À 2 299 €, le GOAT A3000 LiDAR PRO joue dans la cour du Mammotion LUBA 3 AWD et du Segway Navimow X4. Coupe-bordure TruEdge intégré, navigation Double-LiDAR sans RTK, 3 000 m² annoncés : sur le papier, le grand frère du A1600 a tout d’un poids lourd. Mais entre les 400 m²/h promis et la réalité d’un cycle complet, l’écart est réel (et 800 € de plus qu’un A1600 quasi identique, ça se justifie). Voici ce que notre terrain de 220 m² nous a appris.
Chez Ecovacs, le développement de la gamme robot-tondeuse va vite. Lancée fin 2022 avec le GOAT G1, commercialisée en Europe en avril 2023, la marque a enchaîné avec le GX-600 au CES 2024, la série O courant 2024, la série A en 2025, puis le passage généralisé au LiDAR PRO sur 2026, qui marque le tournant définitif vers l’abandon du RTK pour la cartographie. Au sein de cette mue, le GOAT A3000 LiDAR PRO occupe une position bien particulière : c’est le modèle le plus sophistiqué de la gamme, celui qui doit incarner toute l’ambition technique de la marque face à des concurrents qui ne se laissent pas faire (Mammotion LUBA 3 AWD, Segway Navimow X4, Dreame A3 AWD Pro). Lors de notre test du GOAT A1600 LiDAR PRO, nous avions été convaincus par la maturité de l’écosystème Ecovacs (application bien conçue, cartographie nette, trimmer véritablement opérationnel) tout en pointant quelques limites résolument améliorables (gabarit imposant, ergonomie de transport perfectible, antivol payant).

Ces premières impressions nous donnent ici un excellent point de référence pour évaluer ce que l’A3000 apporte vraiment de plus, et ce qu’il partage à l’identique avec son cadet. Avec, cette fois, un cadre de test particulièrement favorable : nous avons changé de jardin pour ce second tour, et nous disposons désormais d’une pelouse régulière de bonne taille qui permettra de mieux jauger la finesse de coupe, la régularité des passages et le rendu visuel sur grande surface. C’est parti.
| Caractéristique Techniques | Ecovacs A3000 LiDAR PRO |
|---|---|
| Dimensions | sans brosse : 706 × 584 × 310 mm avec brosse : 706 × 627 × 310 mm |
| Poids | 18 kg |
| Surface recommandée | 3 000 m² |
| Temps de tonte par charge | jusqu’à 160 min |
| Rendement de tonte annoncé/vitesse de tonte | jusqu’à 400 m²/h / 0,7 m/s |
| Largeur de coupe | 33 cm |
| Hauteur de coupe | disques de coupe : 30 à 90 mm (réglage électrique par incréments de 1 cm) coupe-bordure : 60 mm (fixe) |
| Franchissement vertical | 4 cm |
| Capacité de franchissement de pente | jusqu’à 50 % / 27° |
| Largeur de passage | 0,9 m |
| Disque de lames | double disque, 2 × 3 lames pivotantes (6 lames au total) + coupe-bordures TruEdge à fil |
| Batterie | Lithium-ion 32,4 V × 7,5 = 243 Wh |
| Temps de charge | 70 min (charge rapide 189 W) |
| Volume sonore | 62 dB (annoncé) |
| Température de fonctionnement | 5–40 °C |
| Température de stockage | –20 à 75 °C |
| Indice d’étanchéité | IPX6 |
| Assistance vocale | Alexa/Google Assistant/Siri |
| Indice de réparabilité | 8/10 |
| Garantie | Garantie 3 ans appareil / 2 ans batterie |
| Prix | 2 299 € |
Composants de la boîte du GOAT A3000

Le bundle du GOAT A3000 LiDAR PRO reprend trait pour trait la philosophie minimaliste éprouvée sur l’A1600 LiDAR PRO : station, trimmer à monter, alimentation, jeu de lames, recharge de fil, et la visserie associée. Seule différence notable, le bloc d’alimentation passe de 113,4 W à 189 W, gage de la recharge express promise par Ecovacs (70 minutes pour 7,5 Ah). Pas de surprise, donc, côté écosystème : on retrouve l’essentiel, sans abri ni module 4G Pro, vendus toujours séparément.
Design et ergonomie : un faux jumeau au format au-dessus
À première vue, le GOAT A3000 LiDAR PRO ressemble à s’y méprendre à son cadet le GOAT A1600 LiDAR PRO que nous avons testé il y a quelques jours.

Même langage stylistique, même carrosserie blanche au soubassement noir, mêmes angles fermes et mêmes lignes utilitaires, mêmes capteurs frontaux logés dans le pare-chocs avant, même dôme LiDAR sur le toit, même large bouton STOP rouge au centre du capot, même poignée intégrée à la coque arrière, mêmes contacts de charge logés sous le ventre, mêmes roues arrière crantées en propulsion.

