Le piège anti-ponte OVI de Wiliv, vendu 99,90 euros le lot de deux, promet de casser le cycle de reproduction des moustiques sans électricité ni insecticide. Boîtier en acier, plaques adhésives, application mobile : que vaut vraiment ce dispositif une fois posé dans un jardin ? Voici notre verdict après plusieurs semaines d’essai.
Wiliv, on connaissait déjà : la marque nous avait fait bonne impression avec sa borne anti-moustiques Willo, la plus élégante de notre comparatif des pièges au CO₂. Mais à plus de 800 euros, cette dernière n’est pas à la portée de tous les budgets.
Juste en-dessous des 50 euros par piège, l’OVI (ainsi nommé en raison de la racine latine qui signifie « œuf ») joue dans une cour beaucoup plus modeste côté prix. Attention toutefois : il repose sur une logique complémentaire qu’il faut bien saisir avant de sortir la carte bleue. Nous l’avons installé plusieurs semaines dans un jardin, à plusieurs emplacements différents.

Comment fonctionne le piège anti-ponte OVI, et pourquoi il complète la borne Willo ?
Là où la borne Willo diffuse du CO₂ pour attirer puis piéger les moustiques qui veulent vous piquer, l’OVI, lui, cible les femelles qui repartent pondre après leur « repas » (oui, on parle de votre sang).
« Le piège imite à la perfection un site de ponte pour inciter les femelles (chargées d’œufs) à s’y poser. Une fois à l’intérieur, la femelle est capturée sur une plaque adhésive. Une seule femelle interceptée, c’est jusqu’à 200 futurs moustiques en moins dans votre jardin ! » – Wiliv
Son superbe boîtier en acier recrée un faux site de ponte idéal : environ 1,5 litre d’eau (les moustiques aimant les eaux stagnantes), un peu de terre et quelques végétaux, dans une cavité bien sombre. Attirée par ce nid douillet, la femelle entre dans l’OVI et cherche à rejoindre l’eau, mais un filet rigide lui barre la route.
Elle tente alors de ressortir par les parois translucides, où l’attendent une plaque adhésive sur laquelle elle échoue. Résultat : plus de ponte, plus de larves, et moins de moustiques. Un concept simple, mais efficace, qui ne requiert ni produit insecticide, ni électronique, ni lumière.
Ce filet rigide n’est pas un détail de fabrication, c’est la pièce qui sépare un piège d’un gîte à moustiques. Sur un pondoir, quelle que soit la marque, le filet est la seule barrière entre la femelle et l’eau : s’il s’affaisse, se déplace, ou se charge de feuilles au point de toucher la surface, la femelle pond, les larves se développent, et le piège fabrique les moustiques qu’il devait supprimer. L’Anses formule cette réserve noir sur blanc, nous y revenons plus loin. Une base rigide, elle, ne s’affaisse pas sous le poids des débris.
Une réserve tout de même, et elle vient de notre propre jardin : rigide ne veut pas dire increvable. L’un de nos deux filets s’est percé au bout de deux mois, et un filet troué donne accès à l’eau exactement comme un filet affaissé. Nous détaillons ce point en fin de test.
Contre quels moustiques, au juste ?
Un piège anti-ponte cible les Aedes, et en France cela veut dire le moustique tigre. Le rapport de laboratoire commandé par Wiliv le confirme : 85 % des moustiques capturés par l’Ovi lors de l’essai étaient des moustiques tigres, contre 15 % de moustiques communs. Si votre nuisance est nocturne et bourdonnante, elle vient probablement d’un Culex, et ce type de piège n’est pas l’outil adapté.
Une installation simple et rapide
De ce fait, le montage prend à peine cinq minutes : on remplit le réservoir d’environ 1,5 litre d’eau avec un peu de terre et quelques végétaux, on pose le filet, puis on clipse une plaque adhésive sur chacune des deux faces ajourées. Le détail compte : le lot de deux pièges est livré avec quatre plaques, soit jusqu’à un seul mois de couverture pour la paire.
À l’usage, deux points de la notice nous ont tout de même fait hésiter : d’abord, le sens du bac plastique compte. Pensez à orienter les poignées vers les faces opaques ; sinon, la pose des films collants se complique nettement.
Côté entretien, les plaques se changent tous les mois. À deux plaques par piège, la paire en consomme quatre par mois : la recharge de huit plaques, vendue 14,90 euros sur le site de la marque, tient donc deux mois. Comptez une cinquantaine d’euros de consommables pour couvrir une saison de mai à novembre, en plus des 99,90 euros d’achat. C’est le poste de dépense souvent sous-estimé sur ce type de produit.
