Un mois avec le MOVA V70 Ultra Complete, le nouveau haut de gamme de la marque, vendu 949 € pendant les French Days au lieu de 1 399 €. Serpillière déportée de 16 cm, brossette de 12 cm, 40 000 Pa et une station sans sac qui lave les patins à l’eau chaude : les bords et les coins sont enfin traités. Nous allons voir ce que ce robot sait faire quand le sol est vraiment sale !
Depuis son émancipation de l’écosystème Dreame, MOVA avance à un rythme que peu de concurrents tiennent : reprendre les briques technologiques les plus pointues du haut de gamme et les envoyer sur le marché à un tarif qui pique un peu moins que la moyenne premium. Le V70 Ultra Complete débarque avec une promesse simple : nettoyer toujours un peu plus loin.

Pour cela, MOVA dégaine son argument massue, le système MaxiReachX : une serpillère capable de se déporter jusqu’à 16 cm et une brosse latérale qui s’étend sur 12 cm, histoire de traiter plinthes, angles et pieds de meubles au plus près. Le reste de la fiche est assez clinquant : 40 000 Pa d’aspiration, une pression de lavage de 15 N à 300 tr/min, un franchissement d’obstacles annoncé jusqu’à 9 cm (StepMaster 2.0), à condition qu’il s’agisse de deux marches de 4,5 cm espacées de 18 cm, et une station sans sac (EcoCyclone) qui troque le sac à poussière contre un bac lavable, tout en lavant les patins à l’eau chaude avant de les sécher à l’air chaud.
Ces 40 000 Pa changent-ils vraiment la donne face à un Z60 ? Le bras extensible tient-il ses promesses de couverture ? La détection des tapis suit-elle la cadence ? Et le fameux franchissement de seuils est-il aussi héroïque que la fiche le laisse croire ? C’est tout l’objet du présent test, lequel a duré environ un mois sur parquet, carrelage et tapis !
| Caractéristiques techniques | MOVA V70 Ultra Complete X |
|---|---|
| Dimensions | Robot : 350 × 350 × 88 mm Station : 420 × 458 × 470 mm |
| Poids | Robot : 4,56 kg Station : 11,79 kg |
| Capacité de franchissement d’obstacles | 90 mm (en deux temps uniquement avec au 18 cm d’espace entre deux marches : 4,5 + 4,5 cm) |
| Déploiement de la brosse latérale/serpillère | 12 cm / 16 cm |
| Élévation de la serpillère | 10,5 mm |
| Puissance d’aspiration | 40 000 Pa |
| Pression vers le sol | 15 N |
| Batterie | Li-ion 6 400 mAh |
| Autonomie annoncée | jusqu’à 220 min en aspiration seule |
| Temps de charge complète annoncée | jusqu’à 270 min |
| Volume du collecteur à poussière | bac robot : 300 mL bac station : jusqu’à 100 jours d’usage mains libres |
| Capacité du réservoir d’eau propre / usée | robot : 80 ml station : 4 L / 3,5 L |
| Raccordement à l’eau | en option en kit à 99 € (149 € habituels) |
| Lavage des patins | température réglable sur quatre niveaux dans l’application : normal, tiède, chaud, très chaud |
| Stérilisation de la planche | jusqu’à 100 °C |
| Séchage des serpillères | air chaud à 70 °C (environ 1 h) |
| Volume sonore (mesuré au sonomètre à 1 m de distance) | robot : entre 61 et 72 dB aspiration de la station et auto-nettoyage : entre 73 et 81 dB |
| Assistance vocale | Hey MOVA, Google Assistant, Alexa, Siri |
| Indice de réparabilité / disponibilité des pièces | 8,1/10 / 5 ans |
| Garantie | 3 ans |
| Prix | 949 € |
Points forts : là où MOVA V70 Ultra Complete nous a séduits
Voici les principaux points positifs à retenir de ce modèle, par ordre croissant d’importance !
Prise en main : MOVA met (encore) le paquet
On ne va pas se mentir : chez MOVA, le premier contact fait rarement mauvaise impression. Le V70 Ultra Complete ne déroge pas à la règle, avec un carton généreux, une installation expédiée en quelques minutes et une application qui nous prend gentiment par la main du premier branchement jusqu’au premier cycle.


