Quelques jours vissé à ce siège nous ont permis d’évaluer l’ambition du Sihoo Doro C300 Pro V2 : offrir le soutien lombaire et l’ergonomie d’un fauteuil haut de gamme pour moins de 500 euros. Le maintien dynamique du dos nous a bluffés, mais quelques détails de finition l’empêchent de signer un sans-faute. Découvrez notre test du Sihoo Doro C300 Pro V2.
Ce test a été réalisé après une utilisation en situation réelle, durant plusieurs jours, sur un fauteuil fourni par la marque. Néanmoins, nous l’avons rédigé en toute indépendance, sans intervention du constructeur. Les points forts et points faibles cités dans ces lignes sont fondés à la fois sur nos impressions personnelles, et sur une synthèse des avis de médias indépendants de référence sur le sujet.
| Caractéristiques techniques | Sihoo Doro C300 Pro V2 |
|---|---|
| Matériaux | Dossier et assise en maille ; accoudoirs recouverts de PU souple |
| Accoudoirs | Accoudoirs bioniques 8D |
| Charge maximale | Jusqu’à 150 kg |
| Profondeur d’assise | 43cm – 47 cm |
| Largeur du siège | 52 cm |
| Hauteur du dossier | 52 – 60 cm (au-dessus de l’assise) |
| Angles d’inclinaison | 105°, 120°, 135° |
| Poids | 36,34 kg |
Déballage et montage : unboxing du Sihoo Doro C300 Pro V2
Le fauteuil arrive en deux cartons distincts comprenant tout l’outillage dont vous avez besoin pour le montage. Sihoo glisse même une paire de gants dans le carton, sans doute pour monter le siège sans se massacrer les mains sur les pièces métalliques (on avoue avoir fait l’impasse, et tant pis pour le style).


Le montage n’est pas bien compliqué (même si, seul, le montage d’un fauteuil de bureau peut toujours être un peu fastidieux, à défaut de pouvoir stabiliser les pièces pendant qu’on les visse). Montre en main, 30 à 40 minutes de montage dans notre cas, mais certains tests annoncent 15 à 30 minutes : tout dépendra donc de votre dextérité. On notera un suremballage plastique quelque peu surabondant (chaque composant étant emballé deux fois, roulettes comprises).
Design et matériaux : une structure « premium », un look qui peut diviser
Le fauteuil ne fera pas l’unanimité au niveau du design : beaucoup de testeurs décrivent un look « vaisseau spatial » très technique, avec ses mécanismes articulés apparents, risquant de jurer dans un intérieur classique. Il est vrai que c’est un fauteuil assez massif, et qu’il faut donc « le voir chez soi » (mais c’est en général le mal nécessaire pour une assise de qualité).

De notre côté, on l’a trouvé étonnamment « passe-partout » pour un siège ergonomique. Ses lignes restent sobres, loin du look agressif des fauteuils gaming baquet, et il nous semble qu’il se fond dans notre décoration sans la perturber. L’aspect très ajouré de son tissu mesh fait qu’on « voit au travers » et qu’on tend donc un peu à l’oublier. Question de goût, donc : on vous invite à juger sur photos avant de trancher.

