Le BG-GAT Reflect-Tech, nouvelle version du piège pondoir de Biogents, remplace l’ancien modèle avec la promesse de doubler ses captures grâce à sa technologie Reflect-Tech. Nous l’avons testé, notamment face à l’un de ses concurrents directs, le piège anti-pontes Wiliv OVI. Voici notre verdict.
Le principe d’un piège anti-ponte est d’une simplicité redoutable. Il consiste à verser un peu d’eau dans le socle noir (idéalement une eau « qui a vécu », avec quelques feuilles : les moustiques aiment l’eau croupie, tous les goûts sont dans la nature), puis à poser un filet et des plaques collantes à l’intérieur.

Gorgée de sang après s’être régalée sur votre peau, la femelle pondeuse voit dans ce décor un lieu de ponte idéal. Elle entre par la cheminée noire pour libérer ses œufs, se cogne aux parois translucides, finit prisonnière de la surface collante, et meurt avant d’avoir pu engendrer ses larves. Pour chaque femelle capturée, c’est environ 50 à 100 moustiques en moins à la génération suivante.
BG-GAT Reflect-Tech : comment fonctionne ce piège anti-ponte sans électricité ?
La nouveauté de ce nouveau piège anti-pontes Biogents, c’est la technologie Reflect-Tech, brevetée : sa surface réfléchissante imite la façon dont une eau stagnante renvoie naturellement la lumière, précisément le signal que traque une femelle en quête d’un site de ponte. Associée à un contraste clair-obscur marqué, elle rend le leurre bien plus convaincant à l’œil du moustique. Résultat annoncé par Biogents : un taux de capture doublé par rapport à l’ancien BG-GAT.








L’entretien reste relativement simple : il faut penser à renouveler les fiches collantes de temps en temps. Le pack officiel de fiches collantes coûte 12,50 euros les dix (1,25€ / plaque), ou 29,25 euros le pack saison de trente (0,98€ / plaque). Des lots compatibles existent pour bien moins cher : nous avons aussi utilisé sans souci trente films achetés 13,99 euros sur Amazon, soit moins de 50 centimes la plaque. Biogents affirme que ces alternatives collent moins bien, nous n’avons pas relevé de différence nette à l’usage. Autre bonne idée de cette version 2026 : le piège passe désormais au lave-vaisselle (70 °C maximum), ce qui se révèle pratique en fin de saison.

Le piège anti-ponte Biogents est-il vraiment efficace, et contre quels moustiques ?
Première chose à savoir, et elle est rarement dite : ce piège vise le moustique tigre, pas le moustique commun. GAT est l’acronyme de Gravid Aedes Trap, piège à Aedes gravides, et le distributeur professionnel de Biogents en France le décrit sans détour comme un dispositif de capture des moustiques « sauf communs ». Les relevés le confirment. Lors de l’essai américain détaillé plus bas, 174 pièges ont capturé 1 049 moustiques tigres en une saison, soit 90 % de l’ensemble des insectes collectés, contre moins de 1 % de Culex. Dans un essai français mené à La Ciotat à l’automne 2025 par le laboratoire IZInovation, le BG-GAT a piégé 84 % de moustiques tigres et 16 % de moustiques communs. Traduction pour votre jardin : si vos piqûres sont diurnes et silencieuses, vous êtes au bon endroit ; si votre nuisance est nocturne et bourdonnante, elle vient probablement d’un Culex, et ce piège n’est pas l’outil adapté.
Sur l’efficacité, la référence la plus solide n’est pas un test en laboratoire mais une campagne à l’échelle d’une ville. Une étude publiée dans Scientific Reports en 2018 a suivi les habitants d’University Park, dans le Maryland, sous un climat tempéré comparable au nôtre. Les résidents ont acheté eux-mêmes leurs pièges pondoirs Biogents, deux par foyer dans neuf cas sur dix, un devant la maison et un derrière, plus de 95 % avant le pic saisonnier. Au total, 439 jardins sur 954 ont joué le jeu, soit 46 % de la ville. Le résultat est une baisse hautement significative de la pression de piqûres de moustiques tigres, mais elle suit de près la participation du voisinage : le seuil à partir duquel l’effet devient franc se situe autour de 80 % des jardins équipés dans un rayon de 75 mètres. En dessous, il se dilue. Ce chiffre recoupe celui que retient l’Anses dans son avis de 2021, qui fixe les conditions d’efficacité d’un piège pondoir à un à trois pièges par maison, plus de 60 à 80 % des maisons équipées, et plus de trois semaines de piégeage. La conclusion est un peu frustrante, mais elle est honnête : deux pièges isolés pèsent peu, deux pièges chez vous et chez huit voisins sur dix changent la donne.
Une seconde étude, publiée dans PLOS One en 2021, apporte un éclairage de laboratoire, à prendre avec des pincettes. En enceinte fermée, le piège a recapturé 50 à 65 % des femelles gravides relâchées. Deux réserves, et elles comptent. Le piège testé était pulvérisé à l’insecticide, une configuration professionnelle que la version vendue en France n’utilise pas. Et surtout, dans cette même étude, la présence du piège n’a pas réduit significativement le nombre d’œufs pondus dans les récipients d’eau voisins : les femelles pondaient ailleurs avant d’y entrer. Les auteurs en tirent une consigne sans ambiguïté, supprimer les eaux stagnantes avant d’installer le piège.

