Avec le Deebot T90S Pro Omni, Ecovacs garde le gabarit de 9,5 cm et la batterie de son prédécesseur, mais lui ajoute 10 000 Pa d’aspiration et un rouleau plus rapide. À 699 €, ce robot aspirateur laveur efface-t-il les reproches que nous faisions cet été à son aîné ? Verdict après une semaine d’utilisation.
Au catalogue Ecovacs, le T90S Pro Omni coiffe une gamme qui s’est vite étoffée : moins de sept mois après l’arrivée du T90 Pro Omni en France, elle compte déjà cinq modèles, dès 499 €. À l’échelle du catalogue, le T90S reste un milieu de gamme, sous les X12 comme le X12 OmniCyclone Care Complete (849 €) et sa station sans sac. Dans la gamme T90, le Deebot T90 Pro Omni (599 €), que nous avons testé cet été, se place juste en dessous. Sur la fiche, l’aspiration passe de 30 000 à 40 000 Pa, et le rouleau tourne à 260 tr/min contre 200.

Pendant une semaine, le robot a tourné dans notre logement d’environ 70 m², entre carrelage, parquet, tapis à poils courts et tapis à poils hauts. Aux nettoyages du quotidien se sont ajoutés nos protocoles : riz et pois cassés, marc de café mêlé de liqueur, moutarde séchée, mèche de cheveux et manche à balai en guise d’obstacle à franchir. Des observations qui permettent de mettre en lumière les points forts et les limites d’un appareil dont nous cherchons à évaluer le rapport qualité-prix.
| Caractéristiques techniques | DEEBOT T90S PRO OMNI |
|---|---|
| Dimensions | Robot : 353 × 351 × 95 mm Station : 28,1 × 50 × 33,8 cm |
| Poids | Robot : 5,4 kg Station : 8,22 kg |
| Navigation | Mini-ToF, lumière structurée, caméra RGB |
| Capacité de franchissement d’obstacles | 25 mm avec la serpillière ; jusqu’à 49 mm pour les doubles seuils |
| Déploiement de la brosse latérale/serpillière | Rouleau TruEdge 3.0 : 15 mm |
| Élévation de la serpillière | 15 mm |
| Puissance d’aspiration | 40 000 Pa |
| Pression vers le sol | 4 000 Pa sur le rouleau OZMO ROLLER 3.0 |
| Batterie | Li-ion, 4 000 mAh |
| Autonomie annoncée | jusqu’à 350 min |
| Temps de charge complète annoncé | jusqu’à 150 min |
| Volume du collecteur à poussière | bac robot : 250 ml sac station : 2,5 L |
| Capacité du réservoir d’eau propre / usée | robot : 110 ml station : 4 L / 2,2 L |
| Lavage du rouleau | eau chaude jusqu’à 75 °C |
| Séchage des serpillières | air chaud, durée réglable : 2 / 3 / 4 h |
| Volume sonore annoncé par le fabricant | 60 dB(A) |
| Volume sonore mesuré au sonomètre à 1 m de distance | robot : 63 – 72 dB(A) (selon le mode) aspiration de la station et auto-nettoyage : 78 dB(A) |
| Assistance vocale | Agent YIKO 2.0 |
| Indice de réparabilité / disponibilité des pièces | 8,6/10 / non communiquée sur cette fiche |
| Garantie | 2 ans |
| Prix | 699 € |
Contenu de la boîte du T90S Pro Omni

Points forts du T90S Pro Omni : un robot très complet
Les générations s’enchaînent, les promesses aussi. Les améliorations sont là, et nous allons nous efforcer de les détailler en cinq points !
Application Ecovacs Home : un réglage pour chaque situation, et un agent pour s’en passer (version 1.50.7)
C’est devenu une habitude chez Ecovacs. Sur les robots tondeuses de la marque, l’application Ecovacs Home joue la simplicité. Sur les aspirateurs robots, la même application prend le chemin inverse : elle empile les fonctions et pousse la personnalisation aussi loin que possible. Le T90S Pro Omni ne fait pas exception.



