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Accueil » High-Tech » Test Jackery SolarVault 3 Pro Max : 2 500 W annoncés, combien en vrai chez vous ?

Test Jackery SolarVault 3 Pro Max : 2 500 W annoncés, combien en vrai chez vous ?

La Rédaction25 août 2026MAJ :25 août 2026 High-Tech Aucun commentaire
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Test Jackery SolarVault 3 Pro Max
© Meilleure Innovation
Notre avis sur
Jackery
SolarVault 3 Pro Max
8.0 /10
Voir le résumé et le détail de la note

Jackery pousse d’un cran son offre de stockage résidentiel avec la SolarVault 3 Pro Max, 2,52 kWh extensibles, quatre entrées MPPT et 2 500 W annoncés. Nous l’avons branchée sans panneaux, avec une extension BP2500, pour juger d’abord la batterie elle-même : fabrication, pilotage, charge secteur et restitution. Verdict après plusieurs jours de test, relevés à l’appui.

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Jackery s’est fait un nom avec des batteries que l’on emporte en van ou sur un chantier. La marque avait déjà tenté le stockage domestique en 2025 avec le HomePower 2000 Ultra ; la série SolarVault 3 est sa deuxième génération sur ce terrain, et la première à viser franchement l’installation fixe. Nous testons ici le modèle Pro Max, le plus généreux en puissance de la gamme, mais avec un choix de méthode assumé : ce premier test se fait sans les panneaux solaires. Nous voulions d’abord juger la batterie pour ce qu’elle est en elle-même, sa fabrication, son pilotage, son comportement en charge sur secteur et en restitution vers la maison, avant d’ajouter la variable supplémentaire de la production photovoltaïque dans un second temps.

Un mot sur le positionnement, décisif et pourtant rarement écrit. La Pro Max n’est pas seule dans la gamme : la SolarVault 3 Pro est affichée à 839 € et la Pro Max AC à 959 €, cette dernière étant la même machine privée de ses entrées MPPT. Un lecteur qui branche la batterie sans le moindre panneau devrait sérieusement regarder la Pro Max AC avant de payer 120 € de plus pour quatre entrées solaires qu’il n’utilisera pas. Nous avons choisi la Pro Max parce que la seconde phase ajoutera les panneaux, mais la question mérite d’être posée franchement.

Notre tableau électrique héberge déjà un Shelly Pro 3EM, installé pour nos précédents tests, et Jackery revendique une compatibilité native avec ce compteur, en plus de son propre Smart Meter et d’un lecteur TIC dédié au Linky.

Photo 01 : la SolarVault 3 Pro Max et ses extensions BP2500 à la réception / Photo 01_bis : l’unité installée, posée au sol et raccordée au secteur

Une précision de méthode, comme toujours chez nous. Notre analyse s’appuie sur notre prise en main du matériel, sur nos mesures, et sur les spécifications constructeur relevées sur la page officielle française le 7 août 2026. Chaque prix cité porte sa date de relevé.

Sommaire
  • Fiche technique : Jackery SolarVault 3 Pro Max
  • Déballage et fabrication : un objet dense, soigné, et sérieusement pensé
  • Installation sans panneaux : ce que la SolarVault permet en simple recharge secteur
  • Le cadre réglementaire français : deux obligations que personne ne mentionne
  • Modularité : 15,12 kWh disponibles aujourd'hui, 45,36 kWh un jour peut-être
  • Entrée solaire et bascule de secours : ce que le second volet mesurera
  • L'application Jackery : complète, cohérente, mais perfectible
  • Home Assistant en local : l'argument que la marque ne met pas en avant
  • Compteurs intelligents : l'ouverture, avec une réserve française de taille
  • Ce que disent nos relevés
  • Face à la concurrence
  • Pour qui est faite la SolarVault 3 Pro Max ?
  • Les points forts, en détail
  • Les limites, en détail

Fiche technique : Jackery SolarVault 3 Pro Max

Capacité2,52 kWh LFP de base, extensible à 15,12 kWh avec 5 batteries BP2500
Mise en parallèleJusqu’à 3 unités et 45,36 kWh annoncés, fonction non active à ce jour (« disponible bientôt », note officielle)
Puissance de charge et de décharge sur le port secteur1 800 W sur l’unité principale seule ; 2 500 W bidirectionnels avec extension dès 5 kWh installés
Injection réseau800 W par défaut, débridable à 2 500 W dans l’application ; voir nos réserves sur le raccordement par prise
Sortie hors-réseau1 600 W sous 5 kWh installés ; jusqu’à 2 500 W dès une extension BP2500 ; bypass annoncé jusqu’à 3 680 W
Entrée solaire4 × MC4, 4 MPPT indépendants de 1 000 W (60 V max par entrée), 4 000 W au total
Bascule de secoursAnnoncée en moins de 20 ms (valeur constructeur, chronométrage prévu au second volet)
ConnectivitéWi-Fi 2,4 GHz, Bluetooth 5.0, Ethernet RJ45, MQTT local et intégration Home Assistant via HACS
Compteurs compatiblesJackery Smart Meter, lecteur TIC Linky (7 références seulement), Shelly Pro 3EM et Pro EM-50, EcoTracker P1 et IR, Homey Energy Dongle P1, HomeWizard P1
Durée de vie6 000 cycles à 90 % de profondeur de décharge pour un état de santé ≥ 70 %
Indice de protectionIP65
Plage de température-20 °C à +55 °C, préchauffage automatique des cellules
Poids25,5 kg relevés pour l’unité principale (26,5 ± 0,5 kg annoncés) ; 21 kg par extension BP2500
Garantie10 ans, durée de vie de conception annoncée à 15 ans
Prix (relevé le 7 août 2026)1 079 € l’unité (conseillé 1 379 €) ; BP2500 : 599 € (conseillé 799 €) ; socle SolarVault 3 Base : 119 € (conseillé 149 €) ; lecteur TIC : 89 € (conseillé 109 €)
Kits (relevés le 7 août 2026)+ 1 BP2500 : 1 678 € ; + 4 panneaux 500 W : 1 559 € ; + 1 BP2500 + 4 panneaux : 2 058 € ; + 2 BP2500 + 4 panneaux : 2 657 €

