Le 27 mai, au château de Chantilly, Dreame a levé le voile sur sa série X60 Pro, héritière directe de la X50 Ultra Complete lancée début 2025. La filiation s’accompagne d’un bond technique que la marque ne manque pas de mettre en avant : 42 000 Pa d’aspiration, double bras extensible UltraExtend, navigation OmniSight 3.0 et trois stations aux logiques distinctes.

De quoi nourrir un communiqué triomphal ! Reste que ce chiffre d’aspiration, à lui seul, ne raconte plus l’essentiel : sur un segment où la puissance brute a cessé d’être le facteur limitant, la surenchère des pascals tourne un peu à vide. Ce que Dreame pose réellement sur la table se situe ailleurs, dans une attention méthodique portée aux recoins, aux plinthes, aux dessous de meubles et aux seuils que ses robots se contentaient jusqu’ici de longer.

La conquête ne vise donc plus la force, mais le territoire. Voici notre lecture critique des promesses, modèle par modèle, avant le verdict de nos labos
| Caractéristiques | Dreame X60 Pro |
|---|---|
| Puissance d’aspiration | Jusqu’à 42 000 Pa |
| Brosse principale | HyperStream DuoBrush 2.0 (anti-emmêlement) |
| Navigation | AI OmniSight 3.0 |
| Détection d’obstacles | Oui |
| Bras robotisé | Oui (Bionic Robot Arm) |
| Système de lavage | Double serpillières rotatives |
| Rotation des serpillières | 280 tr/min |
| Pression au sol | 15 N |
| Lavage thermique | Eau chaude jusqu’à 100 °C |
| Station de base | 20 buses de pulvérisation + désinfection des lingettes |
| Maintien thermique | > 40 °C pendant 4 minutes |
| Station multifonction | Oui |
| Application | Dreamehome |
| Prix | 1 499 € |
42 000 Pa : le chiffre qui ne dit presque plus rien
La X60 Pro annonce 42 000 Pa, contre 20 000 Pa sur la X50 Ultra Complete : la puissance d’aspiration a plus que doublé en une génération. Sur le papier, l’écart est spectaculaire. Dans les faits, il ne change pas grand-chose au quotidien. Passé un certain seuil, ce ne sont plus les pascals qui font la différence, mais la conception de la brosse, la gestion du flux d’air et la finesse de l’algorithme qui module la puissance selon le sol.

Pour la plupart des intérieurs, cette réserve ne se justifie vraiment que pour extraire les poils incrustés d’un tapis épais. La véritable nouveauté de la X60 Pro ne tient pas à ce qu’elle aspire plus fort, mais à ce qu’elle prétend atteindre des saces qui échappaient à ses devancières.
Challenge 2026 : atteindre la saleté là où le robot ne passait pas
Un robot aspirateur classique laisse toujours filer l’angle d’une pièce, le pied du meuble, la bande le long de la plinthe, le seuil un peu haut, le dessous d’un canapé bas. C’est précisément ce catalogue de frustrations que la X60 Pro entend évincer, et trois mécanismes y concourent.
Le double bras UltraExtend, d’abord. Derrière l’appellation se cachent deux dispositifs distincts. À l’avant, un bras déploie la brosse latérale jusqu’à 12 cm hors du châssis (Dreame le désigne sous le nom de SideReach) ; à l’arrière, un second bras fait pivoter et avancer le patin de serpillière jusqu’à 18 cm (le MopExtend RoboSwing). L’enjeu est mécanique avant tout : un châssis rond laisse fatalement une zone morte dans les angles. En projetant physiquement la brosse puis la serpillière vers le coin, l’appareil va chercher le plus loin possible. La course de 18 cm sur la serpillière constitue d’ailleurs la valeur la plus élevée vue à ce jour, là où Roborock, Narwal ou les précédentes générations Dreame se situaient entre 3 et 8 cm.

Le robot embarque une tourelle escamotable, capable de rétracter son module de navigation pour ramener sa hauteur à 7,95 cm seulement et se glisser sous les meubles bas qui lui restaient inaccessibles. Le principe prolonge la tour laser rétractable inaugurée sur la X50, mais il sert ici la même idée directrice : élargir non pas la force du nettoyage, mais son périmètre. Sous la barre des 8 cm, l’appareil passe sous la grande majorité des canapés et des lits surélevés, et la différence se mesure alors en surface réellement atteinte.