On retrouve fatalement les mêmes qualités (impression de robustesse, intégration soignée des modules) et les mêmes limites (carrosserie blanche qui finira par jaunir, plastique sans raffinement particulier, et toujours une seule poignée arrière là où le LUBA 3 AWD en propose deux). Pour le détail des éléments visibles et la philosophie du design, nous vous renvoyons à notre test du A1600.

La différence ne saute pas aux yeux, mais il est un peu plus imposant. Ecovacs annonce environ 706 × 584 × 310 mm, contre 680 × 540 × 336 mm pour l’A1600, soit une silhouette plus longue et plus large d’environ 4 cm en chaque dimension, mais légèrement moins haute. Le poids est en revanche presque identique sur la balance : environ 18 kg pour l’A3000, contre 17,8 kg pour l’A1600. La station, en revanche, semble identique à celle du A1600 dans la boîte. Côté préhension, le robot reste manipulable à une main pour des manipulations courtes.
Nota Bene : les contacts de charge sont situés sous le robot, et non à l’arrière comme chez Mammotion ou Husqvarna. Bénéfice : l’alignement est plus tolérant aux petits décalages latéraux. Inconvénient : la station doit être posée sur une surface parfaitement plane et dégagée sur ses quatre côtés, sans relief autour, sous peine de gêner l’approche du robot.
Installation et connexion : la procédure A1600… et une mésaventure révélatrice
Comme pour le design, l’installation matérielle du GOAT A3000 LiDAR PRO reprend la procédure éprouvée du A1600 LiDAR PRO : on choisit un emplacement plat près d’une prise, on visse la base de la station au sol (ou pas, selon le revêtement), on monte le module trimmer TruEdge sur le flanc gauche avec ses trois vis, on installe l’éventuel abri, et on pose le robot sur sa station. Cinq à dix minutes au total, sans antenne RTK à aligner ni câble périmétrique à enfouir.


Sauf que cette fois, nous avions changé de jardin par rapport au test A1600, et nous avons découvert sur le terrain une limite ergonomique sérieuse qu’il faut absolument signaler aux futurs acheteurs : l’application Ecovacs Home ne propose pas l’appairage via partage de connexion smartphone. Et quand la Wi-Fi domestique ne porte pas (ou très mal) dans le jardin où l’on souhaite placer la station, on se retrouve dans une impasse au moment où le robot demande son premier réseau.


Dans notre cas, la procédure de contournement a été aussi efficace que pénible : déballer et brancher dans le jardin, constater l’échec de l’appairage à 25 mètres de la box, déplacer le robot et sa station à l’intérieur de la maison, appairer le robot via la Wi-Fi domestique, télécharger et installer la mise à jour firmware (15 minutes), enfin tout redéplacer en sens inverse, jusqu’à l’emplacement final… Compte tenu du poids du robot (environ 18 kg) et de la station (encore quelques kilos), l’opération nous a pris une bonne demi-heure, alors qu’elle aurait dû en prendre cinq.

Notre prochain article portant sur ce qu’on aimerait voir plus souvent sur les robots-tondeuses reste donc plus que jamais d’actualité, puisqu’on y plaidait précisément pour la prise en charge native du partage de connexion smartphone au démarrage.



Nota Bene : on pourrait croire qu’à partir du moment où la Wi-Fi ne porte pas dans le jardin, le robot est inutilisable. Il n’en est rien. Une fois l’appairage initial réalisé et la mise à jour appliquée, le GOAT A3000 LiDAR PRO fonctionne très bien hors ligne : la cartographie, la planification des cycles, la tonte elle-même et la navigation reposent sur le traitement embarqué dans la machine (LiDAR rotatif 360°, capteur 3D-ToF, caméra IA et IMU), pas sur le cloud. Pour rappel, le robot peut aussi être équipé en option d’un module 4G Pro (~149 €) pour le pilotage à distance.
Application : la maturité Ecovacs Home, sans nouveauté à ce niveau de prix
L’application Ecovacs Home qui pilote le GOAT A3000 LiDAR PRO est strictement identique à celle que nous avons longuement décrite dans notre test du A1600 LiDAR PRO. Mêmes écrans, même hiérarchie, même cartographie 3D animée, même gestion multizone, même mode laboratoire avec l’adaptation aux chemins étroits, même boutique d’accessoires intégrée. La logique de la série LiDAR PRO se confirme : une plateforme logicielle unifiée pour toute la gamme, ce qui simplifie la vie des utilisateurs qui possèdent plusieurs robots Ecovacs (aspirateur, tondeuse, lave-vitres) et permet à la marque de capitaliser sur une seule base de développement.