Déballage et fabrication : un objet dense, soigné, et sérieusement pensé

Premier constat en sortant la SolarVault 3 Pro Max de son carton : c’est un objet dense. La balance affiche 25,5 kg pour l’unité de base seule, et 21 kg pour l’extension BP2500, un poids cohérent avec sa capacité de 2,52 kWh en cellules LiFePO₄ et son électronique de conversion bidirectionnelle. À titre de repère, la fiche officielle annonce 26,5 ± 0,5 kg pour l’unité principale : nous retenons notre relevé, qui rejoint d’ailleurs celui de deux autres mesures publiées en France, et signalons l’écart.

Les poignées latérales rendent la manipulation possible seul, mais on est loin d’un produit que l’on déplace à la légère. Jackery vend un support de pose en aluminium, le SolarVault 3 Base, à 119 € au lieu de 149 € conseillés : 1,65 kg, il surélève la batterie de six centimètres et supporte 440 kg. Les roulettes sont un accessoire distinct, vendu séparément. Facturer plus de cent euros un socle sur un produit qui en coûte déjà plus de mille interroge, mais son utilité une fois la batterie en place ne fait aucun doute, ne serait-ce que pour la mettre hors d’atteinte d’un dégât des eaux.

Le boîtier joue la sobriété : gris foncé satiné, arêtes adoucies, et un écran couleur qui résume d’un coup d’œil où en est la charge, ce qui entre, ce qui sort et quel mode pilote la batterie, avant de s’éteindre seul au bout de quelques minutes. L’ensemble s’intègre sans choquer dans un garage ou une buanderie, ce qui n’est pas le cas de tous les concurrents sur ce segment. On pourrait signaler que les deux boutons physiques répondent sans conviction : on n’a jamais la certitude d’avoir appuyé, là où d’autres modèles offrent un retour net. Ce n’est pas un obstacle majeur pour ressentir dans l’ensemble que la base SolarVault 3 Pro Max et son extension transmettent une impression de bon matériel.

Sur la tranche gauche de l’appareil se trouvent les quatre entrées solaires en connecteurs MC4, décalées deux par deux plutôt qu’alignées, ce qui évite d’avoir à croiser les câbles au branchement : peu de constructeurs prennent la peine de soigner ce détail. Nous ne les utilisons pas dans ce premier test, mais leur présence conditionne la suite : chaque tracker MPPT est indépendant et accepte jusqu’à 1 000 W, pour une entrée solaire totale annoncée de 4 000 W. Sur la tranche droite, on trouve le connecteur secteur, la prise hors-réseau, un port Ethernet RJ45 et l’antenne Wi-Fi/Bluetooth. Le connecteur secteur profite d’un système de verrouillage à bague, un vrai bon point : sur d’autres batteries de ce type, débrancher le câble après l’avoir vissé peut vite tourner au calvaire.

Une réserve matérielle mérite d’être connue avant tout démontage, et elle ne figure dans aucun test publié en France. Le filetage de l’antenne Wi-Fi est serré au point d’entraîner tout le pas de vis lorsqu’on cherche à la dévisser, sectionnant au passage le câble interne qui la relie à la carte. Le cas est décrit sur un forum photovoltaïque spécialisé et repris dans un avis client publié sur la fiche officielle française. Deux sources indépendantes, donc un constat que nous prenons au sérieux : n’essayez pas de remplacer l’antenne d’origine par une antenne à gain supérieur, vous risquez de transformer un problème de signal en panne matérielle non couverte.

Côté sécurité, Jackery multiplie les dispositifs de protection : surveillance électronique des cellules et des températures par le système de gestion de batterie (BMS), capteurs de température dédiés au niveau des connecteurs MC4 et du connecteur secteur, un point de vigilance pertinent tant les mauvais contacts sur ce type de connectique peuvent être à l’origine d’incidents, et un système d’extinction active par aérosol, dont la marque nous a confirmé la certification TÜV, intégré à la carcasse en cas d’emballement thermique. Ces protections s’ajoutent à la chimie LiFePO₄ elle-même, dont la stabilité thermique est supérieure à celle des cathodes NMC ou NCA que l’on trouve dans beaucoup d’autres accumulateurs lithium-ion. On sent, à l’usage comme à la lecture de la fiche technique, un produit pensé pour rassurer un public qui installe pour la première fois du stockage électrique chez lui.

La durée de vie annoncée mérite d’être citée avec exactitude, parce qu’elle conditionne tout calcul d’amortissement. La fiche officielle française indique 6 000 cycles à 90 % de profondeur de décharge pour un état de santé supérieur ou égal à 70 %, et non 80 % comme on le lit souvent. Sur l’unité de base, dix points d’état de santé représentent 252 Wh de capacité en moins, et 504 Wh sur notre configuration de test. La garantie constructeur est de dix ans, pour une durée de vie de conception annoncée à quinze ans.

Le refroidissement est entièrement passif, assuré par un radiateur massif à l’arrière du boîtier : pas de ventilateur, donc en théorie un silence de fonctionnement total, à peine troublé par le déclic sec d’un relais quand le système bascule entre charge et décharge. L’ensemble est certifié IP65 et annoncé pour fonctionner de -20 °C à +55 °C, avec un préchauffage automatique des cellules par temps froid. Cet indice le rend apte à un emplacement extérieur abrité, mais Jackery demande de le tenir à l’écart du soleil direct, de la pluie et de la neige pour un usage domestique prolongé : sous carport ou en local technique, pas en plein champ.

