Premier robot aspirateur laveur de Dyson, le Spot+Scrub Ai arrive à 1 199 € avec un rouleau à eau chaude, une caméra dopée à l’IA et une station sans sac qui met fin aux consommables. La marque promet des sols sans tache, revérifiés passage après passage. Voici le bilan de nos observations…
Dyson et les robots aspirateurs, c’est une longue suite de rendez-vous manqués. Le 360 Vis Nav, lancé à 1 299 €, ne savait qu’aspirer, tenait à peine 50 minutes par charge et naviguait à la caméra quand toute la concurrence roulait déjà au LiDAR. Le Spot+Scrub Ai vient corriger presque tout cela.

Tandis que le Vis Nav est désormais bradé autour de 350 à 400 € en fin de vie, le repère le plus parlant s’articule désormais autour du rouleau laveur du Spot+Scrub Ai. Ce dernier descend en droite ligne du Dyson Clean+Wash, le laveur de sols filaire de la marque.

À 1 199 € pour son lancement, ce robot vise les foyers à dominante de sols durs, prêts à payer cher pour s’affranchir des serpillières et des sacs. Après quelques utilisations, voici les points positifs et négatifs que nous avons retenus…
| Caractéristique Techniques | Dyson Spot+Scrub AI |
|---|---|
| Dimensions | Robot : 373 × 370 × 110 mm Station d’accueil : 440 × 508 × 455 mm |
| Poids | Robot : 6,6 kg |
| Station d’accueil : 9 kg | |
| Navigation | Double LiDAR dToF frontal + caméra HD IA + 27 capteurs |
| Capacité de franchissement d’obstacles | Seuils jusqu’à 20 mm |
| Élévation de la serpillière | Non communiqué (rouleau latéral extensible de 40 mm pour le nettoyage des bords) |
| Puissance d’aspiration | 18 000 Pa |
| Pression vers le sol | NC |
| Batterie | 5,0 Ah |
| Autonomie | Jusqu’à 200 min |
| Temps de charge complète | 180 min |
| Bac à poussières du robot | 0,5 L |
| Volume du sac à poussière | Sans sac (station cyclonique) – bac station 3 L |
| Capacité du réservoir d’eau propre / usée | 2,3 L / 2,1 L |
| Volume sonore | entre 55 et 80 dB (mesurés) |
| Assistance vocale | Alexa, Google Assistant et Siri |
| Indice de réparabilité | 8,5/10 |
| Garantie | 2 ans |
| Prix | 1 199 € |
Ce que le Dyson Spot+Scrub Ai fait particulièrement bien…
D’abord, voyons ensemble ses qualités les plus remarquables, classées de la moins importante à la plus cruciale !
Une station cyclonique sans sac, sans consommables et très hygiénique
Voici le geste signature de Dyson transposé au robot. Pas de sac jetable dans la station, mais une séparation cyclonique qui isole la poussière par la force centrifuge, comme sur les aspirateurs balais maison. Le bénéfice est double : aucun consommable à racheter, et un filtre qui ne s’encrasse presque pas, donc une aspiration qui ne faiblit pas avec le temps.

Le bémol existe, mais on peut encore l’estimer mineur en 2026 : Dyson annonce jusqu’à 100 jours entre deux vidanges, mais la saleté n’étant pas compactée, le bac peut se mettre à déborder bien avant d’atteindre ses 3L de contenance. On voit d’ici deux pistes d’amélioration : un compacteur et un détecteur pour notifier l’utilisateur que le collecteur sature. En attendant, sa simple transparence nous permet tout de même d’y voir clair avant de jouer avec le feu. On le classe donc résolument dans les bons points d’ergonomie !

