Vous qui débutez dans le dessin ou qui sortez diplômé(e) des Beaux-Arts, vous n’êtes pas sans savoir combien, pour partager ses créations, il est indispensable de miser sur le support numérique. Désormais, afin d’esquisser, de retoucher, de fignoler vos œuvres dans les moindres détails, un simple stylet suffit. Débutant, illustrateur, auteur de BD, graphiste, animateur ou parent d’un jeune dessinateur, trouvez dans cette liste l’application la plus adaptée à votre besoin !
L’iPad s’est imposé comme un carnet à dessin à part entière. On y dessine directement sur l’écran, au doigt ou au stylet, et des éditeurs de logiciels professionnels, d’Adobe à CELSYS en passant par Serif, y publient leurs applications de création. Une bonne application suffit aujourd’hui pour peindre une aquarelle, encrer une planche de manga, dessiner un logo prêt pour l’imprimeur, animer un personnage, sculpter une figurine à imprimer en 3D ou esquisser un plan sur une toile sans bords.
Encore faut-il trouver la bonne. Les applications de dessin ne diffèrent pas seulement par leurs outils et leur prise en main : elles n’ont ni le même modèle économique, ni les mêmes exigences matérielles, ni la même façon de traiter vos données, et toutes ne suivent pas vos fichiers d’un appareil à l’autre ni ne sont mises à jour au même rythme. Nous prenons tous ces éléments en compte pour composer chaque fiche. En résulte le classement qui suit, allant des logiciels gratuits aux applications les plus chères.
Les 11 applications comparées : prix, coût sur cinq ans et données
| Application | Prix | Sur cinq ans | iPadOS minimum | Données déclarées | Note App Store |
|---|---|---|---|---|---|
| Affinity Designer 2 | 0 € | 0 € | 15 | Aucune | 4,7 (503 notes) |
| Adobe Fresco | 0 € (compte Adobe) | 0 € | 18 | Liées à l’identité | 4,7 (4 392 notes) |
| Sketchbook | 0 €, pack à 2,99 € | 2,99 € | 14 | Aucune | 4,7 (15 856 notes) |
| Paper by Evernote | 0 € (Pro en option) | 0 € sans Pro | 13 | Liées, suivi des diagnostics | 4,4 (6 568 notes) |
| Tayasui Sketches | 0 €, Version Pro à 8,99 € | 8,99 € | 15 | Suivi : identifiants, usage | 4,5 (11 665 notes) |
| ibis Paint X | 0 € avec publicité, 9,99 € sans, Premium 30,99 € par an | 9,99 € ou 154,95 € | 15 | Suivi étendu | 4,7 (13 596 notes) |
| Concepts | 0 €, 44,99 € ou 34,99 € par an | 44,99 € ou 174,95 € | 15 | Liées à l’identité | 4,7 (2 841 notes) |
| Procreate | 14,99 € | 14,99 € | 16.3 | Aucune | 4,4 (3 767 notes) |
| Procreate Dreams | 14,99 € | 14,99 € | 16.3 | Aucune | 3,5 (42 notes) |
| Nomad Sculpt | 22,99 €, 40,98 € avec Quad Remesher | 22,99 € ou 40,98 € | 16 | Aucune | 4,9 (1 284 notes) |
| Clip Studio Paint | PRO 25,49 € par an, EX 68,99 € par an, pour un appareil | 127,45 € ou 344,95 € | 18 | Suivi : identifiants | 4,8 (1 134 notes) |
1. Affinity Designer 2 : le vectoriel professionnel offert, mais figé sur iPad

Depuis que Canva a repris Affinity, la licence d’Affinity Designer 2 pour iPad s’affiche à 0 € sur l’App Store, et ce qu’on récupère n’a rien d’une version allégée. L’application importe les fichiers Illustrator, Photoshop, PDF, EPS, SVG, DXF et DWG, travaille en CMJN, LAB et PANTONE, retouche en 16 bits par canal, offre des plans de travail illimités et bascule d’un appui entre l’espace vectoriel et l’espace tramé. C’est la seule application de la sélection qui réunit le vectoriel, les couleurs d’impression et les formats d’échange qu’attend un imprimeur ou une agence. De quoi dessiner un logo qui tiendra aussi bien sur une carte de visite que sur une bâche. Côté stylet, elle exploite la pression, l’inclinaison et l’angle. L’éditeur déclare ne collecter aucune donnée.