En conditions réelles, après plusieurs semaines de test dans notre jardin, notre ressenti sur la version 2026 est très positif. Le piège se monte en quelques secondes, et capture efficacement les moustiques.


Quelques précisions importantes à garder en tête, tout de même :
- Un piège pondoir ne videra jamais votre jardin à lui seul. Par nature, il ne vise que les femelles en quête de ponte, soit une petite part de la population. Il n’a de réel intérêt que s’il est complété par un piège ‘actif’ avec ou sans CO2, dont il est un renfort, et non un substitut.
- Le placement du piège est très important. Si le piège ne semble pas fonctionner, c’est sans doute qu’il se trouve au mauvais emplacement. L’astuce : viser les coins d’ombre, à l’abri du vent, près de la végétation. Le timing joue aussi : installez-le dès les premiers moustiques à la fin du printemps, et avant le pic de l’invasion en juillet.
- Un peu d’entretien reste nécessaire, et ce n’est pas facultatif. La fiche collante du BG-GAT est posée dans un seau ouvert par le haut : elle prend la pluie, la poussière et les feuilles, et une plaque encrassée ne colle plus. Surveillez-la chaque semaine ou toutes les deux semaines, et changez-la sans attendre la saturation. Surveillez aussi le filet, qui est la seule barrière entre la femelle et l’eau : s’il se charge de débris au point de toucher la surface, le moustique pond, et le piège devient un gîte de production, soit exactement l’inverse de ce qu’on lui demande. L’Anses formule cette réserve dans son avis de 2021. En parallèle, traquez les eaux stagnantes autour de chez vous (soucoupes, gouttières, regards) : ce serait dommage que les moustiques préfèrent ces mares naturelles à votre piège !

Biogents BG-GAT Reflect-Tech vs Wiliv OVI : lequel choisir ?
Nous avons testé les deux pièges en parallèle : ils jouent sur le même terrain (pièges pondoirs passifs, zéro produit chimique) mais ne visent pas le même budget.
Le BG-GAT Reflect-Tech se vend par lot de 2 au prix conseillé de 69,90 euros. En face, le Wiliv OVI réclame 99,90 euros pour le lot de 2, soit 30 euros d’écart pour deux produits qui, sur le papier, font la même chose.
L’écart ne se referme pas à l’usage. Avec le pack saison, les recharges du BG-GAT reviennent à moins de 4 euros par mois pour deux pièges, contre 7,45 euros pour l’OVI. En passant par des plaques compatibles, on descend sous les 2 euros, une option que le format propriétaire de Wiliv ne permet pas.
Le BG-GAT capture plus sur nos photos ci-dessous, mais l’OVI n’y tournait qu’avec une seule plaque sur les deux prévues. En plaçant deux plaques par piège sur le Wiliv, on obtient toutefois des résultats comparables. Une étude indépendante menée par IZInovation relève d’ailleurs aussi des taux de capture quasi identiques.
Ce que l’OVI apporte de plus tient à trois choix de conception. Un habillage en acier traité contre la corrosion, nettement plus élégant, et a priori mieux armé que le plastique du BG-GAT pour enchaîner les saisons dehors. Des plaques clipsées à l’intérieur du boîtier, donc à l’abri de la pluie et des salissures, ce qui rend le nettoyage moins fastidieux et espace les remplacements. Un filet à base rigide, enfin, qui écarte le risque de voir la barrière anti-ponte s’affaisser dans l’eau sous le poids des feuilles.
Si l’allure de votre terrasse compte et que le surcoût en plaques adhésives ne vous rebute pas, l’OVI justifie son supplément. Sinon, notre recommandation va au BG-GAT : comme face à la borne Wiliv Willo, Biogents s’impose sur le rapport qualité-prix.
Alors, faut-il craquer pour le BG-GAT Reflect-Tech ? Oui, seulement si vous gardez en tête qu’il s’agit d’une seule pièce du puzzle, et que l’emploi conjoint d’un piège actif est nécessaire pour constater de vrais résultats. Et vous, quelles sont vos astuces pour venir à bout des moustiques ?
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