et bien intégré
L’écosystème d’accessoires et de pièces détachées du GOAT A1600 LiDAR PRO reste volontairement contenu, sans dispersion inutile. Là où certaines marques multiplient les références secondaires (capteurs, modules d’extension, multiples versions de garages), Ecovacs s’en tient à l’essentiel : ce qui sert à l’entretien courant, à l’extension de fonctionnalités, et à la protection saisonnière. Bonne nouvelle : la quasi-totalité de cet écosystème est accessible directement depuis l’application Ecovacs Home, via la rubrique Acheter un kit d’accessoires, avec affichage du prix en euros et ajout au panier en deux clics.



Voici l’inventaire complet des consommables et accessoires officiellement compatibles avec le GOAT A1600 LiDAR PRO, vérifiés sur la boutique Ecovacs France :
Nota Bene : le Care Kit (60 lames + 60 vis + 4 fils de coupe + 2 capots de fil) n’est pas un accessoire vendu séparément mais une édition exclusive du robot lui-même, proposée par Ecovacs à un tarif légèrement supérieur à la version standard (1 599 € contre 1 499 €) et qui inclut d’origine de quoi tenir une saison complète sans rachat.
À partir de ces tarifs, on peut estimer le coût d’usage annuel et sur cinq ans selon deux scénarios représentatifs : un terrain résidentiel typique de 300 m² entretenu en routine, et un grand terrain de 1 200 m² exploité plus intensivement avec utilisation régulière du trimmer.
| Scénario | Hypothèses retenues | Coût sur 1 an | Coût sur 5 ans |
|---|---|---|---|
| Terrain 300 m² – usage modéré | 1 kit de lames/an + 1 fil de coupe/an | 30 € | 150 € |
| Terrain 1 200 m² – usage intensif | Care Kit (+100 € à l’achat) + reprise au tarif standard + 3 brosses/an + Garage A/O + Module 4G | 416 € | 999,99 € |
Position face à la concurrence : trois alternatives sérieuses
Avec son prix public de 1 499 € (et un prix constaté à partir de 1 299 € chez Darty), le GOAT A1600 LiDAR PRO s’inscrit sur un segment particulièrement disputé : celui des robots-tondeuses sans fil périphérique pour terrains de 1 000 à 1 800 m², équipés d’une navigation laser, et vendus entre 1 200 et 2 000 €. Trois concurrents méritent qu’on s’y attarde, chacun défendant une philosophie distincte.

Premier concurrent direct, le Segway Navimow i215 LiDAR, vendu 1 399 € au catalogue (et 1 199 € lors des French Days en cours, garage M offert). Issu d’une marque (adossée au géant Ninebot) qui vient tout juste de franchir le cap du million d’unités produites, ce modèle joue exactement la même partition : 1 500 m² recommandés, LiDAR semi-conducteurs (200 000 points/seconde) couplé à de la vision IA, propulsion arrière, pentes jusqu’à 45 %, cartographie automatique sans antenne. En revanche, avec sa largeur de coupe plus modeste (18 cm contre 33 cm pour Ecovacs), Segway privilégie la légèreté et la maniabilité, Ecovacs la productivité sur grande surface. La grosse différence pratique se joue sur la finition des bordures : le i215 LiDAR mise sur sa fonction EdgeSense Ride-on, qui rapproche le robot du bord sans toutefois atteindre les 0 mm permis par le TruEdge d’Ecovacs.
Le deuxième concurrent, plus surprenant, est le Dreame A1 Pro, vendu 1 599 € au catalogue (mais souvent disponible à 899 € en promotion saisonnière). Avec ses 1 500 m² recommandés (jusqu’à 2 000 m² en théorie), sa navigation LiDAR 3D sans antenne RTK, son système OmniSense et son moteur particulièrement silencieux (inférieur à 55 dB mesuré par Labomaison), c’est un robot équilibré qui mise davantage sur le confort acoustique et la simplicité que sur la performance brute. Sa largeur de coupe de 22 cm reste modeste, et il ne dispose pas non plus de coupe-bordures actif, ce qui le place dans la même limite que le Segway face au TruEdge d’Ecovacs. En revanche, sa discrétion sonore et sa simplicité d’usage sont régulièrement saluées par la presse spécialisée. Pour qui cherche un robot tondeuse passe-partout sur un budget intermédiaire, c’est une alternative honnête.