En revanche, la version iPad n’a plus reçu de mise à jour depuis septembre 2025. Entre-temps, Canva a lancé une nouvelle Affinity gratuite pour Mac et Windows, dont les outils d’IA sont réservés aux abonnés Canva payants, et dont la déclinaison iPad n’a toujours pas de date selon la page officielle. Pour qui travaille aussi sur ordinateur, la conséquence n’est pas négligeable : comme l’a relevé AppleInsider, les documents enregistrés par cette nouvelle Affinity ne s’ouvrent plus dans Designer 2 pour iPad. Il faut alors garder l’ancienne version sur son ordinateur, ou renoncer à l’iPad pour ces fichiers. La gratuité passe aussi par un compte Affinity, auquel la licence reste ensuite rattachée. Les gestes de l’Apple Pencil Pro, enfin, ne sont pas documentés.
Affinity Designer 2 s’adresse au graphiste, à l’étudiant en arts appliqués et à tous ceux qui dessinent des logos, des pictogrammes ou des maquettes d’interface ; elle n’est pas un socle sur lequel bâtir plusieurs années d’activité. Si c’est la peinture qui vous attire, Adobe Fresco, gratuite elle aussi, propose des pinceaux vectoriels exportables vers Illustrator, sans couleurs d’impression annoncées.
2. Adobe Fresco : l’aquarelle et l’huile sans payer, contre un compte Adobe

Depuis octobre 2024, Fresco est entièrement gratuite : les fonctions autrefois réservées aux abonnés, dont des milliers de pinceaux, sont ouvertes à tous, et les achats intégrés affichés sur sa fiche concernent Photoshop sur iPad et un pack mobile Adobe, pas le dessin. Son terrain, ce sont les pinceaux « live », qui simulent physiquement la peinture : l’aquarelle diffuse dans le grain du papier, l’huile reste épaisse et ses couleurs se mélangent en tourbillons. Pinceaux pixel, pinceaux vectoriels exportables vers Illustrator et animation image par image, exportée en GIF ou en MP4, cohabitent sur la même toile, avec des calques illimités et l’import des pinceaux ABR de Photoshop. Sur l’IA, Adobe affirme ne pas entraîner ses modèles sur vos contenus, et propose depuis avril 2025 un label « Created without generative AI », que Fresco n’appose à l’export que si elle a pu le vérifier.

La contrepartie n’est pas tarifaire. Pour exporter un dessin, le télécharger ou l’enregistrer dans le cloud, Adobe exige une connexion à son compte. Et selon sa fiche App Store, l’application collecte des données rattachées à votre identité : coordonnées, contacts, position approximative, informations de paiement et contenus créés. Adobe ne déclare toutefois aucun pistage publicitaire. Le label anti-IA a aussi ses limites : Adobe précise ne pas pouvoir garantir que la personne qui l’appose est l’unique auteur de l’œuvre, ce qui en fait une déclaration traçable plutôt qu’une preuve. Et l’application demande iPadOS 18, ce qui écarte les iPad trop anciens. Fresco existe aussi sur iPhone et sur PC Windows.
Fresco s’adresse au peintre qui cherche le rendu de l’aquarelle et de l’huile, et au professionnel déjà installé dans l’écosystème Adobe. Si le compte et la collecte de données vous freine, Procreate peut le remplacer, mais il n’est pas gratuit.
3. Sketchbook : le départ gratuit, sans publicité ni collecte