Dans la boîte, on trouve évidemment le robot et sa station, mais également le kit d’accessoires supplémentaire, avec :
Le kit livré avec la version Complete repousse le premier achat de consommables d’environ un an : huit serpillières en tout, trois filtres de bac, deux brosses principales et deux brossettes, plus un litre de solution. MOVA valorise ce kit 169 € dans sa communication de lancement, et c’est à peu près ce que donne l’addition de ses pièces vendues séparément. Ensuite, tout s’achète sur la boutique de la marque :
| Pièce | Prix boutique MOVA France | Périodicité |
|---|---|---|
| Solution de nettoyage (1 L) + Kit de 4 serpillières | 34,98 € | Remplacement à l’usure |
| Filtre du bac à poussière du robot | 24,99 € | Lavable, remplacement à l’usure |
| Double rouleau anti-emmêlement | 44,99 € | Remplacement à l’usure |
| Solution multi-surfaces 1 L | 14,99 € | Selon dosage |
| Solution anti-odeurs animaux 1 L | 29,90 € | Selon dosage |
| Produit sols en bois | 16,90 € | Selon dosage |
| Kit de remplissage et de vidange automatiques | 99 € (prix habituel 149 €) | Une fois |



L’installation prend une dizaine de minutes (en ajouter 10 autres pour la cartographie rapide), mais c’est plutôt intuitif : on retire les protections, on cale la station contre un mur (avec un peu de dégagement devant et sur les côtés), on clipse la rampe, on remplit le réservoir d’eau propre et on verse les deux solutions dans le double distributeur. Il ne reste plus qu’à scanner le QR code du robot depuis l’application MOVAhome (iOS/Android) pour lancer l’appairage. Vient ensuite le traditionnel téléchargement du plug-in de l’appareil, puis une mise à jour du micrologiciel (version 4.3.9_1922 sur notre exemplaire). La connexion au réseau se fait de manière parfaitement guidée.



Avant même la première carte, l’appli prend les devants en présentant quelques fonctionnalités avancées à activer tout de suite, selon vos besoins (belle anticipation, plutôt que d’avoir à fouiller le menu) :
Puis vient le guide de cartographie rapide avec les bons réflexes : ouvrir les portes, ranger le sol, allumer les lumières et, pendant le tour de reconnaissance, ne pas déplacer le robot ni la station. La cartographie en elle-même est bouclée en quelques minutes.



Enfin, l’édition de carte ciblée met à disposition une vraie palette d’outils pour affiner le tout : gestion et séquence des pièces, zones interdites et murs virtuels, rampes/seuils virtuels, meubles, tapis, zones à faible hauteur, rideaux et matériau du sol. Résultat, une fois l’écran d’accueil atteint (Entrée, Démarrer, Recharge et raccourcis à portée de pouce), on a le sentiment d’avoir été accompagné du début à la fin sans jamais tâtonner. Pour un robot bardé de fonctions, c’est capital.
Autonomie et recharge : pas la plus endurante, mais parfaitement orchestrée
Sous le capot, on retrouve une batterie de 6 400 mAh, pour une autonomie annoncée jusqu’à 220 min en aspiration seule. Une capacité dans la norme du premium, sans plus. À l’usage, cela donne une couverture qui varie logiquement avec la difficulté du terrain. Sur un cycle CleanGenius de notre appartement, le robot a traité 36 m² nets en 78 minutes (sur 65 m² « bruts » en retirant les meubles etc.), en terminant à 31 % de batterie. En extrapolant depuis cette mesure, on arrive à de l’ordre d’1 h 50 de travail en continu avant qu’il ne doive repasser par la case recharge (à prendre comme un ordre de grandeur).
Ce qui pèse ici, ce n’est pas que l’aspiration : ce mode mixte a déclenché cinq lavages de serpillère, dont trois en plein milieu du cycle, autant d’allers-retours à la station qui allongent la durée totale mais garantissent des patins toujours propres. Sur une surface plane et dégagée, la même batterie couvrira nettement plus ; dès que tapis, obstacles et minutie des bords s’accumulent, elle descend plus vite.