Après chaque session, la station lave le rouleau à l’eau chaude puis le sèche à l’air chaud à 45 °C, ce qui évite l’odeur de serpillière humide. Le mécanisme est d’une efficacité redoutable, et l’on peut s’en apercevoir par le biais d’un contraste saisissant : le rouleau ne sent absolument rien après deux semaines, tandis que le bac d’eau sale a vite fait d’empester si on le laisse macérer plusieurs jours.
Nota Bene : il est possible de prolonger le prélavage du rouleau via l’application, de manière à préparer un nettoyage approfondi.
Un évitement d’obstacles au niveau
Sur ce point, Dyson fait le job. Le robot combine LiDAR double frontal, caméra HD et lumière verte pour repérer ce qui traîne au sol. Câbles, chaussettes, gamelle, il les contourne plutôt que de les avaler. Il lui arrive néanmoins de toucher un objet du bout de sa carrosserie ; une seule fois, il a saisi un câble qui traînait à côté de sa station, preuve que l’appareil n’est pas totalement infaillible, mais ce genre d’angle mort est vraiment très rare, surtout quand la maison est rangée.
Détail qui rassure les propriétaires d’animaux : plusieurs protocoles relèvent qu’il évite systématiquement les déjections, là où le Vis Nav pouvait rouler dedans.
Attention à ne pas confondre cet évitement, solide, avec la navigation d’ensemble, plus discutable, sur laquelle nous revenons plus bas. Pour esquiver les pièges du quotidien, en tout cas, ce Dyson tient ses promesses.
Une autonomie clairement améliorée
Si l’autonomie du 360 Vis Nav vous avait refroidi, ses 50 minutes annoncées qui fondaient en mode intensif, le Spot+Scrub Ai répond précisément là-dessus. Dyson annonce jusqu’à 200 minutes en mode silencieux. Nos multiples essais dans un appartement avec tapis et carrelage révèlent une capacité de 125 minutes à laver et aspirer en mode automatique. Pour un appartement de taille moyenne, (entre 100 et 200 m2) la batterie n’est plus le facteur limitant qu’elle était. Le robot retourne se recharger puis reprend où il s’était arrêté.
Un bémol encore : l’utilisateur n’a pas la main sur la gestion de la batterie (charge partielle, seuil de retour et de reprise de cycle, charge en heures creuses). Juste une petite mise à jour svp Dyson ?
Autre type d’autonomie : nous avons trouvé sa gestion de l’eau tout à fait intéressante. La plupart du temps, il suffit de le mettre en débit faible, et il parvient à nettoyer plusieurs pièces complètes (environ 35 m2) sans avoir besoin de recharger ou de vider le bac d’eau sale (laquelle est très concentrée, donc excessivement malodorante dès que l’on ouvre le couvercle qui, lui, est bien hermétique). Enfin, le collecteur est assez large pour permettre plusieurs semaines d’entretien (degré de saleté faible) sans avoir à être vidé.
Un nettoyage efficace dans l’ensemble
Sur le terrain de l’aspiration, Dyson reste dans son élément. Le moteur affiche 18 000 Pa, un chiffre modeste face aux 30 000 Pa annoncés par certains rivaux chinois, mais la marque mise depuis toujours sur la conception de la brosse plutôt que sur la course aux pascals.
Sur sols durs, le résultat est très bon même si, comme d’habitude, les brossettes rotatives peuvent envoyer balader les grosses particules comme les grains de riz ou de café. Sur tapis à poils courts, l’aspiration augmente en mode automatique et tout passe dans le collecteur, sauf… brossettes rotatives, tout ça… On obtient 85% de réussite en un seul passage sur une zone compliquée à deux types de sol.

Un bémol encore : comme pour beaucoup de concurrents les cheveux très longs restent empêtrés dans la brosse. Les poils qui ne couvrent pas sa circonférence sont logés dans le bac comme des particules normales.
La serpillère est également au niveau des standards 2026, avec une bonne largeur de rouleau, régulièrement humidifié à un degré paramétrable sur l’application (faible, moyen, élevé).



Il se rince avec de l’eau chaude (pour les carrelages) ou à température ambiante (pour les parquets). Cette option est également à configurer sur l’application.
Les autres atouts à signaler
Au-delà des performances, la qualité de fabrication fait l’unanimité. Plastiques rigides, assemblage soigné, pièces qui se démontent sans outil : on retrouve le sérieux des aspirateurs balais de la marque. Son indice de réparabilité se situe entre 8/10 (Labomaison) et 8,5/10 (Darty) selon la source. Quant à l’application, elle offre le suivi en direct du robot sur la carte (en 2D ou en 3D) avec le tracé effectué pendant le cycle. Elle offre quelques options bien senties comme la gestion du débit d’eau, le paramétrage par pièce et des modes de nettoyage utiles et intelligibles. Le robot accepte enfin Alexa, Google Assistant et Siri pour les commandes vocales.
Ce que le Dyson Spot+Scrub Ai pourrait améliorer
Le flagship Dyson s’accompagne tout de même de quelques points noirs qui peuvent surprendre et faire soupirer un brin…
Un gabarit qui le bloque davantage que la moyenne des robots du marché
Avec 11 cm de hauteur, le Spot+Scrub Ai compte parmi les robots les plus épais de sa génération : un Roborock Saros au profil ultraplat passe sous des meubles qui lui restent fermés. Ce serait loin d’être dramatique s’il n’allait pas de son propre chef s’aventurer sous des meubles trop bas pour lui. Résultat, il se coince bêtement, parfois au prix de quelques griffures sur sa coque.