Pour commencer à dessiner sur iPad sans sortir sa carte bancaire, Sketchbook est le point de départ que nous recommandons dans la plupart des cas. La version gratuite donne déjà des pinceaux, crayons, feutres et aérographes réglables, des calques avec leurs modes de fusion, des guides et des règles. Le Pack Premium, seul achat intégré, ajoute de l’import et de la création de pinceaux aux masques d’écrêtage, en passant par les groupes et réglages de calques, le remplissage au lasso et l’export PDF. Elle réunit surtout trois atouts qu’aucune autre application de la sélection n’additionne : aucune donnée collectée selon l’éditeur, aucune publicité annoncée, et une compatibilité dès iPadOS 14. Les gestes de l’Apple Pencil Pro, pincement et rotation du corps, sont pris en charge.

Sa fiche ne mentionne en revanche ni animation ni vectoriel. D’autre part, depuis qu’Autodesk a cédé l’application à Sketchbook, Inc., les marqueurs Copic ont été retirés, la licence n’ayant pas suivi.
Sketchbook convient au débutant, à l’enfant accompagné et à tous les croquis rapides. Pour démarrer sans investir dans le stylet d’Apple, notre sélection d’alternatives à l’Apple Pencil recense des modèles moins chers. Quand le dessin devient une habitude, Procreate apporte l’export PSD, l’animation et des toiles jusqu’à 16K sur 8K.
4. Paper by Evernote : un carnet de notes plus qu’un atelier
Paper n’a pas disparu, elle a changé de métier. L’App Store la range en Productivité : elle sert à croquer, schématiser et écrire à la main dans des carnets que l’on feuillette, avec des grilles ou des lignes à insérer pour structurer une page. C’est aussi la seule de la sélection qui démarre dès iPadOS 13, ce qui en fait le dernier recours d’un iPad très ancien.

La version gratuite est aussi plus courte qu’il n’y paraît. Selon l’aide d’Evernote, l’abonnement Paper Pro ajoute l’outil Diagramme, qui redresse les traits en lignes et en formes nettes, la découpe et le remplissage, plusieurs tailles de pinceau, des nuanciers illimités, la synchronisation des carnets entre appareils via iCloud, des carnets privés verrouillés par Face ID, Touch ID ou code, ainsi que des couvertures et des modèles de page personnalisables. Cet abonnement se renouvelle automatiquement et se résilie à tout moment.

L’application vieillit, par ailleurs : vendue par Evernote Corporation, elle affiche encore un copyright WeTransfer, et sa dernière mise à jour remonte à décembre 2025. Côté données, l’éditeur déclare collecter l’historique de vos achats, vos identifiants et la façon dont vous utilisez l’application, en les rattachant à votre compte ou à votre appareil. Seules les données de diagnostic sont déclarées comme pouvant servir à vous suivre d’une application à l’autre.
Paper convient aux notes manuscrites et aux schémas de réunion. Pour des schémas aux formes nettes et des carnets retrouvés d’un appareil à l’autre, il faudra passer par Paper Pro. Dès qu’il faut superposer des calques, Sketchbook, gratuite elle aussi et compatible dès iPadOS 14, prend le relais.
5. Tayasui Sketches : le rendu papier, à condition d’acheter la bonne option

Tayasui Sketches mise sur la sensation plus que sur la puissance. Plus de vingt outils selon l’éditeur, dont le crayon, l’aquarelle, le pastel et l’aérographe, des calques avec import et export PSD multicalques, un éditeur de brosses, des règles et une synchronisation dans le cloud ; elle gère aussi les groupes de calques. L’application fonctionne sur Mac à puce Apple et sur Vision Pro, et sa fiche affiche un prix « Coup de cœur Apps ».