À sa décharge, l’app n’avait franchement pas besoin de plus à ce stade : nous l’avions saluée comme l’une des plus matures du segment, avec une prise en main rapide, une cartographie particulièrement aboutie et un degré de personnalisation déjà avancé. Cela dit, à 2 299 €, on entre désormais dans une fourchette tarifaire où la concurrence directe (Mammotion LUBA 3 AWD, Segway Navimow X4) propose, sur le plan logiciel, des fonctionnalités qu’Ecovacs Home n’a pas encore intégrées :
Ces quelques manques ne ruinent pas l’expérience, et l’application Ecovacs Home reste à notre sens l’une des plus matures du segment. Mais à 2 299 €, on pouvait raisonnablement attendre quelques fonctionnalités plus avancées que ce que propose déjà le A1600 LiDAR PRO vendu 800 € moins cher.
Cartographie : le système A1600 confirmé, avec un automatique encore perfectible
Le système de cartographie du GOAT A3000 LiDAR PRO est rigoureusement identique à celui du A1600 LiDAR PRO : navigation HoloScope 360 (LiDAR rotatif 360° + LiDAR 3D-ToF solid-state + caméra IA), précision annoncée à 2 cm, gestion multizone, édition au doigt sur la carte, Mode Edge pour définir les limites du coupe-bordure, option Adapter aux chemins étroits pour basculer le sens de tonte dans les passages exigus… Nous renvoyons donc le lecteur à notre test précédent pour le détail des fonctionnalités d’édition, qui n’a pas évolué d’une virgule entre les deux modèles.
Nota Bene : évitez d’installer la base à moins de quelques centimètres d’une margelle haute (terrasse, marche, allée surélevée). Dans notre cas, une bordure de terrasse de 3 cm située sur le côté de la station a perturbé l’amarrage du robot, qui peinait à se présenter correctement. La règle pratique est simple : soit on laisse un espace de pelouse tout autour de la station, soit on l’oriente dos à la zone non tondable.
Ce qui change cette fois, c’est que nous avons pu tester la cartographie automatique sur l’ensemble du terrain, là où l’environnement du test A1600 ne nous l’avait pas permis. Et le résultat est presque probant. Le robot avance, scanne, contourne et boucle son tour de propriété sans intervention humaine, ce qui constitue un saut d’usage important par rapport au téléguidage manuel classique. La carte obtenue est lisible, exploitable, et la majorité du terrain est correctement délimitée.



Presque probant, parce que dès qu’il rencontre un obstacle à contourner (massif, buisson, arbuste), le robot s’en écarte un peu trop largement, et on perd quelques dizaines de centimètres de surface tondable autour de chaque îlot. Rien de catastrophique, mais c’est visible à l’œil nu en bout de cycle, et cela invite à reprendre la cartographie en téléguidage manuel dès que le terrain comporte plus de deux ou trois îlots à isoler.



La fonction reste donc une vraie avancée pour les terrains dégagés, et un complément à peaufiner manuellement pour les jardins structurés. La direction est bonne, on n’est plus très loin d’une autonomie complète sur ce volet.



On regrette une seule chose : ne pas pouvoir reprendre la délimitation téléguidée uniquement aux endroits qui le nécessitent. Une fois la carte automatique générée, on n’a plus qu’à refaire la cartographie complète depuis zéro. Le téléguidage manuel reste possible pour ajouter une nouvelle zone, mais pas pour corriger un contour existant. C’est typiquement le genre de raffinement qu’on aimerait voir dans une prochaine mise à jour de l’application ! En revanche, la fonction « gommage » présente également sur le Navimow X4, est très appréciable : elle fait reculer l’appareil pour effacer un mauvais tracé et reprendre sur des bases saines, sans ratures (contrairement au Lymow One Plus, par exemple).

Nota Bene : nous avons croisé sur ce jardin un petit carré d’herbe de 20 m² accessible uniquement via une marche de 10 cm, situé à quelques mètres de la piscine. Le robot est mécaniquement incapable de franchir cette dénivellation verticale. Une rampe d’accès dédiée, à clipser entre les deux niveaux, aurait permis de créer un couloir d’accès et de couvrir cette zone supplémentaire. Aucun fabricant ne propose aujourd’hui cet accessoire, or le problème devient récurrent au fil de nos tests, et il mériterait clairement une réponse industrielle !
Navigation : un système éprouvé, le même que sur l’A1600 LiDAR PRO
Le robot embarque trois couches de capteurs qui travaillent en complémentarité plutôt qu’en redondance, ce qui constitue la signature de l’écosystème HoloScope 360 d’Ecovacs. La première couche est le LiDAR rotatif à 360°, logé dans le dôme blanc sur le toit de la machine. Il balaye en continu l’environnement à hauteur de la coque (quelques dizaines de centimètres au-dessus du sol), construit une cartographie volumétrique du jardin et permet une précision de positionnement de 2 cm sur l’ensemble du terrain, de jour comme de nuit.
La seconde couche est le LiDAR 3D-ToF (Time-of-Flight) à semi-conducteurs, placé à l’avant de la machine et orienté vers le sol. Là où le LiDAR rotatif voit en hauteur, le ToF voit en profondeur : il mesure les distances aux obstacles bas et au sol lui-même avec une grande précision, ce qui permet de détecter les variations de relief, les marches, les bordures, les trous, les taupinières. C’est le capteur clé pour l’évitement d’obstacles fins et l’approche des bordures.

