L’écran qui s’étire comme un élastique n’est pas un rêve de science-fiction ; mais une technologie bien réelle : LG Display et Samsung Display en proposent chacun leur version. La plus aboutie, chez LG Display, tient sur du silicone et du micro-LED, mais n’affiche que 100 pixels par pouce ; soit, pour le moment, une définition de tableau de bord, mais pas (encore) de smartphone.
On connaît l’écran pliable, qui équipe des smartphones depuis plusieurs générations. Désormais, place à l’écran étirable, une dalle capable de se déformer sans casser ni se plier le long d’un axe fixe. Longtemps cantonnée aux démonstrations de recherche, cette piste a désormais des chiffres précis, des industriels identifiés, et un financement public.
Un écran étirable de 20 pouces : le record de Samsung
Fin août, à l’IMID de Busan, la grande conférence coréenne de l’affichage, Samsung Display a présenté un écran étirable de 20 pouces, le plus grand jamais réalisé par l’entreprise.
Plutôt que d’étirer un seul substrat, elle assemble deux dalles grâce à une technologie de tuilage qui minimise la jonction entre elles, ce qui fait plus que doubler la surface de sa version précédente. La démonstration vise les postes de conduite automobiles, les robots humanoïdes et l’affichage dynamique, mais pas le smartphone.
Silicone, micro-LED et câblage repensé : la recette de LG Display
Le taux d’élongation le plus élevé jamais revendiqué reste, lui, celui de LG Display, en novembre 2024 : un écran de 12 pouces capable de s’étirer jusqu’à 18 pouces, soit 50 % selon l’entreprise. Un écran pliable reste rigide sur chaque partie ; seule la charnière absorbe le mouvement. Un écran étirable, quant à lui, déforme la surface d’affichage elle-même, sans articulation visible.

LG Display mène ce programme avec 19 instituts de recherche et industriels, sous la tutelle du ministère du Commerce, de l’Industrie et de l’Énergie. L’élasticité de sa dalle vient d’un substrat en silicone, un matériau proche de celui des lentilles de contact, associé à un nouveau schéma de câblage.
La source lumineuse repose sur du micro-LED plutôt que sur l’OLED des écrans pliables, avec des puces de 40 micromètres à peine. L’entreprise revendique plus de 10 000 cycles d’étirement sans dégradation visible de l’image, y compris à températures extrêmes ou sous choc, mais seulement 100 pixels par pouce : une définition confortable à la distance d’un tableau de bord, mais nettement inférieure à celle d’un écran de smartphone actuel.
Une technologie réservée aux professionnels… Pour le moment
Les usages que LG Display met en avant vont plutôt du vêtement à l’automobile : un panneau de bord qui se gonfle en forme convexe et se manipule à la main, ou un écran cousu sur une tenue de pompier pour afficher des informations en temps réel.
L’entreprise cite aussi la peau parmi les surfaces irrégulières que ce type de dalle peut épouser, et vise plus largement la mode, les objets portables et la mobilité. Le point commun à ces usages, que le pliable ou l’enroulable ne permettent pas : épouser une surface courbe et irrégulière, plutôt qu’un axe de pliage unique.
C’est aussi ce qui motive Samsung Display côté automobile et robotique, où un tableau de bord ou la coque d’un robot ne suivent jamais une ligne droite. Dans les deux cas, ces usages sont, pour l’heure, réservés à des professionnels de l’affichage plutôt qu’au grand public : ni LG Display ni Samsung Display ne communique de prix ou de date de commercialisation.
Sur le smartphone, le pliable a gagné, l’étirable attendra encore
Sur le terrain du téléphone, seul le pliable est commercialisé aujourd’hui. Lancé en fanfare, l’iPhone Duo rejoindra, à partir du 23 octobre 2026, les nombreux smartphones pliants Android vendus depuis plusieurs générations. Produit par Samsung Display, l’écran du Duo se distingue par sa pliure nettement moins visible, signe de la maturité de la technologie.
Du côté des smartphones, la prochaine révolution pourrait aussi se trouver du côte de l’écran holographique, qui serait également à l’étude chez Samsung, avec un horizon situé autour de 2030. Quant à l’écran étirable, il devra faire ses preuves dans des conditions bien plus rudes avant d’envisager de rejoindre nos poches.
Un smartphone à l’écran qui s’étire vous tenterait-il, ou trouvez-vous que cette technologie serait beaucoup trop gadget sur un produit grand public ? Dites-le en commentaire.
Certains liens de cet article peuvent être affiliés.
Prix indicatifs, susceptibles d'évoluer. L'image de une peut avoir été générée en tout ou partie par IA.