Ses limites tiennent d’abord à son registre : elle n’annonce ni outils de BD ni vectoriel. La version gratuite permet déjà de dessiner au crayon, au feutre, au pastel, à l’acrylique ou à l’aérographe, de remplir des zones et de travailler sur une photo importée. Mais l’éditeur réserve à son Pack Pro les calques, le pinceau aquarelle, les motifs, l’estompe, la règle et le cutter qui sert au copier-coller, comme le détaille la fiche de sa version Mac, et des avis d’utilisateurs le confirment pour les calques. Sur iPad, ce pack s’achète une fois, sous le nom de Version Pro. Les abonnements, eux, donnent accès à des « fonctionnalités premium » que l’éditeur ne détaille pas. La version Mac, application distincte, se paie à part. L’éditeur déclare enfin que vos identifiants et la façon dont vous utilisez l’application peuvent servir à vous suivre d’une application à l’autre.
Tayasui Sketches s’adresse à l’amateur qui préfère le crayon et l’aquarelle à une boîte à outils exhaustive, mais la version pro deviendra vite indispensable. Pour une aquarelle simulée physiquement sans rien payer, Adobe Fresco est l’alternative, au prix d’un compte Adobe.
6. ibis Paint X : la boîte à outils manga gratuite, payée par la publicité et le pistage

Sur le papier, l’éditeur d’ibis Paint X revendique, à l’identique sur l’App Store et sur Google Play, plus de 130 000 pinceaux, 30 000 matériaux, 3 000 polices, 86 filtres, 46 trames de manga et 27 modes de fusion. Elle dépasse les 100 millions de téléchargements sur Android, prend en charge les gestes de l’Apple Pencil Pro, et donne accès aux trames de manga sans rien payer.

En revanche, la version gratuite affiche de la publicité, et c’est l’application de la sélection qui déclare collecter le plus de données pour vous suivre d’une application à l’autre : vos achats, votre localisation, vos identifiants, la façon dont vous l’utilisez et des données techniques sur son fonctionnement, notamment pour vous montrer les publicités d’autres entreprises. L’application est classée 4+, mais avec les mentions « publicités » et « contenu généré par les utilisateurs » : un enfant peut donc y croiser des publicités et des dessins publiés par d’autres utilisateurs dans sa galerie en ligne, sans garantie qu’ils soient adaptés à son âge. Payer ne règle pas tout : selon le mode d’emploi de l’éditeur, l’achat à 9,99 € retire la publicité et rien d’autre. Le filigrane sur les vidéos, la limite d’usage de l’outil vectoriel ou l’export CMJN ne sautent qu’avec l’abonnement Premium (qui supprime lui aussi la publicité). Certaines fonctions avancées se paient enfin en crédits « Smart », vendus à part.
ibis Paint X s’adresse à l’amateur de manga ou de webtoon qui veut des trames sans abonnement, et à qui alterne iPad et téléphone Android. Elle ne convient ni à un jeune enfant laissé seul, ni à qui refuse d’être suivi d’une application à l’autre. Pour une BD menée jusqu’à l’impression, Clip Studio Paint sera plus indiquée.
7. Concepts : la toile infinie du dessin technique, bridée en version gratuite

Concepts ne ressemble à aucune autre application de la sélection. Elle ne propose pas une feuille mais une toile infinie, avec ses papiers, ses grilles et ses guides, ce qui en fait l’outil du plan, du croquis produit et du storyboard bien plus que de l’illustration finie. Son éditeur revendique des utilisateurs chez Disney, PlayStation, Apple ou Google. Les Indispensables débloquent les calques illimités, la sélection, les guides de formes et les exports PNG, PSD, SVG et DXF ; l’abonnement ajoute plus de 200 pinceaux et des bibliothèques d’objets, et vaut sur toutes les plateformes.

La version gratuite est plutôt limitée : cinq calques et un export limité au JPG, donc aucun fichier exploitable en production. Il faut payer, et choisir : les Indispensables restent liés à la plateforme sur laquelle vous les achetez, tandis que l’abonnement revient, sur cinq ans, à près de quatre fois leur prix. L’éditeur lie aussi à votre identité vos achats, votre adresse e-mail, vos identifiants et votre usage.
Concepts s’adresse à l’architecte, au designer produit, au storyboarder et à l’étudiant en design ; elle n’est pas faite pour l’illustration peinte. Si votre livrable doit être un fichier vectoriel prêt pour l’impression, Affinity Designer 2 le produit gratuitement.
8. Procreate : on ne la paye qu’une fois, mais elle ne comporte ni vectoriel ni outils de BD