Côté matières, le C300 Pro V2 (disponible en noir ou en blanc) mise sur une grande surface de maille Cloud Mesh 2.0, tendu sur le dossier comme sur l’assise, qui donne cette silhouette légère et transparente. Le reste de la structure est majoritairement en plastique renforcé, avec des accoudoirs gainés de PU (un revêtement souple agréable au coude) et quelques touches chromées qui apportent un vrai cachet « premium » à l’ensemble.
On aurait apprécié un peu plus de métal sur les articulations visibles, et il faudra rester vigilant face aux rayures sur les parties brillantes ; mais la construction inspire confiance : pas de grincement, des matériaux qui semblent taillés pour durer (certifiés BIFMA, SGS et TÜV), et une robustesse qui semble à même d’encaisser les gabarits les plus costauds. Les avis clients que nous avons consultés semblent pointer du doigt les accoudoirs, qui semblent la pièce la plus fragile de l’ensemble, et celle qui présente les signes d’usure les plus prématurés.
Ergonomie et confort : le grand point fort (malgré quelques failles)
C’est sur ce point que l’on attend le C300 Pro V2 au tournant : parvient-il à assurer une ergonomie digne d’un fauteuil à plus de 1 000 euros, malgré son tarif sous les 500 euros ? Pas de suspense inutile : au niveau du soutien lombaire, il n’y a rien à redire. Large, ferme au bon endroit, il s’est révélé redoutablement efficace. Contrairement aux simples coussins lombaires qui se contentent d’appuyer dans le bas du dos, celui-ci épouse la cambrure et accompagne les mouvements.
C’est tout le principe du système maison, baptisé DynaCore : plutôt que de figer le corps dans une position dite « correcte », il coordonne quatre zones (tête, lombaires, dossier et accoudoirs) pour qu’elles réagissent ensemble au moindre mouvement du buste. À cela s’ajoute la structure SyncroFlex : lorsque vous vous penchez en avant pour taper, que vous vous recalez au fond de votre siège ou que vous vous inclinez en arrière, celle-ci suit la colonne, et le coussin lombaire reste en contact avec le bas du dos au lieu de décrocher.
À cela s’ajoute un soutien lombaire qui se règle sur trois modes (ferme, doux, ou centré sur le sacrum) selon votre dos et vos préférences. Résultat : sur une longue journée, le dos est activement soutenu, et on ressent vraiment la différence.
Au niveau des positions, le siège multiplie les réglages et les inclinaisons, jusqu’à un dossier qui se couche à 135°. Si le réglage du fauteuil dans son ensemble peut être assez fastidieux, surtout au début (on y reviendra plus loin), le Smart Weight-Responsive 2.0 ajuste seul l’inclinaison en fonction de votre poids. Mention spéciale à la position allongée, qui transforme la chaise en véritable « mode sieste » : on a presque l’impression de « flotter » tant le corps semble soutenu et maintenu, même à l’inclinaison maximale.

Dans cette position allongée, on apprécie le fait de pouvoir ajuster distinctement la partie inférieure et supérieure des accoudoirs, ce qui permet de « caler » ses bras lorsqu’on tient à bout de bras une console portable, par exemple. Bref, pour la pause déjeuner, le micro-repos entre deux réunions, ou même la session gaming en fin de journée, c’est un luxe.

Petite déception sur l’appui-tête : il ne joue pas son rôle en position de travail. Sa hauteur et son inclinaison se règlent, mais il semble trop en retrait vers l’arrière, même avec une profondeur d’assise réglée au cran maximal. Ainsi, en position de travail naturelle, penché vers l’écran ou le clavier, la tête ne retombe jamais d’elle-même sur l’appui-tête : il faut consciemment reculer la nuque pour le sentir. Autrement dit, il ne sert vraiment qu’en position de relâchement, ce qui est dommage. En conséquence, le fauteuil semble peu adapté aux personnes de grande taille.
Autre point en demi-teinte : le repose-pieds. Disponible en option (autour de 30 euros, non inclus de série), il se déploie quand on veut passer en position allongée. Néanmoins, cela reste juste une toile de tissu mesh tendue sur des barres métalliques, et selon l’inclinaison choisie, il arrive qu’on sente un peu le métal des barres sous le poids des mollets. Pour 30 euros de plus, difficile donc de vraiment justifier l’achat de cet accessoire en supplément.

Réglage : on a connu fauteuil plus intuitif
Pour profiter au mieux de ces différentes positions et réglages, encore faut-il pouvoir dompter le fauteuil. Le C300 Pro V2 est livré sans manuel d’utilisation papier : seul un QR code permet d’accéder à une version numérique de la notice. On admet être passé à côté au déballage et avoir dû chercher la notice sur Google, mais passons, car il y a plus embêtant.
En effet, même une fois qu’on a compris comment régler l’appareil, ce n’est pas si simple. La quasi-totalité des réglages reposent sur un système de crans unidirectionnel : en clair, il est impossible de « reculer » d’un cran ; il faut aller jusqu’au dernier cran pour réinitialiser le réglage, ce qui rend l’ajustement un peu plus long.
Plus frustrant encore, les accoudoirs sont trop sensibles. Certes, ils se règlent dans tous les sens (et c’est fort bienvenu), mais leurs crans sont si souples qu’il suffit de les frôler en se levant ou en tirant la chaise pour perdre leur position. On doit donc les recaler très (trop) souvent. Constat semblable du côté de l’appui-tête : quand on est allongé, il bascule trop facilement d’un cran à l’autre, sans verrouillage possible pour le figer.