Installation sans panneaux : ce que la SolarVault permet en simple recharge secteur

Sans production photovoltaïque à raccorder, notre installation se limite à l’essentiel : brancher la batterie sur une prise secteur dédiée via son câble verrouillable, la fixer si besoin au mur grâce aux deux équerres, la poser sur son support, puis passer par l’application pour la configuration. Cette simplicité volontaire nous permet d’isoler ce que la SolarVault fait déjà très bien avant même de produire le moindre watt solaire : se recharger intelligemment sur le réseau, et restituer cette énergie à la maison au moment voulu, un usage à part entière pour qui veut lisser sa consommation entre heures creuses et heures pleines, ou disposer d’un filet de secours en cas de coupure.

Un point que la communication de la marque laisse dans l’ombre mérite d’être posé clairement, parce qu’il change l’arbitrage à l’achat. Les 2 500 W bidirectionnels ne sont pas ceux de l’unité seule : la FAQ de la page officielle répond que la puissance de charge maximale d’une seule batterie principale est de 1 800 W, et la note de bas de page précise que la sortie hors réseau de 2 500 W nécessite des batteries additionnelles. La décharge, elle, plafonne à 1 600 W sous 5 kWh installés. Notre configuration de test comportait une extension BP2500, soit 5,04 kWh installés, ce qui débloque effectivement la pleine puissance. Mais l’acheteur qui s’en tient à l’unité de base n’y aura pas droit.

Par défaut, la puissance réinjectée vers le réseau domestique est bridée à 800 W dans l’application, et Jackery propose de débrider cette limite jusqu’à 2 500 W directement dans les réglages. Nous ne le recommandons pas sans circuit dédié et disjoncteur adapté.

Il faut toutefois aller plus loin, car ce plafond de 800 W ne vaut pas autorisation de brancher sur une prise. Depuis le 1er septembre 2025, la version 2024 de la norme NF C 15-100 prescrit qu’un générateur d’électricité ne soit pas raccordé à un circuit terminal par une prise de courant ou une fiche. Répondant à une question parlementaire au Journal officiel du 26 mai 2026, le gouvernement a confirmé la portée de cette disposition et ses deux motifs : le risque d’électrisation par contact avec des parties actives, et le risque d’échauffement des conducteurs sous une surcharge que les protections du tableau ne détectent pas. Une nuance existe toutefois, et elle est au cœur du débat : les équipements qui ne créent ni ne modifient de circuit électrique ne relèveraient pas de l’installation fixe du bâtiment. Le point n’est pas tranché. Nous ne le trancherons pas davantage : qualifier juridiquement une batterie raccordée à demeure n’est pas notre rôle. Retenez simplement que les 800 W ne sont pas une autorisation générale d’utiliser une prise classique, et faites valider votre mode de raccordement par un professionnel avant d’acheter.

En fonctionnement autonome, l’ensemble décroche effectivement à l’approche des 2 500 W. Nous avons branché une bouilloire, un grille-pain et un ventilateur directement sur la prise hors-réseau. Aux alentours de 2 500 W, la protection se déclenche et coupe la sortie. Rien d’anormal : les trois appareils réunis dépassent la puissance nominale de la prise, et une batterie à 17 % de charge encaisse moins bien qu’une batterie pleine. Lorsque la batterie est mieux remplie, elle tient cette surcharge plus longtemps, mais finit également par se protéger. La coupure est franche et reproductible, sans oscillation ni redémarrages successifs, et c’est à mettre au crédit du produit.

Les valeurs affichées par la batterie et par l’application, ainsi que celles que nous relevons au compteur, diffèrent légèrement. C’est normal : les trois ne mesurent ni au même endroit, ni exactement au même instant. S’y ajoutent les pertes de conversion de l’onduleur, la consommation propre de l’électronique et les tolérances de chaque capteur. Lors d’un essai au grille-pain, l’écart entre le compteur, l’écran de la SolarVault et notre wattmètre reste dans une fourchette qui n’a rien d’inquiétant.

Une curiosité, enfin, qui vaut d’être notée. Un ventilateur de 12 W branché sur la prise n’apparaît ni sur l’écran de l’appareil, ni dans l’application. Le système semble donc avoir un seuil de détection au-dessous duquel les très petites charges lui échappent. Sans conséquence pratique pour un lave-linge ou un chauffe-eau, mais bon à savoir pour qui espère suivre au watt près la consommation d’un poste de travail ou d’une box.

Le cadre réglementaire français : deux obligations que personne ne mentionne

Le bridage à 800 W est la partie visible du sujet, mais il n’épuise pas les obligations qui pèsent sur une installation de ce type en France. Deux points, énoncés explicitement par le gestionnaire de réseau, méritent d’être connus avant l’achat. D’abord, la déclaration de l’installation est obligatoire même en autoconsommation totale, c’est-à-dire même sans la moindre injection vers le réseau, et quel que soit le niveau de puissance. Ensuite, l’ajout d’une batterie déclenche en principe l’exigence d’un certificat Consuel, avec une dispense possible pour les équipements plug-and-play conformes à la norme NF EN 50549-1-4. Source : Enedis, page consultée le 7 août 2026.

Un dernier point, plus prospectif. La note officielle du produit indique qu’au-delà de 45 kWh d’extension, une installation professionnelle et une autorisation administrative deviennent nécessaires. Ce seuil ne concerne donc que la mise en parallèle de plusieurs unités, pas une pile de cinq extensions sur une seule tête. Nous n’avons pas trouvé de source publique fixant un seuil intermédiaire en capacité installée : si votre projet dépasse la dizaine de kilowattheures, faites vérifier le cadre applicable par un professionnel plutôt que de vous fier à un chiffre glané en ligne.