Le franchissement ProLeap, enfin. Là où la X50 grimpait 6 cm en deux temps (4,2 puis 1,8 cm), la X60 Pro revendique 10 cm, négociés en deux paliers de 5 cm. De quoi avaler des seuils de porte épais, des rails de baie vitrée ou des transitions de revêtement qui bloquaient la génération précédente. La barre des escaliers reste évidemment hors de portée pour ce type de châssis, mais l’élargissement du champ d’action est tangible.
Nota Bene : à cet égard, Dreame lance en parallèle le Cyber X, un transporteur à quatre chenilles de caoutchouc sur lequel le robot vient s’arrimer pour gravir les escaliers, qu’ils soient droits, en L ou en colimaçon, jusqu’à 42° d’inclinaison et au rythme de 27 secondes par marche. Durant l’ascension, l’aspiration et les brosses du X60 récurent les marches à sec, sans passage humide.
Détection et lavage : l’intelligence qui complète l’équation
La couche logicielle, elle aussi, a été revue, autour du système AI OmniSight 3.0. Deux caméras à 120° de champ épaulent la navigation, identifient plus de 320 catégories d’objets et repèrent un obstacle de 10 mm en un dixième de seconde. Un capteur à lumière bleue complète l’ensemble en détectant les liquides transparents, difficiles à voir, pour basculer automatiquement en mode lavage.
Côté lavage, Dreame conserve un patin sous pression (15 N annoncés) et un nettoyage thermique des serpillières à la station, avec une eau chauffée jusqu’à 100 °C, selon la fiche technique qui nous a été communiquée par la marque.
Trois modèles, trois logiques d’usage

La série se segmente par la station autant que par le robot :
- le X60 Pro Ultra Complete tient le rôle de modèle pivot. Il réunit l’ensemble des nouveautés décrites plus haut et s’appuie sur une station qui lave et sèche les serpillières. C’est la porte d’entrée de la gamme, et probablement le meilleur rapport qualité /prix ;
- le X60 Pro Ultra Matrix vise les intérieurs aux revêtements multiples. Sa station stocke trois paires de patins que le robot échange seul selon la pièce : serpillière en nylon pour la cuisine, éponge pour la salle de bains, patin thermique pour les espaces de vie. Le modèle existe en version standard et en version Vision, cette dernière troquant la station classique contre un habillage transparent assorti d’un éclairage Soft Dot Matrix. Après notre test du MatriX10 Ultra, on espère un fonctionnement mécanique impeccable !
- le X60 Pro Master, enfin, joue la carte de l’intégration discrète. Il ajoute leremplissage et la vidange d’eau automatiques, à raccorder au réseau, dans une station particulièrement compacte (416 × 443 × 249 mm). Finis les réservoirs : on peut loger une base aussi sobre que possible dans un intérieur soigné.
Nota Bene : dans tous les cas, la charge rapide PowerMaster récupère 24 % de batterie en cinq minutes et trente secondes, de quoi multiplier les retours express à la station et enchaîner les grandes surfaces.
Face à la concurrence, et à son propre cousin
Impossible d’évoquer cette série sans nommer l’éléphant dans la pièce. MOVA est une marque née dans le giron de Dreame, et sa V70 Ultra Complete, sortie quelques jours avant la X60 Pro, en partage l’ADN presque trait pour trait : bras extensibles couplant brosse et serpillière, aspiration autour de 40 000 Pa, franchissement renforcé. Dreame se retrouve donc à concurrencer un proche cousin, en segmentant par le prix et par l’image plutôt que par la rupture technique. Le constat n’a rien d’anodin pour l’acheteur, qui devra arbitrer entre deux machines très proches.

Le reste du marché avance dans la même direction. Roborock pousse ses serpillières débordantes, Narwal multiplie les patins et les formes pour mordre les angles, tandis que DJI a fait du franchissement de seuils un argument central sur son premier robot à 36 000 Pa. Sur ce terrain, le X60 Pro prend une longueur d’avance mesurable grâce à ses 18 cm de débattement de serpillière, ses 10 cm de franchissement et sa tourelle escamotable, sous réserve que ces promesses tiennent hors du showroom.
Prix et disponibilité
Le X60 Pro Ultra Complete ouvre la gamme dès le 5 juin 2026 à 1 499 €, assorti d’une remise de lancement de 200 € du 5 au 11 juin. Les autres déclinaisons suivent en août : le Master, plus compact, à 1 599 €, l’Ultra Matrix à 1 699 €, et sa version Vision à 1 799 €.

Le positionnement demeure résolument premium. Le modèle d’entrée reprend trait pour trait le tarif de lancement de la X50 l’an passé, tandis que les stations les plus sophistiquées s’envolent nettement au-dessus. Reste à vérifier, au moment du test, si l’écart entre les quatre versions se justifie autant par l’usage réel que par la fiche technique.
Restent les vraies questions, celles qui se jouent sur le terrain et non dans un communiqué : la fiabilité des bras dans la durée, le gain réel sous les meubles bas, et la tenue du lavage sur des sols irréguliers. Autant de points qu’un test détaillé devrait pouvoir trancher assez facilement !
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