Là où il rassure vraiment, c’est sur la reprise intelligente. Si la batterie faiblit avant la fin, le robot rentre à sa station, se recharge, puis reprend son cycle exactement là où il s’était arrêté. Sur une grande surface, l’autonomie brute n’est pas tant un enjeu. D’autant que la recharge est rapide : on a mesuré une remontée frôlant 1 %/min tant qu’il reste sous les 90 % (le rythme ralentissant ensuite aux alentours de 0,6 %/min, comme sur toute batterie lithium), soit une charge complète que nous estimons autour de 2 h 30 à 2 h 45 (on a mesuré 1 h 10 pour passer de 58 à 100 % ; MOVA annonce jusqu’à 270 min).
Surtout, l’application soigne la gestion de la batterie. On y trouve trois leviers :
Ces bons réflexes bonifient une batterie qui n’est pas la plus étalée du marché, car bien épaulée par la recharge rapide et la reprise automatique.
Station très complète et sans sac !
Format imposant mais assumé (420 × 458 × 470 mm), la base gère tout : remplissage de la solution, vidage de la poussière, lavage et séchage des patins, recharge du robot. L’abandon du sac à poussière au profit d’un bac lavable (baptisé EcoCyclone) offre un double gain : plus de sacs à racheter et un déchet de moins. MOVA annonce jusqu’à 100 jours mains libres. Comme la saleté est bien compactée, cela nous semble crédible. Au bout d’un mois, le tiers du bac seulement était rempli. Néanmoins, si vous l’utilisez tous les jours dans une grande maison qui se salit vite, descendez à un ou deux mois.

Nota bene : l’appellation EcoCyclone est purement marketing (MOVA reconnaît lui-même en petits caractères qu’il ne s’agit pas d’une vraie séparation cyclonique), et l’entretien du bac sans sac est un peu plus contraignant qu’un simple sac à jeter, avec un filtre qui peut se colmater si on le néglige.
Autre gros point fort : à chaque retour à quai, la station rince les patins puis les sèche à l’air chaud ; une température annoncée à 70 °C par MOVA (valeur de laboratoire interne), pendant environ une heure. Cette montée en température décolle les salissures et évite surtout que les patins ne macèrent humides entre deux cycles. Et en effet, nous n’avons constaté ni remontées d’odeurs ni moisissures. Les serpillères sortent propres (ou presque, quand elles déteignent sur certaines taches particulièrement salissantes).
Nota bene : nous avons exclusivement utilisé le niveau 3/4, soit la température sélectionnée par défaut dans l’application.

La planche de lavage, elle, bénéficie d’une stérilisation annoncée à 100 °C via un élément chauffant PTC (un chiffre qui concerne la planche, et non la température au contact de la serpillère).
Nota bene : l’application propose quatre niveaux de température de lavage (normal, tiède, chaud, très chaud).

Côté eau enfin, les réservoirs (4 L d’eau propre, 3,5 L d’eau usée) suffisent à enchaîner au moins trois lavages d’affilée, et le distributeur à double compartiment DuoSolution dose tout seul : solution universelle d’un côté, produit spécifique de l’autre (par exemple l’anti-odeurs pour animaux), le robot piochant dans le bon flacon selon le mode. Bref, la station coche toutes les cases de 2026.
Nota bene : il existe même un kit de raccordement à l’arrivée et à l’évacuation d’eau, proposé en option, qui supprime le remplissage du réservoir propre et la vidange du réservoir sale. À 99 € en promotion, il vaut le détour pour quiconque peut poser la station à portée d’un point d’eau. C’est aussi une option que la plupart des concurrents à ce prix ne proposent pas.