Enfin, la manette du coussin lombaire est mal placée. On n’y accède pas facilement une fois assis : à plusieurs reprises, nous avons dû nous relever pour régler le soutien dorsal, puis nous rasseoir pour tester le résultat. La marque nous a ensuite expliqué qu’il était possible de se passer de la manette, et d’ajuster directement le coussin à la main en étant assis dans le fauteuil. Après vérification, c’est effectivement le cas ; mais encore faut-il le savoir.
Tout cela n’est rien de rédhibitoire sur le long terme, mais il faut avoir conscience que, plus encore que les autres fauteuils ergonomiques, le C300 Pro V2 vous demandera plusieurs jours d’utilisation avant de pouvoir le régler à votre convenance. Cela reste un vrai irritant, car même s’il coûte moins cher que les fauteuils haut de gamme, il demeure un produit facturé autour de 500 euros, soit un certain budget tout de même.
Rapport qualité-prix : l’argument qui fait pencher la balance
Plus exactement, le Sihoo Doro C300 Pro V2 s’affiche au tarif conseillé de 459,99 euros (sans repose-pieds) à 489,99 euros (avec repose-pieds) ; une montée en gamme par rapport aux tarifs habituellement encore plus agressifs chez Sihoo.
Malgré cette hausse de prix, l’addition aligne de solides arguments : un soutien dynamique du dos, un mesh premium et une flopée de réglages qu’on trouve d’ordinaire sur des sièges à 1 000 euros et plus. À ce titre, le rapport équipement/prix est excellent, à condition d’accepter que tout n’est pas parfait, et que le réglage du fauteuil peut se révéler quelque peu casse-pieds, surtout au démarrage.
Quelles alternatives au Sihoo C300 Pro V2 ?
Pour les budgets serrés, nous vous conseillons le Sihoo M18 : c’est l’option « entrée de gamme » du même fabricant. Il propose certes moins de réglages et un soutien lombaire plus basique, mais à moins de 200 euros, c’est le meilleur rapport qualité-prix de sa catégorie. De même, le petit frère Sihoo Doro C300 (non « Pro ») conserve l’excellent soutien lombaire, et compense la perte de plusieurs réglages par un tarif inférieur d’une centaine d’euros.
Chez les marques concurrentes, le FlexiSpot C7 de base et le Hbada E3 Pro jouent dans la même tranche de prix, avec des philosophies de réglage légèrement différentes mais une excellente ergonomie d’ensemble.
Et si votre budget vous le permet, la référence sur le haut de gamme reste le Herman Miller Aeron. À plus de 1 500 euros, c’est évidemment un fauteuil bien plus onéreux ; mais c’est, en l’état actuel du marché, le prix à payer pour une copie (presque) parfaite, sans les irritants du Sihoo Doro C300 Pro V2.
Test Sihoo Doro C300 Pro V2 : notre verdict
Dans l'ensemble, le Sihoo Doro C300 Pro V2 réussit son pari d'offrir une ergonomie digne d'un fauteuil haut de gamme dans un tarif « milieu de gamme ». Son soutien lombaire large, efficace et dynamique, son confort en position allongée, et son rapport équipement/prix en font un excellent compagnon de télétravail intensif.
Reste que pour tenir le budget, il arrive aussi avec quelques irritants : des accoudoirs trop mobiles, un appui-tête inopérant en position de travail, et des réglages assez complexes, qui ne sont pas rédhibitoires pris isolément, mais qui demandent un temps d'apprivoisement.
Si vous passez vos journées assis, que votre dos est votre priorité, et que vous n'êtes pas rebuté à l'idée de passer plusieurs jours (voire semaines) à apprivoiser ses réglages, vous avez là la possibilité de faire une très bonne affaire. Si vous voulez un siège prêt à l'emploi en cinq minutes, sans concessions, mieux vaudra monter en gamme, en revanche.
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