La troisième couche est la caméra IA intégrée au pare-chocs avant, qui ne sert pas à la navigation au sens strict mais à la reconnaissance d’objets. Elle identifie en temps réel plus de 200 catégories d’objets (humains, animaux, jouets, tuyaux d’arrosage, hérissons, etc.) et adapte la trajectoire ou la vitesse en conséquence. Pour cela, elle s’appuie sur la puce Horizon X5, qui combine un CPU 8 cœurs et une BPU (Brain Processing Unit) délivrant 10 TOPS, soit 10 000 milliards d’opérations par seconde. C’est ce qui distingue cette caméra d’un simple capteur de proximité : elle ne se contente pas de détecter qu’il y a quelque chose, elle identifie ce que c’est pour décider de la conduite à tenir.
Le tout est orchestré par le système LELS Pro (Lawn Edge Localization System Pro), qui fusionne en temps réel les données des trois couches pour planifier une trajectoire optimisée. Sur les zones simples, le robot adopte un parcours en U classique avec recouvrement contrôlé. Sur les zones complexes (bords, angles, îlots), il bascule sur un mode de coupe plus précis qui resserre les passages et privilégie le passage à proximité des obstacles plutôt que la productivité brute. À cela s’ajoute, bien sûr, le module TruEdge qui se déclenche automatiquement en mode bord, mais nous y reviendrons dans la section dédiée.
Navigation : sur le terrain, beaucoup de bien et quelques bizarreries
Le GOAT A3000 LiDAR PRO confirme la maturité observée sur l’A1600. Il avance, contourne, repasse et termine son cycle proprement, en respectant globalement le tracé prévu par la cartographie. Sur la zone de terre meuble qui inquiétait notre montage, le robot s’en sort par lui-même : quand ses roues commencent à patiner, il recule de quelques dizaines de centimètres et tourne légèrement sur une zone qui accroche mieux, avant de reprendre son tracé.
Petit comportement inhabituel à signaler tout de même : un coin de la pelouse avait été délaissé au début du cycle, sans raison apparente, et le robot s’y est consciencieusement remis à la toute fin. Étrange logique d’orchestration, mais c’est resté l’unique déplacement inintelligible de notre session. Côté trajectoire, l’appareil effectue ses allers-retours dans le même sens partout sur la carte, sans possibilité de paramétrer l’orientation comme on peut le faire chez Mammotion.



Il existe en revanche une option pour alterner le sens de tonte à chaque nouveau cycle, utile pour limiter le tassement de la pelouse sur la durée. Et nous ne doutons pas que, comme sur l’A1600, le robot adapterait automatiquement sa trajectoire dans un couloir étroit s’il en avait rencontré un.
Nota Bene : la vitesse de déplacement est réglable sur quatre paliers (0,4, 0,5, 0,6 ou 0,7 m/s), la hauteur de coupe se modifie à la volée, la sensibilité de la reconnaissance IA aussi, et plusieurs autres réglages restent accessibles sans interrompre le cycle.
Sur l’évitement d’obstacles, nous avons poussé la sensibilité au maximum pour évaluer les limites de la reconnaissance AIVI 3D. Le bilan est globalement positif : plantes, animaux, humains et la plupart des objets sont identifiés correctement et contournés sans hésitation. Le petit chien curieux qui s’est invité plusieurs fois à proximité du robot n’a jamais été inquiété.
Une seule fausse-bonne réaction nous a chiffonnés : la machine refuse également d’attaquer les herbes hautes de plus de 15 cm, qu’elle interprète manifestement comme un obstacle à contourner. Pour les zones de pelouse négligées qu’on veut justement rattraper, il faut donc réduire la sensibilité d’évitement, ou passer par le mode téléguidé.
À l’inverse, un raté qui aurait dû être évité : nos éclairages extérieurs posés au sol (spots de jardin de 6-8 cm de hauteur, en métal) n’ont visiblement pas été détectés par les capteurs, et le robot leur est passé dessus sans vergogne.