Pour qui dessine régulièrement, Procreate règle la question en une fois, sans achat intégré ni abonnement. Le moteur Valkyrie encaisse des toiles jusqu’à 16K sur 8K sur les iPad Pro compatibles ; l’application anime image par image avec pelure d’oignon, propose un assistant de page, importe le PSD et les pinceaux Photoshop, et exporte en PSD, en PDF multipage, en GIF ou en MP4. La version 5.4 a renouvelé toute la bibliothèque : dix-huit ensembles de dix pinceaux, créés par Kyle T. Webster, qui a rejoint l’éditeur, et l’équipe de Procreate, avec une recherche et des bibliothèques synchronisées via Fichiers et iCloud. Les gestes de l’Apple Pencil Pro sont pris en charge, et le partage familial ouvre l’application à six membres d’une même famille pour un seul achat. Procreate s’est engagé publiquement en août 2024 à ne pas intégrer d’IA générative, affirme n’avoir, par conception, aucun accès à vos œuvres, et déclare ne collecter aucune donnée.

En revanche, Procreate n’a aucun outil vectoriel, et sa fiche ne mentionne ni cases ni bulles de BD. D’autre part, elle ne sort pas de l’écosystème Apple : elle existe sur iPad et, sous le nom de Procreate Pocket, sur iPhone. Elle demande iPadOS 16.3.
Procreate est le premier achat à faire pour l’illustration, amateur ou professionnelle, et pour la peinture numérique. Elle ne convient ni au logo vectoriel, ni à la BD qui exige cases, bulles et trames. Si vous venez de Photoshop et tenez à ses effets de calque, Artstudio Pro (hors classement) en propose neuf, mais en anglais seulement.
9. Procreate Dreams : l’animation 2D payée une fois, refondue en décembre 2025

Même éditeur, même modèle, cette fois pour l’animation 2D. Timeline multipiste avec images clés et courbes d’accélération, animation image par image avec plus de 300 pinceaux, pistes audio, import de vidéos, export en MP4 ou MOV (H.264, HEVC ou ProRes), en vidéo avec transparence ou en séquences PNG transparentes. La refonte Dreams 2, gratuite pour les possesseurs, a ajouté le lasso de sélection et de transformation, une timeline en trois modes et un Flipbook multipiste. Les gestes de l’Apple Pencil Pro sont pris en charge, le partage familial couvre six membres d’une même famille, et l’éditeur ne déclare aucune collecte.

Dreams est pourtant la moins bien notée de la sélection, 3,5 sur 5 pour 42 notes en France, et les avis publiés juste après la refonte se contredisent sur la nouvelle interface. Creative Bloq relève de son côté que la refonte n’apporte ni pinceaux vectoriels, ni animation par squelette, ni objets 3D, trois fonctions que réclament certains utilisateurs. Les fichiers de la première version doivent être convertis, le filtre Flou d’objectif est réservé, selon des notes de version d’octobre 2024, aux iPad à puce M1, M2 ou M4, et l’application n’existe que sur iPad, à partir d’iPadOS 16.3.
Dreams s’adresse à l’animateur 2D, au motion designer et à tout illustrateur qui veut faire bouger ses dessins. Pour une animation courte, Procreate anime image par image au même prix, sans images clés ni son ; pour une animation longue, Clip Studio Paint EX prend le relais, sur abonnement.
10. Nomad Sculpt : la sculpture 3D sur iPad, éditée à Paris

Nomad Sculpt n’est pas une application de dessin : elle figure ici pour la 3D. Elle sculpte, peint les modèles et les exporte en glTF, OBJ, STL ou PLY, donc vers une imprimante 3D ou vers Blender ; ses notes de version citent aussi le FBX et l’USD. Un illustrateur peut y poser un volume, une tête ou un décor, avant de le peindre ailleurs. Avec 4,9 sur 5 pour 1 284 notes, elle obtient la meilleure note de la sélection. Son éditeur, Hexanomad, est domicilié rue Amelot, à Paris, déclare ne collecter aucune donnée, et suit l’application : la version 2.9, sortie en octobre 2026, a ajouté les outils Élastique, Polir et Disposer. Elle tourne dès iPadOS 16, sur iPhone et sur Vision Pro.