Comme sur le Deebot T90 Pro Omni, l’écran de lancement va à l’essentiel. Il s’en tient ici à cinq réglages. Le mode d’abord : aspiration seule, aspiration et serpillière ensemble, ou l’une puis l’autre. Puis quatre niveaux de puissance, un débit d’eau gradué, trois vitesses (par espacement des allers-retours) et un ou deux passages. Tout le reste attend dans les paramètres avancés du robot, des tapis et de la station. Nous y avons compté plus de vingt options, chacune suivie d’une description qui dit ce qu’elle change.



Les détails les plus fins se nichent dans la fenêtre de progression du cycle. Pendant le nettoyage, elle affiche le temps écoulé, la surface traitée et l’avancement en pourcentage. Suit la liste des pièces : celles déjà terminées, horodatées, celle en cours et celles qui restent, chacune avec ses réglages. Juste sous la pièce en cours, un bouton « Supplémentaire » ajoute une zone configurée sur la même tâche. En revanche, pour cette fonctionnalité, on ne peut ni paramétrer un mode spécifique ni sélectionner une pièce entière.



La même fenêtre commente aussi les décisions du robot. « Tapis à pompons détecté. Je vais automatiquement l’exclure pour ne pas m’y empêtrer ». Dans la même pièce, il prévenait ensuite qu’il passait en aspiration renforcée sur un tapis. Quand une zone reste de côté, on sait pourquoi. Une fois la tâche terminée, le journal prend le relais. Chaque entrée donne le nombre de passages, la durée et la surface. Surtout, un curseur rejoue en accéléré le trajet du robot sur la carte, avec un bouton pause pour s’arrêter sur un passage. On vérifie ainsi, pièce par pièce, ce qu’il a réellement couvert, et dans quel ordre. Pour qui n’a aucune envie d’ouvrir ces menus, l’agent YIKO prend la main sur les réglages. Par exemple, face à une tache au sol, le robot prend l’initiative de passer en mode lavage.



Les scénarios prolongent la même logique. L’application en propose quatre modèles (nettoyage quotidien, après le repas, zone des animaux, en profondeur), et deux scénarios marqués « AI » figuraient dans notre liste. Ils se lancent d’une touche depuis l’écran d’accueil. Dans le « Nettoyage en profondeur », chambre, hall et séjour passent en aspiration puis serpillière. Le débit d’eau y monte à 25 (sur 50). Ces scénarios personnalisés supposent toutefois d’autoriser l’accès à l’historique de nettoyage.



Dans les menus avancés, dix options sortent de ce que nous croisons d’habitude sur un aspirateur robot :
L’application prévient par ailleurs de ses propres limites. Sa détection IA des taches « peut être inexacte » selon la lumière, l’angle et la texture du sol, et le nettoyage des taches « utilise plus d’eau ».
Autonomie : PowerBoost fait oublier les 4 000 mAh (sauf en aspiration seule)
Sur le papier, la batterie du T90S n’a rien d’impressionnant. Ses 4 000 mAh sont bien au-dessous des 6 400 mAh des MOVA Z60 Ultra Roller et V70 Ultra. Sur le terrain, grâce au PowerBoost, la différence ne s’est pas fait sentir.
Nous lui avons confié un nettoyage complet du logement en aspiration et serpillière simultanées, puissance Standard, débit d’eau faible, vitesse Rapide et deux passages dans chaque pièce. Bilan : 81 minutes de travail, 66 m² couverts, trois retours à la station, et 79 % de batterie à l’arrivée. Parti batterie pleine, le robot n’a donc perdu que 21 points de batterie en net. En prolongeant ce rythme de façon linéaire, avec les mêmes réglages, 200 m² coûteraient près des deux tiers de la batterie. En effet, à chaque retour pour laver son rouleau, le robot en profite pour recharger sa batterie en même temps.
La station propose aussi un « chargement à économie d’énergie ». Une fois l’option activée, le robot réserve sa recharge aux heures creuses, réglées chez nous de 22 h à 8 h, et se contente le reste du temps de maintenir sa batterie à 30 % au moins. La nuit, il se recharge jusqu’au niveau qu’exigent les tâches restantes ou, à défaut, jusqu’à un « niveau de batterie sûr » que l’application ne chiffre pas. Ecovacs impose une plage de plus de 7 heures. L’option n’a d’intérêt financier qu’avec un abonnement heures creuses.