Face au BG-GAT de Biogents, son concurrent direct, l’addition est plus salée. Le détail du calcul :
| Wiliv OVI | Biogents BG-GAT | BG-GAT pack saison | |
|---|---|---|---|
| Rythme de remplacement | 2 plaques par piège, tous les mois | 1 fiche par piège, tous les 15 jours | 1 fiche par piège, tous les 15 jours |
| Consommation, 2 pièges | 4 plaques par mois | 4 fiches par mois | 4 fiches par mois |
| Prix du pack | 14,90 € les 8 | 12,50 € les 10 | 29,25 € les 30 |
| Prix à la plaque | 1,86 € | 1,25 € | 0,98 € |
| Coût mensuel, 2 pièges | 7,45 € | 5,00 € | 3,90 € |
| Saison mai à novembre | 52 € | 35 € | 29 € |
Les deux pièges consomment le même nombre de plaques, quatre par mois pour une paire. L’OVI en porte deux par piège, remplacées tous les mois ; le BG-GAT n’en porte qu’une, remplacée tous les quinze jours. L’écart de coût vient donc uniquement du prix unitaire. Saison calculée sur sept mois, soit 28 plaques.
Wiliv défend son positionnement par une plaque plus de deux fois plus grande, fixée par encoche à l’intérieur du piège et donc mieux protégée de la pluie et de la poussière. L’argument n’est pas creux, nos plaques restaient effectivement plus propres que celles du seau ouvert de Biogents. Si elles tiennent les deux mois annoncés en zone peu infestée, l’écart s’efface. Au rythme mensuel préconisé par la notice, il reste réel.
Ce rythme mensuel n’est d’ailleurs qu’une moyenne. Wiliv recommande un contrôle visuel hebdomadaire et un remplacement calé sur l’infestation, toutes les deux semaines en zone très infestée, jusqu’à deux mois en zone calme. Une plaque saturée de moustiques ou empoussiérée ne colle plus.
L’application mobile Wiliv permet de programmer une alerte à quatre semaines pour le remplacement des plaques, la fréquence recommandée par la marque. Elle accompagne aussi le montage et aide à identifier les espèces piégées.
Notre avis : un design qui fait mouche (ou moustique)
En matière de pièges à moustiques, l’OVI s’illustre par sa sobriété. Compact et discret, son design se fond aisément sur votre terrasse ou dans un massif de fleurs, sans ressembler à un gadget de quincaillerie. Il bénéficie, sur ce point, de l’avantage par rapport à ses concurrents, nettement moins flatteur à l’œil. À côté du gros seau noir qu’est le Biogents BG-GAT, son concurrent direct, l’écart esthétique saute aux yeux.

L’acier change aussi la sensation en main : 1,75 kg par piège, soit plus de trois fois le poids à vide d’un BG-GAT. Le boîtier reçoit un traitement par cataphorèse et une peinture polyester, que la marque met en avant pour la tenue aux intempéries. C’est là son premier vrai argument : c’est le seul piège à ponte qu’on accepte de laisser visible.
L’acier n’est pas qu’une affaire de goût. Les boîtiers en plastique se fragilisent au fil des étés et des gels, quand un métal traité contre la corrosion ne devrait pas connaître ce sort.
Efficacité : que valent vraiment les captures de l’OVI ?
L’OVI est joli, mais qu’en est-il de son efficacité ? Une précision de méthode d’abord, parce qu’elle change la lecture des photos. Nos premiers relevés ont été faits avec une seule plaque par piège, soit la moitié de la surface collante prévue par la notice, ce qui désavantageait mécaniquement l’OVI face au BG-GAT. Une fois les deux plaques en place, nous obtenons des résultats semblables. Il s’agit d’une observation de terrain, sans protocole strict ni comptage systématique.
Une différence, en revanche, ne dépend pas du nombre de plaques mais de l’endroit où la surface collante est posée. Chez Biogents, la fiche est glissée dans un seau ouvert par le haut : elle prend la pluie, la poussière et les feuilles. Chez Wiliv, les deux plaques sont clipsées à l’intérieur du boîtier, derrière les parois. Nos relevés vont dans ce sens, l’OVI attrape nettement moins de feuilles et d’insectes non ciblés que son concurrent.
Deux conséquences, et la seconde pèse plus lourd que la première. La surface reste lisible plus longtemps, donc le nettoyage est bien moins fastidieux. Surtout, une plaque empoussiérée ou détrempée ne colle plus, quelle que soit la marque : mieux abritée, elle garde son pouvoir collant plus longtemps. Ajoutez la surface adhésive plus généreuse évoquée plus haut, et l’écart de rythme entre les deux pièges peut cesser d’être un simple argument commercial.