Heureusement plus de peur que de mal pour les luminaires comme pour la machine, mais c’est un angle mort de la reconnaissance qu’il faut connaître avant d’installer son robot dans un jardin équipé d’objets posés au sol.
Une fois la zone de travail terminée de l’intérieur, le robot effectue un premier tour des bordures sans trimmer et à vitesse lente, comme un repassage soigneux. Il s’en sort très bien dans la majorité des cas, mais deux situations sensibles méritent d’être anticipées. Si la cartographie épouse trop précisément une bordure basse que le robot ne peut ni chevaucher ni apercevoir de loin pour se mettre à bonne distance, il va râper, fatalement.
Pareil pour le coupe-bordure lui-même (qui se déclenche en cycle séparé) : il a malheureusement attaqué deux de nos pieds de vigne au passage (voir la vidéo un peu plus bas), et s’est usé sur d’autres bords physiques pendant quelques secondes avant de se décaler. Notre conseil pour un travail vraiment propre : observez votre robot pendant ses premiers cycles, puis reprenez la cartographie pour ajuster les bordures et les exclusions au comportement réel de la machine. On y gagne en finition, et on préserve à la fois ses plantations et le trimmer.
Enfin, le mode téléguidé fonctionne bien dans l’ensemble : la connexion Bluetooth reste stable même à 20-25 mètres de distance, sans perte de signal pendant nos manœuvres. L’interface, en revanche, mériterait un sérieux lifting : l’écran de contrôle est en orientation verticale uniquement, avec un seul joystick digital pour piloter le robot, ce qui contraste avec les interfaces de Lymow ou Mammotion qui offrent une vraie ergonomie deux pouces avec joystick déporté. Il y a aussi un léger lag entre la commande et l’exécution, sans être bloquant. Bon point en revanche, le téléguidage permet de déclencher le coupe-bordure en mode manuel, ce qui s’avère précieux quand on veut faire la finition d’une zone particulière sans lancer un cycle complet de trimmer.
Efficacité et qualité de coupe : net, propre dans l’ensemble
Sur la pelouse régulière de notre terrain de test, le GOAT A3000 LiDAR PRO délivre une qualité de coupe vraiment satisfaisante. La hauteur réglée à 3 cm donne un rendu net, homogène et visuellement propre, même en mode tonte rapide à 0,7 m/s. Le double disque à six lames pivotantes (qui tournent à 3 000 tr/min) fait clairement la différence sur ce poste : on ne distingue pas de bandes parallèles mal taillées, pas de coins systématiquement oubliés, et le rendu reste régulier d’un bord à l’autre.
Une nuance importante à garder en tête, et que confirment également les confrères américains : si l’herbe a beaucoup poussé entre deux cycles, le mulching laisse des traînées de brins coupés derrière la machine. C’est la signature du système à disques rotatifs (le Navimow X4 et certains Mammotion produisent le même effet sur herbe haute), et ce n’est pas un défaut en soi. Les résidus se redéposent dans la pelouse au fil des jours, nourrissent le sol et finissent par disparaître au prochain passage. Mais sur une pelouse négligée pendant deux semaines, le rendu visuel immédiat n’est pas idéal. La parade est simple : respecter la planification automatique, qui maintient l’herbe à une longueur propice au mulching propre.