Dans les faits, même en mode Standard, PowerBoost ne s’enclenche pas à chaque retour. Au-dessus de 90 %, le robot se recharge normalement pendant le lavage du rouleau, à raison d’environ 3 % en 3 minutes. Sous ce seuil, PowerBoost se déclenche et tient sa promesse : nous avons relevé une augmentation de 13 % en 3 minutes, (supérieure aux 10% promis par le fabricant). Quand le robot est à quai, l’application affiche même la charge en temps réel, au centième près, au cœur d’un anneau lumineux.
Nota bene : les 350 minutes de « temps de travail » de la fiche du T90S ne précisent aucun mode. Elles ne s’expliquent, à notre sens, qu’avec des recharges en cours de route.
En aspiration seule, plus de lavage : le robot rentre bien vider son bac en cours de route, et se recharge alors quelques secondes seulement, sans jamais passer en PowerBoost. Sur 40 m² (mode sélection de pièces), une heure d’aspiration au niveau 3/4 a laissé le robot à 31 % de batterie. Il a donc consommé 69 points pour 66 m². Ramené au mètre carré, l’écart entre aspiration et lavage va de un à cinq environ, même si la puissance n’était pas la même. En prolongeant ce rythme de façon linéaire jusqu’à une batterie vide, une charge tiendrait un peu moins d’une heure et demie. De quoi couvrir près de 60 m² à cette puissance. Le nombre de tapis pèsera lourd, puisque l’aspiration renforcée s’y déclenche automatiquement, tout comme la puissance choisie et l’espacement des allers-retours. Si la batterie s’épuise en cours de tâche, la reprise automatique prend le relais. Le robot rentre, recharge ce qu’il juge nécessaire pour finir, puis reprend là où il s’était arrêté.
En fin de tâche, de retour à quai, la batterie est remontée de 31 à 56 % en 30 minutes, puis à 81 % au bout d’une heure. Elle ralentit ensuite, comme souvent en fin de charge : les 19 derniers points ont demandé 40 minutes, pour un retour à 100 % en 1 h 40.
Nous espérons simplement que ces recharges rapides à répétition ne fatiguent pas trop la batterie sur le long terme. Pour le T90S, Ecovacs ne publie aucun nombre de cycles. Sur son propre blog1, la marque estime la durée de vie d’une batterie de robot à environ 1 an à 1 an et demi en nettoyage quotidien. Avec 3 à 4 nettoyages par semaine, elle grimpe à 2 à 3 ans ou plus. Pour la recharge rapide du Deebot X11, elle annonce environ 800 cycles. En France, la batterie du T90S est garantie deux ans, comme le reste du robot.
Navigation : très précise, à une feuille de papier près
Sans tourelle LiDAR, le T90S se repère avec un capteur Mini-ToF logé à l’avant, une lumière structurée et une caméra RGB. On pouvait craindre une navigation approximative : il n’en a rien été. La première cartographie de notre logement, environ 70 m², a pris moins d’un quart d’heure. Le robot ajuste ensuite sa carte en temps réel et, devant un passage qu’il ne doit pas franchir, il n’insiste pas.
Câbles, jouets, vêtements : il a fait attention à tout ce qui traînait au sol. Et ce, avec l’évitement d’obstacles réglé sur Standard, un mode que l’application présente comme un compromis avec la couverture de la serpillière. Le mode « Sensibilité », plus prudent, reste en réserve pour les objets fragiles posés au sol.
Les pieds de chaise et de table, fins et sombres, ne l’ont pas davantage piégé : il les contourne, se faufile là où il peut passer et ne s’est jamais retrouvé bloqué. Seule victime : une feuille de papier restée par terre, que le robot a avalée. À plat sur le sol, elle n’offrait quasiment aucun relief à détecter : on comprend qu’il ne l’ait pas vue.

Le retour à la station s’est fait sans accroc. C’est un progrès par rapport au Deebot T90 Pro Omni, qui embarque pourtant les mêmes capteurs : cet été, il heurtait en rentrant des obstacles contournés pendant le nettoyage. Les tapis, qu’il n’avait pas repérés au premier passage, sont cette fois bien reconnus dès la première cartographie. Il en va de même pour les seuils. Le robot les repère seul et les garde en mémoire : sur la carte, chacun apparaît comme une petite rampe posée entre deux pièces. Si l’un d’eux lui échappe, le menu « Rampe de seuil » permet d’en ajouter à la main.