Le module Quad Remesher, qui remaille les modèles en quadrangles, se paie à part. Et Nomad Sculpt ne remplace aucune des autres applications de cette liste : on n’y dessine pas.
Nomad Sculpt s’adresse au sculpteur 3D, à l’amateur d’impression 3D et à l’illustrateur qui construit ses références en volume. Aucune autre application de sculpture ne figure dans la sélection.
11. Clip Studio Paint : l’atelier de BD sur abonnement, à condition de bien choisir son plan

Clip Studio Paint accompagne une bande dessinée du storyboard aux finitions, pour l’impression comme pour le web. L’abonnement fonctionne sur iPad, Windows, macOS, Android et iPhone, avec 10 Go de cloud pour retrouver ses fichiers d’un appareil à l’autre. En édition EX, l’application gère les œuvres de plusieurs pages et l’animation au-delà de 24 images. L’essai dure 30 jours, et CELSYS, son éditeur, offre jusqu’à trois mois gratuits aux nouveaux abonnés sur leur premier plan.

Passé l’essai, sans plan payant, on ne peut plus ni sauvegarder ni exporter. La gestion d’une œuvre de plusieurs pages est réservée à l’édition EX, et l’édition PRO limite l’animation à 24 images : un auteur de BD de plusieurs pages paie donc plus du double du tarif PRO. Le plan de base ne couvre surtout qu’un seul appareil, au choix. Dessiner sur iPad et sur ordinateur demande un plan Duo, soit 93,99 € par an chez CELSYS en édition EX (près de 470 € sur cinq ans). Le guichet compte aussi : via l’App Store, les plans coûtent de 5,5 à 10 % de plus que sur la boutique de CELSYS. L’application demande iPadOS 18 et 3 Go de mémoire au minimum, et l’éditeur en recommande 6 Go pour une BD en haute résolution. Il déclare enfin un pistage par identifiants.
Clip Studio Paint s’adresse à l’auteur de BD, de manga ou de webtoon, à l’animateur image par image en édition EX et au dessinateur qui alterne iPad et ordinateur, à condition de prendre un plan Duo. Un débutant qui ne sait pas encore s’il continuera a intérêt à s’en tenir à la période d’essai. Pour des trames manga sans abonnement, ibis Paint X reste gratuite, publicité comprise.
Quelle application pour quel profil
Sur ces onze profils, huit ont un premier choix gratuit ou à moins de 15 € ; seuls la BD, la sculpture et le dessin technique demandent davantage.
| Profil | Ce qu’on cherche en priorité | Premier choix | Alternative possible | À éviter |
|---|---|---|---|---|
| Enfant, avec un parent | Pas de publicité ni de collecte déclarée | Sketchbook | Procreate, payante mais sans publicité ni collecte déclarée, avec partage familial | ibis Paint X (publicité, contenus d’autres utilisateurs) ; Tayasui (abonnements dans la liste d’achats, pistage déclaré) ; Paper (données liées à l’identité) |
| Débutant adulte, loisir | Prise en main, dépense minimale | Sketchbook, puis Procreate si l’envie dure | Adobe Fresco | Clip Studio Paint : un abonnement avant de savoir si l’on continue |
| Amateur confirmé, illustrateur | Pinceaux, PSD, achat unique | Procreate | Artstudio Pro (hors classement), si l’anglais ne gêne pas | |
| Peintre attaché au rendu traditionnel | Aquarelle, huile, sensation du papier | Adobe Fresco | Tayasui Sketches, Version Pro | |
| Auteur de BD, manga ou webtoon | Pages multiples, trames, passage sur ordinateur | Clip Studio Paint EX | ibis Paint X, gratuite | Passage sur ordinateur : plan Duo ; Procreate : ni cases ni bulles annoncées |