Modularité : 15,12 kWh disponibles aujourd’hui, 45,36 kWh un jour peut-être

L’argument central de la SolarVault 3 Pro Max, comme pour la plupart des systèmes de cette génération, est sa capacité à grandir avec les besoins. L’unité de base embarque 2,52 kWh, extensibles par ajout de batteries BP2500 de 2,5 kWh chacune, jusqu’à cinq modules empilés sur une même unité principale, soit 15,12 kWh. Jackery annonce aller plus loin, avec la mise en parallèle de trois unités portant le plafond théorique à 45,36 kWh et une sortie combinée de 7 500 W. La note de bas de page de la fiche officielle se contente d’un « disponible bientôt ». Interrogée au lancement, la marque nous avait pourtant donné une date : fin juillet, par mise à jour du firmware. Nous sommes fin août, la fonction n’est toujours pas active, et elle n’est donc pas achetable. La modularité réellement disponible aujourd’hui est de 15,12 kWh, ce qui reste très bon pour un plug and play, mais ce n’est pas ce que la communication met en avant.

Le calcul du prix au kilowattheure de stockage éclaire la logique commerciale de la gamme, à condition de partir des prix réels. L’unité de base seule, avec son onduleur bidirectionnel intégré, revient à 1 079 € pour 2,52 kWh, soit 428 € le kWh. En ajoutant une batterie BP2500 à 599 € au lieu de 799 € conseillés, l’ensemble monte à 1 678 € pour 5,04 kWh, soit 333 € le kWh. Avec deux extensions, 2 277 € pour 7,56 kWh ramènent le ratio à 301 € le kWh. C’est l’électronique de conversion embarquée dans l’unité principale qui coûte cher, et chaque module ajouté dilue ce coût fixe.

Jackery propose d’ailleurs des kits packagés, relevés sur la page officielle le 7 août 2026 : Pro Max avec une extension BP2500 à 1 678 €, avec quatre panneaux bifaciaux 500 W à 1 559 €, avec une extension et quatre panneaux à 2 058 €, et avec deux extensions et quatre panneaux à 2 657 €. Ces prix sont susceptibles d’évoluer et portent leur date de relevé pour cette raison.

Un mot enfin sur l’économie annuelle mise en avant par la marque. Jackery annonce jusqu’à 1 016 € par an pour la Pro Max, et 1 104 € pour la Pro Max AC. La note qui accompagne ces chiffres en donne les conditions, et elles pèsent lourd : une configuration à cinq batteries additionnelles, soit un système à plus de 4 000 € au prix du jour, et un kilowattheure à 0,20 €. Donner le chiffre avec ses hypothèses est plus utile que de le noyer dans une formule vague : à ce niveau d’investissement, l’amortissement se compte en années, pas en mois.

Entrée solaire et bascule de secours : ce que le second volet mesurera

Une fois les panneaux ajoutés, la SolarVault acceptera jusqu’à 4 000 W d’entrée solaire répartis sur ses quatre trackers MPPT indépendants de 1 000 W chacun, avec une tension d’entrée maximale de 60 V par tracker, un point à surveiller de près lors du câblage de plusieurs panneaux en série. Un mode bypass, distinct de la prise hors-réseau, est par ailleurs annoncé jusqu’à 3 680 W en pointe tant que le réseau est présent.

Le temps de bascule sous 20 millisecondes reste à ce stade une valeur constructeur : la mesure demande un chronométrage vidéo en conditions de coupure réelle, que nous avons choisi de mener dans le second volet, une fois les panneaux raccordés et l’installation dans sa configuration définitive.

L’application Jackery : complète, cohérente, mais perfectible

Pour une gamme aussi récente, l’application Jackery fait bonne impression dès la prise en main. L’écran principal affiche la batterie testée ainsi que les autres unités du foyer, avec la puissance générée par une éventuelle production solaire, celle restituée vers le réseau domestique, et l’état de charge en temps réel. L’interface reprend des codes visuels que l’on retrouve chez plusieurs concurrents directs, ce qui n’est pas un défaut en soi : l’essentiel est que les informations soient lisibles au premier coup d’œil, et c’est le cas ici.

Le cœur du pilotage tient dans quatre modes distincts. Le mode intelligence artificielle apprend les habitudes de consommation et de production du foyer pour optimiser automatiquement les cycles, avec une période de rodage nécessaire avant d’en tirer pleinement parti, et un intérêt qui reste limité tant que les offres à tarification dynamique demeurent marginales en France. Le mode autoconsommation priorise l’usage direct du solaire puis de la batterie pour réduire la dépendance au réseau, en s’appuyant sur le compteur intelligent installé.

Le mode personnalisé permet de fixer des plages de charge et de décharge à des heures précises, typiquement pour recharger pendant les heures super creuses et restituer en heures pleines, avec de l’autoconsommation classique en dehors de ces plages. Un bémol sur ce mode, plutôt intuitif dans sa programmation mais qui devient agaçant dès que l’on veut modifier ultérieurement les cycles déjà programmés, ou plus simplement les annuler.

Le mode tarifaire, enfin, optimise automatiquement selon les tarifs heures creuses et heures pleines du fournisseur renseigné, avec plusieurs fournisseurs français déjà préenregistrés et leurs grilles tarifaires préremplies, y compris le tarif Tempo. Notons que tous les fournisseurs ne sont pas nativement reconnus : certains, à l’instar d’Ekwateur, nécessitent une saisie manuelle des tarifs.

Une limite du mode tarifaire mérite d’être signalée : il est impossible de fixer un prix plancher ou un rendement minimal en dessous duquel le système renoncerait à cycler. Autrement dit, la batterie peut déclencher un cycle complet sur un écart tarifaire que les pertes de conversion rendent défavorable. Sur un produit dont l’argument est l’économie, c’est un manque réel du logiciel.