Nota Bene : la parade est malgré tout relativement simple : créer une limite virtuelle pile où il faut, et voir comment il se comporte après. Cela requiert une manipulation supplémentaire, mais c’est mieux que rien…
Bien sûr, sur le versant horizontal, son diamètre proche de 38 cm, efficace en zone dégagée, n’aide pas dans les passages serrés.
Un appareil bruyant dans l’ensemble
On n’a tellement pas l’habitude d’entendre autant de bruit mécanique sur ce genre d’appareil que nous avons d’abord cru que quelque chose coinçait dans la station ou le robot. Mais non. On va juste se coltiner un bourdon robotique entêtant dès que le robot passe à proximité. Cela est principalement dû aux mouvements du rouleau qui se déploie ou se rétracte. En tant que telle, l’aspiration produit une valeur décente en termes de décibels, à savoir 62 dB(A) en mode silencieux, 69 dB(A) en mode aspiration normale, et 75 dB(A) en mode boost.
La station n’est pas en reste, puisqu’elle émet pas moins de 72 dB(A) pendant l’auto-nettoyage, culmine aux alentours de 80 dB(A) pendant le vidage cyclonique (passe encore pour quelques secondes), et laisse la brosse sécher sur un fond sonore de 55 dB(A) pendant des heures après la fin du ménage. On peut toujours interrompre cette dernière étape (contrairement au nettoyage du rouleau) mais c’est au risque de laisser macérer les fibres de la serpillère.
Nettoyage mitigé à certains endroits
Pour le gros œuvre du quotidien, on a vu que le Dyson Spot+Scrub AI était amplement satisfaisant. Néanmoins, il souffre des mêmes difficultés que l’on a pu notifier il y a déjà plusieurs mois chez des marques concurrentes. D’abord, les taches sèches ont du mal à partir : il faut prévoir un double passage dans une zone précise pour essayer d’entamer une trace qui a eu le temps de s’incruster. D’après nos observations, le problème ne vient pas de la pression du rouleau, mais bien du temps limité passé sur la tache. Le robot roule dessus à toute allure !
Et, pour nous, cela pose la question de la prochaine innovation qui pourrait vraiment déclencher une génération nouvelle sur les robots-domestiques : les doter d’une vision qui leur permet de détecter la saleté afin de les prioriser et d’insister dessus, comme un humain le ferait, plutôt que de réaliser des allers-retours dans le vide (sauf cycle d’entretien standard). La fameuse IA censée repasser jusqu’à 15 fois markétée par Dyson n’est à ce jour validée par personne.
Outre la malvoyance de la machine (du moins par rapport à ce dont elle pourrait être capable, puisqu’en mesure de contourner des chaussettes blanches sur fond blanc) on remarque une inaptitude spectaculaire à aspirer entre un tapis et un mur. Un simple relief de 2 mm suffit à rendre l’aspiration latéralement inopérante. Et ce n’est pas que pour les grosses particules : les moutons et les poussières normales restent également à l’abri dans leur tranchée.

On a aussi des coins de tapis qui se soulèvent et restent pliés comme on corne une page, mais ce n’est pas le plus dérangeant.
Une application peu conviviale et dépourvue de Matter
L’application MyDyson est sombre et conçue sur une architecture étrange. Certes, elle assure le minimum, cartographie, zones interdites, programmation, nettoyage pièce par pièce, mais elle reste en retrait face à Roborock ou Mova, aussi bien en matière de fonctionnalité que de convivialité. Les réglages utiles sont enfouis dans des menus peu habituels, il faut un clic de plus que la concurrence pour ajuster aspiration ou lavage, et des encarts boutique s’invitent jusque dans l’onglet du robot (c’est le premier onglet disponible, pitié…).



Manquent notamment à l’appel le pilotage à distance, la vue caméra et, surtout, la compatibilité Matter : impossible d’intégrer proprement ce robot à une installation domotique en 2026. Enfin, le découpage automatique des pièces se montre parfois grossier, au point de fusionner deux chambres séparées par un mur.



On ne peut pas non plus interrompre le lavage du rouleau une fois lancé, le genre de détail qui mène efficacement à la frustration.
Les autres limites à connaître
Le produit de nettoyage des sols, vendu 25 € à part, n’est pas fourni dans la boîte, alors qu’il améliore nettement le lavage. Nous avons également observé une aire de repos du robot qui se salit très vite et réclame un entretien manuel (on ne relèvera pas l’ironie de la situation).