La vitesse de rotation des disques n’est pas paramétrable dans l’application, contrairement à ce que propose Mammotion sur certains modèles. Vous pouvez moduler la vitesse de déplacement et la hauteur de coupe, mais le régime moteur reste fixe. C’est rarement un problème dans la pratique, mais on aurait apprécié pouvoir baisser le régime sur les zones sensibles (proximité de plantations, paillis fragile). Pour les herbes très hautes (plus de 15 cm), nous l’avions signalé dans la section navigation : la reconnaissance IA peut les interpréter comme des obstacles à contourner. Il faut alors baisser la sensibilité ou passer en téléguidé pour leur passer au-dessus.
Le robot contourne ses obstacles au plus près, ce qui est généralement un excellent point pour minimiser les zones non tondues autour des massifs et des plantations. Le revers, c’est que son gabarit peut le pénaliser sur les passages étroits. Entre deux pieds de vigne espacés de moins d’un mètre, par exemple, il doit amorcer son virage relativement tôt pour ne pas accrocher, ce qui laisse une bande non tondue plus large que ce qu’on attendrait.
Côté bordures, le travail s’effectue en deux temps. Le robot termine d’abord son cycle intérieur par un premier tour des bordures aux disques principaux, à vitesse réduite, pour laisser le moins de marge possible au coupe-bordure. Lorsque vous lancez le cycle TruEdge, pensez à tirer manuellement environ 5 cm de fil nylon supplémentaire avant le démarrage, sinon le module sera inefficace. Une fois cette manipulation faite, le travail est impressionnant : les bordures sont coupées au plus près, presque ras du sol, comme le montrent nos vidéos. Le résultat est particulièrement bluffant sur les longues lignes droites et les zones dégagées sans obstacle physique vertical.
Dernière observation rassurante, et c’est important pour les jardins fréquentés : si le robot détecte du mouvement à proximité pendant la coupe (animal, enfant, utilisateur), il arrête instantanément la rotation des lames tout en continuant sa trajectoire, comme nous l’avions déjà observé sur l’A1600. La protection est efficace, mais on aurait préféré qu’il s’arrête complètement pour ne pas laisser des zones en friche. D’autant plus qu’il nous avertit verbalement et via l’application de ne pas rester dans les parages ; on ne risque jamais de croire à une panne.
Volume sonore : même copie que l’A1600
Rien de neuf à signaler par rapport au A1600. Sonomètre en main, nous avons mesuré 72 dB(A) à un mètre de la machine en tonte normale (régime des disques à pleine puissance), et 83 dB(A) avec le coupe-bordure TruEdge en action. Les roues, comme sur le modèle précédent, sont remarquablement silencieuses et n’ajoutent pas un décibel notable au bilan. À noter qu’on peut augmenter ou baisser les indications vocales du robot depuis l’application, voire les couper complètement, ce qui est appréciable pour les usages en début ou en fin de journée sans gêner le voisinage.
Autonomie, couverture et temps de charge : ce que disent nos chiffres
Sur notre session de référence, le GOAT A3000 LiDAR PRO a tondu 220 m² (zone intérieure + premier tour de bordure aux disques principaux) en 62 minutes, en gardant 47 % de batterie. Sur le cycle TruEdge complémentaire qui a suivi, il a couvert l’équivalent de 12 m² de coupe-bordure périmétrique en 15 minutes, descendant à 40 % de batterie. Total cumulé : 232 m² entièrement tondus et bordurés en 1 h 17, avec 60 % de batterie consommée, le tout à une vitesse moyenne de 0,6 m/s.
Ce qui donne un rendement réel d’environ 180 m²/h en cycle complet (tonte + trimmer) et environ 215 m²/h en cycle tonte pure. À comparer à la promesse Ecovacs de 400 m²/h annoncés : on est donc à peu près à la moitié de la fiche technique en conditions réelles de jardin. L’écart n’a rien d’anormal et se retrouve sur tous les robots du segment (le rendement labo est toujours mesuré en ligne droite continue, sans virage ni contournement), mais il vaut la peine d’être signalé honnêtement pour calibrer les attentes. Côté couverture par charge complète, l’extrapolation est plus parlante. Avec 60 % de batterie pour 232 m² couverts en cycle complet, une seule charge permet de couvrir environ 350 à 400 m² réalistes, marge de sécurité incluse pour la fin de batterie où le robot rentre à la station. Sur un cycle tonte pure, sans trimmer, on monte plutôt vers 400 à 420 m² par charge.
Sur le comportement en batterie faible et la reprise de cycle, rien de neuf par rapport au A1600 : le robot quitte sa zone de travail dès que la batterie atteint le seuil de sécurité de 15 %, rentre à sa station sans interruption brutale, se recharge jusqu’à 85 %, puis reprend son cycle exactement là où il l’avait laissé.
Concernant le temps de charge, nous avons mesuré une remontée de 37 % à 100 % en 72 minutes. À comparer à la promesse constructeur de 70 minutes pour une charge complète à 189 W (charge ultra-rapide), ce chiffre suggère que notre mesure s’est faite hors mode de charge maximale. En charge rapide active (quand le robot doit reprendre rapidement un cycle), nous estimons la recharge d’une batterie quasi-vide (15 % à 100 %) à environ 70 à 80 minutes, et la recharge intermédiaire (15 % à 85 %) qui se déclenche en cours de cycle à environ 50 à 60 minutes.
Concrètement, voici ce que cela donne par taille de jardin, en cycle complet (tonte + bordure) :
| Surface du jardin | Charges nécessaires | Temps total cumulé |
|---|---|---|
| Jusqu’à 350 m² | 1 charge complète | 1 h 30 environ |
| 500 m² | 1 charge intermédiaire | ~3 h 30 (2 h 45 tonte + 50 min de recharge) |
| 1 000 m² | 2-3 charges intermédiaires | ~7 h (5 h 30 tonte + 1 h 40 de recharge) |
| 2 000 m² | 5 charges intermédiaires | ~10-12 h cumulées sur 1-2 jours |
| 3 000 m² | 7-8 charges intermédiaires | ~16-18 h cumulées, à répartir sur la semaine |
L’enseignement principal de ce tableau est clair : la promesse des 3 000 m² couverts par la marque suppose plusieurs cycles répartis sur la semaine, jamais une session unique d’une journée. C’est cohérent avec ce qu’on observe chez tous les concurrents (Mammotion LUBA 3 AWD, Navimow X4) à autonomie comparable.
Sécurité : le dispositif identique au A1600, avec une question qui mérite désormais qu’on s’y attarde
Sur le volet sécurité, le GOAT A3000 LiDAR PRO est rigoureusement identique au A1600 LiDAR PRO : même bouton STOP rouge sur le capot, même code PIN à la mise en route, même capteur de soulèvement qui arrête les lames instantanément, même évitement AIVI 3D qui reconnaît plus de 200 catégories d’objets dont les humains et les animaux, même fonction Garden Keeper pour patrouiller la propriété quand le robot n’est pas en tonte. Côté antivol, on retrouve la même limitation que sur le A1600 : la localisation GPS et la géo-clôture ne sont accessibles qu’avec le module 4G Pro optionnel à 149 €, ce qui reste une critique honnête à un tel niveau de prix. Pour le détail du dispositif et notre verdict global sur la sécurité physique, nous renvoyons donc au test précédent.