Un mot sur le mode économie d’énergie, qui explique beaucoup de choses. Le système bascule automatiquement en veille après dix minutes sans flux, et la consommation propre tombe alors à environ deux watts. Hors de ce mode, elle se compte en dizaines de watts, jour et nuit. Interrogée au lancement, la marque nous annonçait une veille de cinq à six watts : ce chiffre correspond au mode économie, pas au fonctionnement courant. Nos relevés, détaillés plus bas, montrent un écart d’un facteur six à dix-sept selon la valeur de référence retenue en mode économie. Autrement dit, la promesse est tenue, mais seulement si ce réglage est actif, et rien dans l’application ne pousse à l’activer. Faites-le.

Deux réglages méritent d’être connus avant de se lancer. L’application permet de fixer une limite basse de décharge, réglable jusqu’à 5 % ; il est recommandé de la relever autour de 15 % pour conserver une marge de sécurité raisonnable et préserver la longévité des cellules. Elle permet aussi de plafonner la charge, par exemple à 80 %, une option dont l’utilité nous semble limitée pour un usage domestique classique puisqu’elle revient surtout à payer une capacité que l’on choisit de ne jamais exploiter pleinement.

Home Assistant en local : l’argument que la marque ne met pas en avant

Pour un foyer déjà équipé en domotique, c’est probablement la raison la plus solide de choisir cette batterie plutôt qu’une autre. La SolarVault 3 expose ses données en MQTT local et dispose d’une intégration Home Assistant documentée par le constructeur, installable via HACS. Une cinquantaine d’entités remontent dans le tableau de bord domotique, en local, sans transiter par le cloud de la marque. Concrètement, la télémétrie et une partie des réglages restent chez vous.

L’ouverture n’est toutefois pas totale : la lecture est complète, l’écriture ne l’est pas, et le changement de mode comme le lancement d’une charge sur le secteur passent encore par le cloud de la marque. C’est franc pour le segment, ce n’est pas une indépendance complète.

Compteurs intelligents : l’ouverture, avec une réserve française de taille

Sur la compatibilité des compteurs intelligents, précisément le terrain qui nous intéresse avec notre installation existante, Jackery joue la carte de l’ouverture : outre son propre Smart Meter et son lecteur TIC, la fiche officielle liste le Shelly Pro 3EM et le Pro EM-50, mais aussi l’EcoTracker P1 et IR d’Everhome, le Homey Energy Dongle P1 et le HomeWizard P1. Le point fort réel n’est pas la compatibilité Shelly, c’est l’absence de compteur propriétaire imposé. Notre Shelly a été reconnu et a fourni au système la lecture de consommation dont il a besoin, sans matériel supplémentaire ni euro dépensé.

La réserve porte sur le lecteur TIC, sigle qui désigne la télé-information client, la sortie de données que porte le compteur Linky. Vendu 89 € au lieu de 109 € conseillés, il est présenté comme la solution française naturelle. Sa compatibilité est en réalité limitée à sept références : Sagemcom TIC-DIN, Linky G3-PLC et G3-PLC 3P, Landis+Gyr E450 et E650, Itron Alacazar, ZIV Gridstream. La page officielle porte elle-même un avis client signalant que le produit ne fonctionne pas sur son Linky, et c’était déjà le point le plus délicat parmi les questions que nous avons posées à la marque au lancement. Notre configuration masque le problème, puisque nous avions déjà un Shelly : c’est précisément pour cela qu’il faut l’écrire. Vérifiez la référence de votre compteur avant de commander.

Le point faible identifié par plusieurs testeurs concerne la connectivité Wi-Fi elle-même, non l’application en tant que telle : signal capté difficilement selon l’emplacement de la batterie, y compris à quelques mètres d’un routeur qui suffit largement à d’autres appareils du foyer. Nous n’avons pas eu ce problème lors de notre test, appairages Bluetooth et connexion au réseau Wi-Fi domestique se sont faits sans encombre. Ce point peut devenir un vrai casse-tête car il devient alors difficile de comprendre quel est le point faible de ce réseau : est-ce le compteur, la batterie, ou le système de connexion ? Le port Ethernet RJ45 permet de contourner le problème sans difficulté, mais cela suppose d’avoir prévu un câble jusqu’à l’emplacement choisi.

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Ce que disent nos relevés

Voici, dans le détail, les relevés que nous avons réalisés sur cette première phase de test, sans les panneaux solaires. Sauf mention contraire, ils ont tous été menés sur notre configuration complète, une unité principale et une extension BP2500, soit 5,04 kWh installés. Chacun est reproductible avec du matériel accessible : wattmètre, sonomètre de smartphone, thermomètre infrarouge, en mesure de température de surface, chronomètre, et notre compteur Shelly Pro 3EM déjà installé au tableau électrique.

RelevéAttendu ou repèreNotre mesureConditions
Latence de compensationQuelques secondes, ordre de grandeur non chiffré par JackeryMoins de deux secondesBouilloire de 2 000 W, chronométrage vidéo au compteur, 29,8 °C ambiants
Rendement aller-retour90 %, repère que nous fixons nous-mêmesEnviron 86 %Charge complète au secteur avec wattmètre intercalé, puis décharge complète mesurée en sortie
Consommation de veille, mode économie inactif5 à 6 W annoncés par la marque, une trentaine de watts dans les mesures publiées0,7 % de charge par heure au-delà de 50 %, 1 % sous 15 %, soit environ 35 W et 50 WLecture de l’état de charge sur 24 h, amplitude ambiante de 30 à 23 °C, 5,04 kWh installés
Consommation de veille, mode économie actifEnviron 2 W dans les mesures publiéesNon mesuré, à reprendre au wattmètreSecond volet
Extrapolation annuelle de veilleNon communiquéePlus de 300 kWh par an à 35 W, 20 à 50 kWh en mode économie selon la valeur de référenceCalcul de la rédaction sur 8 760 heures
Température du radiateurNon communiquéeEntre 39 et 42 °CInjection moyenne de 552 W, plus de 32 °C ambiants, mesure sur 24 h à 20 cm du radiateur
Niveau sonoreMoins de 30 dB annoncésMesure invalidée, les cigales couvrent l’appareil. Inaudible à l’oreilleSonomètre de smartphone, extérieur, été. À refaire en intérieur et de nuit
Autonomie en restitutionNon communiquéeEnviron 8 h à 500 W d’injection moyenne, environ 2 h à 2 000 WCalcul de la rédaction sur 5,04 kWh installés, seuil de décharge de 15 % et pertes de conversion déduits
Décrochage sur prise hors-réseau2 500 W annoncés dès 5 kWh installésMise en sécurité aux alentours de 2 500 W, franche et reproductibleBouilloire, grille-pain et ventilateur, charge restante de 17 %
Seuil de détection des petites chargesNon communiquéUn ventilateur de 12 W n’apparaît ni sur l’écran ni dans l’applicationPrise hors-réseau, charge isolée
Chrono du carton à la première chargeNon communiquéMoins d’une heureSans installation des panneaux solaires, matériel au sol, création de compte comprise