Un regret, en revanche : le robot n’a pas identifié notre parquet. Il faudra corriger à la main et choisir entre carrelage, tatami, marbre, bois et « par défaut ». C’est dommage, car l’option « Nettoyer le long du plancher », qui fait suivre au robot la longueur des lames, serait mise en valeur par cette reconnaissance automatique. Idem pour le découpage des pièces (chez nous : hall d’entrée, couloir et salle de bain étaient fusionnés au départ). Heureusement, l’édition de la carte est riche et intuitive.
Nota bene : un câble plus fin, un éclairage plus faible ou une autre version logicielle peuvent toutefois changer la donne.
Aspiration : rien ne lui échappe sur carrelage, presque rien sur tapis

Pour l’aspiration, nous avons répandu au sol 100 g d’un mélange de riz et de pois cassés. Sur carrelage, avec l’aspiration réglée au deuxième de ses quatre niveaux, le T90S a tout ramassé : 100 % en deux passages (98 % au bout du premier) en près de quatre minutes. Les plus petites particules ne lui échappent pas davantage : il récupère de la poussière fine autant sur tapis que sur carrelage.
Sur un tapis à poils courts, mais pas ras, le même mélange laisse davantage de traces. Puissance au maximum et aspiration renforcée activée, le robot en récupère 86 % en un seul passage (pesés), un très bon résultat sur ce terrain. Le T90 Pro Omni, avec ses 30 000 Pa, plafonnait à 85 % avec un mélange de riz et de café. Les 10 000 Pa supplémentaires ne semblent donc pas creuser l’écart ici. En revanche, un couvercle s’abaisse pour pour éviter le contact de la serpillière avec les fibres.
Côté brosse latérale, l’application promet une « élimination stratégique des particules » : la brosse doit se relever face aux gros débris pour ne pas les disperser. Face à notre riz et à nos pois cassés, elle ne s’est jamais relevée. Elle tourne en revanche assez lentement pour en éjecter peu. L’option, déjà présente sur le T90 Pro Omni, ne s’était pas mieux déclenchée.
Sur un tapis à poils hauts, l’exclusion des tapis à pompons s’est déclenchée alors qu’il ne portait pas vraiment de pompons. Le robot l’a contourné au lieu de l’aspirer. Nous préférons ce choix à un robot empêtré dans les poils au milieu d’un cycle, mais ce tapis-là reste à passer à la main.
Le bruit, lui, reste contenu. Au sonomètre, nous relevons 63 dB(A) en mode Éco et 72 dB(A) en mode 4/4 (mesures à 1 m). En travaillant à côté avec des écouteurs, on ne l’entend quasiment pas. Le T90 Pro Omni relevait 62 dB(A) en Éco : à un décibel près, c’est le même niveau, malgré 10 000 Pa de plus. Quant au vidage silencieux, il nous gratifie d’un bruit de 78 dB(A) contre 85 dB(A) sur la version précédente.
Nota bene : tout ne s’est pas aussi bien passé partout… le long des bords et face aux cheveux, le T90S s’est montré moins à l’aise. Nous y revenons plus loin.