En ce qui concerne la manipulation du collecteur, on le trouve tout à fait ergonomique. Facile à retirer, avec une large ouverture au niveau du filtre, ce qui permet de sortir la saleté sans trop y mettre les doigts. Bien sûr, le bac finira par s’encrasser, et il faudra le rincer régulièrement, mais pas besoin de dépendre de l’installation d’un sac adapté, et ça, c’est très important à nos yeux, plus encore que les quelques dizaines d’euros économisés chaque année ! Et cela réduit les déchets, ce qui ne gâche rien.
Nota bene : en contrepartie, le filtre sans micro-grille du robot se colmate plus vite qu’avec un sac fermé, et le vidage du collecteur met la poussière en contact direct avec l’air ambiant, ce que les personnes allergiques préféreront éviter.
Navigation : précise et sûre d’elle (ou presque)
Côté déplacements, le V70 inspire vite confiance. Guidé par sa tourelle LiDAR rétractable (qui s’abaisse pour se glisser sous les meubles) épaulée par le module de vision frontal, il évite les obstacles avec une belle constance. La vidéo ci-dessous montre qu’il esquive la totalité des objets du test (câble de chargeur, jouet, chaussure, chaussette). Il est également très performant autour des pieds de chaise. Une fois l’obstacle contourné, il ne l’oublie pas et revient nettoyer tout autour.
L’autre bonne surprise, c’est le franchissement. Grâce aux pattes rétractables motorisées du système StepMaster 2.0, le robot annonce jusqu’à 4,5 cm en une marche et environ 9 cm en deux temps. Sur notre parcours, un seuil de 4 cm a été avalé sans broncher, châssis soulevé et passage net. Le tout s’accompagne d’une cartographie réactive : tapis et seuils sont détectés et reportés sur la carte quasi instantanément, sans qu’on ait à repasser derrière pour les signaler manuellement.
Premier bémol : dans les zones exiguës où s’accumulent tapis, fils et pieds de meubles, le robot se fait parfois un peu trop prudent et préfère contourner large, quitte à laisser un coin de côté. Rien de bloquant, cela dit : il suffit de le relancer sur la zone pour qu’il y retourne franchement (peut-être déplacer légèrement un obstacle pour se frayer un passage). On préférera toujours cette prudence à un robot qui fonce et s’emmêle (on a vite fait de faire tomber une guitare électrique…). Sur les bords de tapis en revanche, le robot mord parfois de quelques centimètres en mode lavage, patins baissés.
Second bémol : le tente parfois d’escalader un socle de bureau ou un pied de chaise luge au lieu de le contourner. Résultat : on l’entend forcer et retomber au sol. Nous préférons amplement employer la vieille astuce consistant à monter les chaises sur les tables.
Aspiration des grosses particules : du sérieux, surtout sur les bords
Fidèles à notre protocole maison, nous avons soumis le V70 à notre cocktail habituel de 50 g de grains de riz et de café, histoire de simuler des débris bien visibles dans des conditions volontairement sévères. Premier essai, les débris étalés en pleine surface, loin des bords, aspiration réglée à 3/4 : le robot ramasse 100 % du mélange en un double passage, bouclé en 4 min 46.
Deuxième essai, 40 g cette fois disposés le long des plinthes et dans les angles (la surface mesurée étant plus petite), même puissance et même logique de double passage : l’affaire est pliée en seulement 2 min 15, et c’est là que le V70 nous a le plus convaincus.
Contrairement à beaucoup de robots dont la brosse latérale éjecte les particules autant qu’elle les rassemble, ici la brossette ramène nettement plus qu’elle ne disperse (tout particulièrement dans les angles, où elle va chercher les grains au lieu de les catapulter). Sur ce terrain précis, la promesse du système MaxiReachX (couverture des bords et des coins) est, pour nous, clairement tenue.
Troisième essai enfin, sur un tapis à poils mi-courts avec 50 g de mélange : le robot en récupère 91 % en 1 min 45. Le second passage ne rattrape presque rien, non par manque de puissance, mais parce que les grains restants étaient bel et bien enfoncés entre les fibres ; un résultat qui reste très correct pour ce type de surface. Et en définitive, ces 40 000 Pa ne changent pas vraiment la donne au quotidien face aux 28 000 Pa du Z60. Sur les débris courants, les deux en ont déjà largement sous le capot, le surplus ne se ressentant qu’à la marge, sur tapis ou saletés incrustées.
Nota bene : sur de la poudre, farine, sel ou café moulu, plusieurs tests tiers la voient étaler et laisser des amas en coin ; nous n’avons pas testé les particules fines.
Points faibles : là où MOVA V70 Ultra Complete a encore des lacunes
Il a fallu un peu le pousser dans ses retranchements et chercher la petite bête. Voici les défauts que nous avons relevés, toujours par ordre croissant d’importance !
Écosystème domotique : encore très limité
Toujours pas de Matter ni de HomeKit au menu. On retrouve bien les assistants vocaux habituels (Alexa, Google Assistant, Siri, plus le « Hey MOVA »), mais l’absence de ces deux standards d’interopérabilité prive le V70 d’une intégration propre dans un écosystème domotique unifié. On avait déjà formulé ce regret sur le Z60 Ultra Roller Complete, et MOVA n’a toujours pas franchi le pas. Dommage pour un modèle qui joue par ailleurs dans la cour du très haut de gamme.
Des patins qui se décrochent parfois
Voici un défaut que nous n’avons vu documenté nulle part chez nos confrères : à deux reprises en un mois, le V70 a perdu un patin de serpillère en passant sous un meuble bas où traînaient déjà quelques objets rangés au sol. Le robot s’arrête alors, communique vocalement et envoie une notification sur l’application pour indiquer la nature du problème.
En effet, les patins FlexiPress sont amovibles et se clipsent/déclipsent automatiquement à la station (c’est ce qui permet, par exemple, de les laisser à quai en mode aspiration seule). Cette fixation, pratique au quotidien, semble aussi plus vulnérable au frottement : quand le robot force son passage dans un espace bas et encombré, un accrochage suffit à faire sauter le patin. Rien de rédhibitoire, on remet le patin en place en deux secondes, mais dans un logement meublé bas et un peu chargé au sol, mieux vaut garder un œil dessus, voire délimiter des zones à faible hauteur dans l’application pour éviter les passages à risque.
Lavage : agile, mais pas le bras le plus musclé
C’est là que le V70 montre ses limites. Agile, il l’est incontestablement : grâce à sa serpillère déportée et à son profil fin, il va jusqu’à se faufiler sous un radiateur pour passer le patin au ras du mur. Mais le V70 accuse le coup face aux modèles à rouleau (leur propre Z60 Ultra Roller Complete en tête) : ses patins rotatifs essuient efficacement, sans jamais vraiment récurer.