Le troisième concurrent, le Mammotion Luba 3 AWD 1500, vendu 1 999 € sur Amazon, change de catégorie technique. 1 500 m² recommandés (jusqu’à 1 800 m² en théorie), transmission intégrale 4 roues motrices (AWD) capable de franchir des pentes jusqu’à 80 %, navigation Tri-Fusion (LiDAR 360° + NetRTK + double caméra IA), largeur de coupe de 40 cm (12 lames sur deux disques) : sur le papier, c’est un cran technique au-dessus du GOAT A1600 LiDAR PRO, et le prix le reflète. Mais cette puissance sert à des usages que le GOAT n’adresse pas : terrains pentus, passages techniques, grandes surfaces complexes. Pour un terrain plat à modérément vallonné comme le nôtre, l’AWD est inutile et alourdit la machine, qui pèse ses 19 kg. À l’inverse, le Luba 3 AWD ne dispose pas d’un coupe-bordures équivalent au TruEdge, ce qui laisse subsister une bande non tondue de quelques centimètres sur les limites. Comme nous l’avions précédemment souligné, il s’adresse donc à un profil d’utilisateur radicalement différent : grands jardins accidentés, où la priorité va à la motricité plutôt qu’à la finition des bordures.
| Modèle | Prix catalogue | Surface max. | Navigation | Pentes | Largeur de coupe | Coupe-bordures actif |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Ecovacs GOAT A1600 LiDAR PRO | 1 499 € | 1 600 m² | LiDAR 360° + 3D-ToF + IA | 50 % | 33 cm | Oui (TruEdge 0 mm) |
| Segway Navimow i215 LiDAR | 1 399 € | 1 500 m² | LiDAR + Vision | 45 % | 18 cm | Non (EdgeSense uniquement) |
| Dreame A1 Pro | 1 599 € | 1 500 m² | LiDAR 3D OmniSense | 45 % | 22 cm | Non |
| Mammotion Luba 3 AWD 1500 | 1 999 € | 1 500 m² | LiDAR + NetRTK + Vision | 80 % | 40 cm | Non |
Le choix dépendra donc largement du profil de jardin :
- Jardin plat à modérément vallonné, avec des bordures soignées : GOAT A1600 LiDAR PRO, sans hésitation, pour son TruEdge unique sur ce segment de prix.
- Jardin pentu ou très accidenté : Mammotion Luba 3 AWD 1500, dont l’AWD compense l’absence de coupe-bordures.
- Jardin urbain ou résidentiel sensible au bruit : Dreame A1 Pro, particulièrement silencieux.
- Budget contenu, terrain plat de taille moyenne : Segway Navimow i215 LiDAR, surtout en promotion.
Le GOAT A1600 LiDAR PRO rend une copie nette à bien des égards : l'application n'est pas la plus généreuse esthétiquement, mais elle offre une prise en main rapide pour un degré de personnalisation relativement avancé. Le design "haricot blanc" ne plaira pas à tout le monde, mais le travail est sérieux : trimmer tout à fait exploitable, coupe rapide, recharge en moins d'une heure, suivi logiciel des consommables remarquable et guide d'entretien saisonnier intégré sont au rendez-vous pour vous garantir une jolie pelouse. Quelques limites subsistent : le rendement réel plafonne à 160 m²/h en tonte pure (loin des 400 m²/h annoncés), l'antivol reste conditionné à l'achat du module 4G optionnel et le gabarit ramassé mais lourd (17,8 kg) limite l'usage sur terrains très accidentés où un AWD reste préférable. Faites le tour du jardin avant d'y faire évoluer cet appareil, dont le prix a le mérite d'être tout à fait décent pour la qualité observée ici.
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Installation et prise en main
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Application & fonctionnalités connectées
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Navigation & intelligence embarquée
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Qualité de tonte
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Autonomie & recharge
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Silence & discrétion
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Entretien & maintenance
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