Lavage : 100 % du café ramassé, mais la moutarde séchée réclame des réglages poussés
Pour le lavage, nous avons répandu au sol 20 cl d’un mélange de marc de café, d’eau et de liqueur. C’est deux fois la dose servie cet été au Deebot T90 Pro Omni. Hors des bords, le T90S en a récupéré 100 %, en deux passages et environ 6 minutes. Avec le détergent, le sol ne garde quasiment aucune sensation collante, et il sèche très vite (moins de deux minutes). Ecovacs revendique justement un rouleau qui laisse « environ 67 % d’eau en moins ». Le T90 Pro Omni, lui, retirait environ 90 % d’une tache deux fois plus petite en un passage, avant que son rouleau saturé ne laisse des traces.
L’exercice révèle aussi deux limites. La brosse latérale, qui ne se relevait déjà pas face aux gros débris, tourne allègrement dans la tache, comme souvent. Elle gagnerait à s’en tenir à l’écart. Le marc solide, ensuite, peut rester collé au rouleau malgré l’aspiration active en mode aspiration et serpillière. Nous en avons retrouvé sur des bords de seuil et dans la station. Mieux vaut donc ne pas trop lui en demander d’un coup.
En mode agent, la détection des taches fait bien son travail de repérage. Face à une tache de moutarde aromatisée séchée sur notre carrelage, le robot s’est arrêté et a insisté. En revanche, s’il en reste après ce passage appuyé, il poursuit sa route sans y revenir. Sur un carrelage, un sol qui ne craint rien et qu’il est censé reconnaître, il pourrait se permettre d’insister davantage.
En mode personnalisé, le résultat change. En relevant le débit d’eau et la concentration du détergent, le T90S déloge des taches franchement tenaces. Une cuillère à café de moutarde séchée et étalée a disparu à 100 % après quatre passages. Comptez plutôt deux ou trois passages avec un débit d’eau et une concentration élevés. Attention toutefois au débit maximal : le robot peut alors baver un peu.
La solution passe donc par l’application. Les scénarios s’y prêtent bien. Celui de « Nettoyage après le repas », par exemple, peut recevoir pour la cuisine un débit et une concentration plus élevés qu’ailleurs. Les bordures, elles, méritent un chapitre à part.
Points faibles du T90S Pro Omni : des promesses à nuancer
Les promesses s’enchaînent, mais toutes ne résistent pas au marc de café, aux cheveux longs et aux plinthes. Ajoutez-y un manche à balai resté infranchissable et une facture de consommables qui grimpe vite.
Consommables : un budget qui grimpe vite avec la surface
Rouleau, sacs, filtres, brosses et détergent : le T90S consomme, et la note s’alourdit au fil des mois. Sur la boutique Ecovacs, on trouve :
Chaque consommable dispose d’un bouton « Acheter » dans la rubrique Entretien de l’application. C’est pratique, à condition que les stocks suivent et que des promotions passent de temps en temps.