Une étude comparative permet d’aller plus loin, à condition d’en connaître les limites. Menée du 23 septembre au 11 octobre 2025 par le laboratoire français IZInovation, sur un site infesté de La Ciotat, elle a confronté trois pièges à ponte en permutant leurs emplacements toutes les 48 heures pour neutraliser l’effet du positionnement : le BG-GAT de Biogents, l’Hexacatch de Favex et le Ovi de Wiliv. Résultat, aucune différence statistiquement significative entre les trois. Bonne nouvelle pour le lecteur français, plus de 80% des moustiques piégés étaient des moustiques tigres.

Quelle que soit la marque, un piège pondoir ne désertifie pas un jardin à lui seul. Une référence souvent citée, publiée dans le Journal of Applied Ecology en 2021, mesure 77 % de réduction des femelles (intervalle de confiance de 65 à 83 %), mais dans des conditions qui n’ont rien d’un jardin de particulier : au Texas, sur Aedes aegypti et non sur le moustique tigre, avec des pièges AGO déployés à l’échelle du quartier, à raison de près de deux pièges par maison dans un rayon de 200 mètres. L’année où la couverture était plus faible, les auteurs n’observent aucune réduction significative, et suggèrent même un effet inverse en dessous d’un piège par maison.
Traduit pour votre terrasse : deux OVI chez vous, quand vos voisins ne font rien, vous placent loin du seuil qui fait basculer les chiffres. L’Anses ajoute une réserve que les fabricants passent sous silence, un piège pondoir mal entretenu peut se transformer en gîte productif, autrement dit fabriquer les moustiques qu’il est censé supprimer. Le niveau d’eau et la propreté du dispositif ne sont donc pas des détails de confort.
Une étude plus proche de notre situation, publiée dans Scientific Reports en 2018, porte cette fois sur le moustique tigre et sous climat tempéré. À University Park, dans le Maryland, 439 jardins sur 954 ont été équipés de pièges pondoirs achetés par les habitants eux-mêmes, deux par foyer dans neuf cas sur dix. La baisse de la pression de piqûres est nette, mais elle suit la participation du voisinage : le seuil à partir duquel l’effet devient franc se situe autour de 80 % des jardins équipés dans un rayon de 75 mètres. L’Anses aboutit au même ordre de grandeur dans son avis de 2021, en fixant les conditions d’efficacité d’un piège pondoir à un à trois pièges par maison, plus de 60 à 80 % des maisons couvertes, et plus de trois semaines de piégeage.
Concrètement, l’OVI prend donc tout son sens en nombre (le pack en contient deux, c’est un début), et surtout en complément d’une borne comme la Willo, qui s’attaque de son côté aux femelles en quête de piqûre. N’espérez pas éradiquer les moustiques de votre jardin avec le seul OVI.
Après deux mois, la durabilité pose question
Un mot enfin sur la tenue dans le temps, et c’est là que notre exemplaire nous a déçus. Après seulement deux mois d’exposition, l’un des filets rigides s’est percé, vraisemblablement du fait d’un escargot, et une plaque en PVC s’est détachée, sans doute sous l’effet du soleil et de la canicule.
Sur un produit vendu pour son acier « robuste et durable résistant aux intempéries » et garanti 2 ans, on peut se demander si les pièces plastiques ont reçu la même attention que le boîtier. Seule une saison complète tranchera vraiment.
Mise à jour du 14 août suite à la réponse de la marque :
Sur le cas du décollement, nous avons eu d’autres occurrences sur des pièges installés en plein soleil. Il faut donc éviter de les positionner ainsi car il peut y avoir un phénomène de dilatation thermique entre l’enveloppe du piège et la plaque (différents matériaux). Une évolution est possible pour l’année prochaine. A savoir néanmoins que dans le cadre du développement de ce produit, le piège a subi des cycles de test en étuve pour l’exposer aux variations de température, aucun décollement n’a été observé. Par ailleurs, des tests poussés de brouillard salin ont également été réalisés (résistance à l’humidité, corrosion). Ces deux tests ont confirmé sa robustesse.
Sur le cas du filet, nous prévoyions d’ici la fin d’année de donner la possibilité de commander des pièces de rechange sur notre site.


Notre avis : pour qui l’OVI vaut-il le coup ?
Si vous possédez déjà une borne Willo et que vous voulez attaquer la reproduction en parallèle, l’OVI est un complément très pertinent, plus discret que la concurrence directe et facile à entretenir.
Si vous partez de zéro et que l’esthétique vous importe peu, le BG-GAT fait le même travail pour un peu moins cher et le rapport de laboratoire comme nos propres plaques les placent au coude à coude sur les captures. Vous payez donc une trentaine d’euros de plus, avec des recharges plus chères, pour un objet que vous n’aurez pas forcément envie de cacher derrière un buisson, le tout avec un peu moins d’entretien. L’arbitrage se défend bien.
Et vous, sur quel piège misez-vous cet été ?
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