Les brossettes latérales se détachent facilement au moindre choc, au point d’être parfois avalées par la brosse. Le système anti-emmêlement laisse encore des cheveux longs s’enrouler autour du rouleau central. Et bien que leur bonne gestion entre dans les points forts de la machine, les réservoirs d’eau, 2,3 L pour l’eau propre et 2,1 L pour l’eau sale, restent justes pour les très grandes surfaces, là où plusieurs concurrents tablent sur 3,5 à 4 L.
Position sur le marché et alternatives
Lancé à 1 199 €, le Dyson Spot+Scrub Ai débarque dans un segment qui s’est densifié à vive allure : celui des laveurs à rouleau autonettoyant et des stations sans sac. Le problème, c’est qu’il y arrive avec une étiquette premium, là où plusieurs rivaux tout aussi bien armés se négocient deux à trois cents euros sous sa barre. Position inconfortable, donc, qui l’oblige à justifier chaque euro d’écart. Certes, le Dyson a pour lui une fabrication irréprochable, une station cyclonique qui supprime certains consommables, un rouleau lavé et séché à l’eau chaude, un évitement d’obstacles solide et une autonomie enfin à la hauteur. Néanmoins, son gabarit épais, son niveau sonore, l’absence de Matter et une application en retrait viennent tempérer l’enthousiasme. De quoi laisser la porte ouverte à une concurrence qui, sur certains terrains, fait jeu égal pour bien moins cher.
Dreame Aqua10 Ultra Roller Complete (autour de 899 €)
Pour qui cherche avant tout le meilleur lavage à rouleau doublé d’un logiciel riche, le Dreame Aqua10 Ultra Roller Complete reste le rival le plus frontal. Bâti lui aussi autour d’un rouleau autonettoyant, souvent présenté comme la meilleure référence du genre, il annonce 30 000 Pa, franchit des obstacles jusqu’à 8 cm et embarque une application nettement plus complète. Son lavage à l’eau très chaude figure parmi les plus efficaces du marché. Face au Dyson, il consomme davantage d’eau et s’appuie sur un SAV français encore jeune, mais c’est aujourd’hui le choix le plus rationnel sur ce créneau.
Ecovacs Deebot X11 OmniCyclone (autour de 939 €)
Pour éviter les sacs sans s’acquitter du ticket d’entrée Dyson, l’Ecovacs Deebot X11 OmniCyclone (1 299 € au lancement) fait figure d’autre spécialiste du sans-sac. Noté 8,8/10 lors de notre test, il mise comme le Spot+Scrub Ai sur une station cyclonique sans consommable et une application complète et bien traduite. Son aspiration, donnée à 19 500 Pa, a grimpé jusqu’à 95 % sur carrelage comme sur tapis à poils courts dans notre protocole, avec le repli classique dans les angles, autour de 85 %.

Son lavage à rouleau engloutit les taches humides sans broncher, mais laisse environ 2 cm le long des plinthes et un sol qui colle au premier passage, défaut gommé dès le second cycle. Côté gabarit, son profil de 9,8 cm le rend un peu plus discret que le Dyson et ses 11 cm ; surtout, il renonce de lui-même aux meubles trop bas plutôt que d’aller s’y coincer…
Roborock Saros 10R (autour de 899 €)
Enfin, pour un grand logement encombré de meubles, le Roborock Saros 10R joue une partition plus polyvalente. Ce modèle ultraplat brille par sa navigation et sa capacité à se glisser partout, y compris sous les meubles bas qui bloquent le Dyson. Son application compte parmi les plus abouties, et il ramasse davantage sur sols durs selon le labo RTINGS. Deux réserves toutefois : il lave avec des patins, donc avec moins de mordant qu’un rouleau sur une éclaboussure fraîche, et il ne dispose pas de la station sans sac du Dyson. Pour un intérieur chargé, il restera malgré tout souvent le plus à l’aise.
Pour son premier robot aspirateur laveur, Dyson signe un appareil qui efface l'essentiel des griefs adressés au 360 Vis Nav. Sa station cyclonique sans sac et sans consommable, son rouleau lavé et séché à l'eau chaude, son évitement d'obstacles solide, son autonomie enfin crédible et sa fabrication soignée composent un socle particulièrement abouti. En revanche, tout n'est pas à la hauteur du tarif demandé : son gabarit épais le pousse à se coincer sous les meubles bas, son fonctionnement reste bruyant, il peine sur les taches sèches comme à la jonction entre tapis et mur, et son application austère fait l'impasse sur Matter et le pilotage à distance. Bien né et taillé pour les intérieurs à dominante de sols durs, le Spot+Scrub Ai convainc davantage comme premier jet maîtrisé que comme référence absolue de sa catégorie.
-
Design
-
Application
-
Efficacité
-
Volume sonore
-
Fonctionnalités
-
Connectivité
-
Navigation
-
Prix
Certains liens de cet article peuvent être affiliés.
Prix indicatifs, susceptibles d'évoluer. L'image de une peut avoir été générée en tout ou partie par IA.