Quand faut-il les changer ? Ecovacs ne donne pas de réponse unique. L’application compte en heures d’utilisation. Après exactement 4 h 05 de nettoyage, dont 80 % en aspiration et lavage, nous avons relevé ses minuteurs. Il restait 146 heures au rouleau et à la brosse latérale, 297 à la brosse principale, 115 au filtre et 45 au sac. Cela donne des durées de vie d’environ 150, 300, 120 et 50 heures. La boutique, elle, conseille de remplacer les brosses latérales tous les deux à trois mois. Pour 75 m² nettoyés trois fois par semaine à notre rythme de test, le minuteur ne réclame une nouvelle brosse latérale qu’au bout de sept mois et demi environ.
Nota bene : cet été, pour le Deebot T90 Pro Omni, nous avions suivi la notice, qui conseille de changer le rouleau tous les un à deux mois, et nous arrivions à 1 026 € sur cinq ans pour 75 m². Les deux chiffres ne se comparent donc pas. À ce rythme, les seuls rouleaux du T90S coûteraient 550 à 1 120 € sur cinq ans, contre 133 € dans notre tableau.



Nota bene : ces durées sont déduites de l’écart entre les minuteurs et notre temps de nettoyage cumulé. Elles restent approximatives : l’application arrondit à l’heure, et toutes les pièces ne travaillent pas forcément dans tous les modes.
La solution Ecovacs n’est pas obligatoire noir sur blanc. Mais le blog du fabricant prévient qu‘un détergent inadapté pourrait annuler la garantie2. Côté consommation, la station dose seule la solution, et Ecovacs ne publie aucun chiffre pour ce mode. La page du flacon parle seulement de deux bouchons, soit environ 20 ml, par réservoir rempli à la main3.
Notre estimation repose sur trois nettoyages complets par semaine, en aspiration et lavage avec deux passages, au rythme mesuré pendant notre test : 81 minutes pour 66 m². Cela représente environ 240 heures de fonctionnement par an pour 75 m², et 640 heures pour 200 m² (les pièces montées sur le robot et dans la station à la livraison sont déduites) :
| Poste (prix boutique au 5 octobre) | Durée selon l’application | 75 m², sur 5 ans | 200 m², sur 5 ans |
|---|---|---|---|
| Rouleau (19 €) | environ 150 h | 7 rouleaux : 133 € | 21 rouleaux : 399 € |
| Sacs (19 € les 3) | environ 50 h | 23 sacs : 152 € | 63 sacs : 399 € |
| Kit standard : brosse principale, 3 filtres, 2 brosses latérales (49 €) | environ 300 h pour la brosse, 120 h pour le filtre | 3 kits : 147 € | 10 kits : 490 € |
| Brosses latérales en complément (11,90 € les 4) | environ 150 h | 1 lot : 11,90 € | 1 lot : 11,90 € |
| Solution nettoyante (66,30 € les 2 L) | variable | 5 L, hypothèse : environ 165 € | 13 L, hypothèse : environ 440 € |
| Total sur 5 ans | environ 610 € | environ 1 740 € | |
| Soit par an | environ 120 € | environ 350 € |
Avec le kit haut de gamme à 79 €, qui ajoute un rouleau et trois sacs, l’addition baisse d’environ 25 € pour 75 m², et de 80 € pour 200 m². Le choix de la version compte enfin. Le Care Kit ajoute un rouleau, une brosse latérale et 260 ml de solution : de quoi retrancher 30 à 40 € à notre estimation. Le pack à 749 € ajoute un litre de solution et un kit d’entretien standard : 88 € au prix boutique, pour 50 € de plus.
Nota bene : reste l’électricité de la station, qui chauffe l’eau de lavage puis sèche le rouleau à l’air chaud. À environ 10 kWh par mois, vidage, lavage, séchage et veille compris, pour un nettoyage quotidien de 50 m², cela représente de l’ordre de 25 € par an, soit plus d’une centaine d’euros sur cinq ans.
Franchissement : plus sage que le T90 Pro Omni, mais plus limité que la concurrence
Sur le papier, le T90S franchit des seuils de 25 mm, un petit millimètre de plus que le T90 Pro Omni. Sur le terrain, 20 mm sont franchis sans sourciller. Face à notre obstacle de 4 cm, un manche à balai couché au sol, il tente une fois, renonce, puis repart sans rester perché. Cet été, le Deebot T90 Pro Omni avait réussi à s’y hisser, avec difficulté certes, mais il pouvait dépasser le seuil théorique.
Ce manque d’audace a son bon côté. Le T90S ne s’aventure pas là où l’on ne s’attend pas à le voir passer, contrairement à certains robots trop entreprenants qui finissent sur un balcon (le MOVA Z70 Ultra Complete nous a fait ce coup-là une fois…). Les tapis et les petits reliefs du quotidien ne lui posent d’ailleurs aucun problème.
D’autres robots vont pourtant nettement plus haut. Le MOVA V70 Ultra annonce 4,5 cm en une marche et 9 cm en deux temps, grâce à ses pattes rétractables. Il avait avalé sans broncher notre seuil de 4 cm. Le Roborock Saros 20 revendique des seuils à deux marches de 8,8 cm avec son châssis AdaptiLift 3.0.
Station : la promesse d’un plateau propre ne résiste pas au marc de café
Ecovacs est formel. Selon sa page produit, le rinçage haute pression et le nettoyage automatique « gardent le plateau et le bac d’eau sale propres, réduisent les résidus et les odeurs ». La marque va jusqu’à promettre que « la station reste aussi propre que vos sols ».