Notre test de choc le confirme. Avec 25 cl de notre mélange maison (marc de café, eau et liqueur bien poisseuse), le robot est vite submergé. Il gère environ 80 % du dégât, mais la surface reste collante après son passage, et il a laissé sur la plinthe une petite ligne de marc… en deux passages tout de même. Il lui est même arrivé de resemer un peu de marc collé aux lingettes à quelques endroits. C’est la limite physique du patin : sans aspiration d’eau sale, ce qui est décollé est dilué et redistribué, là où un rouleau l’emporte dans son réservoir. Et le mode automatique n’aide pas : devant une flaque séchée, il a tendance à la prendre pour de la poussière et à aspirer au lieu de laver ; un cycle manuel intensif fait mieux.
Ajoutons, côté cosmétique, une station toute blanche qui ne pardonne pas la moindre trace. Les taches sèches, elles, ne sont pas vraiment attaquées : les moins collantes partent. Mais du ketchup collé au carrelage laisse toujours une trace après plusieurs passages. Rien d’anormal pour un système à patins, mais quand on affiche 15 N de pression et 300 tr/min sur la fiche, on en attendait un peu plus de mordant.
Nota bene : en entretien courant, en revanche, il fait le job. Il passe partout, la pellicule sèche en deux minutes même à haut débit d’eau, et rafraîchit très correctement un sol pas trop sale. Le souci n’apparaît que dès que ça devient un peu visqueux.
Cheveux : l’anti-emmêlement montre ses limites
Dernier protocole, et pas le plus flatteur : le test des cheveux. Nous avons éparpillé une mèche découpée en trois longueurs (une de 20 cm, une de 10 cm et une de 5 cm) d’abord sur un tapis, puis sur sol dur.
Sur sol dur, le bilan est en trompe-l’œil. Le robot attrape bien la totalité des mèches… mais une fois le cycle terminé, on ne retrouve presque rien dans le bac : les cheveux, surtout les longs, se sont enroulés autour du rouleau et de la brosse latérale au lieu de finir aspirés. La technologie anti-emmêlement limite sans doute la casse par rapport à un robot classique, mais elle ne l’empêche pas sur ce type de chevelure longue. Sur tapis, c’est carrément moins bon : le V70 recrache des bouloches qui viennent s’accrocher aux fibres, et il faut repasser derrière.


Notre verdict est donc sans détour : il n’ira pas chez le coiffeur. Cela ne veut pas dire qu’il est inadapté aux foyers avec animaux ; sur les poils courts de chien ou de chat, et plutôt sur sols durs, il fait un travail convenable, ce qui correspond à l’usage réel de la grande majorité des ménages. Mais les cheveux longs restent son point faible : si votre quotidien ressemble à un salon de coiffure, mieux vaudra vérifier régulièrement le rouleau et la brossette, voire les nettoyer à la main entre deux cycles.
Positionnement sur le marché et alternatives sérieuses
Affiché à 1 399 € (et déjà croisé autour de 949 € en promotion), le V70 Ultra Complete joue clairement dans la cour du très haut de gamme 2026. Sa carte maîtresse est limpide : le système MaxiReachX, qui règle enfin le vieux problème des coins, des plinthes et des pieds de meubles, épaulé par une station sans sac à l’entretien réellement allégé et une navigation sûre.

