Personne n’a envie de voir son vélo électrique partir entre les mains d’un inconnu. Et pourtant, malgré des antivols toujours plus sophistiqués et un marquage devenu obligatoire, on estime entre 350 000 et 580 000 le nombre de vélos volés par an. Combien de VAE dans le lot ? Où, quand et comment disparaissent-ils ? On fait le point sur les données les plus récentes.
Combien de vélos sont-ils volés chaque année en France ?
On lit souvent que 400 000 vélos sont volés chaque année en France1. Le nombre est déjà impressionnant, mais il est sans doute sous-évalué : il s’agit d’une estimation de 2003, calculée par ratio d’après des données internationales.
Le seul décompte officiel est celui du FNUCI (Fichier National Unique des Cycles Identifiés), qui recense 63 800 signalements de vol fin 2024. Mais ce chiffre ne concerne que les vélos marqués et signalés comme volés dans le registre, et écarte de fait de nombreux larcins.
Pourquoi le nombre exact de vélos volés est-il difficile à quantifier ? Tout d’abord, parce que les plaintes pour vol de vélo ne sont pas comptabilisés à part : elles sont donc noyées dans la catégorie « vol simple » des statistiques policières.
Ensuite, parce que tous les vols de vélo ne sont pas nécessairement suivis d’une plainte. D’après le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), seuls 18 % des victimes de vol (tous vols confondus) portent plainte2, souvent convaincus que la démarche ne servira à rien (ce qui est faux dans le cas du vélo : on vous explique pourquoi dans notre guide sur les bons réflexes à adopter en cas de vol).
Une autre donnée nous permet d’estimer le nombre de vols effectif. Dans son enquête de victimation, qui entreprend de recenser le nombre de victimes de délits en France, le SSMSI estime à environ 815 000 le nombre de victimes de vols et tentatives de vol de vélo en 2022.
Étant entendu que toute tentative n’aboutit pas nécessairement (le « taux d’échec » d’un vol de vélo étant de 16 %), l’Académie des Mobilités Actives (ADMA)3 établit la fourchette entre 350 000 et 580 000 vols de cycles par an. En retenant l’hypothèse la plus pessimiste, cela correspond à un vélo qui disparaît toutes les minutes.

Combien de vélos électriques sont-ils volés par an en France ?
Parce qu’ils coûtent cher et embarquent des composants sophistiqués, les vélos électriques constituent l’objet de convoitises.
Selon l’Observatoire du Cycle 2025 de l’Union Sport & Cycle4, le prix moyen d’un VAE neuf tourne autour de 2 000 euros, contre 638 euros pour un vélo mécanique. La batterie, en particulier se revend facilement pour plusieurs centaines d’euros.
En conséquence, le préjudice moyen d’un VAE volé est plus important : selon l’ADMA, il s’établit à 1 847 euros, contre 394 euros pour un vélo mécanique.
Toujours d’après l’ADMA, dans 80 % des cas de vols de VAE, la batterie était restée sur le vélo au moment du vol. Or, celle-ci étant généralement amovible, la retirer constitue un geste de prévention simple et accessible.
Le nombre de vélos volés étant déjà difficile à quantifier, il est d’autant plus ardu d’évaluer la part de vélos électriques parmi l’ensemble. L’ADMA nous donne tout de même un ordre d’idée, sur la base d’une enquête en ligne déclarative (un chiffre à la faible rigueur statistique, donc, à manier avec précaution) : sur l’ensemble des répondants ayant subi un vol de vélo, 23 % s’étaient fait voler un VAE.
Où les vols de vélo ont-ils lieu ?
Selon l’ADMA, s’appuyant sur l’Enquête Mobilité des Personnes, 59 % des vols ont lieu dans l’espace public, pour 41 % dans l’espace privé.
Plus une commune est dense, plus le risque de vol de vélos augmente. Le taux de victimation des ménages passe de 0,65 % dans une commune peu dense à 1,43 % en densité intermédiaire, puis à 3,46 % dans une commune densément peuplée.
Le type de logement pèse tout autant. Chez les ménages équipés d’un vélo, le taux de victimation atteint 4,4 % pour ceux qui vivent en appartement dans un immeuble de plus de 10 logements, contre 0,8 % en maison individuelle.

Comment les Français attachent-ils leur vélo ?
Sur la base des réponses déclaratives à l’enquête de l’ADMA, parmi les vélos volés dans l’espace public :
- 87 % étaient attachés avec au moins un antivol à un point fixe scellé au sol ;
- 7 % étaient sécurisés par un antivol, mais sans point fixe ;
- 6 % n’étaient pas sécurisés du tout.
Quant aux vélos dérobés dans un lieu privé, on note que :
- 41 % n’avaient aucun antivol ;
- et 21 % étaient équipés d’un antivol non relié à un point fixe.
Ce que révèlent ces chiffres : l’antivol constitue une protection de base, y compris dans un lieu privé ; mais il ne suffit pas à protéger son vélo contre le vol. C’est pourquoi il est important de multiplier les gestes de prévention… Mais surtout, de bien attacher son vélo.
À titre d’illustration, l’ADMA a mené un relevé de terrain sur 1 044 vélos dans 8 agglomérations. En moyenne, 47 % des vélos observés étaient attachés avec un antivol en U. Un bon point : l’ADMA rappelle qu’il s’agit d’une protection bien plus fiable que le seul câble, qui ne représente que 8 % des antivols relevés.
Mais au-delà du choix de l’antivol, c’est la manière d’attacher le vélo qui pose problème. Sur 44 % des vélos observés par l’ADMA, seul le cadre était attaché. La bonne pratique consiste plutôt à attacher au moins une roue avec le cadre, ce qui n’était le cas que sur 40,5 % des vélos observés.

