Le Nothing Phone (4b) inaugure la série (b) de la marque britanique. En précommande à 329 euros, il ouvre un segment « entrée de gamme » pour le constructeur, et avec panache : écran AMOLED 120 Hz, puce Snapdragon 6 Gen 4 et la plus grosse batterie jamais montée sur un smartphone Nothing. Pourtant, dans les faits, son concurrent le plus redoutable s’appelle… le Nothing Phone (4a), à peine plus cher.
Dévoilé le 7 juillet 2026 aux côtés des écouteurs Ear (3a), le Phone (4b) se glisse sous le Phone (4a) dans la hiérarchie de la marque londonienne. Celle-ci n’avait encore jamais tenté sa chance sur le segment de l’entrée de gamme. Signe que ce (4b) est une manière de tester le terrain, il ne sera notamment pas commercialisé aux États-Unis.
Mais alors qu’il débarque bel et bien chez nous en Europe, la question se pose : qu’est-ce qu’on gagne, et surtout qu’est-ce qu’on perd, en économisant seulement quelques dizaines d’euros par rapport au (4a) ?
Nothing Phone (4b) : un smartphone d’entrée de gamme ambitieux pour 329 euros
Commençons par le plus évident : le style. Nothing en a fait sa marque de fabrique ; le Phone (4b) reprend la Glyph Bar (45 mini-LED, jusqu’à 3 500 nits) et le dos monocoque en polycarbonate déjà vus sur le Phone (4a) Pro, au look immédiatement reconnaissable et franchement unique sur cette gamme de prix. L’appareil se décline en noir, blanc et bleu, le tout certifié IP64 (résistance à la poussière et aux éclaboussures).

Du côté de l’affichage, c’est très honnête : la dalle Super AMOLED de 6,77 pouces est rafraîchie à 120 Hz et grimpe à 2 000 nits en pic tout en gérant le HDR10+. Quant aux performances, le moteur est un Snapdragon 6 Gen 4 gravé en 4 nm, avec 8 Go de RAM. Là encore, une fiche technique franchement correcte, sur le papier, pour un appareil vendu 329 euros à sa sortie.
Deux atouts sortent vraiment du lot. La batterie de 5 200 mAh est la plus généreuse de l’histoire de Nothing. Elle arrive avec une charge filaire de 33 W (mais pas de charge sans fil). Quant au suivi logiciel, le smartphone est livré sous Android 16, avec 3 ans de mises à jour Android et 6 ans de correctifs de sécurité garantis. À ce tarif, c’est un engagement à la longévité rare.

La photo, en revanche, semble constituer la concession principale de ce Nothing Phone (4b) : elle se limite à un capteur principal 50 Mpx tout de même stabilisé optiquement (OIS) et à un ultra grand-angle de 8 Mpx, qui ne devrait vraisemblablement pas faire de miracles.
Nothing Phone (4b) vs Phone (4a) : le match se joue à quelques dizaines d’euros près
C’est là que ça coince. Le Nothing Phone (4a), tout juste lancé en mars, démarre déjà à 349 euros pour le modèle avec 8 Go de RAM et 128 Go de stockage ; la même configuration de mémoire que le (4b). Il grimpe jusqu’à 449 euros pour la version incluant 12 Go RAM et 256 Go de stockage, mais au gré des promotions, l’écart de prix va naturellement se resserrer davantage.
Or, pour ces quelques dizaines d’euros de plus, le (4a) offre un Snapdragon 7s Gen 4 plus rapide, un écran plus défini et plus lumineux (4 500 nits), une charge 50 W au lieu de 33 W, et surtout un téléobjectif que le (4b) n’a pas, aux côtés d’un capteur selfie plus conséquent, de 32 Mpx contre 16 Mpx.
Anticipant la chose, Nothing promet d’ores et déjà des « performances proches du Phone (4a) » pour son (4b) : une affirmation à prendre avec des pincettes, car la puce du (4a) reste nettement plus musclée. Dans leur prise en main, nos confrères anglophones de 9to5Google ne mâchent pas leurs mots, et jugent qu’il est « impossible de recommander le (4b) tant que le (4a) fait mieux pour quasiment le même prix ».

Pourquoi Nothing assume-t-elle ce chevauchement ?
Mais alors, quel sens le Nothing (4b) a-t-il dans la gamme du constructeur ? La raison principale est celle qui secoue déjà l’ensemble du marché : 2026 est une année noire pour la mémoire. La flambée des prix de la RAM et du stockage, surnommée le « RAMageddon », tire les tarifs vers le haut et force les constructeurs à rogner sur les fiches techniques.
Carl Pei, patron de Nothing, l’a reconnu lui-même : la mémoire est devenue le composant le plus cher d’un smartphone. Le Phone (4b) est né de cette contrainte : en misant sur une unique configuration avec 8 Go de RAM et 128 Go de stockage, Nothing s’assure de pouvoir tenir un prix d’entrée bas coûte que coûte.
Par ailleurs, n’oublions pas qu’un prix de lancement ne vaut généralement que durant les premières semaines de commercialisation : le tarif du (4b) devrait probablement baisser, et il n’est pas impossible qu’il bascule sous la barre des 300 euros, devenant un concurrent redoutable sur le terrain de l’entrée de gamme.
Les précommandes sont d’ores et déjà ouvertes pour le Nothing Phone (4b). Est-il fait pour vous, ou allez-vous craquer pour le Phone (4a) tant que l’écart de prix reste aussi mince ? Dites-nous en commentaire vers lequel penche davantage votre cœur.
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