Latence de compensation. Appel de charge type avec une bouilloire de 2 000 W, chronométrage vidéo d’un wattmètre placé au compteur, par 29,8 °C ambiants. Le temps de compensation s’établit à moins de deux secondes. Aucun test publié ne chiffre cette latence sur les modèles concurrents, nous n’en tirons donc pas de classement. Ce que nous pouvons dire, c’est que le pilotage ne cherche pas à anticiper : il réagit, et il réagit assez vite pour qu’un gros consommateur ne fasse grimper le soutirage au réseau qu’un instant.

Rendement réel de conversion. Batterie vidée jusqu’à la limite basse, charge complète au secteur avec wattmètre intercalé, puis décharge complète mesurée en sortie, sur un réseau de distribution stable. Notre mesure donne environ 86 % de rendement aller-retour, donc quatorze pour cent de pertes. Une précision sur la colonne « attendu » de notre tableau : les 90 % que nous y portons sont notre propre repère de testeur, pas une valeur constructeur. Le 100 % étant par nature inatteignable, nous fixons la barre à 90 % en y intégrant une petite marge d’erreur, et nous jugeons le produit par rapport à ce repère.

Ce résultat mérite d’être remis en perspective. Les mesures instrumentées publiées sur ce segment s’échelonnent de 80 à 88 %, ce qui place nos 86 % dans le haut du panier plutôt qu’en retrait de la concurrence. Ces comparaisons ne valent toutefois qu’entre protocoles comparables, et ils ne le sont pas toujours d’un test à l’autre. Nos 86 % dépassent aussi d’un point les relevés déjà publiés sur ce modèle, qui tournent autour de 85 %. Une explication possible tient à la puissance de notre cycle : ces mesures ont été menées à 800 W de charge et de décharge quand la nôtre a exploité la pleine puissance débloquée par l’extension, et un onduleur travaille mieux près de son point nominal. La température, la fenêtre d’état de charge et la calibration des instruments peuvent aussi jouer : nous ne l’attribuons pas à ce seul facteur.

Consommation de veille. Batterie allumée, sans charge ni décharge active, sur 24 heures pleines, avec une amplitude de température ambiante de 30 à 23 °C, et mode économie inactif. Nous relevons 0,7 % de charge perdue par heure au-delà de 50 % d’état de charge, et 1 % par heure sous 15 %. Rapporté aux 5,04 kWh installés, cela représente de l’ordre de 35 W dans le premier cas et de 50 W dans le second.

Deux régimes coexistent donc, et c’est tout l’enjeu. Mode économie actif, les mesures instrumentées publiées descendent à environ deux watts, et un relevé français donne trois à neuf watts batterie à l’arrêt : les cinq à six watts annoncés par la marque sont donc crédibles, dans ce régime-là. Mode économie inactif, les mêmes mesures publiées relèvent une trentaine de watts, ordre de grandeur que notre relevé confirme et dépasse légèrement. Trente-cinq watts en permanence, ce sont plus de 300 kWh sur une année pleine. En mode économie, selon la valeur de référence retenue, entre deux et six watts, le total tombe entre vingt et cinquante kilowattheures. L’écart se joue sur une case à cocher, et il se compte en centaines de kilowattheures par an. Précision de méthode : ces valeurs en mode économie sont celles des mesures publiées, nous ne les avons pas relevées nous-mêmes, et un wattmètre intercalé ne capte que ce qui est prélevé sur le réseau, pas ce qui le serait directement sur la batterie.

Deux réserves de méthode, que nous préférons écrire. Notre lecture porte sur l’état de charge affiché et non sur un wattmètre intercalé. Et cette estimation est moins fiable en bas de courbe, ce qui rend la valeur relevée sous 15 % moins solide que celle mesurée au-delà de 50 % : c’est cette dernière que nous retenons. Nous reprendrons la mesure au wattmètre pour le second volet.

Température du radiateur. Mesure au thermomètre infrarouge, à 20 cm du radiateur sur 24 heures, en charge et en décharge, avec une injection moyenne de 552 W et dans un environnement dont la température dépasse les 32 °C ambiants. Nous relevons entre 39 et 42 °C. Autrement dit, une dizaine de degrés au-dessus de l’air ambiant dans des conditions estivales sévères, sans dérive et sans le moindre déclenchement de sécurité thermique. Le refroidissement passif tient ses promesses.

Niveau sonore. Notre mesure a échoué, et nous le disons plutôt que de conclure à côté : le bruit environnant des cigales, pourtant à l’extérieur, vient couvrir ce « non bruit » de l’appareil. Une mesure de 42 dB apparaît à l’écran mais elle n’est en rien imputable à la SolarVault. À l’oreille, l’appareil est inaudible quelle que soit la configuration, ce qui est cohérent avec les moins de 30 dB annoncés et avec l’absence totale de ventilateur. Nous referons la mesure en intérieur et de nuit pour le second volet.