| Graphiste, logo, impression | Vectoriel, CMJN, PANTONE | Affinity Designer 2 | Adobe Fresco, vecteurs exportés vers Illustrator | Ne pas bâtir un flux professionnel sur une version figée |
| Professionnel déjà abonné à Adobe | Passage vers Photoshop et Illustrator | Adobe Fresco | Procreate (export PSD) | |
| Animateur 2D | Timeline, audio, export vidéo | Procreate Dreams | Clip Studio Paint EX | Procreate seul : image par image, sans images clés ni son |
| Sculpteur, artiste 3D | Sculpture, export vers l’impression 3D | Nomad Sculpt | Aucune dans la sélection | |
| Architecte, designer produit, storyboard | Toile infinie, grilles, vecteur | Concepts | Affinity Designer 2 | Version gratuite inutilisable en production |
| Notes manuscrites, schémas | Rapidité, iPad ancien | Paper | Sketchbook |
Questions fréquentes sur les applications de dessin iPad
Peut-on dessiner sur iPad sans installer d’application ?
Oui, pour des croquis simples. L’app Notes, installée d’origine, propose un crayon, un marqueur, une gomme et un lasso qui sélectionne, déplace ou copie une partie du dessin, avec une épaisseur de trait et une opacité réglables. On y dessine au doigt comme à l’Apple Pencil, selon Apple, et le tableau blanc Freeform accepte lui aussi le dessin au doigt. Notes reste toutefois un outil d’annotation : la page d’aide d’Apple n’y mentionne ni calques ni pinceaux personnalisables. Pour aller plus loin sans payer, Sketchbook est la marche suivante.
Quel iPad et quel Apple Pencil pour dessiner ?
Tout dépend de l’application. Adobe Fresco et Clip Studio Paint demandent iPadOS 18, quand Sketchbook se contente d’iPadOS 14 et Paper d’iPadOS 13 : sur un iPad ancien, ce sont ces deux-là qu’il faut viser. Pour une BD en haute résolution dans Clip Studio Paint, CELSYS recommande au moins 6 Go de mémoire. Côté stylet, l’Apple Pencil Pro ne fonctionne, selon Apple, qu’avec l’iPad mini (A17 Pro), les iPad Air M2, M3 et M4, et les iPad Pro M4 et M5. Les modèles plus anciens acceptent, selon leur génération, l’Apple Pencil de première ou de deuxième génération, ou l’Apple Pencil USB-C.
Adobe Photoshop Sketch existe-t-elle encore ?
Non. Adobe a retiré Photoshop Sketch et Illustrator Draw du téléchargement en juillet 2021, et les deux applications sont restées utilisables jusqu’en janvier 2022. L’éditeur renvoie vers Fresco, qui a repris leurs fonctions. Pour récupérer d’anciens dessins, il faut se connecter à assets.adobe.com avec son identifiant Adobe et ouvrir l’onglet Mobile Creations : chaque projet s’y télécharge en PNG ou en JPG. La procédure d’import vers Fresco décrite par Adobe est signalée comme n’étant plus prise en charge, et le compte gratuit Creative Cloud est limité à 5 Go de stockage.
Pourquoi Artstudio Pro ne figure-t-elle pas dans ce classement ?
Elle a de vrais atouts pour qui vient de Photoshop. Une fois débloquée, pour 17,99 € en licence à vie ou 3,99 € par an, elle offre une toile jusqu’à 64 mégapixels, des calques illimités et neuf effets de calque façon Photoshop, dont le biseau, le contour, l’ombre portée et la lueur, et elle lit les pinceaux ABR et TPL. Trois raisons nous l’ont fait écarter : une interface en anglais, chinois et russe seulement, 172 notes à peine sur l’App Store français, et aucune mise à jour depuis octobre 2025. Sa version gratuite ne sert par ailleurs qu’à essayer, avec une sauvegarde bloquée et un export limité au JPG.
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