En revanche, il y a un volet sur lequel notre test du A1600 n’avait pas pris position et qui mérite désormais d’être abordé à la lumière des affaires récentes du segment (Yarbo, iLife A11, robots-aspirateurs coréens) : comment Ecovacs traite-t-il les données captées par les caméras et capteurs du robot ? La politique de confidentialité officielle d’Ecovacs1 apporte des réponses plutôt rassurantes en surface : la détection d’humains s’accompagne d’un floutage automatique des personnes dans l’image avant tout envoi, le programme d’amélioration produit Product Improvement Plan (qui envoie les images d’objets non reconnus vers les serveurs Ecovacs pour entraîner les modèles IA) est désactivé par défaut et nécessite un consentement explicite, et la communication entre le robot et l’app passe par un chiffrement que Mozilla Foundation qualifie de « strong encryption » dans son guide Privacy Not Included. C’est mieux que ce qu’on observe chez plusieurs concurrents asiatiques moins regardants.
Reste néanmoins trois points de vigilance pour qui tient à maîtriser son écosystème de données. Les serveurs d’Ecovacs sont hébergés en Chine, ce qui implique un transfert international que la marque documente honnêtement dans sa politique mais que tout utilisateur européen doit connaître pour faire un choix éclairé. Ensuite, la politique évoque la possibilité pour Ecovacs de partager certaines données personnelles avec des tiers à des fins marketing sauf opt-out de l’utilisateur (par défaut, c’est donc le partage qui est activé), ce qui n’est pas la pratique la plus protectrice du segment. Enfin, la marque a connu en 2024 un incident documenté par l’OECD.AI2 sur sa gamme Deebot, avec des vulnérabilités permettant l’accès non autorisé aux caméras et microphones de certains aspirateurs. Ecovacs a depuis renforcé ses dispositifs (mise à jour de la politique en novembre 2024), mais ce précédent rappelle que même un acteur établi peut connaître des failles. Sur un robot extérieur équipé d’une caméra AI Vision dont l’angle de couverture atteint plusieurs mètres, ces questions ne sont pas anodines…
Entretien : continuité totale avec le A1600
Comme pour le design, l’application et la sécurité, le volet entretien du GOAT A3000 LiDAR PRO ne se distingue en rien de celui du A1600 LiDAR PRO :
Nous renvoyons le lecteur à notre test précédent pour le détail des procédures, qui restent valables sans la moindre modification. Malgré ses 18 kg sur la balance et un gabarit légèrement plus volumineux que le A1600, les manipulations d’entretien restent à peu près aussi accessibles.

Le centre de gravité bien réparti et la prise en main par la poignée arrière permettent de basculer la machine pour atteindre les lames sans effort supplémentaire notable. On regrettera toujours l’absence d’une seconde poignée latérale, comme sur le A1600, mais l’augmentation de gabarit ne se traduit pas par une pénibilité accrue à l’usage.
Accessoires et consommables : des coûts contenus dans l’ensemble
Sur la boutique en ligne d’Ecovacs, on trouve :
Sur la durée, le GOAT A3000 LiDAR PRO se révèle particulièrement raisonnable côté coût d’exploitation, même dans son scénario intensif.
| Poste de dépense | Modéré 1 an (500 m2) | Modéré 5 ans (500 m2) | Intensif 1 an (2 000 m2) | Intensif 5 ans (2 000 m2) |
|---|---|---|---|---|
| Lames de remplacement | 7,50 € (1 kit / 2 ans) | 37,50 € (5 kits) | 15 € (1 kit / an) | 75 € (5 kits) |
| Fil nylon TruEdge | 8,66 € (1 / 18 mois) | 43,30 € (5 cartouches) | 12,99 € | 64,95 € |
| Brosse trimmer | — | 9,99 € (1 brosse) | — | 19,98 € (2 brosses) |
| Consommation électrique | 10 € | 50 € | 24 € | 120 € |
| Abri | — | — | 29,80 € (amorti 5 ans) | 149 € |
| Module 4G Pro | — | — | 29,80 € (amorti 5 ans) | 149 € |
| Câble d’extension | — | — | 4 € (amorti 5 ans) | 19,99 € |
| Total | 26,16 € | 140,79 € | 115,59 € | 597,92 € |
Nota Bene : la batterie n’apparaît pas dans le catalogue d’accessoires en vente directe. Si elle décline au bout de cinq ou six ans, le remplacement passera obligatoirement par le SAV Ecovacs, avec une facture qu’on n’a aucun moyen d’anticiper aujourd’hui.
Positionnement face à la concurrence : quelles alternatives crédibles au GOAT A3000 ?
À 2 299 €, Ecovacs vient chasser frontalement les références du segment premium. Et sur ce terrain, chaque concurrent a déjà ses arguments bien établis : Mammotion pour les terrains difficiles, Segway pour l’intelligence de navigation, Worx pour la finition des bordures…