Autonomie en restitution. Nos 5,04 kWh installés donnent dix heures théoriques à 500 W d’injection moyenne, et deux heures et demie si la maison tire 2 000 W en continu. Retirez-en le seuil de décharge, que nous conseillons de fixer à 15 %, et les pertes de conversion côté restitution : comptez de l’ordre de huit heures dans le premier cas et de deux heures dans le second. Ces durées dépendent directement de la capacité installée : avec cinq extensions, multipliez par trois. Le scénario à 2 000 W, lui, ne se transpose pas du tout à une unité seule : celle-ci plafonne à 1 600 W en décharge, et ne tiendrait donc pas la puissance, quelle que soit sa réserve.

Chrono d’installation. Moins d’une heure entre l’ouverture du carton et la première charge domestique effective, création de compte et configuration applicative comprises. Le temps a été mesuré sans l’installation des panneaux solaires et avec le matériel au sol : comptez sensiblement plus dès qu’il faut fixer au mur et câbler quatre chaînes en MC4.

Une mesure manque, et c’est celle qui classe le mieux les produits de cette catégorie : le test d’injection nulle, c’est-à-dire le relevé du soutirage et de l’injection résiduels du réseau sur une nuit complète, batterie en mode autoconsommation. Les meilleures batteries mesurées à l’étranger se situent entre 0,03 et 0,06 kWh de soutirage et d’injection résiduels sur une nuit, quand les moins bonnes dépassent 0,5 kWh. Elle n’a de sens qu’avec une production solaire à réguler : notre Shelly Pro 3EM est en place, et elle ouvrira le second volet, avec le rendement à faible puissance et le chronométrage de la bascule de secours.

Face à la concurrence

Un test qui ne nomme personne ne sert à rien. Voici quatre concurrents directs, tous relevés le 7 août 2026 et tous situés dans une fourchette de plus ou moins 30 % autour du prix réel de la SolarVault 3 Pro Max.

Le Zendure SolarFlow 2400 AC+ s’affiche à 1 079 €, soit exactement le même prix, pour 2 400 W. Il tient la comparaison sur la puissance, mais il n’accepte aucune entrée solaire directe : c’est un système purement AC, qui suppose des micro-onduleurs en amont. Si votre projet inclut des panneaux raccordés directement, la question est tranchée d’avance en faveur de Jackery.

Le Zendure SolarFlow 2400 Pro, à partir de 1 199 €, est le concurrent frontal en courant continu. Il propose lui aussi quatre trackers MPPT, mais plafonne à 3 000 W d’entrée solaire en continu, contre 4 000 W chez Jackery. En revanche, la marque affiche les meilleurs rendements mesurés du segment, jusqu’à 88 %, très légèrement au-dessus de notre relevé.

L’Anker SOLIX Solarbank 3 E2700 Pro, à partir de 1 049 €, joue sur le prix et sur une entrée solaire généreuse de 3 600 W pour 2 688 Wh. Même réserve que chez Jackery, et il faut la dire : le constructeur précise lui-même qu’une unité seule n’absorbe que 1 800 W par ses ports photovoltaïques, et qu’il faut une batterie additionnelle pour atteindre les 3 600 W. Sa faiblesse est ailleurs : le bidirectionnel y est limité à 1 200 W. Notez que l’arrivée de l’Anker Solarbank 4 Pro, à 2 399 € conseillés en juin, exerce une pression tarifaire réelle sur la génération précédente : les promotions sur la Solarbank 3 Pro sont à surveiller.

Le Marstek Venus E 3.0, 5 120 Wh, à partir de 1 098,10 €, est la référence du coût brut : environ 214 € le kilowattheure, soit la moitié du ratio de la SolarVault en unité seule. Le compromis est logiciel, avec un pilotage nettement en retrait et une intégration domotique officielle moins aboutie. Si le seul critère est le prix du kilowattheure stocké, il gagne. Si le pilotage compte, il perd.

Le point d’équilibre est donc assez clair. La SolarVault 3 Pro Max n’est ni la moins chère au kilowattheure, ni la plus efficace, ni la plus puissante en entrée de gamme. Elle est celle qui combine le mieux entrée solaire directe généreuse, ouverture aux compteurs tiers, intégration domotique locale et qualité de fabrication. C’est un profil d’acheteur précis, pas un choix par défaut.

Pour qui est faite la SolarVault 3 Pro Max ?

Elle s’adresse d’abord à qui veut une puissance de restitution supérieure à ce que propose l’offre plug-and-play classique, que ce soit pour alimenter des appareils gourmands en cas de coupure ou pour viser, plus tard, une injection solaire au-delà des 800 W réglementaires sur un circuit dédié. Elle suppose alors d’emblée au moins une extension BP2500, seule façon d’accéder réellement aux 2 500 W, et c’est aussi le moment où le ratio au kilowattheure devient compétitif, 333 € contre 428 €. Elle conviendra également à qui envisage un système appelé à grandir dans le temps, et surtout à qui pilote son foyer sous Home Assistant.

Les points forts, en détail

Une fabrication qui inspire confiance. Façade anthracite mate, verrouillage à bague sur le connecteur secteur, capot de prise hors-réseau qui se retire sans effort : ce sont des détails, mais ce sont exactement les détails que l’on maudit sur les produits mal finis. S’y ajoutent des capteurs de température dédiés sur les connecteurs MC4 et le connecteur secteur, un extincteur aérosol dont la marque nous a confirmé la certification TÜV, et une chimie LiFePO₄ annoncée pour 6 000 cycles. Pour une gamme qui n’en est qu’à sa deuxième génération, le niveau d’exigence est là.

Un rendement dans le haut du panier. Nos 86 % mesurés se placent dans le haut d’un segment dont les mesures publiées s’échelonnent de 80 à 88 %. Sur notre configuration de 5,04 kWh cyclée une fois par jour, deux points de rendement représentent environ 37 kWh par an, soit sept à huit euros. Le gain devient réellement sensible sur les grosses capacités et chez les foyers qui cyclent beaucoup, et il se cumule sur les dix ans de garantie.

