Le piège anti-ponte OVI de Wiliv, vendu 99,90 euros le lot de deux, promet de casser le cycle de reproduction des moustiques sans électricité ni insecticide. Boîtier en acier, plaques adhésives, application mobile : que vaut vraiment ce dispositif une fois posé dans un jardin ? Voici notre verdict après plusieurs semaines d’essai.
Wiliv, on connaissait déjà : la marque nous avait fait bonne impression avec sa borne anti-moustiques Willo, la plus élégante de notre comparatif des pièges au CO₂. Mais à plus de 800 euros, cette dernière n’est pas à la portée de tous les budgets.
Juste en-dessous des 50 euros par piège, l’OVI (ainsi nommé en raison de la racine latine qui signifie « œuf ») joue dans une cour beaucoup plus modeste côté prix. Attention toutefois : il repose sur une logique complémentaire qu’il faut bien saisir avant de sortir la carte bleue. Nous l’avons installé plusieurs semaines dans un jardin, à plusieurs emplacements différents.

Comment fonctionne le piège anti-ponte OVI, et pourquoi il complète la borne Willo ?
Là où la borne Willo diffuse du CO₂ pour attirer puis piéger les moustiques qui veulent vous piquer, l’OVI, lui, cible les femelles qui repartent pondre après leur « repas » (oui, on parle de votre sang).
Son superbe boîtier en acier recrée un faux site de ponte idéal : environ 1,5 litre d’eau (les moustiques aimant les eaux stagnantes), un peu de terre et quelques végétaux, dans une cavité bien sombre. Attirée par ce nid douillet, la femelle entre dans l’OVI et cherche à rejoindre l’eau, mais un filet rigide lui barre la route.
Elle tente alors de ressortir par les parois translucides, où l’attendent une plaque adhésive sur laquelle elle échoue. Résultat : plus de ponte, plus de larves, et moins de moustiques. Un concept simple, mais efficace, qui ne requiert ni produit insecticide, ni électronique, ni lumière.
Une installation simple et rapide
De ce fait, le montage prend à peine cinq minutes : on remplit le piège d’eau, on pose le filet, on clipse la plaque adhésive, et c’est parti.
À l’usage, deux points de la notice nous ont tout de même fait hésiter : d’abord, le sens du bac plastique compte. Pensez à orienter les poignées vers les faces opaques ; sinon, la pose des films collants se complique nettement.
Côté entretien, les plaques de l’OVI se changent tous les mois. Les recharges officielles coûtent autour de 15 euros le lot de 8. Un lot de huit couvre 4 mois pour la paire de pièges.
L’application mobile Wiliv permet de programmer une alerte à quatre semaines pour le remplacement des plaques, la fréquence recommandée par la marque. Elle accompagne aussi le montage et aide à identifier les espèces piégées.
Notre avis : un design qui fait mouche (ou moustique)
En matière de pièges à moustiques, l’OVI s’illustre par sa sobriété. Compact et discret, son design se fond aisément sur votre terrasse ou dans un massif de fleurs, sans ressembler à un gadget de quincaillerie. Il bénéficie, sur ce point, de l’avantage par rapport à ses concurrents, nettement moins flatteur à l’œil. À côté du gros seau noir qu’est le Biogents BG-GAT, son concurrent direct, l’écart esthétique saute aux yeux.

L’acier change aussi la sensation en main : 1,75 kg par piège, soit plus de trois fois le poids à vide d’un BG-GAT. Le boîtier reçoit un traitement par cataphorèse et une peinture polyester, que la marque met en avant pour la tenue aux intempéries. C’est là son premier vrai argument : c’est le seul piège à ponte qu’on accepte de laisser visible.
Efficacité : que valent vraiment les captures de l’OVI ?
L’OVI est donc « joli », mais qu’en est-il de son efficacité ? Après plusieurs semaines d’essai, nous avons vu ses plaques adhésives parfois un peu moins fournies que celles du BG-GAT, parfois équivalentes. En revanche, un point revient : l’OVI attrape nettement moins de feuilles et d’insectes non ciblés, qui viennent saturer la surface collante et compliquer la lecture des captures. Gardez à l’esprit qu’il s’agit d’une observation de terrain, sans protocole strict ni comptage systématique.
Une étude comparative permet d’aller plus loin. Menée par le laboratoire français IZInovation à La Ciotat, elle a confronté trois pièges à ponte, dont le BG-GAT, en permutant leurs emplacements toutes les 48 heures pour neutraliser l’effet du positionnement. Sur les moustiques capturés, aucune différence statistiquement significative entre les trois modèles. Bonne nouvelle pour le lecteur français : plus de 80% des moustiques piégés étaient des moustiques tigres.

Quelle que soit la marque, un piège pondoir ne désertifie pas un jardin à lui seul. La référence la plus citée, publiée dans le Journal of Applied Ecology en 2021, mesure bien jusqu’à 77 % de réduction des femelles, mais dans des conditions qui n’ont rien d’un jardin de particulier : au Texas, sur Aedes aegypti et non sur le moustique tigre, avec des pièges déployés à l’échelle du quartier, à raison de 2,7 pièges par maison dans un rayon de 200 mètres. L’année où la couverture était plus faible, les auteurs n’observent aucune réduction significative, et relèvent même une abondance supérieure en dessous d’un piège par maison. Traduit pour votre terrasse : deux OVI chez vous, quand vos voisins ne font rien, vous placent très loin du seuil qui fait basculer les chiffres.
Concrètement, l’OVI prend donc tout son sens en nombre (le pack en contient deux, c’est un début), et surtout en complément d’une borne comme la Willo, qui s’attaque de son côté aux femelles en quête de piqûre. N’espérez pas éradiquer les moustiques de votre jardin avec le seul OVI.
Après deux mois, la durabilité pose question
Un mot enfin sur la tenue dans le temps, et c’est là que notre exemplaire nous a déçus. Après seulement deux mois d’exposition, l’un des filets rigides s’est percé, vraisemblablement du fait d’un escargot, et une plaque en PVC s’est détachée, sans doute sous l’effet du soleil et de la canicule.
Sur un produit vendu pour son acier « robuste et durable résistant aux intempéries » et garanti 2 ans, on peut se demander si les pièces plastiques ont reçu la même attention que le boîtier. Seule une saison complète tranchera vraiment.


Notre avis : pour qui l’OVI vaut-il le coup ?
Si vous possédez déjà une borne Willo et que vous voulez attaquer la reproduction en parallèle, l’OVI est un complément très pertinent, plus discret que la concurrence directe et facile à entretenir.
Si vous partez de zéro et que l’esthétique vous importe peu, le BG-GAT fait le même travail pour un peu moins cher et le rapport de laboratoire comme nos propres plaques les placent au coude à coude sur les captures. Vous payez donc une trentaine d’euros de plus, et des recharges un peu plus cher, pour un objet que vous n’aurez pas forcément envie de cacher derrière un buisson. L’arbitrage se défend très bien.
Et vous, sur quel piège misez-vous cet été ?
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