Notre test au marc de café a eu raison de cette promesse. Une partie du marc, restée collée au rouleau, a fini sur le plateau de lavage, et plusieurs auto-nettoyages successifs n’en sont pas venus à bout. Le rebord et le fond de la base sont restés franchement encrassés, au point de devoir démonter le plateau pour le rincer à la main. L’opération est heureusement simple, et les deux pièces se détachent sans outil. Les particules visqueuses ou granuleuses peuvent donc stagner dans la station, rinçage haute pression ou pas. Plus rarement, le rouleau a même redispersé un peu de cette saleté au sol. En revanche, le bac d’eau usée ne dégage aucune odeur tant qu’il reste fermé : sur ce point, la promesse tient.
Cheveux : bien aspirés, jusqu’à ce que la brosse latérale bloque la roue
Pour ce test, nous avons répandu une mèche de cheveux de 5, 10 et 20 cm sur notre tapis à poils courts, celui du riz et des pois cassés. Le résultat est à double tranchant. Les cheveux qui passent sous le robot sont, pour la plupart, bien aspirés, quelle que soit leur longueur, et la brosse principale ne s’emmêle pas. Sur ce point, le système anti-enchevêtrement ZeroTangle 4.0 tient sa promesse.
La brosse latérale, encore elle, gâche tout. Elle enroule une partie des cheveux autour d’elle et, en quantité, finit par les ramener jusqu’à la roue, qui se bloque. Le robot s’arrête alors, non pas à cause de sa brosse principale, restée dégagée, mais de sa roue. Un petit coup de ciseaux, et il repart. Bilan : 45 % seulement des cheveux finissent dans le bac. L’aspiration n’y est pour rien, ce sont les pièces mécaniques qui souffrent au contact des filaments.


Le contraste est rude. Ecovacs annonce un taux d’élimination de 100 % pour les cheveux de 30 cm mi-longs à longs. Ses kits d’entretien vendent même ces pièces comme des « brosses latérales anti-enchevêtrement ».
Comme face aux gros débris et aux taches, la brosse latérale devrait savoir se mettre en retrait. Pourquoi ne pas la réserver aux plinthes et aux angles, là où elle est vraiment utile ? Relativisons toutefois : se retrouver avec autant de cheveux à aspirer d’un coup reste un cas de figure très rare.
Bordures : trop pressé pour les plinthes et les angles
Le long des murs, le T90S décroche nettement par rapport au reste. Nous avons répandu nos 100 g de riz et de pois cassés le long d’une plinthe et dans un angle. En deux passages, le robot n’a pas fait mieux que 65 %. La situation est volontairement exagérée, mais elle cerne une limite.
La brosse latérale n’est pas en cause cette fois. Sa rotation mesurée évite de tout éjecter, et c’est plutôt bien pensé. Le problème tient à la vitesse : le robot longe la plinthe trop vite et n’a pas le temps de tout récupérer. Comme pour les taches, il gagnerait à ralentir quand il repère de gros débris.
Côté serpillière, même constat avec notre mélange de marc de café, d’eau et de liqueur. Après trois passages (robot réglé sur TruEdge Extrême), il reste une bande d’environ 1 cm de marc le long du mur. Le résultat n’a rien de ridicule, mais les 100 % semblent hors de portée. Ecovacs promet pourtant un rouleau qui déborde de 15 mm pour atteindre les bords. L’application promet même, avec TruEdge 3.0, une « couverture complète des coins ».
Le Deebot T90 Pro Omni plafonnait cet été à 75 % dans l’angle et 85 % le long des plinthes, avec un mélange de riz et de café. Le MOVA V70 Ultra, lui, avait tout ramassé le long des plinthes et dans les angles en 2 min 15 (sa brosse et sa serpillière se déploient de 12 et 16 cm).
La plupart du temps, un robot s’attaque à de la poussière fine, presque invisible. Il serait tout de même intéressant qu’il réagisse davantage à ce que voit sa caméra, quand le résultat appelle un nouvel essai. Nous ignorons en revanche ce qu’un tel degré de précision coûte à développer, face au nombre de fois où il servirait vraiment au quotidien…
Positionnement sur le marché et alternatives sérieuses
Le T90S vise un créneau précis : le lavage au rouleau dans un robot de 9,5 cm, assez plat pour se glisser sous les meubles bas. Il y ajoute une caméra d’IA, l’agent YIKO et la recharge PowerBoost, qui l’a mené au bout de nos 66 m² avec 79 % de batterie en bout de course. Ses limites sont tout aussi nettes. Il plafonne à 2,5 cm de franchissement quand d’autres annoncent 4,5 cm d’une traite, il laisse des grains le long des plinthes et sa station reste à sac.
Roborock Qrevo Curv 2 Flow (2026) : le rouleau à 150 € de moins, mais pas sous les meubles bas
Le Roborock Qrevo Curv 2 Flow (non testé par la rédaction) est affiché 549 € au lieu de 799 € sur la boutique Roborock, soit actuellement 150 € de moins que le T90S. Il mise lui aussi sur un rouleau rincé en continu à l’eau propre, avec une raclette intégrée, et sa station le lave à 75 °C. Sa batterie de 5 200 mAh promet davantage de marge en aspiration seule.