En revanche, on l’a vu, il n’est pas le champion du décrassage : son lavage à patins essuie bien plus qu’il ne récure, et les cheveux longs restent son point faible. C’est donc un excellent robot de maintien au propre au quotidien, spécialiste des bordures, plutôt qu’une brute à taches incrustées. À ce tarif, la concurrence est rude ; voici trois rivaux à mettre en face.
MOVA Mobius 60, le cousin caméléon : il change de serpillère tout seul
Là où le V70 déporte sa serpillère, le Mobius 60 (8,4 à notre test) mise sur des patins interchangeables selon les zones : un textile pour le gras, un pour les sols délicats, un pour l’usage courant. Ils sont changés automatiquement à la station en cours de cycle. Ajoutez 30 000 Pa, un franchissement jusqu’à 8 cm (en deux temps) et une station qui lave à 100 °C, et vous obtenez un robot ambitieux, facturé 1 499 € au lancement, il peut descendre à 649 € !).

Son défaut est en revanche plus gênant que ceux du V70 : nous l’avons vu à plusieurs reprises peiner à se réamarrer à sa station, bloqué à l’entrée (souvent à cause d’une rampe ou d’un filtre mal positionnés, donc corrigeable, mais agaçant). À réserver à ceux que la séparation des serpillères par zone séduit vraiment ; pour le reste, notre verdict était clair : un très bon concept, pas encore un incontournable.
ECOVACS Deebot X12 OmniCyclone : le rouleau qui récure là où le V70 se contente d’essuyer
Trouvable à 949 €, c’est un choix malin, et sans doute le plus frontal, car il attaque le point faible du V70. Sans sac lui aussi (station OmniCyclone), il troque les patins rotatifs contre un rouleau OZMO pleine largeur qui, lui, récure réellement (épaulé par le pré-traitement des taches FocusJet et un anti-emmêlement ZeroTangle 4.0 nettement plus à l’aise sur les cheveux).

Sa recharge PowerBoost permet également une recharge en cours de cycle, et la station offre un auto-nettoyage de la serpillère à 75°C. Le tout désormais souvent sous les 1 000 €. Trois contreparties : son aspiration plafonne à 22 000 Pa (loin des 40 000 Pa du V70), et sa brossette n’est pas extensible, donc les angles et les coins restent perfectibles. Enfin, il n’existe pas de kit de raccordement direct au réseau d’eau pour cet appareil, contrairement au V70.
Dreame X60 Pro Ultra Complete : la même idée, poussée deux centimètres plus loin
Le rival le plus direct, issu de la même maison mère. Il pousse l’idée du V70 encore plus loin avec son double bras UltraExtend : serpillère déportée jusqu’à 18 cm (contre 16) et brossette à 12 cm, le tout avec 42 000 Pa, un franchissement de 10 cm et une recharge rapide annoncée à 11 A.

Facturé 1 499 € au lancement mais déjà tombé autour de 1 290 €, il se pose en surclassement quasi direct.
Nota bene : attention avant d’acheter, Ecovacs a présenté son successeur, le X12S OmniCyclone, à l’IFA 2026 ; le X12 devrait baisser encore, ou disparaître.
Au terme de cette cohabitation, le V70 Ultra Complete tient surtout une promesse : celle du confort. Un déballage généreux, une installation guidée pas à pas, une station sans sac qui lave, sèche et se ressert seule, et une navigation sûre qui va vraiment nettoyer les bords et les coins grâce au bras MaxiReachX. Au quotidien, sur des sols à entretenir plus qu'à décrasser, c'est un vrai plaisir. Il montre en revanche ses limites dès que ça se corse : les taches incrustées et les cheveux longs lui résistent, et l'on regrette l'absence de Matter/HomeKit comme ces patins qui se décrochent parfois sous un meuble. Un excellent robot de maintien au propre, donc, plaisant et abouti.
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Design
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Application
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Efficacité
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Volume sonore
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Fonctionnalités
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Connectivité
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Navigation
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Prix
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