Mammotion LUBA 3 AWD 3000 : le rival le plus frontal
Le concurrent le plus direct du GOAT A3000 LiDAR PRO reste le Mammotion LUBA 3 AWD 3000, autre mastodonte premium pensé pour les grands terrains sans câble périphérique. Mais les deux machines n’ont pas tout à fait le même ADN. Là où Ecovacs privilégie la simplicité avec une navigation 100 % LiDAR, Mammotion mise sur une plateforme mécaniquement beaucoup plus ambitieuse : transmission intégrale, suspension, motricité impressionnante et vraie aisance sur terrains pentus ou accidentés. Le LUBA garde aussi une application plus riche sur certains réglages avancés. En face, le GOAT répond par une installation plus simple, une navigation moins dépendante des contraintes RTK et surtout une finition bien supérieure grâce à son excellent système TruEdge.
Segway Navimow X4 : le challenger qu’on attend de pied ferme
Le Segway Navimow X4 est probablement l’un des concurrents les plus sérieux du GOAT A3000 sur le segment premium. Au-delà de sa navigation avancée, son vrai atout est son système Xero-Turn : contrairement aux robots qui pivotent sur place en arrachant légèrement le gazon à force de frottement, le X4 adapte l’orientation de ses roues avant pour manœuvrer beaucoup plus proprement, un vrai avantage sur les pelouses impeccablement entretenues. Ajoutez à cela une transmission AWD, une suspension intégrée et une approche logicielle réputée très mature, et vous obtenez un concurrent redoutable. En revanche, Ecovacs reprend des points sur la finition grâce à TruEdge. À noter que Segway tente désormais de combler ce manque avec le X3 et son module Trimmer.
Nota Bene : le Navimow X4 sera tout simplement notre prochain test complet !
Worx WR344E : le spécialiste historique des bordures
Le Worx WR344E (qui débarque bientôt dans nos labos !) joue dans une catégorie moins ambitieuse sur le plan technologique, mais reste une référence lorsqu’on parle de finition des bordures. Son approche repose sur un plateau de coupe déporté, pensé pour rapprocher la lame au maximum des limites physiques du jardin. C’est efficace, simple et éprouvé. Le GOAT A3000 adopte une stratégie plus radicale avec son véritable mini coupe-bordure embarqué TruEdge. Le résultat est souvent nettement plus spectaculaire, avec une coupe quasiment rasante. En contrepartie, cette agressivité demande une cartographie propre et un minimum de vigilance au départ. Worx rassure ; Ecovacs impressionne !
- https://www.ecovacs.com/my/my-en/support/faq-detail?id=33 ↩︎
- https://oecd.ai/en/incidents/2024-10-06-fdb9 ↩︎
Notre dernier test de la gamme Ecovacs GOAT est dans la continuité des performances précédentes : une application simple, mais assez profonde, une tonte nette et discrète (hors trimmer), une navigation sensible et paramétrable, et surtout un coupe-bordure qui vaut vraiment le coup d'œil. On ne peut évidemment pas fermer complètement les yeux sur certains défauts : un gabarit toujours plus imposant à mesure que l'on monte en gamme, la connexion au routeur de téléphone absente de l'application, quelques paramètres utiles à ajouter (gestion de la batterie, cycle complet tonte+trimmer, intégration Matter, etc.), ou encore une cartographie automatique à affiner. Dans l'ensemble, la version A3000 LiDAR PRO est validée (sous réserve de durabilité et de qualité du SAV), mais il nous tarde déjà d'avoir une itération entre les mains !
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Installation et prise en main
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Application & fonctionnalités connectées
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Navigation & intelligence embarquée
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Qualité de tonte
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Autonomie & recharge
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Silence & discrétion
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Entretien & maintenance
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