En revanche, il mesure 119 mm de haut et ne se glissera pas sous les meubles bas où passe le T90S. Son aspiration se limite aussi à 20 000 Pa, la moitié de celle du T90S. Le meilleur choix pour un budget serré, dans un intérieur sans meubles bas, aspiré plus souvent que lavé.
Ecovacs Deebot T90 Pro Omni (2026) : l’aîné à 100 € de moins, pas forcément moins bon
Sorti en France en mars 2026, le Deebot T90 Pro Omni coûte 599 €. Nous l’avions noté 8,5/10 cet été. Il partage le châssis, la batterie de 4 000 mAh, les capteurs et l’application du T90S. Sur nos tests les plus durs, il s’en était même mieux sorti. Il avait ramassé environ 95 % des cheveux sans nœud et franchi un obstacle de 4 cm.

Le long des murs, il atteignait 75 % dans l’angle et 85 % le long des plinthes, avec un mélange de riz et de café. Mais il plafonne à 30 000 Pa, et son rouleau tourne moins vite. Il heurtait aussi des obstacles en rentrant, et ne repérait pas les tapis au premier passage. Le meilleur choix pour qui veut l’essentiel du T90S en économisant 100 €.
MOVA V70 Ultra Complete (2026) : les bords, les seuils et la fin des sacs, mais sans rouleau
Arrivé en France en mai 2026, le MOVA V70 Ultra Complete coûte désormais 849 € au lieu de 1 399 €, soit 150 € de plus que le T90S. Nous l’avions noté 8,6/10. Il corrige trois des cinq points faibles du T90S. Sa brosse et sa serpillière, déployées de 12 et 16 cm, avaient tout ramassé le long des plinthes et dans les angles. Ses pattes rétractables annoncent 4,5 cm en une marche et ont avalé notre seuil de 4 cm.

Sa station, enfin, remplace le sac par un bac lavable. Ses patins rotatifs, eux, essuient sans vraiment récurer : 80 % de notre marc de café, avec une surface encore collante. Les cheveux longs s’enroulent autour de ses brosses, et ses patins se sont parfois décrochés. Le meilleur choix pour des intérieurs où les bords et les seuils comptent plus que les taches tenaces.
- https://www.ecovacs.com/fr/blog/duree-de-vie-batterie-robot-aspirateur ↩︎
- https://help.ecovacs.com/fr/support/warranty ↩︎
- https://www.ecovacs.com/fr/shop/accessories/cleaning-solution-1 ↩︎
Le T90S tient la plupart de ses promesses. Café renversé et riz sur carrelage, mais aussi moutarde séchée avec les bons réglages : il finit par tout ramasser quand il ne se trouve pas sur les bords. Le PowerBoost l'a mené au bout de nos 66 m² avec 79 % de batterie. Ses 10 000 Pa de plus ne font pas la différence sur tapis, et plusieurs promesses calent : des cheveux enroulés jusqu'à la roue, des angles nettoyés à 65 %, un plateau de station encrassé. L'application aligne plus de vingt options avancées, chacune expliquée, laisse ajouter une pièce en plein cycle et rejoue ensuite le trajet du robot sur la carte. Qui ne veut rien régler peut tout confier à l'agent YIKO.
À choisir si vous lavez autant que vous aspirez, dans un logement de plain-pied aux meubles bas, et si les réglages pièce par pièce ne vous font pas peur.
À éviter si les cheveux longs abondent chez vous, si des seuils de plus de 2,5 cm séparent vos pièces, ou si vous tenez à des plinthes impeccables
Enfin, pour nous, il y a encore un peu plus d'un an, avoir ce degré de qualité à ce prix était impensable, même compte tenu des consommables et du manque de recul face à la durabilité de l'appareil.
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Design
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Application
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Efficacité
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Volume sonore
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Fonctionnalités
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Connectivité
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Navigation
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Prix
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