Selon certaines fuites, plusieurs constructeurs de smartphones envisageraient de réintroduire des choix techniques que l’on pensait définitivement enterrés. En cause : la hausse significative du coût de composants clés, en particulier la mémoire et le stockage.
Retour vers le futur : des compromis sur les futurs smartphones ?
Écrans toujours plus fluides jusqu’en 120 Hz, designs épurés avec poinçon ou caméra sous l’écran, matériaux premium, configurations mémoire généreuses… Depuis plusieurs années, le marché mobile connait une montée en gamme progressive, qui profite même aux smartphones « abordables ».
Mais selon le leaker Digital Chat Station, certains fabricants pourraient revenir à des choix techniques plus datés, notamment sur le milieu et l’entrée de gamme : écrans plafonnés à 90 Hz, retour de l’encoche en « goutte d’eau » plutôt qu’un poinçon plus discret pour la caméra selfie, configurations limitées à 8 Go de RAM, châssis en plastique, et retour d’une technologie de reconnaissance digitale optique, moins avancée que les systèmes par ultrason.

Des choix technologiques qui font figure de fantômes du passé : entre 2019 et 2021, des modèles comme les OnePlus 7T ou Realme X2 Pro combinaient encore écran 90 Hz et encoche en goutte d’eau, avant que le marché ne bascule vers les écrans 120 Hz et les poinçons, devenus la norme sur la plupart des smartphones actuels.

Un marché du smartphone en tension, en raison d’une hausse des coûts
La raison est avant tout économique. Selon TrendForce, les prix de la DRAM (mémoire vive) et du NAND (stockage) ont fortement augmenté début 2026, avec des hausses pouvant atteindre près de 90 % pour la mémoire vive et 60 % pour le stockage.
Et pour cause : les data centers, les serveurs dédiés à l’IA, mais aussi les PC et les consoles captent une part croissante de la production mondiale. Cette pression sur l’offre permet aux fabricants de puces d’augmenter leurs tarifs.
Résultat, la mémoire pèse de plus en plus lourd dans le coût de fabrication. Sur certains smartphones d’entrée de gamme, elle peut représenter jusqu’à la moitié du coût total des composants, tandis que sur les modèles haut de gamme, les configurations 12 ou 16 Go de RAM et 512 Go de stockage font grimper le prix de fabrication de plusieurs dizaines, voire centaines de dollars.
Ajoutée à la hausse du prix des SoC gravés en 2 nm, cette inflation oblige les constructeurs à opérer des arbitrages.
Des stratégies différentes selon les constructeurs de mobiles
Face à cette pression, deux options s’imposent : augmenter les prix, ou ajuster la fiche technique. Certains, comme Samsung, ont déjà amorcé des hausses de prix sur leurs modèles les plus récents, notamment avec la série Galaxy S26.
Mais assumer une hausse de tarif ou un produit moins innovant peut se révéler risqué sur un marché hautement concurrentiel. Certains fabricants explorent donc une troisième voie : absorber une partie des coûts à la place du client final. Realme, par exemple, met en avant une forme de « bouclier tarifaire » avec ses Realme 16 Pro, afin de limiter l’impact pour le consommateur.
Du côté d’Apple, les premières rumeurs autour des iPhone 18 Pro et 18 Pro Max évoquent une approche similaire. La marque chercherait à compenser une partie de la hausse via sa chaîne d’approvisionnement pour contenir ses prix.

Le retour d’un « vrai » segment milieu de gamme sur le marché des téléphones ?
Cette évolution s’inscrit dans un contexte plus large. Les cycles de renouvellement s’allongent et les utilisateurs conservent leur smartphone plus longtemps. Dans le même temps, la hausse des prix constante atteint un seuil de résistance.
Les constructeurs doivent donc composer avec une double contrainte : des coûts en hausse et une demande plus mesurée. Dans ce contexte, la montée en gamme généralisée pourrait marquer une pause, au profit d’une hiérarchisation plus nette des offres : des modèles premium plus avancés, et des smartphones plus « rationnels » sur le milieu de gamme.
Faut-il y voir un recul technologique ? Pas nécessairement. Un écran 90 Hz reste fluide dans la plupart des usages. Un châssis en plastique peut améliorer la résistance tout en réduisant le poids. Certaines concessions répondent ainsi à des besoins concrets plutôt qu’à une logique de surenchère.
Cette contrainte matérielle pourrait aussi rebattre les cartes côté logiciel. Avec des configurations plus contenues, les fabricants auront intérêt à optimiser davantage leurs interfaces. Certaines fonctions, notamment liées à l’intelligence artificielle, pourraient aussi s’appuyer davantage sur le cloud.
Au fond, plus qu’un retour en arrière, cette évolution traduit peut-être une forme de maturité du marché. Après des années de surenchère technique, l’heure semble davantage à l’optimisation et aux choix ciblés. Et si, en 2026, le vrai progrès consistait simplement à en faire moins… Mais mieux ?
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