Une ouverture domotique documentée. Une cinquantaine d’entités remontées dans Home Assistant en MQTT local, avec une intégration installable via HACS et documentée par le constructeur. La télémétrie est complète et une partie des réglages est accessible sans passer par le cloud. Ce n’est pas unique sur le segment, plusieurs concurrents proposent du MQTT ou du Modbus local, mais c’est rare chez un entrant aussi récent, et c’est documenté plutôt que bricolé par la communauté.

Une ouverture réelle aux compteurs tiers. Shelly Pro 3EM et Pro EM-50, EcoTracker P1 et IR, Homey Energy Dongle P1, HomeWizard P1 : la marque n’impose pas son capteur. Dans notre cas, cela s’est traduit par zéro euro et zéro matériel supplémentaires pour passer à l’autoconsommation pilotée.

Un comportement en surcharge propre. Bouilloire, grille-pain et ventilateur branchés ensemble sur la prise hors-réseau : la protection se déclenche aux alentours de 2 500 W, de façon franche et reproductible, sans oscillation ni redémarrages successifs, et la tenue s’allonge à mesure que la charge restante augmente. Nous n’avons vu cette mesure menée dans aucun test étranger consulté.

Un silence de fonctionnement crédible. Refroidissement intégralement passif par radiateur arrière, aucun ventilateur, seulement quelques clics de relais lors des changements de flux. Et une thermique maîtrisée : 39 à 42 °C relevés à 20 cm du radiateur par plus de 32 °C ambiants, sans le moindre déclenchement de sécurité.

Une modularité qui reste large. 15,12 kWh sur une seule unité principale, avec cinq modules BP2500 empilables : cela dépasse déjà largement les besoins d’un foyer moyen et couvre des projets sérieux, y compris une dépendance ou un studio annexe.

Les limites, en détail

Les 2 500 W supposent une extension. La charge maximale d’une unité principale isolée est de 1 800 W, et la sortie hors réseau plafonne à 1 600 W sous 5 kWh installés. Y accéder suppose une BP2500, soit 599 € de plus. Ce n’est pas un défaut du produit, c’est un défaut de la façon dont il est présenté.

Le fonctionnement en parallèle n’existe pas encore. Les 45,36 kWh et les 7 500 W combinés figurent partout dans la communication, la note officielle dit « disponible bientôt », et la marque nous avait annoncé fin juillet. Fin août, elle n’est toujours pas là : acheter sur cette promesse revient à acheter une intention.

Le lecteur TIC ne couvre pas tout le parc Linky. Sept références de compteurs seulement sont compatibles, et un avis client publié sur la fiche officielle témoigne d’un échec. C’est la limite la plus spécifiquement française du produit, et elle peut transformer un budget de 89 € en une centaine d’euros de compteur tiers.

La veille coûte cher hors mode économie. Nous relevons de l’ordre de 35 W en fonctionnement courant, soit plus de 300 kWh par an, une soixantaine d’euros au tarif réglementé qui viennent en déduction directe des économies visées. Le mode économie ramène ce chiffre entre vingt et cinquante kilowattheures par an selon la valeur de référence retenue, mais encore faut-il l’activer, et rien dans l’application ne pousse à le faire. C’est le premier réglage à vérifier après l’installation.

Le mode tarifaire ne connaît pas de seuil de rentabilité, et le mode personnalisé devient agaçant dès qu’il faut modifier ou annuler des cycles déjà programmés. Deux angles morts logiciels sur une application par ailleurs solide.

Les très petites charges échappent au comptage. Un ventilateur de 12 W n’apparaît ni sur l’écran, ni dans l’application. Sans conséquence sur un gros électroménager, mais gênant pour qui veut suivre finement les petits postes.

L’antenne Wi-Fi est fragile au démontage, et le socle est vendu séparément à 119 €, les roulettes étant encore un accessoire distinct. Utile, mais difficile à justifier sur un produit à plus de mille euros.

Test réalisé avec Guillaume Origoni

8.0 /10
Excellente avec deux modules, ordinaire toute seule

Pour sa deuxième génération de stockage résidentiel, Jackery livre un produit sérieux : fabrication dense, sécurité électrique poussée jusqu'aux capteurs sur la connectique, aucun bruit de ventilation, et un rendement mesuré à 86 % qui place l'appareil dans le haut de sa catégorie. L'ouverture domotique, avec une cinquantaine d'entités remontées en MQTT local et une intégration documentée par le constructeur, reste rare chez un entrant aussi récent, et notre Shelly Pro 3EM a été reconnu sans un euro de matériel supplémentaire.

Les réserves ne portent pas sur ce que fait la machine, mais sur ce que sa présentation laisse entendre : les 2 500 W supposent une extension, l'unité seule plafonnant à 1 800 W en charge, ce qui explique que la puissance soit notre note la plus basse ; le fonctionnement en parallèle n'est pas disponible ; le lecteur TIC ne couvre qu'une partie du parc Linky. À 1 079 €, prix relevé le 7 août 2026, l'arbitrage reste favorable ; au prix conseillé de 1 379 €, il ne l'est plus.

Trois alternatives si ce profil n'est pas le vôtre : la Pro Max AC à 959 € pour qui n'aura jamais de panneaux raccordés en direct, le Venus E 3.0 à partir de 1 098,10 € pour le kilowattheure le moins cher, le Zendure SolarFlow 2400 Pro au prix conseillé de 1 199 € pour le meilleur rendement du segment. Note affinée au second volet, panneaux raccordés.

  • Conception / Fabrication 9
  • Rendement / Efficacité 8
  • Modularité / Évolutivité 8
  • Puissance / Injection 7
  • Connectivité / Application 8
  • Fonctionnalités / Pilotage 8
  • Rapport qualité-prix 8
≥ 7 5–7 < 5

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