Quand les vols ont-ils lieu ?
L’ADMA relève un pic net dans l’année : septembre et octobre concentrent à eux seuls 31 % des vols déclarés pour l’année 2021. Les vols progressent également au printemps avant de refluer pendant les vacances d’été.
Côté horaires, la répartition contredit l’imagerie du voleur nocturne : 48 % des vols sont commis en journée, entre 8 h et 18 h, tandis que seulement 22 % ont lieu en soirée, de 18 h à minuit, et 30 % la nuit, entre minuit et 8 h.
Une nuance utile : dans les relevés de l’ADMA, les vélos volés en journée étaient davantage stationnés dans l’espace public, tandis que ceux volés la nuit se trouvaient plutôt dans des espaces privés, et moins souvent attachés.
Quelles sont les chances de récupérer son vélo volé ?
D’après le ministère de l’Intérieur, environ 100 000 vélos sont retrouvés chaque année : abandonnés sur la voie publique, saisis lors de contrôles, ramassés par les services de voirie… Mais l’immense majorité ne repart jamais chez son propriétaire : seuls 7 % d’entre eux sont restitués au global.
L’une des raisons à cet écueil : l’absence de marquage sur le vélo. D’après la Fédération française des usagers de la bicyclette (FUB), seuls 2 à 3 % des vélos non marqués sont restitués à leur propriétaire.
La bonne nouvelle, c’est que le marquage obligatoire, en vigueur depuis 2021, commence à produire ses effets. Selon une réponse du ministère des Transports à l’Assemblée nationale5, le taux de restitution des vélos enregistrés au FNUCI est passé de 7,5 % en 2022 à 11,4 % en 2024 (sur 6,5 millions de vélos identifiés, soit plus d’un tiers des vélos actuellement utilisés).
Questions fréquentes : les vols de vélos électriques en France en chiffres
Combien de vélos électriques sont volés chaque année en France ?
Aucune statistique officielle ne distingue les VAE des autres vélos. L’ADMA estime la part à 23 % : sur une base de 350 000 à 580 000 vélos volés par an, cela donne donc entre 80 500 et 133 400 vélos électriques dérobés à l’année.
Quelle proportion de vélos volés est retrouvée ?
Environ 100 000 vélos sont retrouvés chaque année, mais seulement 7 % sont restitués à leur propriétaire. Pour les vélos enregistrés au FNUCI, ce taux atteint 11,4 % en 2024, contre 7,5 % en 2022. Le marquage, obligatoire pour la plupart des cycles, augmente donc les chances de retrouver son vélo en cas de vol.
À combien s’élèvent les aides pour l’achat d’un vélo électrique ?
Les aides nationales ont pris fin le 14 février 2025. Certaines collectivités maintiennent leurs propres dispositifs : renseignez-vous auprès de votre région, de votre département et de votre intercommunalité, les montants varient fortement d’un territoire à l’autre.
Combien coûte une assurance vélo électrique ?
Comptez généralement 30 à 120 euros par an pour une formule vol et casse, davantage pour un vélo de forte valeur ou un cargo. Attention : la quasi-totalité des contrats exigent un antivol homologué, un vélo attaché à un point fixe et souvent un marquage.
Combien coûte le marquage d’un vélo ?
Entre 10 et 30 euros, selon l’opérateur agréé, sachant que le marquage augmente significativement les chances de retrouver son vélo en cas de vol (à condition de bien penser à signaler ce dernier dans le registre).
- https://www.masecurite.interieur.gouv.fr/fr/informations-locales/police-bas-rhin/le-velo-objet-de-convoitise ↩︎
- https://www.interieur.gouv.fr/fr/Interstats/Infractions-et-sentiment-d-insecurite/Vols/Insecurite-et-delinquance-en-2024-bilan-statistique-et-atlas-departemental ↩︎
- https://www.mobilites-actives.fr/wp-content/uploads/2024/08/2023_05_16_ouvrage_vol_velos_d041ded309.pdf ↩︎
- https://www.unionsportcycle.com/les-actualites/2026-04-24/observatoire-du-cycle-les-chiffres ↩︎
- https://questions.assemblee-nationale.fr/q17/17-2452QE.htm ↩︎
Certains liens de cet article peuvent être affiliés.
Prix indicatifs, susceptibles d'évoluer. L'image de une peut avoir été générée en tout ou partie par IA.











